Ce mardi, objectif facile : direction pharmacie du marché.
Objectif : acquérir de l’Issopaline. Pas pour être d’égal à égal avec la colistière des frites, mais pour remettre la raclante gorge d’équerre.
Entrée donc dans le drogue-store l’air très guilleret (la guilleretarité est propice aux guérisons rapides).
Un rapide coup d’œil panoramique, un balayage de gauche à droite identifie deux à trois queues, avec une personne à chacune d’elles. Cela va, le personnel est en bon nombre.
L’option se porte donc sur la solution la plus facile, c’est-à-dire la plus proche.
Devant, un homme un peu voûté, pas très grand mais qui semble encore robuste. Une casquette de vieux en velours côtelé marron sur la tête grisonnante où des poils sortent de partout, une vieille veste quadrillée grise portée comme un hirsute, un pantalon de velours beige qui officialise le ventre bidonnant. Une cane posée au bord du comptoir.
En regardant la joue droite, qui a l’air joufflu, on pourrait se dire que cet homme n’est encore pas trop vieux. Mais si on descend le regard, on voit des mains asséchées, toutes ridées, et surtout, toutes tremblantes, tremblotantes mais sous contrôle.
L’élocution est plus proche des mains que des joues. L’articulation est laborieuse, mais l’œil encore pétillant et le sourire vivant.
La préparatrice est fort aimable. C’est sûrement un client régulier. En tout cas, il est régulièrement dans le quartier car l’homme n’est pas vraiment un inconnu. Il achète trois boîtes d’aspirine jaunes. Du Duopraline. Miam. Sans doute avec sa petite chimie habituelle.
Le pharmacien fait le détour vers l’homme. Il montre un carton. Sans doute la suite d’une conversation antérieure. Invitation à un spectacle peut-être. Ou à un vernissage.
Cet homme tout tremblant, on pourrait dire que c’est un pauvre vieux. Un homme en fin de vie, en fin de tout, les muscles le quittent. Il va pourtant contrer l’entropie et ses forces de la Nature en se rendant lui-même dans l’un des magasins les plus courus du quartier (c’est un quartier de… pas très jeunes, disons).
Le personnel est toujours aux petits soins avec ces gens-là. Esprit commercial ? charité chrétienne ? simple politesse ? pensée à une ascendant de même envergure physiologique ? Qu’importe finalement, c’est simplement heureux.
Vieillir, il faut que le monde autour s’adapte. Pas seulement s’adapter au monde.
Mais le carton a fait briller de mille lueurs le regard et la bouche du client.
Dimanche, il a été invité par Marie-George Buffet (sans s). À exposer. Chépaou. Alors il en profite. C’est bien vague.
Ce n’est plus un petit vieux qui est devant, là, c’est un artiste. Artiste de quoi, ce sera l’inconnue. Sculpture, peinture, ou truc du genre.
C’est que dans le quartier, y a parfois du beau monde qui circule… enfin, du beau Gdanof. Le marché n’est pas loin.
Après l’acquisition sans heurt de l’Issopaline, le vieillard est toujours devant la porte. Il venait de sortir de la pharmacie et bouchait la sortie.
Il réfléchissait.
Où devait-il encore passer, déjà ?
...
Objectif : acquérir de l’Issopaline. Pas pour être d’égal à égal avec la colistière des frites, mais pour remettre la raclante gorge d’équerre.
Entrée donc dans le drogue-store l’air très guilleret (la guilleretarité est propice aux guérisons rapides).
Un rapide coup d’œil panoramique, un balayage de gauche à droite identifie deux à trois queues, avec une personne à chacune d’elles. Cela va, le personnel est en bon nombre.
L’option se porte donc sur la solution la plus facile, c’est-à-dire la plus proche.
Devant, un homme un peu voûté, pas très grand mais qui semble encore robuste. Une casquette de vieux en velours côtelé marron sur la tête grisonnante où des poils sortent de partout, une vieille veste quadrillée grise portée comme un hirsute, un pantalon de velours beige qui officialise le ventre bidonnant. Une cane posée au bord du comptoir.
En regardant la joue droite, qui a l’air joufflu, on pourrait se dire que cet homme n’est encore pas trop vieux. Mais si on descend le regard, on voit des mains asséchées, toutes ridées, et surtout, toutes tremblantes, tremblotantes mais sous contrôle.
L’élocution est plus proche des mains que des joues. L’articulation est laborieuse, mais l’œil encore pétillant et le sourire vivant.
La préparatrice est fort aimable. C’est sûrement un client régulier. En tout cas, il est régulièrement dans le quartier car l’homme n’est pas vraiment un inconnu. Il achète trois boîtes d’aspirine jaunes. Du Duopraline. Miam. Sans doute avec sa petite chimie habituelle.
Le pharmacien fait le détour vers l’homme. Il montre un carton. Sans doute la suite d’une conversation antérieure. Invitation à un spectacle peut-être. Ou à un vernissage.
Cet homme tout tremblant, on pourrait dire que c’est un pauvre vieux. Un homme en fin de vie, en fin de tout, les muscles le quittent. Il va pourtant contrer l’entropie et ses forces de la Nature en se rendant lui-même dans l’un des magasins les plus courus du quartier (c’est un quartier de… pas très jeunes, disons).
Le personnel est toujours aux petits soins avec ces gens-là. Esprit commercial ? charité chrétienne ? simple politesse ? pensée à une ascendant de même envergure physiologique ? Qu’importe finalement, c’est simplement heureux.
Vieillir, il faut que le monde autour s’adapte. Pas seulement s’adapter au monde.
Mais le carton a fait briller de mille lueurs le regard et la bouche du client.
Dimanche, il a été invité par Marie-George Buffet (sans s). À exposer. Chépaou. Alors il en profite. C’est bien vague.
Ce n’est plus un petit vieux qui est devant, là, c’est un artiste. Artiste de quoi, ce sera l’inconnue. Sculpture, peinture, ou truc du genre.
C’est que dans le quartier, y a parfois du beau monde qui circule… enfin, du beau Gdanof. Le marché n’est pas loin.
Après l’acquisition sans heurt de l’Issopaline, le vieillard est toujours devant la porte. Il venait de sortir de la pharmacie et bouchait la sortie.
Il réfléchissait.
Où devait-il encore passer, déjà ?
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Tu m'as fait sourire. Quel exploit !!!! Tiens bizarre moi aussi hier je suis allée cheher du l'Issopaline mais on m'a dit que ce n'était plus en vente (antibiotique 'est ..tique). Alors je suis ressortie avec des pastilles jaunes, des bonbons quoi. J'aurais moins de trucs à raconter, car je sors peu et j'habite un bourgue(comme dit ma cousine basque). Remarque dans ce bourg on a une célébrité d'uné émission qui de Canal plus "Salut les loulous" , je l'avais en clair et je ne la ratais pas. Je perds la mémoire avec mes médocs ; ah!oui Grandpays, c'est le titre. Et bien pas le présentateur rondouilard et génialissime mais l'autre, qui fait desr eportages sur le terrain, style anglo-français, long, mince avec peu de cheveux mais du charme (enfin pas pour ma fille de 19 ans), lui c'est la star de mon bourgue, quand on le rencontre chez le buraliste, il achète beaucoup de journau
intellectuels), chacun fait semblant de ne pas le reconnaître et lui repart sans un sourire ou un ptit slt. Y paraît même qu'il a une supermaison à la sortie du bourg....tralalala. Pas besoin d'habiter Paris pour vivre et frôler nos stars.
Un reproche j'en ai rencontrés beaucoup plus quand je vivais à Montréal mais alors quelle différence : ils te tutoient, discutent de tout et de rien avec toi....Pas la grosse tête quoi, là je dis oui, Bonjour l'artiste, le reste ou les restes du monde restent beaucoup trop snobs pour mouais.Espoir89
intellectuels), chacun fait semblant de ne pas le reconnaître et lui repart sans un sourire ou un ptit slt. Y paraît même qu'il a une supermaison à la sortie du bourg....tralalala. Pas besoin d'habiter Paris pour vivre et frôler nos stars.Un reproche j'en ai rencontrés beaucoup plus quand je vivais à Montréal mais alors quelle différence : ils te tutoient, discutent de tout et de rien avec toi....Pas la grosse tête quoi, là je dis oui, Bonjour l'artiste, le reste ou les restes du monde restent beaucoup trop snobs pour mouais.Espoir89
c'est vraiment dégueu... je nous croyais en bonne compagnie, sains, équilibrés, vigoureux, z'épanouis...


Avec MGB, normal qu'il expose Chépaou !
Troll off/
Troll off/
pourtant fan de Temps X me dit que 'beau Gdanof", bon, hein, ho, tout de même !
C'est mardi, ok, mais s'agirait pas de con-fondre.
C'est mardi, ok, mais s'agirait pas de con-fondre.
que le mardi, faut éviter les pharmacies.
Les autres jours aussi d'ailleurs.
Les autres jours aussi d'ailleurs.
Moi aussi, j'ai dû souvent porter ce genre de regard. On commence instinctivement, involontairement, par caractériser les gens : un vieux, un malade...et puis un détail les fait échapper à l'anonymat, aux étiquettes réductrices et ils prennent vie, acquièrent à nos yeux la stature d'humains à part entière...
... les sots se piquent à le croire mais des astres veillent !
(Oh, grand Kawaak ! Que Raminagrobis soit bienveillant !)
(Oh, grand Kawaak ! Que Raminagrobis soit bienveillant !)
pour miauler un peu :
miaou miaou miaou !
(des fois que je ne puisse plus le faire !)
miaou miaou miaou !
(des fois que je ne puisse plus le faire !)
qui veut pour se mettre le nez au milieu de la figure , quel désatre financier tout de même ,; j'crois qu'il faut trouver le coupable ...je propose le chat ..
comme un vieux dans la ville, j'aime bien 

la fenâtre réaction est absente une fois sur deux.
J'abandonne aussi.
J'abandonne aussi.
Un regard que j'aurai pu porter de la même manière que toi
chez moi hier !
Les réactionneries sont très capricieuses ce soir, j'abandonne.
j'en deviens aphone.
Kaoll : rêve, continue à rêve (il en restera toujours quelque chose).
Kaoll : rêve, continue à rêve (il en restera toujours quelque chose).
ben voui, la fenêtre pour écrire, elle avait disparu, maintenant, je peux papoter de nouveau,
vouz'avez pas d'chance dites donc!
vouz'avez pas d'chance dites donc!
Tu vas pas me l'enlever !!
Comme quoi les gens qui ont des talents tombent malades et deviennent vieux comme toi et moi... C'est rassurant non ? De garder son talent, pas de devenir vieux, tu m'auras compris...
et le canard, il était où?



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Jules Félix
publié le 7 oct. 08