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Mensonge romantique et vérité romanesque
 Mensonge romantique et vérité romanesque
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On se croit libre de nos désirs. Le sommes-nous vraiment?

René Girard dresse un parallèle entre les héros des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature et le désir triangulaire, démontrant avec finesse le mécanisme par lequel on désire les objets qui sont désirés par d'autres. L'envie, la jalousie la haine, sont ainsi décortiqués et mis à jour.

Marcel rêve de La Berma, mais témoin de sa prestation, il est déçu. Son désir pour elle est toutefois ravivé par les commentaires élogieux de Bergotte. Marcel admire Bergotte; Bergotte admire La Berma. Marcel admire donc la Berma. Passant au-dessus de son propre jugement. "Le désir proustien est à chaque fois triomphe de la suggestion sur l'impression."

Les héros romanesques sont pour la plupart victimes du désir triangulaire. Désirant par l'intermédiaire d'un médiateur qui est soit très loin d'eux tel Amadis pour Don Quichotte, ou très près, comme Rodolphe pour Emma Bovary. Dès qu'il y a présence du médiateur, on quitte le réel au profit de l'illusion.

Le héros croit que le médiateur possède quelque chose qu'il n'a pas. Il se coupe alors de son propre lien à lui-même. Comme l'anti-héros de Dostoievski (Les carnets du sous-sol): "Moi je suis seul, tandis qu'eux ils sont tous".

L'objet est d'autant plus désirable qu'il est désiré par d'autres. Mais la possession de l'objet désiré le désacralise. Le héros n'en retire pas le bénéfice escompté, l'être n'est pas transformé comme il l'avait espéré. La fine glace de l'illusion se rompt. Pour un temps seulement, puisque le désir est reporté sur un nouvel objet, et le héros traverse " l'existence de désir en désir comme on traverse un ruisseau en sautant sur des pierres glissantes."

Même processus pour la coquette, la princesse qui aime être désirée, attisant le désir de son amant par une certaine indifférence. Manifester son désir pour son amant équivaudrait à rompre la boucle "je suis désirable, on me désire, j'ai une lumière que l'autre ne voit pas en lui-même et qu'il cherche à posséder en me possédant". Formulé par Flaubert: "jamais deux êtres ne s'aiment en même temps."

Regarder les rouages sous-jacents aux désirs de ces héros apporte une certaine lumière sur nos propres désirs.

Citant Stendhal: "Seuls méritent la liberté ceux qui sont capables de la conquérir"

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Voici les 224 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 25/02/12 à 17h53
bienvenue sur pcc
d'Amadis pour Don Quichotte au anti-héros des Carnets du sous-sol, l'idéologie devient plus horizontale...
Seuls méritent la conquête ceux qui sont capables d'être libres .

Ceci dit, toute liberté fait peur ...

 16/02/12 à 19h02
Marcel rêve cependant de La Berma, aujourd'hui le porte-plume rêve moins beau: on a les rêves qu'on peut, pas vrai ?

Cependant, ça et là, des exceptions apparaissent, et l'illusion est pafois belle ...

Vi
 15/02/12 à 23h38
mais évidemment je complote le truc selon ma pauvre idée, il est autrement compliqué ...
 15/02/12 à 23h12
 15/02/12 à 22h25
L’amour pour, vers l’autre demande une chose qui n’existe pas ; ça ne sera jamais « ça » … que l’on possédera, obtiendra, regardera, parlera, etc.
Ce qui ne signifie pas qu’il ne se passe pas des tas de trucs entre temps.
Mais comme on ne sait pas ce que c’est que l’on désire en et par et pour (etc) l’autre, on se doute (absurdement) que quelqu’un « sait » (ce que c’est). On en est jaloux, par exemple, ou le rival.
Qu’il y ait quelque chose à savoir (de l’autre), on en est tellement certain que c’est incrusté en nous ; sans même se le dire, l’exprimer de cette manière ; c’est spontanément ce que l’on désire. Et on y est tout entier.
Et même plus ; on y est-déjà autre. Avec le tréma.
Là de deux chose l’une ; soit on définit « ça » (la chose à désirer) comme la Vérité (on s’engage de définir le désir de l’être humain comme savoir, secret général, rapport sexuel indicible, etc) soit ce qui apparait c’est la vérité mais la nôtre ; le truc qui vous manque à vous personnellement, individuellement. En ce cas on peut dire quelque part que ce qui vous manque (vous comme inconsciemment Un) entre en communication avec la part inconsciente qu’est l’autre ; les ICS communiquent. Ils ne se racontent pas des trucs à longueur, mais juste quelques signes.


Merci ! j'vais pouvoir poser des soleils partout où ça me dit, maint'nant !


♥♦♣♠
 15/02/12 à 18h37
☼☼☼☼☼☼☼☼☼

(alt 15)
 15/02/12 à 14h03
c'était peut-être la mi-temps
pour détendre l'atmosphère
 14/02/12 à 12h59
si j'étais Abi, je répondrais: développe tes arguments

mais je te fais seulement la bise
on prend le thé ce pm?
 14/02/12 à 12h07
intéressant, malgré des sentiments que je ne pense pas avoir partagés personnellement, mais cette étude sur des exemples pris dans la littérature semble bien étayée.
 14/02/12 à 09h15
mon corps est loin quand je suis perdue dans ma tête
peut être tu n'aurais pas du le faire ce comm!



nan je déconne!

 13/02/12 à 23h21
 13/02/12 à 23h03
Ca s'prête pas, une brosse à dents ?
 13/02/12 à 22h50
c'est comme les brosses à dents
 13/02/12 à 22h00
très belles vidéos

le regard qu'on porte sur soi est souvent dur
Quand au regard sur l'autre, ça me rappelle une phrase de Germaine Tillion dans " A la recherche du juste et du vrai", qui m'avait beaucoup touchée: (je ne retrouve pas la citation exacte)
"J'ai passé ma vie à au moins essayer de nettoyer mon hublot"
encore faut-il être en contact avec le naturel en soi,
puis que ce ressenti soit suffisamment solide pour être affirmé

et cette distinction entre un désir profond et désir imité semble être entre-autre dans l'intensité du ressenti selon Girard
 13/02/12 à 21h18
(si tu peux prendre 3'31 à écouter ce morceau, m'a bien remué, il y a déjà quelques années)
http://www.youtube.com/watch?v=LhhD9f7glB8
Je ne me méfie pas de mes amis.
En revanche, je resterai toujours circonspect vis-à-vis de l'image que le reflet du miroir, renvoie, trés indépendemment de la personne à laquelle appartient l'image reflétée, et que l'on voit
 13/02/12 à 20h47
mais désirable et 'civilisateur' !
Tu laisses la question ouverte... Pas sûr, pas sûr du tout !
 13/02/12 à 20h25
Je sais que ça nous concerne tous ...Notre pire ennemi se rencontre dans le miroir ...Le tout est de s'en faire un ami ?
et ce n'est pas seulement dû à tes yeux de faon
"les valeurs de mascarades spectaculaires étant devenues le moyen de se faire admettre en société ", c'est juste d'un à-propos déconcertant... et tellement vécu (pour moi, s'entend, pour toi... je ne me permettrai pas !)...
Merci pour ton fauteuil il doit être confortable, mais là ce soir je ne peux plus.....

Je reviendra !!!!!!!


 13/02/12 à 19h45
trop fatiguée pour te lire ce soir, je reviendai !
La mystification du désir à travers les rôles et apparences données à voir joue un rôle majeur dans toute 'civilisation' en soumettant ce que nous éprouvons à des valeurs de surface "normalisatrices" .
" Que cette apparence destinée à manipuler les autres concerne la classe sociale ou le rôle , une fois devenue valeur sociale , elle obère chez beaucoup l'originalité authentique de la sensibilité , la spontanéité de leur mode réactionnel et du dévoilement de leur désir qu'ils deviennent incapables de communiquer et d'échanger avec le désir d'autrui : les valeurs de mascarades spectaculaires étant devenues le moyen de se faire admettre en société " ( Dolto )
Dès lors , la liberté consiste aussi à déjouer ce piège que constitue la loi de l'offre et de la demande qui - dans son hégémonie masquée de poésie - conduit à une marchandisation de nos flux de désirs
 13/02/12 à 19h04
c'était une photo de wapiti, attends
 13/02/12 à 19h03
oui en pratique c'est assez complexe
j'ai l'impression d'être plus dans la confusion aujourd'hui
je pensais avoir compris un truc mais ça s'embrouille

faut peut-être pas trop y penser finalement
 13/02/12 à 18h56
n'a pas fonctionné

désolée
avec les interdictions et les limitations
les limitations pour certains étant des maximum a ne pas dépasser et pour d'autres des minimum à devoir atteindre

avec bien sur les dedoublements de la personnalité ( théoriquement c'est interdit, il y a des panneaux )

mais la pratique est toute autre

il est bien ce commentaire

tiens, celui-là est top confort

je t'offre un verre?
 13/02/12 à 16h43
on se croise et tout le monde dialogue!!dis donc là ton com !!!!!!
180 messages et je ne sais combien de votes !!!!!
Alors le désir ??????????

 13/02/12 à 16h02
et Quichotte et Proust ça te fait penser à quoi Jules Félix ?
 13/02/12 à 11h51
merci de ton passage
pas un triomphe au sens de gloire (désir d'être vue? hum sûrement)
mais surtout grand plaisir à échanger

Très beau ton idée de délice pour celui qui est le Sujet de son désir
 13/02/12 à 11h48
tes désirs principaux sont boire et manger
(et des câlins?)

comme d'hab, je t'avais mis des croquettes au frais,
avec du thé si tu veux
 13/02/12 à 11h24

Ricla quel triomphe!!!!....."parce que tu le vaux bien !!!!!"
Je confesse ( même pas honte ) ne pas avoir lu Girard....
La définition du désir par Comte-Sponville ( dont je vous je vous épargnerais les 15 pages ) m'a donné la migraine !
Modestement, je crois que le désir est un sentiment délicieux... car tant que l'on est en «sa demeure»... l'espoir règne...

Bravo en tout cas... un commentaire intéressant et très enrichissant !
 13/02/12 à 11h07
Berma et Bergotte, ça me fait penser à bergamote, miam miam !
aussi bien admettre ce qui est, ou de ce qui peut être, potentiellement
 13/02/12 à 08h51
merci de votre passage

oui on est tous plus ou moins sensible au problème "du voisin gonflable", très présent aux Etats-Unis.
Mais avouons-le, la rivalité fait partie du quotidien, plus ou moins consciemment, même si ça ne traverse que quelques seconces notre pensée, comme un éclair
 13/02/12 à 08h46
la photo était la réact de 22h44
 13/02/12 à 08h45
allez, je me fais plaisir
http://www.youtube.com/watch?v=qHAQVCmn68I

ma chanson du matin, depuis 36 ans
Mais ton commentaire m'a donné envie d'en savoir plus et je suis déjà allée me documenter sur Google...il se pourrait bien que je le lise.
 13/02/12 à 02h24
j'éteins en sortant ........

Dormez bien vous tous
 13/02/12 à 02h13
j'adore quand on m'adore

 12/02/12 à 23h16
courageux de révéler cette étrange attitude de consommateur à laquelle vous-même avez cédé dites vous. Dans une autre vie. C'est donc que cela se soigne ?


la fameuse assertion de Séguéla je crois, sur la Rollex -avec ou sans deux L- à acquérir absolument avant ses 50 ans tout le monde connait.

La marque de sa voiture, le logo de son pull, la largeur de sa piscine, ou de son écran plat, la beauté sublime de sa maîtresse,( ou leur nombre...) et la longueur de la plume au c... que chacun exhibe en faisant prout-prout , n'en finissent pas de faire rêver ...........

pfffff quelle désolation !

 12/02/12 à 22h59
et sans doute de notre vie.
Vous exprimez avec finesse et clarté ce que Girard a du mal, je trouve, à résumer en peu de mots.
Il est intéressant pour chacun de nous de revoir notre vie en nous demandant combien de fois nous nous sommes laissés guider non par notre désir ou besoin authentique mais par celui d'égaler ou dépasser l'autre. Me souviens d'une époque de ma vie où j'avais poussé la chose jusqu'à l'absurde: si c'est bon pour tel collègue d'acheter tel ou tel bien ce ne peut être mauvais pour moi!
Les publicitaires ont-ils explicitement utilisé les «découvertes» de Girard?
sur les moeurs lubriques des zanimos zamoureux

que par décence je n'ai pas lu ...........................

hihi

quelle photo then ?
 12/02/12 à 22h56
 12/02/12 à 22h55
 12/02/12 à 22h50
de ces pékins au pouvoir !
 12/02/12 à 22h49
tu la trouves obscène?
 12/02/12 à 22h48
C'est comment le wapiti ?

Jamais croisé dans la forêt provençale en tout cas .




 12/02/12 à 22h47
comment oses-tu !!!!!
 12/02/12 à 22h45
bisesss et merci à tous pour cet échange enrichissant
y'en a en France?
 12/02/12 à 22h32
c'est bien comme gros mot


et mon aieule ne le connaitra pas pour sûr, je peux peut-être voir à le replacer tantôt
 12/02/12 à 22h31
ne t'y fie pas quand même


 12/02/12 à 22h03
J'adore quand tu parles, vrai, Anna !
 12/02/12 à 21h52
c'est que j'ai emprunté mon pseudo à une parente qui se retournerait dans sa tombe si je proférais des insanités, alors je me tiens à carreau

par respect

mais je n'en pense pas moins
merdalors !
 12/02/12 à 21h30
T'es trop forte...
 12/02/12 à 21h23
zorglup
bref...
 12/02/12 à 21h18
Les supporters français veulent voir gagner la France, les supporters irlandais veulent voir gagner l'Irlande, les joueurs veulent jouer.
Arrive le médiateur, l'arbitre, et il possède réellement quelque chose que les autres n'ont pas, le pouvoir d'annuler le jeu.
Devant la foule en colère c'est lui le héros qui dit "Moi je suis seul, tandis qu'eux ils sont tous" et qui fait quitter à des milliers de personnes l'illusion pour le réel, les coupant ainsi en quelque sorte de leur propre lien à eux-mêmes.
à ce point là... :s
 12/02/12 à 21h09
zorglup
que dans le curling y avait pas de roulettes.
Alors là, très chère, vous êtes en pleine science-fiction !
http://minilien.fr/a0moth
Anna !
 12/02/12 à 21h08
zorglup
je le choisirai triangulaire, et je te donne pas la dimension de la base, ça te permettra d'y rêver tranquillement (no, no, no... there's no limit )
 12/02/12 à 21h07
zorglup
rapport au café que tu me dois, jdçjdr, ça f'rait tout d'même une avance...
ça glisse, façon savonnette...
vous écorchez mon pseudonyme !
 12/02/12 à 21h04
... t'es gentil mais c'est pas parce que quelqu'un évoque le curling qu'il faut rappliquer et te sentir indispensable !
 12/02/12 à 21h04
Pourquoi pas Askèteuboredeu ?



(personnage résidant à l'Estaqueu, près Marseilleu)
ça la fiche mal, on croirait un gros mot du coup ............ )
Pas facile, ni aisé, le Rugby, par ce climat...
http://minilien.fr/a0motg


 12/02/12 à 21h02
zorglup
rapport à la triangulation...
 12/02/12 à 21h02
je vous offre un verre?

 12/02/12 à 21h01
là t'es trop fort ! on croirait Lhermitte à la permanence sos amitié le soir de Noël faisant sa cour à Anémone primevère un peu fânée certes mais si bonne collègue de réveillon
Ah oui ! Donc, reprenons...
 12/02/12 à 21h00
*****
 12/02/12 à 21h00
zorglup
 12/02/12 à 21h00
 12/02/12 à 21h00
 12/02/12 à 20h59
vous parliez du rugby?
 12/02/12 à 20h58
le supporter, s'il avait assisté à son match de rugby, l'objet de son désir aurait été désacralisé, d'autant qu'il était désiré par des tas d'autres en même temps.
Il n'aurait pas retiré de ce match le bénéfice escompté, tandis que là il peut reporter son désir sur un nouvel objet, le prochain match France/Irlande.
 12/02/12 à 20h58
zorglup
 12/02/12 à 20h57
resaisissons-nous !

vite un petit quatuor
 12/02/12 à 20h56
je suis en parfait accord avec anna.... vous êtes une primevère qui nous éclot en plein hiver
 12/02/12 à 20h54
ça lui irait bien aussi
 12/02/12 à 20h54
si tu commence à faire gaffe de pas blesser les supporters de foot, de rugby, de curling etc... t'as pas fini de lénifier
taper ? la ?
Tu dieu?
 12/02/12 à 20h53
mieux qu'un Riclès je la trouve parfaitement rafraichissante


et ça manquait justement ces temps ci



 12/02/12 à 20h52
tu as de la suite dans les idées
tu commences par la fine glace de l'illusion (11h27)
puis on en est à la fine glace de la pelouse du rugby
 12/02/12 à 20h47
(je me moquais pas............................
PAS TROP)

(bon parce kia des supporters peut être de par pcc .......et ils m'en voudraient)
 12/02/12 à 20h38
j'ai pêché ça en 4è vitesse dans une réac de 19h51
 12/02/12 à 20h36
j'y ai mis aussi du mien......)
qui va finir en eau de boudin ................
 12/02/12 à 20h34
surtout sois prudente
 12/02/12 à 20h33
rire !!!
c'est bien tu suis

 12/02/12 à 20h32
labeillecoule
 12/02/12 à 20h31
ah vlà au moins quelqu'un qui sort une info valable et incontournable !!!! une semaine à la chauffer pour de nib, pour queudalle, (orthographe?) la pelouse, pour des prunes , ahlala et dire qu'on nous demandait de couper les ordis et les lampes chez nous et qu'on a du acheter à prix d'or de l'électricité à l'Allemagne !!!!!!

une semaine à chauffer de l'herbe (synthétique si ça se trouve !!!) c'est y pas important ça comme nouvelle !!!!!
 12/02/12 à 20h30
Les deux suivantes
 12/02/12 à 20h30
labeillecoule
parce que tu me fais rire ! là-dessus, je vais rejoindre L'éloge de la palourde, après avoir lu l'éloge de la morue... y'a qd même des mecs qui m'embarquent avec peu de choses
 12/02/12 à 20h29
Les quatre dernières réacs, j'ai tout compris !
 12/02/12 à 20h25
boudiou quelle deuxième honte ! déjà je connaissais pas la billig simple mais alors la billig krampouz, jamais entendu parler, je me cache sous mon clavier, je me ronge les doigts, je ne sais comment te prier de m'excuser, je fais mon mea culpa, trois fois, bien senties, et je vais pour ma peine regarder la série des Bigoudènes en migration !!!

On s'embête pas du côté des pierres dressées, crêpe-Stone party ça décoiffe !!!


ps : ton pseudo c'est le remorqueur alors ???
 12/02/12 à 20h24
mais je vais m'arrêter là...
sinon, non, je ne parlais pas d'admiration, mais de désir...
merci pour ces échanges constructifs !
Y'a des trucs qui m'fatiguent, sous ton com, à ton corps défendant !
Bizz, et merci pour TA finesse !
 12/02/12 à 20h12
je n'ai pas l'expérience de ce dont tu parles

ce que j'ai expérimenté, c'est que si je souffre de la pression d'être admirée, de cet enfermement, c'est à la base mon attitude qui en a été la cause. Je me suis mise dans cette posture, et j'en vois les effets.

Mais je ne suis pas sûre que c'est le point que tu soulèves ici


dans le désir, il y a une dimension symbolique de représentativité de l’objet visé...
 12/02/12 à 20h05
très sympa
 12/02/12 à 20h03
ta pensée rejoint celle de Brunooz sur son comm je pense donc je suis
y aura bien quelque chose de léger non ?
du désir d'un individu, mais de la personne qui fait l'objet de son désir...

Quant à ta phrase, "On se place soi-même en position d'être admiré, et c'est la souffrance d'être dans cette position qui nous fait réaliser qu'on s'y est mis, non?"
je pense qu'il est nécessaire de faire le distingo entre être admiré et être désiré (l'individu admire l'autre pour ce qu'il est, mais le désire parce qu'il projette autre chose que ce qu'il est, peut-être ce qui lui manque ...)
 12/02/12 à 20h01
labeillecoule
comment, comment ? la billig krampouz, ça ne te dit rien, j'enrage!!!!!

http://www.dailymotion.com/video/x32sd9_la-migration-bigouden_news
pour un dimanche soir faut reconnaître c'est dur..............

pas sympa même !

ça plombe le cerveau tout ça
Autant que j'me la pète, non ? Alors (vu que j'ai pas le niveau pour parvenir à écrire ça, je cite, juste) :
«… mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»
Alfred de Musset

Na.

revu et corrigé par la coquette*

"Ma lumière, ma lumière, rendez-moi ma lumière !"

* pour ceusses qui suivent bien sûr
 12/02/12 à 19h57
mdr!
moi ça fait deux semaines que je tricotte et détricotte ce bouquin (demande à mes copains: quoi? tu lis encore ça?) et j'avais besoin de prendre un peu de recul

je me suis dis que d'échanger à son sujet allait m'aider à mieux le comprendre
 12/02/12 à 19h54
j'ai honte je connais un peu Girard mais pas du tout la billig !!!!!!!!!!!! le rouge me vient

c'est un appareil ménager ?

JE VEUX LE MEME !! DESIR MIMETIQUE OBLIGE
Je sais fort bien que tu ne te laisseras jamais "interpeller"...

T'es bien trop délicate pour ça !
 12/02/12 à 19h53
labeillecoule
désincarné parce qu'il donne une analyse des textes presque numérique, cela m'a choquée ds le sens où ces textes je les avais perçus autrement, bcp plus charnels, je n'ai plus le bouquin sous les yeux, c'est un sentiment global qui me revient...
 12/02/12 à 19h51
de poster ce com car Girard ne rallie pas tous les suffrages, et à l'époque où je le lisais je ne voyais pas toujours où il voulait aller..manque de "culture" sans doute de ma part, difficulté à cerner le sujet. En tout cas chapeau de sortir ça un dimanche alors que le sujet grave et majeur de la soirée et le seul qui méritait notre attention c'était quand même la pelouse gelée du stade de France et le match annulé hier que diable !!!!
 12/02/12 à 19h49
mais faudrait que je le lise parce que là je ne vois pas du tout de quoi il s'agit, ça ne me résonne rien
 12/02/12 à 19h48
enfin... "blood'n'guts"... tu te l'es faite toute seule ...
Criss de poële !
Ciboire de Calisse !

Mais quand même !
ah oui, désincarnée? Je trouvais au contraire qu'il ramène tout le côté métaphysique du désir désincarné vers un horizontal plus humain.
Surtout dans le chapitre sur le masochisme, et sur le mythe de la solitude
fourvoie pas dans les affres de la passion, mais est un être de réflexion, faisant preuve d'une perception aiguë des choses de l'amour ( ce qui contredit l'image éculée et fausse d'un soi-disant romantisme s'illusionnant à propos de la relation amoureuse ).
je te prête ma billig qd tu veux, parce qu'il y a dans le geste, la cuisson "ébulitionniste" de la pâte et ce retournement de situation qui me semblent si propices à débattre du désir.
 12/02/12 à 19h35
je m'y attelle dès que je suis prête !
 12/02/12 à 19h34
de mes charmes passés, trop vieille désormais, je n'ai plus que la lumière !!!!! intérieure of course !
que personne ne s'avise de me piquer ma lumière, je préviens !!!!

signé la coquette !
 12/02/12 à 19h33
 12/02/12 à 19h31
regarde surtout le lien 15h58
je tentais d'expliquer le "désir mimétique" selon Girard à un ami qui bien entendu avait grand mal à saisir de quoi je voulais parler tant mes tentatives étaient compromises par mon manque de clarté.....

on ne s'improvise pas femme savante dans sa cuisine pendant qu'on fait sauter les crêpes de la Chandeleur, ce n'est pas toujours compatible avec le lancer de galettes !

donc ravie d'avoir trouvé ce soir la théorie de Girard sur le désir, et si tu me permets Ricla, je m'en vais de ce clic lui adresser illico tout ce texte y compris les réactions si brillantes comme d 'hab, afin de l'initier ....on sait jamais au cazou dans la vie ?

bon cela dit, je te remercie d'avoir mâché le boulot parce que vraiment je suis incompétente en la matière !

et puis je vais tout relire .....deux fois valent mieux qu'une pour la comprenure !!!!

à intégrer sa manière, presque chirurgicale, d'analyser les personnages de la littérature, une approche qui m'a parue complètement désincarnée, froide. Du coup j'ai eu du mal à le croire et le suivre dans son analyse... L'intérêt, alors, c'était de voir comment qq un d'autre peut percevoir les textes tout autrement.
moi j'avais besoin d'y mettre un peu d'ordre, je suis encore dans la phase débroussaillage
 12/02/12 à 19h11
labeillecoule
J'ai droit, hein?
Trop" technicien" ce Girard à mon goût , ms bon, faut de tout...
 12/02/12 à 18h45
(euh non pas dans le sens que tu deviens mon médiateur )
les publicistes en abusent.

Du coup il n'y a pas que les amoureux qui sont con, il y a aussi les consommateurs. Comme nous sommes tous l'un ou l'autre (voire les deux !) nous sommes tous un peu con.

La seule façon de l'être un peu moins n'est-il pas de l'admettre ?


http://www.youtube.com/watch?v=7vJvwD3XADc




surtout en pub, car le but est de nous vendre l'idée que tel objet est désiré par les autres
Ce sous-titre me rappelle le titre d'un livre de Dan Ariely
"C'est (vraiment ?) moi qui décide"

C'est une étude, qui n'a rien de romanesque car elle porte sur nos comportement en tant que consommateurs.
Mais, je peux me risquer à ce parallèle car il a déjà été fait par les marketeux et autres publicistes.

En résumé l'étude démontre combien notre irrationalité, qui est quasi-systématique est, en quelque sorte, prévisible !

Je me demande si en terme de désir amoureux ce n'est pas pareil !

un homme amoureux fou d'une chanteuse se fait appeler Bernard, qui est en fait le vrai nom du mari de cette chanteuse
(mais ici la chanteuse ne tombe pas en amour avec le nouveau Bernard)
Napoléon tombe amoureux de la femme de l'homme qui se prend pour Napoléon. La femme a toujours cru que son mari était Napoléon, qu'elle était la femme de Napoléon, condition qu'elle veut conserver à tout prix, quitte à changer de Napoléon.
La seule constante est la femme, puisque Napoléon la considère comme étant sienne, et l'autre homme croit qu'elle est la femme de Napoléon.
mais compliqué, car nous sommes complexes.....Je m'inclue dans ce discours !!! !!
Ricla je t'ai répondu
son rôle. En fait il peut être médiateur (l'idole) malgré lui, sans le savoir même.

De là à en faire une victime, je ne sais pas.
On se place soi-même en position d'être admiré, et c'est la souffrance d'être dans cette position qui nous fait réaliser qu'on s'y est mis, non?
je ne voulais pas être associée par ce "tu"... et pour cause !
bref, voulais surtout soulever le côté douloureux pour l'autre, lorsqu'il représente autre chose que lui même, ce qu'il est vraiment (mais qqch de projeté, d'utile à l'autre ?) pour celui qui le désire...
d'ailleurs on ne parle que de soi, non?
ou à travers soi
je m'inclus entièrement dans ce que j'écris

et comme j'ai écrit sur une réact à zorglup
je désirais, je désire, et je désirerai
mais j'aime bien m'avoir à l'oeil
 12/02/12 à 16h38
je ne me sens pas, mais alors pas du TOUT concernée !
mais je vais réécrire, juste pour clarifier : lorsque l'autre est otage... est-ce l'aimer ???
cet être que tu désirais parce que tous les autres le désiraient aussi, une fois que tu le possèdes, le désires-tu encore? Ou s'il perd de son charme

mais... qu'est-il alors projeté sur l'autre ? et le gros lot n'est-il pas de chercher à "remporter" (contre tous les autres ) celui qui fait l'objet d'une vive convergence de désirs... ?
mais alors, de quoi l'autre est-il l'otage, au coeur des rapports que nous entretenons avec notre désir ?
voir à partir de la 4:40m, plus le médiateur est près, plus il se dresse en rival.

"Le monde moderne est un monde de rivaux malheureux" (Stendhal)
l'exemple de La Berma est bien décrit dans le bouquin
 12/02/12 à 15h58
de cet excellent commentaire:
http://www.youtube.com/watch?v=MxXmyLvNoy8
 12/02/12 à 15h45
oui l'inaccessible étoile, c'est exactement ça le médiateur
 12/02/12 à 15h40
http://youtu.be/U2kn0Q3UHOc
je ne connais pas René Girard
Amitiés

j'aime ce qu'écrit Botti
 12/02/12 à 15h34
je t'ai fais un copié collé, d'un livre que j'aime, assez complexe, parfois je m'y perd
Non non, je pense que l'auteur parle de l'amour et de la complexité amoureuse celui qui na pas connu l'amour reste sans se questionnement.
enfin je préfère aussi, la poèsie et un classique:
Les yeux d'Elsa de Louis Aragon
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa

 12/02/12 à 15h00
que voulais-tu dire au sujet du romantisme lucide et profond de Novalis?
jamais lu en fait
 12/02/12 à 14h56
" Nous réserverons désormais le terme romantique aux oeuvres qui reflètent la présence du médiateur sans jamais la révéler et le terme romanesque aux oeuvres qui révèlent cette même présence"

question de terminolgie dans ce bouquin
 12/02/12 à 14h53
tu parles du fait que deux êtres s'aiment et se désirent en même temps?
oui j'imagine (et j'espère) que c'est possible...!

Mais la différence ici entre romantique et romanesque était reliée au fait que le médiateur soit ou non révélé (dans le sens qu'on en a pris conscience ou non)
"On" met trop souvent le romantisme à toutes les sauces ( à tort..alors qu'il y en a "plusieurs" dont un, profond et lucide : celui de Novalis, Nerval, Mme de Staël, etc. ), à base de clichés qui arrangent ses pourfendeurs qui n'ont pas lu les écrits des auteurs précités.
 12/02/12 à 14h37

J'ai toujours été sceptique sur les propos des personnes qui déboulonnent l'amour, alors qu'elles n'ont jamais fait l'expérience d'aucune vie de couple durable ! ( je parle là de personnes que e connais en dehors de pcc bien sûr).

Le romanesque j'adore cela, mais qu'à -t-il à voir avec la réalité de l'amour ?

Il y a des êtres qui s'aiment ou se sont aimés en même temps, suffisamment longtemps pour que l'on puisse appeller cela de l'amour.

J'en connais au moins deux.



Il n'y a pas de " mensonge romantique ": quelle horrible expression.



Oui, l'amour existe dans la vraie vie, et heureusement.

Le restant n'est que mots.

...................................





 12/02/12 à 14h05
 12/02/12 à 14h04
je n'ai pas trop développé l'idée du désir triangulaire, c'est en fait le sujet même su livre.
On a pensé que le désir était dirigé vers un objet, et la proposition de Girard (un de ses premiers bouquins, il a ensuite largement développé son idée), cette proposition donc est que dans le désir triangulaire, il y a présence d'une idole (le médiateur):

"Croire à l’autonomie de notre désir c’est l’illusion romantique qui est à la base de la plus large littérature. Découvrir la réalité du désir, dévoiler le médiateur, c’est ce que réalisent les grands romanciers comme ceux qui sont étudiés dans ce livre, c’est accéder à la vérité romanesque"
 12/02/12 à 13h58
tu veux dire que l'idiot est celui qui est sain?
ou incapable de se construire une illusion?
 12/02/12 à 13h56
oui c'était aussi pour aller plus loin dans ma réfexion que j'ai eu envie de discuter ce ce livre
 12/02/12 à 13h55
oui voilà, quand l'autre n'est plus autre mais le lieu de nos projections, et surtout tel qu'on voudrait qu'il soit
 12/02/12 à 13h51
moi je baigne encore dans la mer oedipienne mais toi tu as l'air d'en être sortie
 12/02/12 à 13h51
"Les héros romanesques sont pour la plupart victimes du désir triangulaire", oui, mais... pas que les héros romanesques, c'est un peu le sujet, non ?
Tiens, ça me rapelle un film...

http://minilien.fr/a0mocz

 12/02/12 à 13h50
oui, c'est toute la différence entre
être dans l'illusion sans le savoir
et jouer pour jouer parce qu'on en a envie
(quoi? Whitney Houston est décédée? J'en suis aux infos)
 12/02/12 à 13h44
tu nous parleras de André Comte-Sponville ?
Que lis-tu, la liste de ses publications est longue...
Laurence Luret, Parenthèse, reçoit le philosophe Yann Dall'Aglio, auteur de "JT'M" publié aux éditions Flammarion et se demande si l'amour est "has-been".

reflexion intéressante sur les libertins

http://www.franceinter.fr/emission-le-79-du-week-end-daniel-pennac
 12/02/12 à 13h40
oui j'aurais pu attendre au printemps, mais ça fait deux semaines que je ne décollais pas mon nez de ce livre. Je me suis dit que d'en faire un com allait faire avancer ma réflexion, en lisant d'autres points de vue
 12/02/12 à 13h39
c'est exactement l'image qui m'avait touchée dans le livre de Girard
Et d'ailleurs, à la fin des différents bouquins cités, les héros sortent de leur bulle, reprennnent contact avec le réel
 12/02/12 à 13h29
merci de vos passages, je vous lis et reviens


Le désir de connaître mais aussi la troublante expérience de l'embarras et du tâtonnement confèrent à la réflexion philosophique sa dimension érotique. Pour les mêmes raisons, l'amour est philosophie : l' amoureux s'arrache à son propre point de vue pour porter sur lui-même et le monde, le regard d'autrui, subit l'épreuve du doute après l'enthousiasme et nourrit sa réflexion d'incertitudes. Il ne sait plus ce qu'il sait, cherche ses mots, ne sait comment définir l'être aimé et craint d'être sot. Cette hésitation essentielle l'affranchit de la présomption et de l'idiotie. L'idiot, en effet, ne connaît pas l'amour et ses dérèglements : il est partout chez lui, jamais troublé ni dérangé par personne.

******
merci !
"Le terme cristallisation a été introduit par Stendhal au XIXe siècle. Il désigne le sentiment amoureux produit par l’imaginaire de l’amant. Par extension, ce terme s’applique également à tout sentiment né de l’imagination personnelle (ou collective) qui se fixe sur un objet ou une personne pour le transfigurer."
ce cher Stendhal !
 12/02/12 à 11h49
Désir et liberté : tout un programme riche de sens, toujours à élucider et réaliser jour après jour, en faisant la part des choses, c'est à dire en objectivant la dimension d'une relation tout en la nourrissant de notre coeur clairvoyant, aimant !
 12/02/12 à 11h27
Pour moi c'est seulement quand se rompt la fine glace de l'illusion qu'on peut aimer et être aimé en même temps.
 12/02/12 à 10h52
aucun cadran n'affiche la même heure
aucun amant ne livre la même humeur
Je suis entrain de lire André Comte-Sponville (merci ami pcciste) . Passage sur le désir : Désirer c’est se convertir au monde.



 12/02/12 à 10h50
zorglup
bon, ça veut peut-être dire que c'était prévu, qu'on est pas complètement fautives, alors ?

cool, Calame, je crois qu'on va s'en tirer (encore quelques-uns... )
"jamais deux êtres ne s'aiment en même temps."

Ah mais c'est bien sûr !
 12/02/12 à 10h46
zorglup
schlak, schlak
(nan, pas les menottes ! )
« Il est dans la nature des femmes de dédaigner qui les aime et d'aimer qui les dédaigne. »


— Marquis, il s’agit… Je suis désolée ; je vais vous désoler, et, tout bien considéré, il vaut mieux que je me taise.
— Non, mon amie, parlez ; auriez-vous au fond de votre cœur un secret pour moi ? La première de nos conventions ne fut-elle pas que nos âmes s’ouvriraient l’une à l’autre sans réserve ?
— Il est vrai, et voilà ce qui me pèse ; c’est un reproche qui met le comble à un beaucoup plus important que je me fais. Est-ce que vous ne vous apercevez pas que je n’ai plus la même gaieté ? J’ai perdu l’appétit ; je ne bois et je ne mange que par raison ; je ne saurais dormir. Nos sociétés les plus intimes me déplaisent. La nuit, je m’interroge et je me dis : est-ce qu’il est moins aimable ? Non. Est-ce que vous auriez à vous en plaindre ? Non. Auriez-vous à lui reprocher quelques liaisons suspectes ? Non. Est-ce que sa tendresse pour vous est diminuée ? Non. Pourquoi, votre ami étant le même, votre cœur est-il donc changé ? car il l’est : vous ne pouvez vous le cacher ; vous ne l’attendez plus avec la même impatience ; vous n’avez plus le même plaisir à le voir ; cette inquiétude quand il tardait à revenir ; cette douce émotion au bruit de sa voiture, quand on l’annonçait, quand il paraissait, vous ne l’éprouvez plus.
— Comment, madame !"
Alors la marquise de La Pommeraye se couvrit les yeux de ses mains, pencha la tête et se tut un moment après lequel elle ajouta : "Marquis, je me suis attendue à tout votre étonnement, à toutes les choses amères que vous m’allez dire. Marquis ! épargnez-moi… Non, ne m’épargnez pas, dites-les-moi ; je les écouterai avec résignation, parce que je les mérite. Oui, mon cher marquis, il est vrai… Oui, je suis… Mais, n’est pas un assez grand malheur que la chose soit arrivée, sans y ajouter encore la honte, le mépris d’être fausse, en vous le dissimulant ? Vous êtes le même, mais votre amie est changée ; votre amie vous révère, vous estime autant et plus que jamais ; mais… mais une femme accoutumée comme elle à examiner de près ce qui se passe dans les replis les plus secrets de son âme et à ne s’en imposer sur rien, ne peut se cacher que l’amour en est sorti. La découverte est affreuse mais elle n’en est pas moins réelle. La marquise de La Pommeraye, moi, moi, inconstante ! légère !… Marquis, entrez en fureur, cherchez les noms les plus odieux, je me les suis donnés d’avance : donnez-les-moi, je suis prête à les accepter tous…, tous, excepté celui de femme fausse, que vous m’épargnerez, je l’espère, car en vérité je ne le suis pas…" Cela dit, Mme de La Pommeraye se renversa sur son fauteuil et se mit à pleurer. Le marquis se précipita à ses genoux, et lui dit : "Vous êtes une femme charmante, une femme adorable, une femme comme il n’y en a point. Votre franchise, votre honnêteté me confond et devrait me faire mourir de honte. Ah ! quelle supériorité ce moment vous donne sur moi ! Que je vous vois grande et que je me trouve petit ! C’est vous qui avez parlé la première, et c’est moi qui fus coupable le premier. Mon amie votre sincérité m’entraîne ; je serais un monstre si elle ne m’entraînait pas, et je vous avouerai que l’histoire de votre cœur est mot à mot l’histoire du mien. Tout ce que vous vous êtes dit, je me le suis dit ; mais je me taisais, je souffrais, et je ne sais quand j’aurais eu le courage de parler.
— Vrai, mon ami ?
— Rien de plus vrai ; et il ne nous reste qu’à nous féliciter réciproquement d’avoir perdu en même temps le sentiment fragile et trompeur qui nous unissait.
— En effet, quel malheur que mon amour eût duré lorsque le vôtre aurait cessé !
— Ou que ce fût en moi qu’il eût cessé le premier.
— Vous avez raison, je le sens.
— Jamais vous ne m’avez paru aussi aimable, aussi belle que dans ce moment ; et si l’expérience du passé ne m’avait rendu circonspect, je croirais vous aimer plus que jamais."
Et le marquis en lui parlant ainsi lui prenait les mains, et les lui baisait… Mme de La Pommeraye, renfermant en elle-même le dépit mortel dont elle était déchirée, reprit la parole et dit au marquis : "Mais, marquis, qu’allons-nous devenir ?"
— Nous ne nous en sommes imposé ni l’un ni l’autre ; vous avez droit à toute mon estime; je ne crois pas avoir entièrement perdu le droit que j’avais à la vôtre ; nous continuerons de nous voir, nous nous livrerons à la confiance de la plus tendre amitié.

Denis Diderot, Jacques le Fataliste (1773, publication 1796).

(la conclusion ne s'entendant qu'entre gens intelligents, forcément... tout le monde n'est pas Diderot ou marquis )