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Capitaine alatriste : règne du clair-obscur...
 Capitaine alatriste : règne du clair-obscur...
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Capitaine Alatriste est un film passé sous silence. C’est une réalisation d'Agustin Diaz Yanes (2006), tirée des romans d’Arturo Pérez-Reverte, journaliste et correspondant de guerre… C’est un film au casting totalement Espagnol, à une exception près, l’acteur principal : Viggo Mortensen interprète le Capitaine Alatriste…

Le film a été projeté dans le cadre de la Fête de l'Europe le 9 mai 2008. A Paris, il est actuellement à l’affiche dans une seule salle à un seul horaire, un seul jour. Est-ce un film loupé, que l’on préfère passer sous silence ?

Arturo Pérez-Reverte, est l’inventeur du Capitaine Alatriste. Le style de l’écrivain rappelle Alexandre Dumas. Son héros rappelle d’Artagnan, Pardaillan ou Fracasse. Sauf qu’Alatriste n’est pas un gentilhomme, mais un homme du peuple qui a choisi d’échapper à la misère en devenant homme de guerre. Ce n’est pas un hobereau. Il est à d’Artagnan ce qu’Harry Palmer (voir Michael Caine dans « Ipcress File ») est à James Bond : un prolétaire de la gâchette, ou plutôt de la rapière….

Il n’est en réalité même pas Capitaine, comme l’était notre Capitaine Conan… Comme lui, il est courageux et désabusé et sait qu’une guerre est gagnée par quelques centaines d’hommes, ceux qui regardent l’adversaire dans le blanc de l’œil, avant de l’occire.

Venons au film. Le genre cape et d’épée n’est plus d’actualité. Il s’adresse donc aux grands enfants, à ceux qui sont nés après-guerre. Ceux qui ont été nourris de grands romans d’aventures et de films tels Scaramouche… Ceux qui se rappellent de Georges Marchal, Jean Marais, Gérard Barray ou de l’excellent Steward Granger. Il s’adresse aussi aux curieux, de tous âges…

Ce film nous expose le contexte de la guerre de trente ans (1618-1648). L’Espagne y est opposée aux Hollandais dans les Flandres, puis aux Français. Entre deux coups de main, notre Capitaine est spadassin. Spadassin, mais homme d’honneur : il ne fait pas « tout » pour de l’argent. Mais dans une période trouble et corrompue, il ne fait pas bon relever la tête...

Le film est long (2 h 20 mn). Trop long. L’histoire est un condensé de plusieurs romans et l’on saute parfois du coq à l’âne. Le film manque de liant. Tout cela fait un peu collage. La compréhension n’en souffre pourtant pas.

Toutefois, ce film a d’autres qualités. L’interprétation de Mortensen est à la hauteur de nos espérances. Les seconds rôles sont criants de vérité (à l’exception d’Inigo Balboa adulte).
Sur le fond, il nous montre une autre image du Grand siècle : tous ces hommes ne croient ni en Dieu, ni au Diable, ni au Roi. Ils croient au moment présent dans un univers où la vie est fragile : l’inquisition règne en maître : elle arrête, torture et tue… Les guerres sont des boucheries où des figurants stoïques attendent placidement d’être coupés en deux par un boulet de canon. C’est le temps des égorgeurs et des coupe-jarrets. La syphilis rappelle aux amants les risques de trop grands libertinages. Là, on s’éloigne du film de cape et d’épée classique… Tant mieux.

Sur la forme, ce film est impeccable en matière de reconstitution historique. Mais l’essentiel n’est pas là. Ce film présente une image d’une rare beauté. C’est le règne du clair-obscur. Les références à Vélasquez sont constantes. Mais on pense aussi à Vermeer, à Rembrandt, voire à Goya…

Les scènes ibériques sont mordorées, comme les fins de journées d’été, avant que la nuit s’annonce : la Grande Espagne est à l’agonie…

Enfin, la musique de Roque Baños ponctue cette épopée. La guitare flamenca est présente lors des scènes de duels filmés comme des corridas, avec des mises à mort, comme dans l’arène. Le clin d’œil au Western italien est présent, mais discret…

Ce film se voit au cinéma. N’attendez pas la sortie vidéo. La vidéo est faite pour revoir les films, pas pour les voir, disait un jour Jean Douchet, lors d’une séance de ciné-club...


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Voici les 13 dernières réactions à ce commentaire
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Les acteurs qui jouent Inigo et Angelica adultes sont mauvais, c'est atroce.

Mais le directeur de la photo est excellent.
Et Vigo, aaah Vigo, grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr toujours parfait, en plus il est polyglote, ça ouvre des perspectives....
les poses de viggo, torse bombé, on se croirait dans asterix en hispanie.

les répliques qui tuent, teintée de tragique à chaque ligne, soufflée par des voix viriles éraillées, mais aussi bien pour dire passe moi le sel que pour célébrer la grande espagne qui meurt mais ne se rend pas...

le destin terrible de tous ces hommes, qui non contents d'être dominés, utilisés, usés, par les grands de ce monde (sauf que c'est parfois pour le drapeau, alors ok) espèrent aussi être humiliés (voire châtrés par leur faute, génial!!) par les femmes, toutes viles, vénales, et fragiles et trouillardes (mais bien punies à la fin quand même), parce qu'en plus sous le plastron macho, c'est quand même des grands coeurs tendres poètes, flamboyants romanesque et romantiques, avec une épée ou une plume pour faire classe.
Et puis ils se battent entre eux au bout d'un moment on ne sait plus trop pourquoi mais on sent bien que ça a de la gueule.

Ils sont habillés de guenilles mais portent leur panache haut.
C'est des affaires d'hommes, indéniablement, et là dessus faut pas que ça déconne.

La bataille de rocroi est un grand moment de forfanterie militaro gloriolesque, qui ne manque pas d'humour, avec tous ces types titubants qui font les fiero.
"C'est sympa de nous proposer de nous rendre, mais voyez vous, c'est impossible, parce que c'est un régiment... Espagnol"
"Va à l'arrière, petit, ici, c"est pour les anciens. Toi, survis, et raconte nous"

Putain, ptoui.
Ce film est bourré de testo, avec une rose entre les dents.

Donc c'est un pti peu raté, oui, mais assez sympatique.
 10/08/08 à 18h05


il est tellement sexy le beau Vigo qd il parle espagnolo...
Il me semble que ça avait bien marché en Espagne.
Et je viens de lire que c'était le plus gros budget de l'histoire du cinéma espagnol (même si on est d'accord que ça n'est pas un critère de qualité).

Bref, même si les ouvrages sont (relativement) connus en France, on peut dire que le film est sorti en catimini.
Perso, j'avais été un peu calmé par les critiques relativement fraiches.
Mais peut-être qu'il reste néanmoins intéressant.

En tout cas, je conseille les livres...
Et je suis un fan de Perez Reverte..........
Beaucoup de photos m'ont fait penser au Caravage, te dire si j'etais comble:
vous lire et les évocations picturales et musicales !
 09/08/08 à 21h27
eugeneoneguine
Je n'ai pas vu ce film. Dès que possible, je vais tenter de combler cette lacune.

Mon intérêt pour ce film est d'autant plus grand que je viens de terminer une histoire de la guerre de Trente ans par Henry Bogdan.

J'aurais voulu savoir quel était le degré de fidélité historique de ce film au delà de la seule fiction.

Cette guerre menée par des armées de mercenaires a été terrible pour les populations en particulier de Bohême, de Saxe, de Bavière, de Lorraine, d'Alsace... Les exactions nombreuses de la part de tous les bélligérants nombreux eux aussi: La Bohêlme, les états allemands, le Danemark, la Suède, la France, Les provinces unies (Pays bas), l'Espagne et en marge l'Italie et la Turquie.
Il suffit de regarder les gravures de Jacques Callot pour se rendre compte des horreurs et misères de la guerre.
mais j'ai peu d'espoir... une seule salle à Paris ! Et la province alors ?
 09/08/08 à 19h32
stethoscope
avant de relire "le Maitre d'escrime"*****
pouvoir aller voir ce film...Me reste à espérer que la province n'est pas à la traîne...