Impossible de détacher ma pensée de cet homme, aide-soignant dans le service Urgences de l'hôpital. Des cheveux bruns, le visage fatigué mais attentif, sa présence auprès des malades et des familles égarées est d'une touchante humanité. Pendant cinq heures, j'ai pu l'observer. Ses collègues ne lui ressemblent en rien. Je l'ai vu nettoyer le vomi d'un malade, lui changer son drap, lui parler avec douceur. Je l'ai vu poser un regard humain et digne sur des personnes âgées. Inlassablement, il semble rester attentif à tous, y compris les visiteurs qui s'inquiètent de ne pas avoir des nouvelles de la personne accompagnée et qu'ils n'ont pu suivre, pour les prises de sang, les radios et autres examens.
J'ai croisé des regards endurcis aussi dans le personnel soignant, des corps fatigués, toute la solitude de l'humanité. Mais ce soir, le souvenir de cet homme me touche au plus profond de moi.
Combien de temps parviendra-t-il à tenir, à rester humain dans ce service qui semble avoir perdu tellement de son humanité, dans sa course folle pour sauver des vies? Je ne sais pas, mais j'ai envie de rendre hommage à cet inconnu.
J'entends encore les cris de ces hommes qui hurlent leur douleur. L'un demande à rentrer chez lui: "j'ai trop mal! Vous n'avez pas le droit de m'attacher!"
Dix blouses blanches autour de lui. Je vais entendre ses cris pendant plus de trois heures... Je ne sais pas comment on peut s'habituer à de tels cris, est-ce pour cela que pour tenir, certains membres du personnel deviennent si durs?
Douce vie, vie cruelle et injuste, combien d'hommes et de femmes ont-ils quitté cette vie dans ces lieux? Je l'ignore. Combien de vies sauvées? Combien se sont-ils sentis humiliés, quand ils se sont retrouvés nus pour les examens? Sans un regard, dans la folie des gestes rapides des infirmiers et médecins? Combien ont-ils été attachés pour avoir hurlé trop fort, pour avoir tenté de s'échapper de cet enfer?
Et combien d'hommes comme celui auquel je repense sans cesse, cet homme qui n'a jamais pris de pause pendant toutes ses heures, si attentif et dévoué, tout entier à son travail?
Merci bel inconnu, à vous et tous ceux qui vous ressemblent...
J'ai croisé des regards endurcis aussi dans le personnel soignant, des corps fatigués, toute la solitude de l'humanité. Mais ce soir, le souvenir de cet homme me touche au plus profond de moi.
Combien de temps parviendra-t-il à tenir, à rester humain dans ce service qui semble avoir perdu tellement de son humanité, dans sa course folle pour sauver des vies? Je ne sais pas, mais j'ai envie de rendre hommage à cet inconnu.
J'entends encore les cris de ces hommes qui hurlent leur douleur. L'un demande à rentrer chez lui: "j'ai trop mal! Vous n'avez pas le droit de m'attacher!"
Dix blouses blanches autour de lui. Je vais entendre ses cris pendant plus de trois heures... Je ne sais pas comment on peut s'habituer à de tels cris, est-ce pour cela que pour tenir, certains membres du personnel deviennent si durs?
Douce vie, vie cruelle et injuste, combien d'hommes et de femmes ont-ils quitté cette vie dans ces lieux? Je l'ignore. Combien de vies sauvées? Combien se sont-ils sentis humiliés, quand ils se sont retrouvés nus pour les examens? Sans un regard, dans la folie des gestes rapides des infirmiers et médecins? Combien ont-ils été attachés pour avoir hurlé trop fort, pour avoir tenté de s'échapper de cet enfer?
Et combien d'hommes comme celui auquel je repense sans cesse, cet homme qui n'a jamais pris de pause pendant toutes ses heures, si attentif et dévoué, tout entier à son travail?
Merci bel inconnu, à vous et tous ceux qui vous ressemblent...
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a des hommes et des femmes qui mettent leur amour au service de la vie même quand elle part...
5!
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comme une mystérieuse et inépuisable source d'humanité.
L'amour ?
Très bel hommage.
L'amour ?
Très bel hommage.
Merci à Sirius69 en particulier pour votre témoignage qui redit l'humanité de personnes qui vont au-delà du nécessaire.
où le personnel soignant n'est pas préparé à "l'accompagnement" des malades et des familles ! N'être plus que le cancer de colon de la 12 sous des regards qui ne regardent pas ! quelle horreur.
La preuve en est les expériences d'une nouvelle approche tout en communication, touché et tendresse avec les malades atteints d'Alzheimer.. et voir comme ils se calment, se rassurent et redeviennent des hommes et de femmes.
Merci pour ce témoignage.
La preuve en est les expériences d'une nouvelle approche tout en communication, touché et tendresse avec les malades atteints d'Alzheimer.. et voir comme ils se calment, se rassurent et redeviennent des hommes et de femmes.
Merci pour ce témoignage.

09/10/08 à 16h11
déshumaniser reprend visage humain grâce à certaines personnes de coeur.
*****
*****
je pense à cet homme-infirmier que j'ai eu souvent durant 1 mois
au téléphone(selon le tableau de ses gardes..)il me disait
appelez moi vers minuit c'est plus calme. Il me disait comment
évoluait son état ,quelque phrases échangées me permettant de faire
mes quelques heures de repos pour le lendemain
Quand la nuit du départ
arriva ce fut lui qui à 3heures m'a appelée et m'a accompagnée
une dernière fois près de mon père.Comme je l'en remerciais,
un peu plus tard, avec simplicité il me répondit :
"vous savez je sais que c'est important ce lien tissé durant cette période
cela aide pour faire son deuil de l'après...
souvent depuis je repense à cette voix dans la nuit qui me préparait
à l'inéductable avec la générosité du coeur.
J'espère qu'il continuera à choisir la nuit pour avoir ce temps là et que lui ne s'endurcira pas...Je sais que grâce à lui je suis plus forte pour affronter la suite. ***** pour ces hommes qui vont au-delà du nécessaire.
au téléphone(selon le tableau de ses gardes..)il me disait
appelez moi vers minuit c'est plus calme. Il me disait comment
évoluait son état ,quelque phrases échangées me permettant de faire
mes quelques heures de repos pour le lendemain
Quand la nuit du départ
arriva ce fut lui qui à 3heures m'a appelée et m'a accompagnée
une dernière fois près de mon père.Comme je l'en remerciais,
un peu plus tard, avec simplicité il me répondit :
"vous savez je sais que c'est important ce lien tissé durant cette période
cela aide pour faire son deuil de l'après...
souvent depuis je repense à cette voix dans la nuit qui me préparait
à l'inéductable avec la générosité du coeur.
J'espère qu'il continuera à choisir la nuit pour avoir ce temps là et que lui ne s'endurcira pas...Je sais que grâce à lui je suis plus forte pour affronter la suite. ***** pour ces hommes qui vont au-delà du nécessaire.
t'as peut-être pas le bon cod-cod-codec ?
Remarque Dorothée je m'en passe bien ...
c'était juste pour détendre l'atmosphère
le rire est un docteur qui guérit
le rire est un docteur qui guérit

heureusement qu 'ils sont la , c 'est une vocation . joli texte .
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Pauline44
publié le 9 oct. 08