This Is England est un film britannique sorti dans les salles fin 2007. Ce film est écrit et réalisé par Shane Meadows, jeune réalisateur né en 1972. La filmographie de cet autodidacte compte une petite dizaine de réalisations, dont quatre longs métrages. Ses films, ancrés dans la réalité sociale britannique font parfois penser aux réalisations de Ken Loach. This Is England a reçu plusieurs récompenses dont celui du meilleur film indépendant anglais de l’année 2006. Shane Meadows, le réalisateur, était skinhead au début des années 80.
L’histoire est simple : Shaun, un jeune Anglais de 12 ans est orphelin. Son père, militaire vient d'être tué aux Malouines. Elevé seul par sa mère, il subit les moqueries de son entourage. En revenant de l’école, il rencontre des skinheads et se lie d'amitié avec le meneur du groupe, Woody. Il trouve une identité. Le groupe tue le temps en trainant dans les friches industrielles et en vandalisant des bâtiments désaffectés.
Mais un nouveau tournant est pris lorsque Combo, un skinhead plus âgé, sortant de prison, prend le contrôle du groupe et tente de l’inféoder aux thèses du « National Front ». La bande se scinde en deux groupes : Shaun rejoint celui de Combo, voyant en ce dernier un père de substitution…Un voyage dans un pays de haine commence…
Deux aspects de ce film méritent d’être soulevés.
Le phénomène skinhead Britannique n’est pas abordé avec manichéisme. En Grande-Bretagne, ce phénomène s’inscrit dans l’histoire de la Jeunesse depuis les années 60. Les « Skins » sont les successeurs des mods. Ces jeunes prolétaires, se sont liés à la fin des années 60 avec les jeunes jamaïcains, (rude boys, rudies…) et portaient les mêmes signes distinctifs : costumes noirs et chapeaux Pork Pie, cheveux rasés... Nous sommes en 1968-1969. Tous ces jeunes écoutaient la même musique, le Ska, ancêtre du reggae… Le racisme, moins prononcé, n’était certes pas absent : les pakistanais et indiens étaient parfois pris pour cible… Ensuite, le phénomène skin disparait rapidement pour laisser place aux bandes de « boots boys » : le cheveu s’allonge, mais le port des « rangers » est toujours de rigueur. Le Ska laisse la place au « glam-rock ». A la fin des années 70, les skinheads surfent sur la vague punk et sur fond de marasme économique, certains d’entre eux se radicalisent et rejoignent le « National Front ». C’est cet épisode que montre le film. L’esprit de 1969 (Woody et Milky, le métis) s’oppose à l’esprit nouveau, à l’ordre nouveau défendu par Combo…
L’autre intérêt, d’une moindre importance, tient à la qualité de reconstitution historique du film. D’abord, ce sont les années Thatcher qui forment la toile de fond du film : c’est l’époque du mariage de Charles et Diana, de la guerre des Malouines et du basculement de l’Angleterre dans le chômage de masse. Des bandes d’actualité ponctuent le début du film. Ensuite, la véracité vestimentaire est respectée dans les moindres détails. Les skins portent des polos Fred Perry, des chemises Ben Sherman, des Docs Martens aux pieds, des jeans délavés et retroussés, des blousons Harrington et Combo tente de séduire Lol (petite amie de Woody) vêtu d’une crombie jacquet (pardessus bleu marine). Le pauvre Shaun se fait refiler par une vendeuse roublarde une paire de « Monkey boots » à la place des Docs réglementaires.
Côté bande son, on débute avec le ska, (Toots and the Maytals, the Upsetters, the Spécials...), pour arriver dans un moment de tension au fameux « Warhead » des UK Subs, véritable hymne de guerre sortant des limbes britanniques. Sans oublier les hits de l’époque : Dexys Midnight Runners et Soft Cell pour le célèbre Tainted Love…
Mais l’essentiel ne réside pas là, même si cette attention particulière aux points de détail donne plus de crédibilité au message finalement simple du film : la radicalisation (à l’extrême-droite) d’une partie de la jeunesse populaire anglaise de l’époque est liée aux conséquences économiques et sociales du Thatcherisme. Fermons le ban ?
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le prix? Je ne sais plus.
J'ai même le vinyl, acheté le 24/11/1979 à la FNAC, 39 F...
mais cette association m'a dérangé et donc m'a justement fait sortir du film
Ska basique...Je vois ça...^^
5, of course !
Il n'y a pas de faux semblants, pas de tricherie dans ce film, c'est pour tout ça, et même si ça dérange, que tu es plein dedans. Pas d'hypocrisie.
C'est dans une réalité qu'on entre et par tous les moyens, sans artifice
C'est ce qui fait la qualité de ce film (et souvent du cinéma anglo-saxon)
C'est dans une réalité qu'on entre et par tous les moyens, sans artifice
C'est ce qui fait la qualité de ce film (et souvent du cinéma anglo-saxon)
l'utilisation de uk subs en bande son d'un groupuscule extrémiste !!
d'un jeune skinhead en foyer qu'on essaie à tout prix de réinsérer, film rare (difficile a trouver) mais quelle claque !
symptomatique d'une époque et plein d'humanité. La vision brute d'une réalité à travers le regard d'un enfant. Des acteurs plus vrais que vrais.
très bien raconté .. Un message ? ou plus simplement un "moment de vie" ... un regard sur notre capacité à être libre ....
Bonne soirée ...
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publié le 29 mai 08