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Les magouilles de framboise
 Les magouilles de framboise
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catégorie : création littéraire
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Framboise était principalement deux oreilles et deux yeux. Deux oreilles car elle était standardiste dans un centre de conservation et de recherche sur le patrimoine. Elle pianotait sur son clavier, renseignait et passait les communications pharaoniques, oups, téléphoniques. Parfois elle écoutait les conversations c’était plus intéressant que la radio : les chercheurs discutaient, émettaient des hypothèses qui lui paraissaient des détails et trouvaient des explications incroyables, cabalistiques.

Elle était deux yeux, car elle effectuait aussi quelques menus travaux de secrétariat, le trop plein que les diplômées ne pouvaient assumer et le moins enthousiasmant ; le soir c’est elle qui fermait les bureaux après un ménage rapide.

Elle observait tout, ce lieu n’était pas quelconque : avec ses archives jaunies, ses casiers pleins d’objets numérotés, titrés, ses microscopes, machines et outils sophistiqués… Des âmes l’habitaient, rôdaient. Parfois les soirs d’hiver elle entrevoyait Belphégor se faufiler entre deux étagères, il était effrayant mais ne lui faisait pas de mal. Parfois elle entendait de mystérieux susurrements, des litanies, des plaintes d’une autre époque.

Dans cet univers un peu spécial, elle était tombée amoureuse. Bon, là rien de plus banal. Sauf que… Sauf que son dévolu tomba comme un compas sur une carte de pirate : sur un égyptologue. Celui-ci était poli, gentil, mais ne la regardait pas, vous savez comme le client de la boulangère chanté par Joe Dassin, laï laï laï laï !?

Evidemment on ne vit pas en Inde avec son système de caste, n’empêche fallait pas rêver. Sauf que, sauf que… Si, il l’a faisait rêver, son investissement dans son domaine l’avait tellement intrigué qu’elle voulût comprendre ce qui pouvait le phagocyter de la sorte.

Elle délaissa ses « Arlequins », pour les Christian Jacq puis pour les très sérieux travaux de Pascal Vernus.

Les quelques notions qui l’avaient fascinées au collège, dont il ne lui était resté que quelques vestiges étaient : Amôn-Rê, le dieu créateur représenté dans les hiéroglyphes de profil mais torse de face (il y avait déjà des Picasso à l’époque) avec son œil maquillé de noir, sa silhouette fine et racée, sa haute coiffe sur son trône. Osiris et Isis les parents qui engendrèrent d’une peu commune façon Horus : l’œil solaire. Le Sphinx, les mystères des pyramides ; tout ceci la faisait entrer petit à petit dans l’antre du savoir, de la curiosité, mélangé au désir de le séduire, de lui montrer qu’elle n’était pas inculte, qu’on pouvait lui parler d’autre chose que de listing, de recherche d’archives.

Le soir elle pénétrait dans son bureau comme dans un sanctuaire. Des pyramides de bouquins partout dans un désert où aucune décoration ne figurait. Seul, un grand cadre avec la photo de Nefertiti.« Il ne doit aimer que les femmes au visage parfait, inaccessibles ; sûre celle la ne risque pas de le rejeter de la salle de bain en lui disant : chéri je n’ai pas fini mon épilation et de mettre les onguents » se dit-elle en singeant les grandes bourgeoises.
On arrivait en décembre. Elle devait solder ses congés annuels et décida naturellement d’aller dans ce pays mythique voir « en live » les grands sites touristiques.

Avant de partir elle lui avait dit d’un air badin : « Je pars visiter votre pays ! ». Il avait eu un sourire, « C’était déjà ça », pensa t elle. Décidément il lui faudrait du carbone 14 pour détecter ce qu’elle essayait de lui faire comprendre depuis des lustres !

Elle ne fut pas déçue. Tout y était : le soleil, la foule, la tourista, la saleté, et surtout toutes ces splendeurs dont elle avait tant entendues parler et vues dans les livres, les reportages ou Internet.

Dans une rue du Caire, un gamin la bouscula et lui montra une tablette de pierre en lui disant « Memory of Egypte, 25€, miss, buy a memory of Egypte ! ». D’un coup, un éclair la traversa. Une tentation machiavélique germa à ce moment précis. Son sismographe s’agita avec frénésie. Elle avait trouvé comment déclarer sa flamme d’une façon originale, délicieux piège auquel il ne pourrait être indifférent.

Elle voulait être son trésor, sa découverte du siècle, son objet d’étude mais là bien vivant, du XXIème siècle et bien conservé s’il vous plait !

Il aimait les énigmes, cette fois le Sphinx ce serait elle. A nous deux !

Elle oublia de marchander la plaque tellement elle était partie dans son délire et s’enquit de trouver un antiquaire qui pourrait lui indiquer un graveur qui connaissait les calligraphies anciennes.

Elle le trouva. Bien que transpirant à grosses gouttes, il lui fallut parcourir un dédale de ruelles peu sures et demanda au sculpteur de reproduire deux petites phrases. Puis elle se rendit prés d’un temple, ramassa de la terre, la mouilla et l’appliqua en couches successives sur la pierre. En rentrant elle la fit sécher aux durs rayons solaires sur le balcon de sa chambre d’hôtel. Elle jubilait de son astuce.

De retour de vacances, elle offrit le fragment à son savant admiré, en lui disant d’un air détaché : « Tenez, un gamin me l’a vendu, ça change de la carte postale ! ». Sa mèche de cheveux poivre et sel tomba sur son visage anguleux, voilant ses lunettes qui emprisonnaient ses yeux noirs. Son grand corps mince, un peu vouté par les nombreuses fouilles se releva comme une proue de bateau qui brise les vagues vers des expéditions prometteuses de grandes révélations. Non, là j’en rajoute ça fait super romantique. En vrai, il regarda négligemment l’objet et comme il avait une excellente éducation marmonna un merci tout en machinalement balayant la terre de son pouce. La gravure commença à apparaitre. Il s’arrêta net et lu le début (son siècle d’études lui avait permis de déchiffrer ces danses scripturales) : «Tout ce que concevait son cœur se réalisait aussitôt ».

- « Ciel, mais c’est un morceau d’inscription du temple d’Esna du 1er siècle avant J.C ! ». Il bondit :

- « Framboise s’il vous plaît, appelez le géologue qu’il analyse la terre ! ».

Framboise commença à se mordre les lèvres, non seulement son idée allait foirer, de plus il allait être ridiculisé, devait-elle se dénoncer ? Cependant le géologue confirma que la terre correspondait bien aux éléments minéraux de cette région, par contre la composition de la pierre venait d’ailleurs.

L’archéologue fronça les sourcils, la terre s’enlevait facilement comme mise à postériori dans les creux, et non encrassée par les siècles puis il dévoila la seconde partie des écrits qui imperceptiblement semblait marquée avec une autre calligraphie, les écritures étaient d’époque mais les gravures de plus fraiche date : « Ouvrez les yeux, soyez mon Khnoum et je serai votre. J. ».

Il se statufia un court instant, la synapse véhicula l’information au cerveau avec moult circonvolutions, attendit que la sémantique se colore… Chronos retenait le temps par la culotte. Un Cupidon se débattait comme un beau diable dans ses doigts. Devant lui, Framboise était l’incarnation d’une déesse pivoine, d’un beau rouge grenat. Puis il explosa d’un rire qu’on ne lui avait jamais entendu. Il planta ses yeux qui pétillaient comme des bulles de champagne dans ceux de Framboise..

- « Mais vous êtes une faussaire de génie ! Je vous invite à diner ce soir, on va parler vrai ma chère ! ».

« Mamamia, les dieux me sont tombés sur la tête ! Quel oracle ! La pythie de mon magazine aurait t elle raison ? ».

Alban, la regardait étrangement : « Certes, elle n’a pas le visage de Nefertiti, mais elle en a la détermination, voudrait-elle régner sur ma vie, ou juste m’accompagner ? » Ah, classer des idées, des émotions c’était une autre paire de manches ! Il oscillait entre l’admiration devant tant d’audace, de créativité et le questionnement devant une telle personnalité qu’il ne soupçonnait pas.

Déterrait-elle des sédiments du Nil, de précieux instincts de vie, ce quelque chose qui lui manquait et qu’il ne voulait pas voir ?


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Voici les 16 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 17/12/08 à 15h29
mégalomaniaques
 17/12/08 à 15h28
vaut la peine d'être vue une fois. Remonter le Nil et ne pas aller plus loin qu'Assouan. Ne surtout pas rater le jardin de Lord Kitchener ni le temple de Karnak. Eviter si possible Abou Simbel avec les deux temples grossiers et mégalomaniques de Ramsès II et de Néfertari au bord du lac Nasser, où tout est artificiel. Voir le musée du Caire absolument. Et le barrage d'Assouan.

Aimer : Horus, Isis et Osiris, Akhenathon.

Je ne connais pas Christian Jacq, égyptologue mais je l'ai découvert dans Mozart franc-maçon.

Quant à Framboise, c'est une grande amoureuse puisqu'elle a épousé la passion de son bien aimé
 16/12/08 à 01h27


 15/12/08 à 22h04
Nefertiti : la grande et prestigieuse reine !
 15/12/08 à 21h54
elvira, ah, t'en connais d'autres?

Lougay, je ne pense pas que cette femme soit victime!? De quoi ?

auborddufleuve : tu vois des dominants-dominés, toi dans cette histoire? L'avis d'un bleu, please!

Bon, pas grave, je ne vais pas faire mon caliméro, on ne comprend pas mon humour, snif

Bertille : oui, la détermination fait faire bien des choses!
j'ai connu un chirurgien marié avec une femme de ménage, un autre avec une secrétaire...La personne peut primer sur la fonction!
Enfin là , c'est une fiction. Ceci dit, je montre une standardiste habile et loin d'être bête, et un archéo. un peu planant...
... voilà une bien jolie histoire ! quand on a de la suite dans les idées elles ont de la suite pour nous !
 15/12/08 à 16h41
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NEFERTITI

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Manhattan Project [ LIVE ]

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Michel Petrucciani
Wayne Shorter
Keny White
Stanley Clarke
Keyboards:
Goldstein & Pete Levin

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http://minilien.com/?Ln1PbgSfyX
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 15/12/08 à 15h45
auborddufleuve
 15/12/08 à 15h27
les femmes sont toujours les victimes et les hommes des serial killer
 15/12/08 à 14h20
les hommes chirurgiens.
les femmes sont toujours standardistes et les hommes archéologues ?...
un trousseau...de vie à dos d'âne.


mais si peu réaliste.
Bon en cette fin d'année on peu croire au père noël
 15/12/08 à 12h53