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Encore une rafle dans le quartier nord. Tous des loosers et des fumeurs dans ce quartier. Il y aura encore de la main d’œuvre gratuite pour la Haute demain. Filer droit en rasant les murs, se faire plus discret qu’une taupe, éviter les caméras. A cette heure-ci, rare sont ceux qui osent sortir, il n’y a que ceux en manque qui osent, et il est en manque. Ici un passage difficile, il faut traverser le boulevard, les passerelles ou les tunnels à piétons sont fermés depuis longtemps, faut être sacrément en manque pour faire cette connerie.
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Cela fait un mois et demi, et sa résistance est à bout, il faut qu’il y aille, c’est trop dur. Jamais il n’aurait cru que cela pouvait lui arriver, surtout maintenant, à son âge, trente balais à son horloge. Jamais, il n’aurait cru, et il à tout essayer pour ne pas succomber, faut dire que c’est interdit maintenant, enfin ... pour des gens comme lui, la basse classe quoi !
C’est arrivé comme cela, dans la file, celle interminable pour aller manger, celle dans laquelle il ne faut sortir son ticket qu’au dernier moment, pour ne pas se le faire piquer. Ouais, c’est arrivé là. Un simple regard, une envie de parler tout à coup, puis une envie de prolonger la chose, mais discrètement hein ! Il y a des caméras là ! Donc, tout n’est que frôlements, murmures à peine audibles, regards aux lueurs emmitouflées.
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Ils s’étaient donné rendez-vous, chez elle, lui ne voulait pas qu’elle se fasse surprendre dans la rue, déjà, déjà la peur de perdre quelque chose de précieux, sans savoir si cela l’était.
Mais ce le fut, rendez-vous après rendez-vous, de plus en plus, à lui brûler le ventre quand il ne la voyait pas, il ne pouvait expliquer ce qui lui arrivait, cette impatience de la rencontre, cet estomac noué sans avoir faim, cette inquiétude de ne pas la trouver chez elle, cette plénitude quand il y était.
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Tant d’évènements étaient arrivés. La surpopulation, la pollution, quelques guerres aussi, mais pas assez de morts pour éviter la famine, la déchéance, la séparation des villes en deux zones, la Haute société et le reste, tout le reste, même la bourgeoisie avait disparue dans les flammes des multinationales, ne restait plus que cette masse informe, domestiquée, étiquetée, lobotomisée, et sans travail.
90% de la population nourrie juste pour qu’elle ne se révolte pas, juste pour qu’elle ne meure pas, mais qu’elle n’ait pas assez de force pour se révolter.
La notion de biens n’existait plus pour les personnes, quand votre angoisse de tout les jours consiste à espérer avoir votre part de nourriture, le reste n’a plus guère d’importance.
L’interdiction des regroupements, des associations, du sport, sous prétexte d’écologie, d’économie avait transformé la vie en un ghetto aux multitudes de quartiers bunkers.
Puis était tombé l’interdiction d’avoir des enfants, de vivre en couple, « surpopulation et famine », l’horreur quoi !
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Alors cette rencontre, après tout ce temps passé seul, était comme le soleil, celui que l’on ne voyait plus, mais qui parait-il réchauffait et était si beau, avant. Il n’avait pas hésité un seul instant, même pas peur ! Enfin, si, un peu.
Enfin surtout de ne plus la voir, elle. Pas qu’elle soit jolie, mais ses yeux l’avait directement fasciné, puis sa voix, puis aussi cette sensation inouïe qu’il avait chaque fois qu’il était à côté d’elle. Il était près à tout maintenant, pour garder cela. Encore quelques mètres et il serait dans la cave où elle était barricadée. Voilà, frapper puis gratter sur la porte, comme signe de reconnaissance. Elle ouvrit la porte directement, sûrement qu’elle attendait depuis un moment derrière. Sitôt la porte close, se serrer l’un contre l’autre, poser leurs lèvres d’abord sur les mains, puis les joues puis enfin ils s’embrassèrent. Plus tard, elle lui montra un livre, un vieux livre, et elle lui montra en épelant un mot, qu’enfin, elle avait trouvé le nom de leur maladie. Elle pointa encore une fois son doigt sur chaque lettre, et cette fois-ci, c’est lui qui lut le nom, il avait un sourire d’enfant en disant doucement "a" "m" "o" "u" "r", puis en une fois « amour » et le mot ne leur fit pas peur.
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Encore une rafle dans le quartier nord. Tous des loosers et des fumeurs dans ce quartier. Il y aura encore de la main d’œuvre gratuite pour la Haute demain. Filer droit en rasant les murs, se faire plus discret qu’une taupe, éviter les caméras. A cette heure-ci, rare sont ceux qui osent sortir, il n’y a que ceux en manque qui osent, et il est en manque. Ici un passage difficile, il faut traverser le boulevard, les passerelles ou les tunnels à piétons sont fermés depuis longtemps, faut être sacrément en manque pour faire cette connerie.
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Cela fait un mois et demi, et sa résistance est à bout, il faut qu’il y aille, c’est trop dur. Jamais il n’aurait cru que cela pouvait lui arriver, surtout maintenant, à son âge, trente balais à son horloge. Jamais, il n’aurait cru, et il à tout essayer pour ne pas succomber, faut dire que c’est interdit maintenant, enfin ... pour des gens comme lui, la basse classe quoi !
C’est arrivé comme cela, dans la file, celle interminable pour aller manger, celle dans laquelle il ne faut sortir son ticket qu’au dernier moment, pour ne pas se le faire piquer. Ouais, c’est arrivé là. Un simple regard, une envie de parler tout à coup, puis une envie de prolonger la chose, mais discrètement hein ! Il y a des caméras là ! Donc, tout n’est que frôlements, murmures à peine audibles, regards aux lueurs emmitouflées.
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Ils s’étaient donné rendez-vous, chez elle, lui ne voulait pas qu’elle se fasse surprendre dans la rue, déjà, déjà la peur de perdre quelque chose de précieux, sans savoir si cela l’était.
Mais ce le fut, rendez-vous après rendez-vous, de plus en plus, à lui brûler le ventre quand il ne la voyait pas, il ne pouvait expliquer ce qui lui arrivait, cette impatience de la rencontre, cet estomac noué sans avoir faim, cette inquiétude de ne pas la trouver chez elle, cette plénitude quand il y était.
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Tant d’évènements étaient arrivés. La surpopulation, la pollution, quelques guerres aussi, mais pas assez de morts pour éviter la famine, la déchéance, la séparation des villes en deux zones, la Haute société et le reste, tout le reste, même la bourgeoisie avait disparue dans les flammes des multinationales, ne restait plus que cette masse informe, domestiquée, étiquetée, lobotomisée, et sans travail.
90% de la population nourrie juste pour qu’elle ne se révolte pas, juste pour qu’elle ne meure pas, mais qu’elle n’ait pas assez de force pour se révolter.
La notion de biens n’existait plus pour les personnes, quand votre angoisse de tout les jours consiste à espérer avoir votre part de nourriture, le reste n’a plus guère d’importance.
L’interdiction des regroupements, des associations, du sport, sous prétexte d’écologie, d’économie avait transformé la vie en un ghetto aux multitudes de quartiers bunkers.
Puis était tombé l’interdiction d’avoir des enfants, de vivre en couple, « surpopulation et famine », l’horreur quoi !
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Alors cette rencontre, après tout ce temps passé seul, était comme le soleil, celui que l’on ne voyait plus, mais qui parait-il réchauffait et était si beau, avant. Il n’avait pas hésité un seul instant, même pas peur ! Enfin, si, un peu.
Enfin surtout de ne plus la voir, elle. Pas qu’elle soit jolie, mais ses yeux l’avait directement fasciné, puis sa voix, puis aussi cette sensation inouïe qu’il avait chaque fois qu’il était à côté d’elle. Il était près à tout maintenant, pour garder cela. Encore quelques mètres et il serait dans la cave où elle était barricadée. Voilà, frapper puis gratter sur la porte, comme signe de reconnaissance. Elle ouvrit la porte directement, sûrement qu’elle attendait depuis un moment derrière. Sitôt la porte close, se serrer l’un contre l’autre, poser leurs lèvres d’abord sur les mains, puis les joues puis enfin ils s’embrassèrent. Plus tard, elle lui montra un livre, un vieux livre, et elle lui montra en épelant un mot, qu’enfin, elle avait trouvé le nom de leur maladie. Elle pointa encore une fois son doigt sur chaque lettre, et cette fois-ci, c’est lui qui lut le nom, il avait un sourire d’enfant en disant doucement "a" "m" "o" "u" "r", puis en une fois « amour » et le mot ne leur fit pas peur.
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Voici les 28 dernières réactions à ce commentaire
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On peut le dire : c'est une annonciation faite à Marie ...
Ton histoire tient en haleine ...
Oui, elle a un côté science fiction mais dans Soleil Vert, c'est bien plus sordide.
Ton histoire tient en haleine ...
Oui, elle a un côté science fiction mais dans Soleil Vert, c'est bien plus sordide.

en tout cas, merci de nous offrir cette fleur en plein désert.


... on garde l'amour et on met tout le reste en sourdine ...un choix essentiel !
notre plus belle conquête 
(private joke !)
resterons des humains 

pas que je m'écrase la fraise contre un mur ! 
22/04/08 à 22h27
janisjopplin

j'aime quand tu te projettes dans le futur ! 

et c'est pas plus mal...
comme quoi...



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lostway
publié le 22 avril 08