Y a pas que la déclaration de revenus dans la vie.
Près d’un chien silencieux qui attend sagement son tour à côté de son maître fatigué, avachi sur sa chaise, quatre dynamiques chats égaient assurément la salle.
Il y a ce tout longs poils foncés (noirs et bruns) qui rode sans arrêt et fouine. Il y a ce serein félin tigré qui couve sur les revues de la salle d’attente, sur le présentoir, comme preuve évidente que nous sommes bien dans une clinique vétérinaire.
Il y a l’autre, là, tout beige clair, qui fait ses griffes sans arrêt, sur un arbre à chats assez évolué de la même couleur.
Et puis ce presque tout gris, un peu zébré de blanc, qui s’encanaille partout, curieux jusqu’à l’imprudence… il pèse ainsi cinq kilogrammes huit cent cinquante… si gros, le félin ? t’avais qu’à pas te mettre sur la balance, mon gros ! le véto exagère alors de qualifier d’obèse celui qui me tolère dans son appartement ! (c’est çuikidikié !).
Le gris renifle tous les sacs, surtout s’ils comportent des croquettes, et lorsque je viens à payer avec ma carte bancaire, il saute sur le comptoir transparent, dérape de ses deux pattes avant, est sur le point de l’avaler, ma carte, avant d’aller négocier avec mon gros sac.
Un mystère demeure : malgré quatre chats en liberté, comment est-il possible qu’il reste encore des croquettes dans leur gamelle ? À la maison, ce serait impossible. Mais la relation avec la nourriture est bien différente : c’est le seul dérivatif entre deux sommes. En somme, une soustraction.
Devant moi, un monsieur d’un certain âge, déjà à la retraite, en quête du même trésor que moi. L’affaire se présente mal.
Il y a pénurie de croquettes.
Alors que j’envisageais sérieusement de prendre deux paquets de deux kilogrammes, de quoi faire plus de deux mois (j’ai besoin de voir loin pour diverses raisons ponctuelles), le couperet est venu de la jeune et menue assistante.
Il n’y a plus de croquettes ! Pas avant vendredi ! Aarrrg !
L’information est sortie affolée sur les télescripteurs qui s’agitent et s’excitent. Même à Tokyo on commence à s’inquiéter. Le cours de la croquette est subitement en hausse. Tous les chats s’inquiètent de leur pouvoir de chat.
Heureusement mon bon monsieur, nous avons encore des sacs de cinq kilos. C’est assez lourd, mais bon. Sinon, nous avons des petits boîtes (hors de prix ou plutôt, prix en or).
Après réflexion, le monsieur prend les cinq kilogrammes malgré sa chétive carrure. Le prix de la croquette sera finalement plus faible que précédemment. Le prix de gros est toujours plus bas. Gros, bas... Petit, haut… Il y a juste à ne pas ouvrir le sac en pleine rue…
Mon cerveau n’a plus à mouliner quand vient mon tour. C’est pareil. Les mêmes croquettes. Le même paquet. Après tout, quatre (deux fois deux) ou cinq kilogrammes, quelle est la différence ? (à part un blème de rangement, car il ne faut pas se leurrer, les croquettes doivent être en territoire sanctuarisé, inatteignable pour tous chats, même ceux qui savent ouvrir tout seul la porte des réfrigérateurs.)
Mais il n’y en a plus, monsieur. Ah si, le dernier était sur une vieille caisse enregistreuse dans l’arrière-boutique. Ouf ! J’obtiens le dernier gros paquet de croquettes. Pêche miraculeuse donc. Et payante, bien sûr. Non déductible des impôts, me précisera doctement mon agent fiscal un peu plus tard.
Je repars donc guilleret bien que fourbu (je ne savais pas qu’il fallait faire de la musculation pour nourrir son chat) et ma vénalité légendaire hésite entre le juste rassasiement du matou et la vente à prix prohibitif des croquettes à la cuillère. Ou à la louche.
De retour au domicile, que vois-je surpris ?
Un minou faisant des fouilles archéologiques pour retrouver les nombreux documents nécessaires à la déclaration des revenus perçus l’année 2007.
Date limite de dépôt : 30 mai 2008.
C’est le matou qui s’y collera demain.
Moi, je vous dis, il n’y a plus de félinitude.
(miaou)
Près d’un chien silencieux qui attend sagement son tour à côté de son maître fatigué, avachi sur sa chaise, quatre dynamiques chats égaient assurément la salle.
Il y a ce tout longs poils foncés (noirs et bruns) qui rode sans arrêt et fouine. Il y a ce serein félin tigré qui couve sur les revues de la salle d’attente, sur le présentoir, comme preuve évidente que nous sommes bien dans une clinique vétérinaire.
Il y a l’autre, là, tout beige clair, qui fait ses griffes sans arrêt, sur un arbre à chats assez évolué de la même couleur.
Et puis ce presque tout gris, un peu zébré de blanc, qui s’encanaille partout, curieux jusqu’à l’imprudence… il pèse ainsi cinq kilogrammes huit cent cinquante… si gros, le félin ? t’avais qu’à pas te mettre sur la balance, mon gros ! le véto exagère alors de qualifier d’obèse celui qui me tolère dans son appartement ! (c’est çuikidikié !).
Le gris renifle tous les sacs, surtout s’ils comportent des croquettes, et lorsque je viens à payer avec ma carte bancaire, il saute sur le comptoir transparent, dérape de ses deux pattes avant, est sur le point de l’avaler, ma carte, avant d’aller négocier avec mon gros sac.
Un mystère demeure : malgré quatre chats en liberté, comment est-il possible qu’il reste encore des croquettes dans leur gamelle ? À la maison, ce serait impossible. Mais la relation avec la nourriture est bien différente : c’est le seul dérivatif entre deux sommes. En somme, une soustraction.
Devant moi, un monsieur d’un certain âge, déjà à la retraite, en quête du même trésor que moi. L’affaire se présente mal.
Il y a pénurie de croquettes.
Alors que j’envisageais sérieusement de prendre deux paquets de deux kilogrammes, de quoi faire plus de deux mois (j’ai besoin de voir loin pour diverses raisons ponctuelles), le couperet est venu de la jeune et menue assistante.
Il n’y a plus de croquettes ! Pas avant vendredi ! Aarrrg !
L’information est sortie affolée sur les télescripteurs qui s’agitent et s’excitent. Même à Tokyo on commence à s’inquiéter. Le cours de la croquette est subitement en hausse. Tous les chats s’inquiètent de leur pouvoir de chat.
Heureusement mon bon monsieur, nous avons encore des sacs de cinq kilos. C’est assez lourd, mais bon. Sinon, nous avons des petits boîtes (hors de prix ou plutôt, prix en or).
Après réflexion, le monsieur prend les cinq kilogrammes malgré sa chétive carrure. Le prix de la croquette sera finalement plus faible que précédemment. Le prix de gros est toujours plus bas. Gros, bas... Petit, haut… Il y a juste à ne pas ouvrir le sac en pleine rue…
Mon cerveau n’a plus à mouliner quand vient mon tour. C’est pareil. Les mêmes croquettes. Le même paquet. Après tout, quatre (deux fois deux) ou cinq kilogrammes, quelle est la différence ? (à part un blème de rangement, car il ne faut pas se leurrer, les croquettes doivent être en territoire sanctuarisé, inatteignable pour tous chats, même ceux qui savent ouvrir tout seul la porte des réfrigérateurs.)
Mais il n’y en a plus, monsieur. Ah si, le dernier était sur une vieille caisse enregistreuse dans l’arrière-boutique. Ouf ! J’obtiens le dernier gros paquet de croquettes. Pêche miraculeuse donc. Et payante, bien sûr. Non déductible des impôts, me précisera doctement mon agent fiscal un peu plus tard.
Je repars donc guilleret bien que fourbu (je ne savais pas qu’il fallait faire de la musculation pour nourrir son chat) et ma vénalité légendaire hésite entre le juste rassasiement du matou et la vente à prix prohibitif des croquettes à la cuillère. Ou à la louche.
De retour au domicile, que vois-je surpris ?
Un minou faisant des fouilles archéologiques pour retrouver les nombreux documents nécessaires à la déclaration des revenus perçus l’année 2007.
Date limite de dépôt : 30 mai 2008.
C’est le matou qui s’y collera demain.
Moi, je vous dis, il n’y a plus de félinitude.
(miaou)
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Rédacteur
en tant que grand sorcier de PCC ?!
le risque, c'est la grève du zèle !
les victimes, tu parles des souris ?
j'suis trop vieille, alors je serais incapable d'apprendre l'informatique...
c'est que si ta chatte palabre avec des hérissons, c'est qu'elle est en liberté dans un jardin ou à la campagne, nan ? chose bien rare à... Paris !
Un écran d'ordinateur peut engendrer chez le félin un fort risque de crise de tétanie.
Une grève générale et illimitée chez nos matous et minettes .
Genre je bouffe, mais je ne fais RIEN .
Ah ?
Elle a déjà commencé , et depuis longtemps même ?
Pfff, on me dit jamais rien, à moi....
Genre je bouffe, mais je ne fais RIEN .
Ah ?
Elle a déjà commencé , et depuis longtemps même ?
Pfff, on me dit jamais rien, à moi....
pourtant, d'hab elle croque à loisir et partage avec la chienne et les herisons avoisinant..là, en lisant depuis mon épaule ce reportage quasi "sociologique" sur la condition de ses congènéres.. elle s'est mise à bouder , genre: j'en suis revenue!
elle était déjà vieille quand j'ai eu l'ordi, elle ne jouait plus souvent

à faire jouer le chat avec le pointeur de la souris sur l'écran ?
j'en ai eu souvent à ramasser, des restes de dégustation de souris, ou de rat, d'oiseau aussi...
...mais il mange les souris !!
scrouiiiickkk ! crunch ! miam !
scrouiiiickkk ! crunch ! miam !
ben oui, la déclaration sur internet,
rédigée avec la souris, évidemment
rédigée avec la souris, évidemment
...c'est ce qu'on appelle de la régulation bureaucratique ?
(de manger ses croquettes vespérales !)
(slurp !)
j'ai un chien qui fait des tests gustatif sur tout ce qui retient un peu trop notre attention à son goût... ne bouffe que les courriers perso, les mots doux et des documents importants...
m'a déjà fait le coup avec la carte grise, faut vite que je planque les jutificatifs pour les impots
m'a déjà fait le coup avec la carte grise, faut vite que je planque les jutificatifs pour les impots
Dis à ton félin de se dépêcher, Jules!
un réactioticône... un !.. pour la six... et qu'ça saute !


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Jules Félix
publié le 28 mai 08