Trebor Lucas
Je reviens de la zone d’emprunt quand j’aperçois la voiture de César et je lève un peu le pied pour qu’il puisse arriver avant moi. Autant lui laisser l’illusion qu’elle domine la situation à cette Mme Kork.
Je me demande quelle est son expérience en matière de barrage ?
Si c’est le cas elle va me traiter de fou furieux et rendra compte à Investment Fund qui risque alors de suspendre les paiements, quelle merde ce sera. En plus de l’angoisse d’imaginer la flotte dépasser la crête du barrage… Gérer ce fiasco ça va être du sport !
Mais non mon vieux, le barrage est trop avancé ils peuvent plus rien arrêter maintenant sans créer un désastre, c’est toi qui est condamné à réussir.
César vient de s’arrêter et je la vois descendre de la voiture, je m’arrête et je descends moi aussi et marche vers elle.
Maintenant va falloir être bon mon cher Lucas.
Je suis sale je viens de passer une bonne heure avec Thierry au milieu des engins à étudier les prochains bancs de latérite que nous allons exploiter.
Elle doit être propre ça c’est sur, propre et fatiguée par les six heures de route pour remonter de Cotonou jusqu’ici.
Elle fait quelque pas vers moi et nous nous serrons la main, putain qu’elle est belle….
Un peu plus grande que moi, châtain aux yeux bleus, jean beige et chemise bleu ciel, plutôt mince avec des rondeurs là où il faut, son regard comme sa poignée de main est directe et son sourire s’évanouit sitôt ma main lâchée.
Je demande à César si tout va bien et j’invite Kork à me suivre pour contempler la retenue, je sais que le spectacle est saisissant alors autant commencer par quelque chose de beau à regarder.
Sitôt dépassé la crête elle lâche un petit cri de surprise.
C’est plutôt bon signe qu’elle reste ouverte à ce genre d’émotion.
Et puis je l’oublie, je m’envole, le soleil est au couchant et la surface plane et légèrement irisée de l’eau se teinte de tous les reflets dorés des derniers rayons de soleil.
Je reviens à la réalité, si elle aime ce paysage elle aimera la maison, elle comprendra mes arguments quand j’expliquerai comment j’en suis arrivé à démarrer le barrage au moment le moins favorable et elle me donnera le chèque de 700 000 $ pour pouvoir continuer les travaux, et surtout elle ne pensera pas que c’est moi qui ai tué John Andrews.
C’est la relève du soir qui me tire de mes songes.
- Venez, partons, je n’aime pas voir quand tout s’arrête.
Je reviens de la zone d’emprunt quand j’aperçois la voiture de César et je lève un peu le pied pour qu’il puisse arriver avant moi. Autant lui laisser l’illusion qu’elle domine la situation à cette Mme Kork.
Je me demande quelle est son expérience en matière de barrage ?
Si c’est le cas elle va me traiter de fou furieux et rendra compte à Investment Fund qui risque alors de suspendre les paiements, quelle merde ce sera. En plus de l’angoisse d’imaginer la flotte dépasser la crête du barrage… Gérer ce fiasco ça va être du sport !
Mais non mon vieux, le barrage est trop avancé ils peuvent plus rien arrêter maintenant sans créer un désastre, c’est toi qui est condamné à réussir.
César vient de s’arrêter et je la vois descendre de la voiture, je m’arrête et je descends moi aussi et marche vers elle.
Maintenant va falloir être bon mon cher Lucas.
Je suis sale je viens de passer une bonne heure avec Thierry au milieu des engins à étudier les prochains bancs de latérite que nous allons exploiter.
Elle doit être propre ça c’est sur, propre et fatiguée par les six heures de route pour remonter de Cotonou jusqu’ici.
Elle fait quelque pas vers moi et nous nous serrons la main, putain qu’elle est belle….
Un peu plus grande que moi, châtain aux yeux bleus, jean beige et chemise bleu ciel, plutôt mince avec des rondeurs là où il faut, son regard comme sa poignée de main est directe et son sourire s’évanouit sitôt ma main lâchée.
Je demande à César si tout va bien et j’invite Kork à me suivre pour contempler la retenue, je sais que le spectacle est saisissant alors autant commencer par quelque chose de beau à regarder.
Sitôt dépassé la crête elle lâche un petit cri de surprise.
C’est plutôt bon signe qu’elle reste ouverte à ce genre d’émotion.
Et puis je l’oublie, je m’envole, le soleil est au couchant et la surface plane et légèrement irisée de l’eau se teinte de tous les reflets dorés des derniers rayons de soleil.
Je reviens à la réalité, si elle aime ce paysage elle aimera la maison, elle comprendra mes arguments quand j’expliquerai comment j’en suis arrivé à démarrer le barrage au moment le moins favorable et elle me donnera le chèque de 700 000 $ pour pouvoir continuer les travaux, et surtout elle ne pensera pas que c’est moi qui ai tué John Andrews.
C’est la relève du soir qui me tire de mes songes.
- Venez, partons, je n’aime pas voir quand tout s’arrête.
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auborddufleuve
publié le 30 sept. 08