Télébocal est une télévision associative basée dans le 20ème arrondissement de Paris. Actuellement, vous pouvez recevoir télébocal sur le canal 36, à condition d’habiter dans l’est parisien. Si vous ne connaissez pas cette télévision de quartier, je vous conseille cependant de passer le dernier samedi du mois au Goumen bis (cité Aubry, 20éme, à 21 h, diffusion à 22h) afin d’y découvrir le dernier numéro.
Tout d’abord, vous serez séduit par ce lieu insolite, fait de bric et de broc ; vous traverserez quelques pièces au fond desquelles trônent quelques téléviseurs ; là, vous esquisserez un léger sourire en vous rappelant que vous avez fait tout ce chemin pour, lamentablement, simplement, regarder la télé ; la situation vous paraîtra incongrue un instant puis vous lèverez la tête et apercevrez les étoiles ; autour de vous de vieux décors de théâtres recouvrent les murs de la cour, des projecteurs éclairent le tout et finissent de rendre ce lieu magique.
Où est le spectacle ? Les télés, éteintes, n’affichent que le noir de leur BlackMatrix, les spectateurs, dans la lumière, que leur joie d’être réunis au Goumen bis.
Vous comprenez alors que vous n’êtes plus ce lambda des courbes d’audimat, cet epsilon acheteur, cette cible passible d’un acharnement publicitaire, vous découvrez soudain qu’en refermant la porte de votre studio, inconscient alors de l’importance du geste, vous avez coupé ces cordons z‘ombilicaux, qui liaient tête, jambes, bras à votre téléviseur, vous nourrissant à petit feu d’une bouillie télévisuelle infâme.
Impatient désormais, vous attendez. Vous profitez délicieusement de ces instants uniques, de cette ambiance irréelle, assez douce, presque confuse où tout le monde semble se connaître ; bizarrement, vous ne vous sentez pas exclu devant cette connivence flagrante.
Le décompte est amorcé, 6, flop, 5, flop, 4, flop, 3, flop, 2, flop, 1, 0 : à vous de jouer. Les reportages et les fictions se succèdent, sujets drôles et graves se télescopent. Les images se suffisent à elles-mêmes, les commentaires seraient peut-être trop partisans et biaiseraient votre jugement. Au programme, manifs, vie de quartier, petites histoires, tranches de vie, grandes gueules et toujours beaucoup d’humour. Vous qui aimez donner votre avis et qui en avez marre de cette télé pré-mâchée, foncez Cité Aubry, pour une autre télé, un autre regard sur le monde, pour des images qui, bien souvent, sont refoulées par les videurs paramilitaires des grandes télés nationales.
Comme dirait chnain, bon bocal à tous.
PS : Au Goumen bis, après la diffusion du numéro, il y a généralement un concert. Si vous ne pouvez pas attendre le dernier samedi du mois, trouvez l’un des nombreux bistros qui diffuse télébocal (sur www.telebocal.com).C’est l’occasion de découvrir de nouveaux endroits sympas.
Tout d’abord, vous serez séduit par ce lieu insolite, fait de bric et de broc ; vous traverserez quelques pièces au fond desquelles trônent quelques téléviseurs ; là, vous esquisserez un léger sourire en vous rappelant que vous avez fait tout ce chemin pour, lamentablement, simplement, regarder la télé ; la situation vous paraîtra incongrue un instant puis vous lèverez la tête et apercevrez les étoiles ; autour de vous de vieux décors de théâtres recouvrent les murs de la cour, des projecteurs éclairent le tout et finissent de rendre ce lieu magique.
Où est le spectacle ? Les télés, éteintes, n’affichent que le noir de leur BlackMatrix, les spectateurs, dans la lumière, que leur joie d’être réunis au Goumen bis.
Vous comprenez alors que vous n’êtes plus ce lambda des courbes d’audimat, cet epsilon acheteur, cette cible passible d’un acharnement publicitaire, vous découvrez soudain qu’en refermant la porte de votre studio, inconscient alors de l’importance du geste, vous avez coupé ces cordons z‘ombilicaux, qui liaient tête, jambes, bras à votre téléviseur, vous nourrissant à petit feu d’une bouillie télévisuelle infâme.
Impatient désormais, vous attendez. Vous profitez délicieusement de ces instants uniques, de cette ambiance irréelle, assez douce, presque confuse où tout le monde semble se connaître ; bizarrement, vous ne vous sentez pas exclu devant cette connivence flagrante.
Le décompte est amorcé, 6, flop, 5, flop, 4, flop, 3, flop, 2, flop, 1, 0 : à vous de jouer. Les reportages et les fictions se succèdent, sujets drôles et graves se télescopent. Les images se suffisent à elles-mêmes, les commentaires seraient peut-être trop partisans et biaiseraient votre jugement. Au programme, manifs, vie de quartier, petites histoires, tranches de vie, grandes gueules et toujours beaucoup d’humour. Vous qui aimez donner votre avis et qui en avez marre de cette télé pré-mâchée, foncez Cité Aubry, pour une autre télé, un autre regard sur le monde, pour des images qui, bien souvent, sont refoulées par les videurs paramilitaires des grandes télés nationales.
Comme dirait chnain, bon bocal à tous.
PS : Au Goumen bis, après la diffusion du numéro, il y a généralement un concert. Si vous ne pouvez pas attendre le dernier samedi du mois, trouvez l’un des nombreux bistros qui diffuse télébocal (sur www.telebocal.com).C’est l’occasion de découvrir de nouveaux endroits sympas.
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vincent
publié le 4 déc. 04