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La neige fait rêver le citadin qui a les moyens de prendre des vacances d’hiver. Dans son village maquillé en station de sport d’hiver, le montagnard l’appelle de ses vœux parce que présenter les perches aux fesses des touristes, ça remet dans les épinards le beurre qu’ont bouffé les « aménagements » !
Moi qui ne suis ni l’un ni l’autre, la neige, quand elle est là, pas loin, j’y grimpe à pieds, tout juste équipés de raquettes.
Ce jour-là, elle tombait mais, selon météo-France, ça devait se dégager dans la nuit et le lendemain ce serait « grand beau ». L’idéal pour passer la nuit en refuge et se réveiller au pays de merveilles ! On en rêvait déjà : nous ferions du feu, nous allumerions des bougies, la lune se lèverait, peut-être un loup hurlerait, avec un peu de chance, nous verrions sa silhouette se découper sur le lac. Au matin, nous rallumerions le feu et guetterions derrière les vitres tout un petit peuple dont nous aurions croisé les traces en montant, renard, écureuil, lièvre, chevreuil…
Nous sommes passés prendre la clé chez le garde forestier et nous sommes partis, guillerets. Il était à peine 14 h, on avait largement le temps d’atteindre le refuge avant la nuit.
Nous cherchions une piste, nous n’avons trouvé que le GR 6. Enfin, quand je dis « trouvé »… Au bout d’un kilomètre, les averses de neige que météo-France avait prévues « éparses » ne l’étaient plus guère, au point que la trace qui, d’après le garde, « était faite », avait bientôt complètement disparu. On la devinait entre les arbres, dans les troués susceptibles d’évoquer un sentier. Les marques rouges et blanches peintes sur les arbres, rares taches de couleur dans cet océan noir et blanc, jalonnaient notre progression et nous rassurait un moment.
Si on rejetait un moment nos capuches, les branches des pins, lourdes de neige fraîche, se déchargeaient dans notre cou dès qu’on les frôlait.
À tour de rôle, nous faisions la trace, testant du bout de la raquette la solidité du prochain pas, à la recherche du chemin où la neige, plus tassée, résistait mieux. Quand on le loupait, on s’enfonçait jusqu’aux genoux (lui au-dessous, moi au-dessus !). À ce rythme-là, évidemment, on n’avançait pas vite, mais on riait encore, on pensait à la soupe que bientôt nous réchaufferions sur le feu avant de nous allonger entre les bat-flancs…
Il y avait trois heures qu’on marchait, maintenant. On ne distinguait plus bien les reliefs quand nous avons débouché sur une clairière d’où semblaient partir trois chemins. Le brouillard s’épaississait et la lumière baissa encore.
Continuer (et dans quelle direction ?), c’était s’exposer à une nuit dehors, enroulés dans les duvets et les couvertures de survie. On n’en mourrait sans doute pas mais…
Il fallait bouger, de toute façon : dès qu’on s’arrêtait, le froid nous prenait.
Nous avons allumé nos lampes frontales et décidé de redescendre en suivant nos traces.
Le problème, c’est que je suis tombée. Oh, la première fois, je ne me suis pas fait mal. Mais essayez de vous relever quand, à genoux dans 50 cm de neige fraîche, vous avez sur le dos de quoi passer une nuit de février dans une cabane à 1600 m ! Je ne me suis remise sur mes jambes qu’au prix de contorsions et d’efforts qui m’ont épuisée. Ma lampe éclairant parcimonieusement, je suivais celle de mon compagnon d’infortune… que j’avais du mal à suivre ! À ma troisième chute, il dut venir m’aider à me relever : coincée sur le dos tel un hanneton, une jambe repliée sous les fesses, je m’essoufflais en pure perte en m’emmêlant dans mes bâtons inutiles !
Je ne sais plus combien il y a de stations sur un chemin de croix mais moi, j’ai bien dû en faire dix ! A la fin, j’en pleurai… Et toujours il m’aidait, m’encourageait… Je sais que parfois, un homme, c’est plus costaud qu’une nana (surtout quand il a 10 ans de moins !), je découvrais là que ça peut aussi faire preuve d’une infinie patience et camoufler son inquiétude sous un humour roboratif !
Mes chutes répétées avaient eu raison de la médiocre étanchéité de ma vieille Goretex, mon jean était trempé et mes cheveux, mouillés de neige, gelaient : il m’a enfoncé jusqu’aux oreilles son bonnet et m’a montré la vallée. « Regarde, les lumières ! » Les deux kilomètres qui nous séparaient encore du hameau m’ont paru interminables, j’avançais en somnambule, m’efforçant juste d’éviter de tomber. J’aurais bien aimé, comme lorsqu’on n’en peut plus mais qu’il faut avancer tout de même, me mettre en « marche automatique » mais avec des raquettes aux pieds, le corps a du mal à trouver ce rythme naturel !
Par contre, c’est fou ce qu’il récupère vite : une fois assis, au chaud, la tension apaisée, nous rigolions de notre aventure !
Et de notre chance :
- nous n’avons pas croisé de meute de loups affamés,
- aucun de nous ne s’est cassé quoique ce soit,
- et surtout, pendant toute cette galère, il ne nous est jamais venu à l’esprit de râler contre l’autre ! Pourtant, nous savions chacun, d’expérience, que ça dégringole vite, ce genre d’ânerie, quand la fatigue s’en mêle.
Ben là, non. Au lieu de ça, chacun s’en est voulu à tour de rôle de ce ratage, moi parce que, comme d’hab’, j’avais démarré lentement, parce que je ne savais toujours pas lire une carte, que je m’emmêlais les raquettes, lui parce que nous étions partis trop tard, parce qu’il avait perdu le nord, parce qu’il m’avait emmenée dans cette galère. On s’est finalement assis sur notre culpabilité et nous sommes tombés d’accord et à bras raccourcis contre un bouc émissaire : météo-France et ses prévisions approximatives !
La vraie vérité, on ne l’a sue que le lendemain, en ramenant la clé au garde forestier : lorsque nous nous sommes résignés à rebrousser chemin parce que la nuit tombait, nous étions à 300 m du refuge ! Et si, au lieu de galérer à repérer le chemin qui partait du hameau, nous avions emprunté la large piste qui démarrait 500 m avant, la trace, bien marquée, nous y aurait menés bien avant la nuit !
On recommencera : j’ai déjà réservé le refuge début mars !
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Recommencer jusqu'à la réussite.
Bravo !
Bravo !
Y'en a qui sont complètement hermétique à la curiosité scientifique ici .
( j'en mets plein qu'on soit sûr )
( j'en mets plein qu'on soit sûr ) 12/02/09 à 09h26
... quand il y a du fond ! Il peut y en avoir dans un copié-collé... pour peu qu'on cite sa source.
Par ailleurs, lorsque je lis un texte de quelqu'un qui s'annonce écrivain sur sa fiche, j'avoue avoir quelques exigences !
Par ailleurs, lorsque je lis un texte de quelqu'un qui s'annonce écrivain sur sa fiche, j'avoue avoir quelques exigences !
des champis qui "surgissent" à cette époque-là en sous-bois, c'est normal? Faudra que tu viennes voir!
voulais-je dire...pardon.
on a l'air tout de suite moins bête quand on voit tous les témoignages des gens à qui s'est arrivé ! Moi aussi, j'y ai eu droit ! C'était dans les Pyrénées, une belle ballade d'été, sauf que là, l'orage guêtait. Après avoir trouvé un "raccourci", on s'est rallongé de 2 heures, et on tournait en rond...tout ça pour s'apercevoir, qu'on était tout près de l'endroit où on voulait aller : un magnifique point de vue panoramique...résultat : quand on s'en est rendu compte l'orage était là et on n'a rien vu du tout ! 
11/02/09 à 21h44
... mais si c'était pour allumer le feu et préparer le thé, ça vaut le coup de crapahuter sur des rochers !
11/02/09 à 21h40
...dans la neige norvégienne, avec 2 copains et 1 copine. La différence, c'est que les copains nous ont abandonnées à une bonne distance du gîte, fonçant devant comme des surhommes.
En s'accrochant aux rochers nous sommes arrivés au bout de l'épreuve, mais quel délice de découvrir à l'intérieur un poële ronflant et du thé chaud!
En s'accrochant aux rochers nous sommes arrivés au bout de l'épreuve, mais quel délice de découvrir à l'intérieur un poële ronflant et du thé chaud!
non ?
11/02/09 à 20h16
En revanche ça m'aurait peut-être aidé à devenir "un merveilleux sujet d'étude" pour les scientifiques du 26e siècle !
tes chutes se seraient multipliées
11/02/09 à 19h38
Même pour servir la science !
Encore un merveilleux sujet d'étude qu passera sous le nez des scientifiques du 26eme siécle 
http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi.htm

http://www.hominides.com/html/ancetres/otzi.htm
c'était bien la peine d'avoir pris du génépi pour l'oublier
... qu'on avait emporté une fiasque de génépi ! On n'a même pas pensé à la sortir pour se donner du courage !
à cause des hygrophores de mars ! 

la prochaine fois que j'irai en montagne, emmener un GPS c'est une bonne idée
11/02/09 à 19h05
... depuis, je crois qu'à la fin du mois, on ira faire de la luge, en plein jour, en terrain connu ! Rien que l'idée que j'aurais pu être avec eux dans cette galère, l'angoisse montait !
11/02/09 à 19h01
J'ai beau trouver ça neu-neu, moi aussi, mes petits-fils adorent ! Et comme toi, je préfère le renard !
un court chemin en boucle qui n'était pas en boucle en fait, et j'étais seule avec 3 gamins de moins de 10 ans... On est arrivé à la tombée de la nuit. Ouf !
Petites angoisses qui marquent.
Petites angoisses qui marquent.
11/02/09 à 18h56
11/02/09 à 18h55
Erythropus
malheureusement ... je suis obligé de les éliminer pour éviter qu'ils ne repèrent quand-même mes coins !
A part un chien de chasseur que j'ai sauvé contre une part de sanglier. On n'est jamais assez méfiant !
A part un chien de chasseur que j'ai sauvé contre une part de sanglier. On n'est jamais assez méfiant !

à 14 heures pour partir en montagne c'est un peu tard.
à 14 heures pour partir en montagne c'est un peu tard.
Merci pour le récit ...
C'est vrai que partir à 14 h en montagne c'est un peu tard, la nuit tombe si vite ...
C'est vrai que partir à 14 h en montagne c'est un peu tard, la nuit tombe si vite ...
Oui mais approprié 
Ne pas faire comme les touristes perdus qu'un copain a récupéré l'an passé en pleurs dans le Luberon.
Ils avaient pris le GPS de leur bagnole pour se repérer sur les chemins de randonnée.

Ne pas faire comme les touristes perdus qu'un copain a récupéré l'an passé en pleurs dans le Luberon.
Ils avaient pris le GPS de leur bagnole pour se repérer sur les chemins de randonnée.

J'ai aussi rebroussé chemin et fini à la nuit largement tombée pour apprendre plus tard que le refuge était à 5 minutes !
Rasons toutes les montagnes et organisons une pétition contre les chemins forestiers !
Rasons toutes les montagnes et organisons une pétition contre les chemins forestiers !
je préfère le renard, le plus rusé, puis le loup, puis l'ours, ronfleur et bêta et le sanglier, le plus zidiot.
emporter un GPS.

rien de mieux qu'une bûche glacée miamiamiam



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gag à l'âme
publié le 11 février 09