09 :00 du matin. Je rejoins mon bureau à pied (vivre et travailler au pays a ses charmes…).
09 :30. La comptable arrive. Mot d’accueil gentil : « un petit café » ? Adjugé, vendu.
Début de la journée : de la saisie, encore de la saisie, toujours de la saisie. Les coups de fil rompent la monotonie. Les tribus se succèdent au bout du fil, pour choisir la bonne activité de leurs chérubins : « mamans de surdoués », « têtes de linottes », « séductrices nées » se succèdent... Sans oublier les « perles » pas si « rares » : celles qui écoutent, (donc comprennent), ne coupent pas la parole et adhèrent sans réticence lorsque le discours est argumenté… Pas de méprise. Il n’y a nulle misogynie de ma part. Les hommes sont les grands absents de ces palabres : ils sont bien trop occupés à chasser le mammouth financier (ou d’autres créatures plus vaporeuses) sur le net !
10 :00. Coup de théâtre ! Un malotru s’est lourdement soulagé devant une salle d’activité... Je descends armé : raclette, bassine d’eau, bidon de crésyl, l’arme absolue, fatale… Je remonte. Une tête blonde surgit à l’horizon : « maman, ça sent mauvais »… Elle parle du crésyl, ayant loupé le charme et le fumet du « casus belli » : un étron frais dorant sous le soleil matinal…
Premier acte : une mère monte :
- c’est vous qui avez nettoyé ?
- oui
- quel produit avez-vous mis ?
- du crésyl, fongicide et bactéricide, reconnu par le Ministère de l’agriculture et utilisé dans les centres équestres et autres poneys-club…
Le vocable « bactéricide » calme la redoutable enquêtrice. Mais la rémission sera de courte durée...
Second acte : trois mères déboulent, accompagnées de leurs « enfants-poussettes ». L’œil est vigilant, le doigt accusateur. L’aspect bactéricide est relégué au second plan. L’aspect allergologique semble plus porteur. Tirs croisés des questions. La plus retorse des trois m’interpelle : « vous auriez pu demander s’il n’y avait pas des enfants allergiques ». Je clos temporairement le débat par un argument d’autorité résumé ici un peu abruptement : « je ne vais pas faire un référendum d’initiative locale pour neutraliser un étron ». La « pax romana » est-elle revenue ? Hélas, elle est de courte durée…
Troisième acte : une harpie directement sortie du royaume d'Hadès m’agonise d'invectives devant mon bureau. Elle persiste, tout en modulant son registre : c’est presque du Bossuet : Ô moment désastreux, Ô moment effroyable, je me meurs, je suis morte... C’est la monitrice. Son teint est verdâtre, son débit haletant, syncopé. Ne serais-je pas coupable ? Fort heureusement, ma méchanceté reprend le dessus. « D’abord, bonjour Madame, avez-vous appelé le Samu, les pompiers ? Alors ce n’est pas grave, le produit n’est pas toxique, j’ai sa fiche sur internet... »
Pandore retourne à sa boite… Trente minutes passent. L’incident serait-il clos ? Que nenni…
Quatrième acte : un bipède arpente le couloir. Genre masculin, de style bobo trentenaire… Grand, boucle d’oreille, sa panoplie de rebelle sans cause lui sied plutôt bien. L’approche est pédagogique, l’homme est peut-être enseignant… Gaffe au bonnet d’âne !
- savez-vous ce que vous avez utilisé ?
- oui, c’est légal et en vente libre, Monsieur, visez internet
- mon fils et moi sommes intoxiqués…
Je ressors mon argumentaire bactéricide. Je fais finir représentant chez Spado (le fabricant du crésyl). L’homme est coriace, rompu aux réunions houleuses… Mais ma méchanceté reprend le dessus, je m’approche de lui et lui fais remarquer que je suis dans mon bureau et que c’est un chercheur d’histoires, un procédurier… Car je suis un incorrigible malfaisant, mon cerveau reptilien émerge rapidement des profondeurs. L’homme tourne les talons et me menace d’excommunication : « je ne vais pas en rester là…», dit-il.
Le temps passe, les "foudres papales" m’ont épargnées... De ma fenêtre, je vois la harpie qui, sortie de mon bureau (elle était à l’agonie…), est partie faire des emplettes. Elle enfourche fougueusement son deux-roues et démarre en trombe. Je suis rassuré. Elle est en bonne santé. Heureux de ce dénouement, je vais déjeuner.
A 14 :00, je reviens. Je compte mon histoire à mes collègues en jupon. Elles ponctuent mon exposé de « rires » et de soupirs d’étonnement…
Un bruit de pas dans le couloir attire mon attention. Une silhouette s’insère dans l’encadrement de la Porte. Le rebelle du matin est de retour. Voyant la gente féminine alentour, il se veut pédagogue, plus conciliant. Je suis un être simple, une brebis égaré, il veut juste me sermonner… Toutefois, il m’affirme qu’il a contacté le centre antipoison et que ces derniers l’avaient mis en garde… Le risque est réel. Tchernobyl n’est pas loin... Joignant le geste à la parole, je contacte alors immédiatement le Centre antipoison. Ils répondent de suite. Je mets le haut-parleur du téléphone. Très innocemment, je demande que le papa effondré soit rassuré. Ce qu’ils font à voix haute, les braves. Excédé, l’homme tourne les talons en hurlant : « je vais vous traîner en justice ».
Fin provisoire des hostilités… Cette petite histoire – pure fiction, bien entendu – me fait penser à un vers du poète : est-ainsi que les hommes vivent ?
09 :30. La comptable arrive. Mot d’accueil gentil : « un petit café » ? Adjugé, vendu.
Début de la journée : de la saisie, encore de la saisie, toujours de la saisie. Les coups de fil rompent la monotonie. Les tribus se succèdent au bout du fil, pour choisir la bonne activité de leurs chérubins : « mamans de surdoués », « têtes de linottes », « séductrices nées » se succèdent... Sans oublier les « perles » pas si « rares » : celles qui écoutent, (donc comprennent), ne coupent pas la parole et adhèrent sans réticence lorsque le discours est argumenté… Pas de méprise. Il n’y a nulle misogynie de ma part. Les hommes sont les grands absents de ces palabres : ils sont bien trop occupés à chasser le mammouth financier (ou d’autres créatures plus vaporeuses) sur le net !
10 :00. Coup de théâtre ! Un malotru s’est lourdement soulagé devant une salle d’activité... Je descends armé : raclette, bassine d’eau, bidon de crésyl, l’arme absolue, fatale… Je remonte. Une tête blonde surgit à l’horizon : « maman, ça sent mauvais »… Elle parle du crésyl, ayant loupé le charme et le fumet du « casus belli » : un étron frais dorant sous le soleil matinal…
Premier acte : une mère monte :
- c’est vous qui avez nettoyé ?
- oui
- quel produit avez-vous mis ?
- du crésyl, fongicide et bactéricide, reconnu par le Ministère de l’agriculture et utilisé dans les centres équestres et autres poneys-club…
Le vocable « bactéricide » calme la redoutable enquêtrice. Mais la rémission sera de courte durée...
Second acte : trois mères déboulent, accompagnées de leurs « enfants-poussettes ». L’œil est vigilant, le doigt accusateur. L’aspect bactéricide est relégué au second plan. L’aspect allergologique semble plus porteur. Tirs croisés des questions. La plus retorse des trois m’interpelle : « vous auriez pu demander s’il n’y avait pas des enfants allergiques ». Je clos temporairement le débat par un argument d’autorité résumé ici un peu abruptement : « je ne vais pas faire un référendum d’initiative locale pour neutraliser un étron ». La « pax romana » est-elle revenue ? Hélas, elle est de courte durée…
Troisième acte : une harpie directement sortie du royaume d'Hadès m’agonise d'invectives devant mon bureau. Elle persiste, tout en modulant son registre : c’est presque du Bossuet : Ô moment désastreux, Ô moment effroyable, je me meurs, je suis morte... C’est la monitrice. Son teint est verdâtre, son débit haletant, syncopé. Ne serais-je pas coupable ? Fort heureusement, ma méchanceté reprend le dessus. « D’abord, bonjour Madame, avez-vous appelé le Samu, les pompiers ? Alors ce n’est pas grave, le produit n’est pas toxique, j’ai sa fiche sur internet... »
Pandore retourne à sa boite… Trente minutes passent. L’incident serait-il clos ? Que nenni…
Quatrième acte : un bipède arpente le couloir. Genre masculin, de style bobo trentenaire… Grand, boucle d’oreille, sa panoplie de rebelle sans cause lui sied plutôt bien. L’approche est pédagogique, l’homme est peut-être enseignant… Gaffe au bonnet d’âne !
- savez-vous ce que vous avez utilisé ?
- oui, c’est légal et en vente libre, Monsieur, visez internet
- mon fils et moi sommes intoxiqués…
Je ressors mon argumentaire bactéricide. Je fais finir représentant chez Spado (le fabricant du crésyl). L’homme est coriace, rompu aux réunions houleuses… Mais ma méchanceté reprend le dessus, je m’approche de lui et lui fais remarquer que je suis dans mon bureau et que c’est un chercheur d’histoires, un procédurier… Car je suis un incorrigible malfaisant, mon cerveau reptilien émerge rapidement des profondeurs. L’homme tourne les talons et me menace d’excommunication : « je ne vais pas en rester là…», dit-il.
Le temps passe, les "foudres papales" m’ont épargnées... De ma fenêtre, je vois la harpie qui, sortie de mon bureau (elle était à l’agonie…), est partie faire des emplettes. Elle enfourche fougueusement son deux-roues et démarre en trombe. Je suis rassuré. Elle est en bonne santé. Heureux de ce dénouement, je vais déjeuner.
A 14 :00, je reviens. Je compte mon histoire à mes collègues en jupon. Elles ponctuent mon exposé de « rires » et de soupirs d’étonnement…
Un bruit de pas dans le couloir attire mon attention. Une silhouette s’insère dans l’encadrement de la Porte. Le rebelle du matin est de retour. Voyant la gente féminine alentour, il se veut pédagogue, plus conciliant. Je suis un être simple, une brebis égaré, il veut juste me sermonner… Toutefois, il m’affirme qu’il a contacté le centre antipoison et que ces derniers l’avaient mis en garde… Le risque est réel. Tchernobyl n’est pas loin... Joignant le geste à la parole, je contacte alors immédiatement le Centre antipoison. Ils répondent de suite. Je mets le haut-parleur du téléphone. Très innocemment, je demande que le papa effondré soit rassuré. Ce qu’ils font à voix haute, les braves. Excédé, l’homme tourne les talons en hurlant : « je vais vous traîner en justice ».
Fin provisoire des hostilités… Cette petite histoire – pure fiction, bien entendu – me fait penser à un vers du poète : est-ainsi que les hommes vivent ?
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Voici les 8 dernières réactions à ce commentaire
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enfin un connaisseur http://www.bio-achat.com/produit-bio-1192.html
si tu veux savoir un peu de qui veut te rencontrer tu peux chercher dans les pages pages "en cache" de google en tapant ellapol et ellamoll. Je suis arrivée sur ce site quand ce n'était pas encore une industrie et j'ai mis du temps à supporter d'être traitée comme de la marchandise d'où les pseudos successifs.
je me doute que c'est un peu rude ma façon de faire, je ne voix pas commentfaire autrement. je ne suis pas très "virtuel".
"les contradictions ne sont qu'apparentes"
si tu veux savoir un peu de qui veut te rencontrer tu peux chercher dans les pages pages "en cache" de google en tapant ellapol et ellamoll. Je suis arrivée sur ce site quand ce n'était pas encore une industrie et j'ai mis du temps à supporter d'être traitée comme de la marchandise d'où les pseudos successifs.
je me doute que c'est un peu rude ma façon de faire, je ne voix pas commentfaire autrement. je ne suis pas très "virtuel".
"les contradictions ne sont qu'apparentes"
06/06/08 à 20h12



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permafrost
publié le 6 juin 08