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Témoignages d'un retenu
 Témoignages d'un retenu
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catégorie : chronique
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Un Centre de rétention Administrative, c'est une prison où l'on enferme les individus en situation irrégulière, en passe d'être expulsés ou jugés. Les CRA sont de plus en plus nombreux et surtout, de plus en plus peuplés. La situation à l'intérieur traduit qu'il s'agit là de zones de non-droits. Il faut diffuser les infos sur ce qui s'y passe... Les assos comme Résistons ensemble, RESF, et des comités de soutien, sont en contact avec les retenus et, parfois, se font le relais de leurs témoignages...

* * * * * * * * * *

Les Centre de rétention de Vincennes n° 2, communications téléphoniques du 15 et du 16 mai 2008

Ce témoignage revient notamment sur le mouvement de grève de la faim de début mai. Il n'est retravaillé que dans la forme, pour une meilleure lecture… Ce que racontent les retenus traduit leurs regards sur comment ils vivent et ressentent concrètement le système et l’endroit d’où ils parlent.


Le jeudi 15 mai 2008.

« On s’est d'abord retrouvés entre africains de l’Ouest, aux alentours du 27 Avril après mon passage devant le juge des libertés. On s’est rassemblés par rapport à la situation au CRA (Centre de rétention Administrative) et à la politique mené contre les immigrés en général, pour informer les associations. On a discuté.
Le 1er mai on a tenu une assemblée générale pour un mouvement de grève de la faim illimitée. On a parlé à toutes les communautés.

Moi et un autre, un congolais, on a rédigé une pétition avec nos revendications. Elles demandaient la libération de tous, l'arrêt de toutes les procédures, la demande de dédommagements, demande d'assistance médicale pour la grève de la faim, accès aux médias...
Contre la politique de Sarkozy-Hortefeux, contre la chasse aux sorcières, contre la privation de liberté.
Pour moi les centres de rétention sont des camps de concentration, je ne vois pas la différence, on nous enferme parce qu’on est étrangers comme dans des camps de concentration.

Ceux qui signaient la pétition commençaient la grève de la faim. 120 personnes l’ont signée, mais on a décidé que 20 personnes ne feraient pas la grève car ils étaient malades. Nos slogans restent donc : la liberté, la fermeture des centres de rétention, contre l'immigration choisie, pour une France des droits de l'homme, avec du cœur.

Pendant la manifestation du 4 Mai on est sortis dans le jardin avec des tissus blancs, on a crié des slogans.
Vers le 6 mai on a arrêté la grève de la faim, on s’est rendu compte des limites.

On déplore notre condition au centre : les pressions, les humiliations, la longueur du temps de rétention… Ce qui poussent certains détenus à des actes de désespoir tel que des suicides par lame de rasoir, des gens qui s'entaillent les bras etc.

Ces actes de désespoir surviennent souvent lorsque les détenus craignent d'être expulsés. Parfois cela leur évite vraiment d'être expulsés. Mais ce n'est pas une méthode, vous vous rendez compte jusqu'où certains sont obligés d'aller pour tenter d'éviter l’expulsion? Le pire est qu'on ne leur laisse que cela. Tout le monde se raconte les trucs qui marchent et ne marchent pas et donc le fait que certaines personnes qui se soit « fait mal » ne soient pas expulsées, encourage d'autres personnes à faire la même chose. C'est un cercle infernal de désespoir. Moi je ne suis pas d’accord, je pense qu’on ne peut pas mettre notre vie en danger. On doit trouver d’autres moyens.

En tout, depuis que je suis au centre, il y a eu au moins une dizaine de personnes qui se sont soit coupées les veines, soit entaillées les bras, soit qui ont avalé des lames de rasoirs ou des clous, se sont entaillées les jambes, un mec avec préparé une potion à base de savon…Des personnes de toutes les communautés confondues.

On est regroupé par communauté, par exemple la chambre 2 ce sont les Hindous. La chambre 3 les Chinois - ce sont les plus timides en général - la 10 les Africains, la 32 les Arabes…

Le problème de division et de renfermement entre les communautés est réel.
Les flics poussent à cela, ils sabotent les mouvements de solidarité. Les flics essayent d'être amis avec certains et leur demande d'être dociles, tranquilles … ils pratiquent le chantage. Souvent les flics qui parlent arabes vont parler aux Arabes en leur disant de ne pas nous écouter, nous les africains. Il y a parfois des bagarres encouragées par les flics.

Mais le plus gros problème en fait avec la question des communautés c’est le barrage de la langue, notamment avec les Chinois et les Hindous. En fait dans le mouvement on a fait une erreur, on aurait dû nommer un ambassadeur par communautés afin de mieux communiquer entre nous.

Il faut qu'il y ait un maximum de relais entre les gens autant à l'intérieur qu'a l'extérieur et entre les différents centres de rétention.

Le 6 Mai deux députés européens sont venus au CRA voir nos conditions de vies déplorables mais qu'ont t'ils fait ? L'administration du centre est restée sourde et muette face à nos revendications.

Le commandant a menacé de porter plainte contre moi si je continue à organiser des assemblées et du bordel, je lui ai dit que je m’en fous, je n’ai pas peur des tribunaux. Je reste déterminé. On doit prévenir, anticiper, lutter pacifiquement.

Parfois on essaye de s'opposer à des expulsions, souvent c’est quand les gars nous ont vraiment ému sur leur histoire, par exemple il y a eu un pakistanais, il nous a dit que sa vie était gravement menacé la bas, donc on a essayé d’empêcher l’expulsion mais les flics ont appelé des renforts et après on n’a pu rien faire.

Vers le 4 Mai en 3 jours, il y a eu 15 libérations. Je me demande si c’était pour libérer des places ou grâce aux actions collectives et à leurs médiatisations.

Au CRA les personnes sont souvent renouvelées, bien sûr la police n'est jamais en rupture de stock de sans-papiers raflés...Le CRA est constamment plein.

Les gens sont fatigués. Leurs conditions ne les aident pas pour un mouvement. Ils peuvent se décourager vite.
Les produits alimentaires sont exécrables. Parfois périmés. Depuis 48 heures on n'a plus d’eau chaude
Tout est sale et abîmé. A l'infirmerie ont leur donne n'importe quel médicament. L'infirmerie est ouverte une fois tous les deux jours.

Les flics nous questionnent souvent, nous gênent. Ils tournent régulièrement dans les chambres, ne nous laissent jamais tranquille. Parfois il y a des gars qui viennent que quelques jours, ils tournent dans les chambres et posent pleins de questions et ils sont libérés sans qu’on sache comment, je pense que ce sont des flics.

Quant à la CIMADE (service oecuménique d'entraide, qui intervient pour les migrants), la première chose que te disent les autres détenus est qu'on ne peut pas leur faire confiance. Et c'est vrai car, ils ne font rien pour t'aider et dissuadent de faire quelconque mouvement de protestation. C'est à cause d'eux que plusieurs personnes ont été expulsées car ils ont refilé leur passeport, notamment récemment un jeune tunisien qui était en France depuis 15 ans.

J’ai demandé des contacts de médias à la CIMADE, ils ont dit qu’il n’en avait pas. Ils ne m’ont pas donné non plus les articles de presse sur le mouvement comme je leur avais demandé, ils veulent toujours calmer les choses et forcement les articles de presse donnent du courage aux retenus pour continuer…Parfois, ils ont un discours pire que la police. »

Le vendredi 16 mai 2008.

« Le règlement intérieur n’est pas respecté. Quand on demande une carte, ils vont jusqu’à aller contre le règlement. Selon le règlement intérieur, ils doivent nous remplacer notre carte de retenu quand elle est abîmée ou déchirée. Mais parfois ils ne veulent pas nous la remplacer. Ils n'utilisent le règlement que lorsque ça les arrange.

Nos droits ne sont pas respectés. Quand il s’agit de respecter nos droits dans le centre comme aller chez le médecin, pour une visite ou aller à un rendez-vous à la CIMADE, c’est tout juste s’ils nous appellent, parfois on n’entend même pas notre nom. Alors que lorsque c’est pour passer devant le juge ou pour nous expulser, ils n’hésitent pas à venir nous chercher partout deux heures avant. Ils vont jusqu’à ouvrir toutes les portes des chambres alors qu’ils savent pertinemment où nous nous trouvons.

Les gens sont mal informés. La pression psychologique et physique est énorme et permanente. Quand on ne présente pas notre carte de retenu, on peut être violenté.
Un jeune homme faisait du sport dehors à 6 heures du matin. Un policier vient lui demander sa carte. Il lui répond qu’il l’a laissée dans sa chambre. Le policier l’attrape par la nuque et le pousse au sol en lui réclamant sa carte et en l’insultant.

Ils ne sont pas polis avec nous. Ils nous insultent. Ils nous disent qu’on n’a rien à faire en France. Et que si on vient ici on doit se plier aux règles du jeu. On leur répond qu’on ne se plie pas aux rancœurs et à la haine.

Pour moi, on est une sorte d'expérimentation pour l'école de police. Ils font des expériences sur nous.
Et puis il y a les chiens d’un côté du centre, ils aboient toute la nuit avec le même cri de chien comme si c’était un disque, c’est insupportable.

Ce soir on va organiser une assemblée avec les gens qui viennent d’arriver. On va les informer du règlement, des conditions de vies dans le centre et du mouvement. »
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 23/05/08 à 21h32
il y a des chances de rester en situation illégale. De moins en moins, c'est un fait. Il y a aussi le rêve de se faire régulariser, comme les rares à qui ça arrive...
Et beaucoup partent, fuient leur pays, avec un rêve : le rêve d'échapper à un avenir désespérant, celui de récolter de quoi nourrir leur famille à distance, celui de fuir un enfer politique, etc.
Ces rêves-là valent parfois qu'on risquent son statut, voire sa peau, pour certains, comme on le voit pour les boat-people d'Asie ou d'Afrique.
C'est dramatique, je ne sais pas ce que je ferais à leur place mais c'est comme ça.

Alors, à ceux qui pensent qu'on devrait les refouler, je réponds : laissez-leur une chance, non pas de devenir esclave (ils le sont parfois davantage dans leurs pays d'origine), mais pour trouver des issues ici, voir de l'aide. Et défendons leur régularisation, puisque c'est le meilleur moyen de les aider (et sans doute aussi d'enrayer les réseaux de "passeurs").
 22/05/08 à 18h47
Je suis bien d'accord avec toi, les gens regardent ailleurs et ignorent, se taisent.
Et ça fait le jeu de l'état qui fait dans la demi mesure et ne veut jamais assumer son rôle. Les textes de Figolu ont l'avantage de nous poser concrètement les problèmes, et d'ouvrir le débat, avec des opinions contradictoires. Ici il nous montre le problème de la rétention administrative. Les types sont parqués comme des taulards alors qu'ils sont plutôt des victimes.
Mais cela dit, et c'est mon opinion, on de vrait les refouler, pas à cause d'eux, mais pour mettre fin au commerce des trafiquants d'esclaves. Si dans les pays d'où ils viennent on SAVAIT qu'il n'y a aucune chance de rester en situation illégale, il y aurait moins de volontaires au départ.
La solution est le développement de ces pays. Facile à dire, c'est sur. J'espère que le don de Bill Gates à l'Afrique (95% de sa fortune), contrôlé par les fondations créées par sa femme pour empêcher que les potentats locaux ne détournent l'aide, fera vraiment avancer les choses.
 22/05/08 à 07h13
Handy Capt
tu viens enfin de découvrir quèque chose avec un pays trop policé. Un, c'est pas nouveau ça, deux c'est pire que trop policé. Puis on sait depuis toujours que trop de repression n'engendre évidemment que la violence. Mais si les gens au quotidien ouvraient un peu plus leur bouche. Dès qu'on pense à voix haute, les gens te regardent de travers comme si tu faisais un crime de lèse majesté ou détourne le regard de peur qu'on leur demande quelque chose.
Quant aux batailles de mots, Echt, je le taquinne, c'est mon pote
 21/05/08 à 18h24
ça me rappelle "La vie de Brian" des Monty Pythons. Pendant ce temps on n'agit pas mais on entretient sa bonne conscience.
Je pense que notre état devient effectivement trop policé, quadrillé, "bigbrotherisé" en quelque sorte. Cependant je pense qu'il n'est pas plus difficile d'héberger et cacher un sans papiers de nos jours qu'il y a quelques dizaines d'années, car les gens sont plus indifférents à ce qui se passe chez leur voisin (on l'a vu pendant la canicule en 2003).
La solution aux expulsions est peut être pour les personnes qui se sentent vraiment concernées d'héberger directement chez elles un sans papier. Mais c'est à double tranchant car ces sans papiers sont souvent exploités comme des esclaves par des personnes profitant sans vergogne de leur situation, et alors ont en devient le pourvoyeur. De même, ont fait aussi de la sorte le jeu des organisateurs de filières qui leur promettent monts et merveilles, sans leur parler du pourcentage énorme de morts pendant ces voyages dans les pires conditions.
 21/05/08 à 17h53
Handy Capt
 21/05/08 à 08h59
... moi je trouve que les mots sont importants car derrière chaque mot se cache une forêt de représentations. Pour moi l'empathie est plus mesurée que les deux autres et elle entraînera moins de dérives. Maintenant si je m'essaie à ne pas me laisser aller à la compassion ou à la pitié, je sais très bien que j'y arrive pas... Ceci dit, je ne fais pas moins de 10 secondes au 100 mètres mais ça ne m'empêche pas d'essayer de courir le plus vite possible à chaque fois.
 21/05/08 à 08h29
Handy Capt
merde, arrêtons de jouer sur les mots
pitié, empathie ou compassion...
quand on voit quelqu'un souffrir, il est évident qu'on s'identifie à cette personne, qu'on se projette en elle et qu'on est poussé à lui tendre la main, merde, on n'est pas des chiens
le GENEPI
 20/05/08 à 22h26
Je viens de retrouver un tract du GENEPI :
groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées.
Je ne sais pas très bien ce qu'ils font...
A voir sur le net.
"Le Robert, ça fédère."
Et pour l'instant, avant que ces termes veulent dire autre chose, ils veulent dire ça.
 20/05/08 à 21h23
... Les termes évoluent avec le temps. Ils prennent des teintes différentes même si au départ ils portaient le même sens. C'est ce qui fait que le français est une langue vivante.
dans l'empathie par rapport à la compassion. Je rejoins Neottie de quelques pas.
... plus universel... mais je ne crois pas être dénué de compassion pour autant. Même des fois je pense que des fois, j'agis sous le coup de la pitié !
Bon ok sortons du chipot.
 20/05/08 à 21h06
... C'est pas moi, c'est le Robert. Pour la différence, je viens de la donner pour moi, après on en fait ce qu'on en veut. Mais entre plaindre quelqu'un et souffrir avec lui et comprendre le ressenti de la personne en se mettant à sa place, je continue à dire qu'il y a une grosse différence.
 20/05/08 à 21h04
... si sûrement... mais sincèrement, je préfère éviter.
mots veulent dire la même chose ; quant à la nuance introduite par les préfixes, en et cum...si tu peux me l'expliquer, cela m'intéresse.

Tu fais tout bonnement de l'a-priori idéologique : un mot est connoté plus religieusement que l'autre, mais le sens est le même.
 20/05/08 à 21h03
... c'est vraiment pour chipoter parce que ce sont "quasiment" des synonymes.

L'affect donc entre forcément en compte lorsqu'il s'agit d'humains, je vois pas comment on pourrait faire autrement. Mais je vois dans l'empathie la faculté de percevoir la situation d'une manière plus large en englobant les différents groupes en présence. Ouala... c'est mon point de vue.
Ou alors jamais la compassion ne motive votre action ?
disons empathie, d'accord, top me five
Mais je crois que je pourrais aisément revendiquer les deux concepts pour motiver ma réflexion. D'abord parce que dans les deux cas il s'agit d'affection, et ensuite parce que, du moment qu'il ne s'agit pas de pitié...
...
Compassion : Sentiment qui porte à plaindre autrui et à partager ses souffrances

Empathie : Capacité de s'identifier à autrui par l'émotivité...

Perso, je vois une énorme différence entre ces deux concepts... Et si je refuse la première, je conçois tout à fait la seconde pour agir.
 20/05/08 à 20h39
Handy Capt
sans compassion que serait l'homme. je trouve la compassion, l'empathie, la pitié des sentiments plutôt nobles
 20/05/08 à 20h37
Handy Capt
font vraiment vomir ! il y a vraiment de quoi s'indigner, se révolter
 20/05/08 à 20h37
Merci pour la délicieuse sagesse que tu nous délivres ici, je reconnais bien ton extraordinaire lucidité grasse, euh, grace à laquelle la planète sera sauvée.
 20/05/08 à 20h35
Echt, Un-Autre.
Je suis quand même persuadé, même si c'est confusément, que c'est la compassion qui invite à la réflexion puis à l'action. Je devrais plutôt dire empathie que compassion ? OK. Bref, sans empathie, je n'aurais pas la soif de justice, je ne sentirais pas la nécessité qui me pousse à réfléchir à un problème. C'est mes affects qui conditionnent le sens de ma réflexion. L'important est de ne pas laisser ces affects noyer la capacité d'analyse et la raison. Il faut donc distinguer ce qui tient de l'empathie et de l'analyse.
Mais je suis persuadé que c'est nos affects qui jouent dans nos engagements. C'est le cas même pour nos grands intellectuels !... sinon, ils auraient tous les mêmes idées.

Enora : assos : RESF (mentionné par Hippo, Résistons ensemble (contre les violences polières), et sans doute pour prendre des contacts, l'union Solidaires : http://www.solidaires.org/ et aussi AL : http://www.alternativelibertaire.org/ Il y aussi un très bon réseau d'info et d'action, Terra, fait de chercheurs et de militants : http://terra.rezo.net/
Entre autres...

Langueurs_estivales. Je pense que l'immigration, et je rejoins Vero38 là-dessus, ne devrait pas être criminalisée. Je crois quand même qu'il y a besoin à la contrôler. Pas pour la réprimer, mais pour assurer un suivi des émigrés, leur donner des chances d'intégration sociale et professionnelle en fonction des besoins de tous. Et pour ne pas que certains traînent dans les limbes de la justice...
Bref, des papiers pour tous. Ou alors pour personne.

enattendantlesoleil : le foot me broute.

Romnia : pas retrouvé la brève du Canard, mais j'ai ça, qui reprend l'info en substance :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/322823.FR.php
 20/05/08 à 19h53
... information confirmée par le ministère de l'intérieur. J'en avais parlé ici et doit y avoir des liens :
http://minilien.fr/a0jbr2
sont allouées aux policiers qui reconduisent à la frontière les "expulsés"....
M'est avis que ça doit motiver les "troupes"!! (info lue dans le canard enchainé).

merci de rapporter ici ces scènes de vie indignes....
 20/05/08 à 19h02
pour ce comm' qui suscite une fois de plus des réactions très intéressantes !

Merci goldsoundz pour les précisions que tu as pu apporter.

Ma contribution : http://www.educationsansfrontieres.org/ (R.E.S.F.)
mais nous faire reflechir sur la société dans laquelle nous vivons, et nous aider à en saisir d'autres facettes et un tâche bien plus dure, mais tellement plus utile!
 20/05/08 à 15h24
Décidemment pour un footballeur…tu m’épates

 20/05/08 à 13h36
mysteryy
je ne peux m'empêcher de penser à Prison Break ...sauf que c'est une fiction et là cest la ...réalité
 20/05/08 à 12h35
albatrose
en lisant le titre, je pensais qu'il s'agissait d'un gamin puni, mais un gamin est retenu parce qu'il a fait une bêtise, enfin y a une raison quoi !

J'ai encore en tête les émissions de Mermet sur les centres en question. Je me souviens de la dernière où ils essayaient de joinde au téléphone une famille avec laquelle ils avaient parlé de leur situation quelques jours auparavant, mais ce jour là... le téléphone a sonné dans le vide.

Parler d'un fait qui révolte n'est pas compatir, enfin pour moi, mais c'est le dénoncer et c'est ça l'important
... et revenons au problème de l'immigration. Je crois qu'on en a déjà causé ailleurs, mais la façon dont la France et d'autres pays européens agissent n'est pas la bonne, tout le monde le sait aujourd'hui. Il n'est plus question de fermer les frontières, là, devant les vastes mouvements migratoires qui s'opèrent partout dans le monde. Et quand je vois ce qui se passent actuellement en Afrique du Sud, où les noirs des ghettos sont devenus fous et massacrent les immigrants venus en masse des pays frontaliers parece que littéralement, ils crèvent... brr, j'ai peur de ce qui pourrait de nouveau hanter l'esprit du beauf moyen en France...

En plus, l'expulsion des sans-papiers coûte très cher au contribuable français et est contreproductif, puisque ces immigrés, bien souvent, n'ont plus rien à perdre et reviennent sur le sol français dès qu'ils le peuvent.

Cet argument de la chèreté du traitement des sans-papiers devraient "émouvoir" ces français qui ont voté Sarko et s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat.

Sinon, j'espère que vous avez tous signé la pétition qui circule sur le Net depuis un moment "non à la directive de la honte" concernant le projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.
un lien parmi d'autres :
http://www.directivedelahonte.org/

Et merci Figolu ! Et je vote, là, tiens !
différents systèmes (de coercition), politico-judiciaires,etc.
Il y a un sacré travail à faire dans bien des domaines. Luttons pied à pied pour le respect des personnes!
 20/05/08 à 12h19
Langueurs_estivales
l'émigration ne devrait jamais être clandestine et devrait être un droit constitué dans la charte des droits de l'homme.

Ainsi on aurait une autre lecture des pays donneurs de leçons et on admettrait qu'en situation difficile un Homme a le droit de chercher des solutions en émigrant.

Question combien d'entre nous, dans nos familles, y avons eu recours à un moment ou l'autre ?

1 pour moi à qui le tour ?
Et concrêtement que pouvons nous faire de notre indignation, pour aider ? Y a t il des pétitions en cours... des associations dont il faut se rapprocher pour faire "quelque chose" ?
 20/05/08 à 11h51
...Mais je crois que sur le coup... il a pas tort un_autre.
Il est pas en train de dire qu'il ne faut pas avoir de compassion, il dit que c'est pas le meilleur moyen d'entamer une réflexion. Dans compassion, y'a passion et à hauteur d'histoire on sait ce que cela a toujours donné. Commencez à taper sur les autres parce que c'est pas bien ce qu'ils font c'est oublier qu'on appartient à la même société et c'est oublier de balayer devant sa porte. Dénoncez les actes, c'est une chose, mais préférons résoudre le problème avant de juger les responsables.
Sarkozy, je le rappelle a été élu avec 53% des voix des français et le désamour d'aujourd'hui a plus à voir avec le pouvoir d'achat qu'avec le renvoi des sans papiers. Je rappelle aussi qu'un certain Fabius a déclaré que l'immigration était un vrai problème et qu'il fallait s'en occuper.
Mettre en évidence ce qui se passe dans ces camps, ce n'est pas faire changer l'opinion d'une majorité qui est que l'immigration clandestine doit être enrayée et que celle-ci est responsable du chômage. Tant que l'on aura pas changé ça, une majorité de gens continueront de s'émouvoir devant ce genre de témoignage tout en pensant : ben oui, mais faut bien trouver une solution pour les faire sortir de France.

Là où je ne le suis pas, c'est qu'il me semble qu'il n'y a aucune compassion dans le texte de Figolu.
 20/05/08 à 11h31
ça a commencé avant même les lois Perben, par le biais de circulaires.
Si tu ajoutes à ce que tu as déjà constaté plus bas une forme de privatisation de certaines fonctions régaliennes (vois le développement du recours des administrations à des sociétés de surveillances à la place de la police ou de la gendarmerie) ça sent pas bon pour l'avenir du système judiciaire.
Mais tout ça procède du même élan que la nouvelle carte judiciaire, que la suppression d'hôpitaux publics (les cliniques privées, elles, se développent actuellement et les financements publics par biais de subventions sont de plus en plus faciles à avoir, comme pour les écoles privées d'ailleurs).
Partout c'est l'Etat qui recule, et le droit avec!
UnAutre : alors, un prétexte pour pas se sortir les doigts du cul ?
 20/05/08 à 11h22
oui pourquoi pas.
mais la réflexion peut-elle se nourrir ou naître de la compassion ? pas sûr.
l'action, oui, peut être inspirée de la compassion. mais est-ce la plus juste ou la plus utile ? pas sûr.
depuis qq années, depuis les lois Perben, depuis qu'on donne à la police les moyens de juger, à l'exécutif les moyens du judiciaire... tout ça est très inquiétant en effet et me pousse à parler de société de plus en plus totalitaire, même si c'est une tarte à la crème.
 20/05/08 à 11h17
déclenche reflexion et action.

trop facile, le petit repli de la petite formule qui pue, un autre.
 20/05/08 à 11h13
La compassion (ou plus exactement l'empathie, dans ce cas) c'est toujours mieux que de n'en avoir rien à faire.
ça peut même être un moteur pour la réflexion et l'action.
 20/05/08 à 11h11
 20/05/08 à 11h10
A l'heure où le gouvernement commence à parler de "déjudiciariser" certains contentieux (c'est à dire qu'il n'y aura plus de recours possible au Tribunal mais un traitement administratif des réclamations) il y a de quoi s'inquièter!
Le prétexte utilisé est l'aumentation du contentieux.
La solution que je préconise est l'augmentation des moyens de la justice, du nombre de juges.
C'est dingue qu'ils n'y ai pas pensé! non?
 20/05/08 à 11h08
A toi d'enchaîner sur l'action et la réflexion.
 20/05/08 à 11h06
n'est pas action. ni réflexion.
Merci, Figo: qu'on n'oublie pas ça.

Qu'on n'oublie pas toutes les questions sous-jacentes à ce quei est décrit ici.
gold, hallucinant ! toujours hallucinant le fonctionnement "de fait" de la justice !
 20/05/08 à 10h49
C'est vraiment moche ce qui, chez certaines personnes, se développe lorsqu'ils ont un quelconque pouvoir sur leurs semblables.
A une époque où je traitais du contentieux des étrangers, il m'était apparu que les Préfectures rejetaient les dossiers presque sans instructions, cumulant les erreurs. "C'est normal, me répondit on (un Président de Tribunal quand même, et pas le plus petit) les prefs traitent les dossiers au plus vite, rejettent à tour de bras.
Les plus motivés, entourés, friqués peuvent alors faire appel au Tribunal pour annuler la décision de rejet de leur demande de papiers.
ça fait un tri."
Un deuxième tri s'opère au Tribunal car on ne requalifie plus (on interprète plus) les conclusions et moyens en matière de droit des étrangers. Trop de contentieux, pas assez de juges. Donc ça a intérêt à être hyper bien rédigé sinon c'est considéré comme irrecevable, on étudie même pas le dossier, on rejette!
C'est la Cour d'Appel administrative (CAA) qui traite donc réellement et sérieusement les dossiers. Au bout de deux/trois ans minimum.
Le recours n'étant pas suspensif, la décision de rejet de la pref reste applicable tout ce temps là.
Résultat, l'expulsion intervient avant la décision de la CAA.
Les droits de la défense en matière de droit des étrangers ne sont pas effectifs! Tout est fait pour qu'ils se plantent.
beurk!
... le reportage. Me rappelle plus ce que ça donne Nery.
 20/05/08 à 10h36
... ceci dit, ça reste un témoignage... Ne pas rentrer dans l'extrème inverse non plus.

Les C.R.A. ne devraient pas existés, point.
un ex-VRP venu en terrain poétique.
je loue sans cesse votre raison éclairée.
 20/05/08 à 10h32
" Faut-il renvoyer chez eux les étrangers malades" ?
Beurck !
Mon five, y'a longtemps que je l'ai posé, POLAX toujours à la bourre !
comparée à la nôtre !
même les trois premiers jours

pcc nous vole, pcc nous spolie !

là, je crois qu'on touche et qu'on résume beaucoup de choses, notamment les divergences d'opinion avec ceux qui sont contre l'aide au sans papiers : dans quelque pays qu'on vive, on ne se plie pas aux rancoeurs, à l'injustice et à la haine.

pour la CIMADE j'étais pas au courant, c'est vraiment dégueulasse.
 20/05/08 à 10h16
merci figo;

un peu d'info dans ce monde de communication, c'est pas du luxe.