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Le festin nu
 Le festin nu
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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On a souvent salué Burroughs comme le chantre de l' hédonisme de la drogue et des éxcès (homo) sexuels, mais ses meilleurs livres, et notemment "Le festin nu" constituent une analyse de la culture occidentale qui va bien au delà . Selon celle ci, la drogue n' est pas un problème accidentel; la notion de dépendance est profondément enracinée dans une société obsédée par la consommation et la possession matérielle. De plus, la frontière est ténue entre les drogues "délivrées sur ordonnance" ( l' alcool, le tabac) et les substances illégales, peut être manipulées par ceux qui, au pouvoir, désirent bénéficier de profits toujours plus importants.

Ces arguments ne pourraient à eux seuls faire du "Festin nu" un grand livre ; ce statut lui est conféré par l' énergie et la vivacité extraordinaires de ses scènes de violence et de chaos. Ses personnages se heurtent constamment aux murs de la cellule qu' est devenue leur vie: Ils sont en partie conscients du "système" en place mais par trop paralysés par la dépendance pour y échapper. Burroughs invente aussi son propre style dans ce roman ( puis dans d' autres ), fondé sur ce qu' il appelait la technique du "cut up" (ou collage) grâce à laquelle le lecteur est lui aussi incapable de comprendre entièrement son environnement. Les récits commencent , s' entremêlent, se perdent et se retrouvent; on aperçoit les scénarios avant de les voir disparaître.

De nombreux textes postmodernes ont des narrateurs peu fiables , mais Burroughs va plus loin en créant un univers qui semble dépourvu de toute coordonnée reconnaissable. Perdu dans le monde du junky, le lecteur est parfois douloureusement malmené mais reste conscient du fait que les visions paranoiaques provoquées par les drogues sont peut être plus vraies que les contes rassurants dont nous nous berçons en revendiquant l' indépendance de la volonté individuelle. A méditer donc...
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Voici les 7 dernières réactions à ce commentaire
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 20/09/08 à 18h53
... si vous repassez sous votre comm, pourriez-vous me dire d'où vous tenez cette information : "on a souvent salué Burroughs comme le chantre de l' hédonisme de la drogue".

Burroughs n'a jamais été un apôtre de la dope, il en a décrit les effets, et souvent de façon assez hard, qui donne plus envie de gerber ses tripes qu'autre chose.

Vous avez également le droit d'avoir une autre grille de lecture que moi du Festin nu, mais moi, je n'y ai absolument pas "une analyse de la culture occidentale", ni une analyse de quoi que ce soit.

Je l'ai lu et relu et j'y ai vu les délires et hallucinations, entrecoupés de scènes ultra réalistes, d'un mec sous l'emprise de la came.

Je vois plus ce bouquin comme une expérience d'écriture, qu'une quelconque analyse, la technique du "cut up" (ou collage) ayant d'ailleurs été empruntée au domaine de la peinture.

Et Burroughs explique très bien le titre de son bouquin. Ce qu'on y découvre c'est donc la réalité nue sans tous ses oripeaux, elle est parfois très glauque, violente, insoutenable.

C'est un bouquin qui dérange, donne parfois envie de gerber ses tripes, même s'il s'y dégage aussi une certaine poésie.

Donc pour moi, le bouquin ne prétend pas faire une analyse ou une critique de la société américaine... ou alors il dénonce plutôt le côté puritain et hypocrite, que consumériste de la société américaine de l'après-guerre. Il a choqué en son temps puisqu'il a été censuré, OK mais je ne pense pas que Burroughs avait cet objectif-là.

Quant à la notion de dépendance, vaste sujet... mais la drogue n'a jamais été un problème accidentel ! Elle n'est d'ailleurs pas un problème pour tout le monde !

Vraiment, je serais intéressée de savoir d'où vous tenez vos sources.
 17/09/08 à 19h00
ce livre est un mélange de désespoir, de paranoïa et d'humour dont l'étrangeté du style fait une oeuvre flamboyante, d'ailleurs supérieure (amha) au reste de la production de l'auteur.
 17/09/08 à 14h41
poetikman
bravo pour ce commentaire érudit et sensible sur burroughs ! de plus je pense que burroughs et surtout novateur sur l'écriture : avec le cut -up et le folds-in et aussi sont travail avec les musiciens du rock (lou reed , laurie anderson )burroughs et le chantre de la liberté de penser par le geste d'écrire ...en qualité de personne bisexuel je trouve qu'il décris trés bien et avec sensualité le corps des garçons (les garçons sauvages)
... je ne reconnais absolument pas le bouquin que j'ai lu et relu en son temps dans la description que vous en faites.
société américaine tétanisée ... et mise à nue !
*****