Déjà inscrit(e) ?
Et voilà, Pierrot… Tu ne m’en voudras pas de ruminer ma peine ?…
Moi, je n’ai rien à vendre. Ce n’est pas comme tous ces bouquins qui viennent de sortir et qui te transforment en simple produit marketing…
Oui, je sais, tu n’aimais pas les anniversaires : « J’ai horreur des anniversaires. D’ailleurs, cette année, pour décourager les impétrants, j’ai mis un nouveau message sur mon répondeur : ‘Bon anniversaire, mon cul’. C’est court, sobre et suffisamment dissuasif. ».
Alors, je vais parler de toi quelques jours avant, histoire d’en profiter avec le week-end ensoleillé.
Car le 18 avril 2008, ça fera quand même vingt ans que tu es parti.
Oh, pas très loin en fait… juste en face de Chopin, au Père Lachaise. Lieu des randonneurs… enfin, lieu des sportifs du jogging et des promeneurs de faiseurs de crottes de chiens.
Ma peine, c’est évidemment qu’un immense humoriste s’est évaporé alors qu’ici bas, il n’en reste plus des masses. Et puis, comme une andouille, tu es parti juste avant le premier tour de l’élection présidentielle de 1988. Tu aurais pu quand même attendre la réélection du sphinx divin.
Tu avais raison d’être contre le cancer, mais bon, il s’est bien vengé aussi.
D’ailleurs, tu avais deux ennemis : le cancer et les coiffeurs.
Le cancer : « S’il n’y avait pas la science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ? » pour conclure : « Plus cancéreux que moi tumeur ».
Le coiffeur : « À l’instar du pou, le coiffeur est un parasite du cheveu. (…) J’ai horreur qu’un gominé à gourmettes me chahute le cuir chevelu avec ses grosses papattes embagousées aux ongles éclatants de vulgarité manucurale. ».
Que restera-t-il de toi, Pierrot ? Que reste-t-il de toi ?
Oh, beaucoup de choses… alors forcément, ce que je vais dire, c’est un peu subjectif.
Par exemple, je n’aimais pas du tout ‘La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède’. C’était trop absurde. Trop loufoque. Trop court ou pas assez. Bref, c’était du n’importe quoi. Du creux, et tu le savais. C’est pourquoi, au début, j’étais sur la réserve, sur la défensive, je t’éprouvais, j’attendais un élément contrebalançant.
Je l’ai vite reçu, après la Minute nécessaire, mais en fait, tu l’avais fait avant. Avec les joies des rediffusions, on mélange facilement la chronologie.
Tu avais fait cette fausse interview du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing (c’était il y a très très très longtemps, certains ici n’étaient même pas nés !). Avec l’excellent et génial Thierry Le Luron. À partir de ce moment-là, tu es devenu mythique. Un de mes préférés.
Pierrot, tu étais aussi un petit rapporteur, et quand, dans ’30 millions d’amis’, tu présentais Fifine, ta grenouille qui savait compter, je me demandais si tu n’avais pas voulu l’inscrire sur PCC avant l’heure.
Tu as fait cette fameuse interview de Françoise Sagan qui s’était montrée excessivement polie à ton égard. Après, tu as fait des émules, comme Raphaël Mezrahi qui a interviewé 136 stars de la même manière gauche, mais avec beaucoup moins de finesse que toi.
Tu étais un fier snipper de l’audiovisuel. Je cite quelques unes de tes victimes.
Christine Ockrent : « Si elle avait fait une fausse couche, elle aurait posé avec le placenta. ».
Marguerite Duras : « Elle n’a pas écrit que des conneries, elle en a filmé aussi. ».
Patrick Poivre d’Arvor : « Un homme déchiré par les contradictions insupportables de sa personnalité de dieu vivant, moitié Chateaubriand, moitié Jean-Claude Bourret ».
Plus généralement, sur les stars : « J’en ai vu, dans le show-biz, ramper de si peu dignes et si peu respectables qu’ils laissaient dans leur sillage des rires de complaisance aussi visqueux que les mucosités brillantes qu’on impute aux limaces. ».
Et même sur les ennemis en général : « L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! ».
Tu as été un très bon écrivain. Tu n’as, malheureusement, écrit qu’un seul roman, ‘Des Femmes qui tombent’ (1985), mais quel roman ! Une flopée de bonnes femmes qui partent et qui s’effondrent. Tu es devenu ainsi un expert de l’amour. Un expert lexicologique, bien sûr.
Tu nous as laissé quelques merveilleux ouvrages comme ‘Vivons heureux en attendant la mort’ ou encore ‘Manuel du savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis’…
Ton almanach posthume, de l’année 1989, m’a permis de comprendre enfin Guernica.
Mais, à mon sens, le meilleur, c’est ton ‘Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis’.
Le mien, qui date de bien avant ta mort (1985), a sa couverture complètement délavée. Délavée par le temps, et surtout, jaunie par la lumière du soleil. Je l’avais laissé dans ma voiture. Tu m’étais aussi précieux que le permis de conduire.
Un dictionnaire complet. Avec même des illustrations, identiques mais subtilement légendées. Avec les noms communs, les noms propres et au milieu, comme pour faire beau et être à la mode, à la page plutôt, des pages roses bonbon.
Je ne résiste pas au plaisir d’en tirer quelques citations.
Directeur : « On ne dit pas ‘un petit directeur’, on dit ‘un chef de rayon’. On ne dit pas ‘un grand directeur’, on dit ‘un chef de diamètre’ » et : « Le féminin de ‘directeur’ est ‘la femme du directeur’ ».
Femme : « Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux. C’est tout ce qu’on lui demande. La femme ne peut se reproduire seule, elle a besoin du secours de l’Homme, lequel, parfois, n’hésite pas à prendre sur ses heures de sommeil pour la féconder. Des observateurs attentifs affirment que la femme prend un vif plaisir dans cette satisfaction de sa viviparité. La gestation, chez la femme, dure deux cent soixante-dix jours, au cours desquels elle s’empiffre, s’enlaidit, gémit vaguement, tout en contribuant à faire grimper les courbes de l’absentéisme dans l’entreprise. Au bout de ces neuf mois, le petit d’Homme vient au monde. L’accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l’Homme. Ainsi, il souffre moins. ».
Gynécée : « Signifiant ici ‘non connaissance’, comme le souligne son utilisation dans ce dialogue extrait des ‘Contes des mille et une nuits’ :
– Ou kilé li misée di Lôvre ?
– Gynécée pas. »
Œil : « L’œil est un outil merveilleux. C’est grâce à lui que l’homme peut, en un instant, reconnaître à coup sûr un langoustine d’un autobus, ce qui lui confère évidemment un immense sentiment de puissance sur la nature. La preuve en est qu’un homme privé de ses yeux se met instantanément à raser les murs honteusement. (…) Les aveugles sont parfois ridicules. On en a vu manger des autobus ou voyager en langoustine. Pour ne rien arranger, les aveugles lisent en braillant, au risque de réveiller les sourds. (…) L’œil du sourd est normal. ».
Quadrumane : « Qui a quatre mains. Exemple : le rossignol n’est pas quadrumane. ».
Torture : « L’homme est en effet le seul mammifère suffisamment évolué pour penser à enfoncer des tisonniers dans l’œil d’un lieutenant de vaisseau dans le seul but de lui faire avouer l’âge du capitaine. ».
Uropygienne : « Le dindon glougloute. C’est la poule qui glousse. Plus précisément, elle glousse pour appeler ses petits. Quand elle échange des idées d’ordre général avec sa camarade de poulailler, ou qu’elle est sur le point de pondre, on dit qu’elle caquette. Alors que l’oie, non. L’oie cacarde. Pas le jars. Le jars jargonne. ».
Vélo : « Une erreur courante consiste à penser que le vélo est le mari de la bicyclette. C’est faux. C’est son amant. (…) Dans les côtes, ces jeunes effrénés pédalent la tête plus bas que le cul, ce qui leur permet de se gnougnouter l’uropygienne sans risquer de torticolis. Voilà pourquoi les coureurs cyclistes ont si souvent le cheveu gominé. ».
Zeugma : « Plus périlleux, le double zeugma : ‘Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.’ (Saint-Exupéry, ‘ça creuse’) ».
Les irremplaçables locutions latines.
Alea jacta est : Ils sont bavards à la gare de l’Est.
Alea jacta ouest : À Montparnasse aussi.
Ad bitam aeternam, amen : Tant qu’on baise, je ne dis pas non.
Ite, missa est : Je l’ai perdu à la gare de l’Est.
Manou militari : Germaine s’est engagée dans les paras.
Mens sano in corpore salo : En tout homme, il y a un cochon qui sommeille.
Veni, vidi, vici : Je suis venu nettoyer les cabinets.
Et pour finir, quelques noms propres.
Douaumont : « L’ossuaire de Douaumont est très joli. Il contient les restes de 300 000 jeunes gens. Si l’on mettait bout à bout tous les humérus et tous les fémurs de ces garçons, et leurs 300 000 crânes par-dessus, on obtiendrait une ravissante barrière blanche de 2 476 kilomètres pour embellir le côté gauche de la route Moscou-Paris. ».
Hélène : « Hélène s’épanouissait à l’ombre des oliviers. Frêle enfant au rire frais comme un ruisseau d’été, elle sautillait gaiement derrière les papillons blancs, cheveux au vent et feu au cul. Un jour qu’elle s’effleurait alanguie au pied d’un cyprès, elle vit passer sur un cheval blanc un très joli roi charmant qui, champêtre et luxurieux comme on peut l’être au printemps, mit pied à terre pour contempler un peu cette fée naturelle aux yeux mi-clos qui semblait jour d’une harpe invisible au creux de ses blondeurs secrètes. » [Notons que son épouse qui lui a donné deux enfants se prénommait Hélène].
Reiser (Jean-Marc) : « Philosophe français né d’un péché de la chair et mort d’un cancer de l’os » [D’après Georges Wolinski, Desproges pleurait à l’enterrement de Reiser en 1983].
Zamenhof : « Aujourd’hui, Zamenhof repose à l’ombre d’un grand cyprès dans le cimetière juif de Varsovie. Pourquoi au cimetière juif, alors que, de notoriété publique, il était plus catholique qu’un essaim d’intégristes ? Parce que Zamenhof, jusqu’au bout fidèle à son idéal, avait exigé que l’adresse de sa dernière demeure figurât en espéranto sur le couvercle de son cercueil. Pour un croque-mort polonais, hélas, l’espéranto, c’est de l’hébreu. ».
Bref… tant d’acidité… ton acidité… ta férocité… ça me manque un peu, de nos jours.
Étonnant, non ?
Non.
http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/319474.FR.php
http://www.desproges.fr/05_Archives/Presse/01_Cyclopede.html
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=Apost
rophes&datedif_jour1=08&datedif_mois1=05&datedif_annee1=1987&num_notice=1&total_
notices=1
Moi, je n’ai rien à vendre. Ce n’est pas comme tous ces bouquins qui viennent de sortir et qui te transforment en simple produit marketing…
Oui, je sais, tu n’aimais pas les anniversaires : « J’ai horreur des anniversaires. D’ailleurs, cette année, pour décourager les impétrants, j’ai mis un nouveau message sur mon répondeur : ‘Bon anniversaire, mon cul’. C’est court, sobre et suffisamment dissuasif. ».
Alors, je vais parler de toi quelques jours avant, histoire d’en profiter avec le week-end ensoleillé.
Car le 18 avril 2008, ça fera quand même vingt ans que tu es parti.
Oh, pas très loin en fait… juste en face de Chopin, au Père Lachaise. Lieu des randonneurs… enfin, lieu des sportifs du jogging et des promeneurs de faiseurs de crottes de chiens.
Ma peine, c’est évidemment qu’un immense humoriste s’est évaporé alors qu’ici bas, il n’en reste plus des masses. Et puis, comme une andouille, tu es parti juste avant le premier tour de l’élection présidentielle de 1988. Tu aurais pu quand même attendre la réélection du sphinx divin.
Tu avais raison d’être contre le cancer, mais bon, il s’est bien vengé aussi.
D’ailleurs, tu avais deux ennemis : le cancer et les coiffeurs.
Le cancer : « S’il n’y avait pas la science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ? » pour conclure : « Plus cancéreux que moi tumeur ».
Le coiffeur : « À l’instar du pou, le coiffeur est un parasite du cheveu. (…) J’ai horreur qu’un gominé à gourmettes me chahute le cuir chevelu avec ses grosses papattes embagousées aux ongles éclatants de vulgarité manucurale. ».
Que restera-t-il de toi, Pierrot ? Que reste-t-il de toi ?
Oh, beaucoup de choses… alors forcément, ce que je vais dire, c’est un peu subjectif.
Par exemple, je n’aimais pas du tout ‘La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède’. C’était trop absurde. Trop loufoque. Trop court ou pas assez. Bref, c’était du n’importe quoi. Du creux, et tu le savais. C’est pourquoi, au début, j’étais sur la réserve, sur la défensive, je t’éprouvais, j’attendais un élément contrebalançant.
Je l’ai vite reçu, après la Minute nécessaire, mais en fait, tu l’avais fait avant. Avec les joies des rediffusions, on mélange facilement la chronologie.
Tu avais fait cette fausse interview du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing (c’était il y a très très très longtemps, certains ici n’étaient même pas nés !). Avec l’excellent et génial Thierry Le Luron. À partir de ce moment-là, tu es devenu mythique. Un de mes préférés.
Pierrot, tu étais aussi un petit rapporteur, et quand, dans ’30 millions d’amis’, tu présentais Fifine, ta grenouille qui savait compter, je me demandais si tu n’avais pas voulu l’inscrire sur PCC avant l’heure.
Tu as fait cette fameuse interview de Françoise Sagan qui s’était montrée excessivement polie à ton égard. Après, tu as fait des émules, comme Raphaël Mezrahi qui a interviewé 136 stars de la même manière gauche, mais avec beaucoup moins de finesse que toi.
Tu étais un fier snipper de l’audiovisuel. Je cite quelques unes de tes victimes.
Christine Ockrent : « Si elle avait fait une fausse couche, elle aurait posé avec le placenta. ».
Marguerite Duras : « Elle n’a pas écrit que des conneries, elle en a filmé aussi. ».
Patrick Poivre d’Arvor : « Un homme déchiré par les contradictions insupportables de sa personnalité de dieu vivant, moitié Chateaubriand, moitié Jean-Claude Bourret ».
Plus généralement, sur les stars : « J’en ai vu, dans le show-biz, ramper de si peu dignes et si peu respectables qu’ils laissaient dans leur sillage des rires de complaisance aussi visqueux que les mucosités brillantes qu’on impute aux limaces. ».
Et même sur les ennemis en général : « L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! ».
Tu as été un très bon écrivain. Tu n’as, malheureusement, écrit qu’un seul roman, ‘Des Femmes qui tombent’ (1985), mais quel roman ! Une flopée de bonnes femmes qui partent et qui s’effondrent. Tu es devenu ainsi un expert de l’amour. Un expert lexicologique, bien sûr.
Tu nous as laissé quelques merveilleux ouvrages comme ‘Vivons heureux en attendant la mort’ ou encore ‘Manuel du savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis’…
Ton almanach posthume, de l’année 1989, m’a permis de comprendre enfin Guernica.
Mais, à mon sens, le meilleur, c’est ton ‘Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis’.
Le mien, qui date de bien avant ta mort (1985), a sa couverture complètement délavée. Délavée par le temps, et surtout, jaunie par la lumière du soleil. Je l’avais laissé dans ma voiture. Tu m’étais aussi précieux que le permis de conduire.
Un dictionnaire complet. Avec même des illustrations, identiques mais subtilement légendées. Avec les noms communs, les noms propres et au milieu, comme pour faire beau et être à la mode, à la page plutôt, des pages roses bonbon.
Je ne résiste pas au plaisir d’en tirer quelques citations.
Directeur : « On ne dit pas ‘un petit directeur’, on dit ‘un chef de rayon’. On ne dit pas ‘un grand directeur’, on dit ‘un chef de diamètre’ » et : « Le féminin de ‘directeur’ est ‘la femme du directeur’ ».
Femme : « Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux. C’est tout ce qu’on lui demande. La femme ne peut se reproduire seule, elle a besoin du secours de l’Homme, lequel, parfois, n’hésite pas à prendre sur ses heures de sommeil pour la féconder. Des observateurs attentifs affirment que la femme prend un vif plaisir dans cette satisfaction de sa viviparité. La gestation, chez la femme, dure deux cent soixante-dix jours, au cours desquels elle s’empiffre, s’enlaidit, gémit vaguement, tout en contribuant à faire grimper les courbes de l’absentéisme dans l’entreprise. Au bout de ces neuf mois, le petit d’Homme vient au monde. L’accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l’Homme. Ainsi, il souffre moins. ».
Gynécée : « Signifiant ici ‘non connaissance’, comme le souligne son utilisation dans ce dialogue extrait des ‘Contes des mille et une nuits’ :
– Ou kilé li misée di Lôvre ?
– Gynécée pas. »
Œil : « L’œil est un outil merveilleux. C’est grâce à lui que l’homme peut, en un instant, reconnaître à coup sûr un langoustine d’un autobus, ce qui lui confère évidemment un immense sentiment de puissance sur la nature. La preuve en est qu’un homme privé de ses yeux se met instantanément à raser les murs honteusement. (…) Les aveugles sont parfois ridicules. On en a vu manger des autobus ou voyager en langoustine. Pour ne rien arranger, les aveugles lisent en braillant, au risque de réveiller les sourds. (…) L’œil du sourd est normal. ».
Quadrumane : « Qui a quatre mains. Exemple : le rossignol n’est pas quadrumane. ».
Torture : « L’homme est en effet le seul mammifère suffisamment évolué pour penser à enfoncer des tisonniers dans l’œil d’un lieutenant de vaisseau dans le seul but de lui faire avouer l’âge du capitaine. ».
Uropygienne : « Le dindon glougloute. C’est la poule qui glousse. Plus précisément, elle glousse pour appeler ses petits. Quand elle échange des idées d’ordre général avec sa camarade de poulailler, ou qu’elle est sur le point de pondre, on dit qu’elle caquette. Alors que l’oie, non. L’oie cacarde. Pas le jars. Le jars jargonne. ».
Vélo : « Une erreur courante consiste à penser que le vélo est le mari de la bicyclette. C’est faux. C’est son amant. (…) Dans les côtes, ces jeunes effrénés pédalent la tête plus bas que le cul, ce qui leur permet de se gnougnouter l’uropygienne sans risquer de torticolis. Voilà pourquoi les coureurs cyclistes ont si souvent le cheveu gominé. ».
Zeugma : « Plus périlleux, le double zeugma : ‘Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.’ (Saint-Exupéry, ‘ça creuse’) ».
Les irremplaçables locutions latines.
Alea jacta est : Ils sont bavards à la gare de l’Est.
Alea jacta ouest : À Montparnasse aussi.
Ad bitam aeternam, amen : Tant qu’on baise, je ne dis pas non.
Ite, missa est : Je l’ai perdu à la gare de l’Est.
Manou militari : Germaine s’est engagée dans les paras.
Mens sano in corpore salo : En tout homme, il y a un cochon qui sommeille.
Veni, vidi, vici : Je suis venu nettoyer les cabinets.
Et pour finir, quelques noms propres.
Douaumont : « L’ossuaire de Douaumont est très joli. Il contient les restes de 300 000 jeunes gens. Si l’on mettait bout à bout tous les humérus et tous les fémurs de ces garçons, et leurs 300 000 crânes par-dessus, on obtiendrait une ravissante barrière blanche de 2 476 kilomètres pour embellir le côté gauche de la route Moscou-Paris. ».
Hélène : « Hélène s’épanouissait à l’ombre des oliviers. Frêle enfant au rire frais comme un ruisseau d’été, elle sautillait gaiement derrière les papillons blancs, cheveux au vent et feu au cul. Un jour qu’elle s’effleurait alanguie au pied d’un cyprès, elle vit passer sur un cheval blanc un très joli roi charmant qui, champêtre et luxurieux comme on peut l’être au printemps, mit pied à terre pour contempler un peu cette fée naturelle aux yeux mi-clos qui semblait jour d’une harpe invisible au creux de ses blondeurs secrètes. » [Notons que son épouse qui lui a donné deux enfants se prénommait Hélène].
Reiser (Jean-Marc) : « Philosophe français né d’un péché de la chair et mort d’un cancer de l’os » [D’après Georges Wolinski, Desproges pleurait à l’enterrement de Reiser en 1983].
Zamenhof : « Aujourd’hui, Zamenhof repose à l’ombre d’un grand cyprès dans le cimetière juif de Varsovie. Pourquoi au cimetière juif, alors que, de notoriété publique, il était plus catholique qu’un essaim d’intégristes ? Parce que Zamenhof, jusqu’au bout fidèle à son idéal, avait exigé que l’adresse de sa dernière demeure figurât en espéranto sur le couvercle de son cercueil. Pour un croque-mort polonais, hélas, l’espéranto, c’est de l’hébreu. ».
Bref… tant d’acidité… ton acidité… ta férocité… ça me manque un peu, de nos jours.
Étonnant, non ?
Non.
http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/319474.FR.php
http://www.desproges.fr/05_Archives/Presse/01_Cyclopede.html
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=Apost
rophes&datedif_jour1=08&datedif_mois1=05&datedif_annee1=1987&num_notice=1&total_
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Moi, j'aimais tout de Pierre. En ce jour je pense à sa femme Hélène et à ses deux filles.
Merci à elles pour l'avoir aidé à être aussi génial.
Aujourd'hui, Pierre, tu nous manques !!
Merci à elles pour l'avoir aidé à être aussi génial.
Aujourd'hui, Pierre, tu nous manques !!
qu'il nous reste la mémoire pour ceux qui nous laissés seuls trop vite.
M'enfin, moi j'aimais quand même aussi Cyclopède !
M'enfin, moi j'aimais quand même aussi Cyclopède !
Car Pierre Desproges n'était pas qu'un humoriste. C'était un amoureux de la langue française qui passait un temps infini à trouver la formule juste, l'adjectif approprié, ou le signe de ponctuation définitif.
Pierre Desproges avait une écriture aussi précise et aussi belle que son maitre en formules choques : Alexandre Vialatte.
Enfin, pour ceux qui veulent en savoir plus (les raisons de l'obsession de Pierre Desproges pour le cancer, par exemple...), il faut lire l'excellente biographie "Desproges, Portrait" de Marie-Ange Guillaume (édité chez Points).
Enjoy
Pierre Desproges avait une écriture aussi précise et aussi belle que son maitre en formules choques : Alexandre Vialatte.
Enfin, pour ceux qui veulent en savoir plus (les raisons de l'obsession de Pierre Desproges pour le cancer, par exemple...), il faut lire l'excellente biographie "Desproges, Portrait" de Marie-Ange Guillaume (édité chez Points).
Enjoy
toute la journée à partir de 5 heures du matin ils font un spécial Desproges comme ils avaient fait un spécial 68....
C'est vendredi prochain
C'est vendredi prochain
Jules, tu es sûrement au courant mais pour ceux que cela intéresse ce vendredi toute la journée sur France Inter spécial Pierrot.
Et vive la différence
Et vive la différence
Pourriez-vous traduire ce jeu de mots (je suppose que c'en est un...)pour une pauvre profane, s'il vous plaît ?
d'accord avec sky
sauf peut-etre Timsit mais je n'ai pas vu le spectacle
sauf peut-etre Timsit mais je n'ai pas vu le spectacle
au delà de l'humoriste et de tout ce qu'il véhiculait, c'est l'époque. Parce qu'à cette époque les artistes pouvaient encore ouvrir leur gueule, faire du politiquement incorrect. Aujourd'hui personne ne se permettrait de dire tout ce que disait Desproges sur la religion, sur telle ou telle classe politique. Il suffit de revoir certains "Monsieur Cyclopede" diffusés entre 82 et 84 à une heure de très grande écoute pour s'en convaincre.
Mon Trésor,
Merci de ta gentille lettre P14B7624, elle m'a fait bien plaisir. Pour les 1 franc
30 que tu me dois, tu serai sympa de les virer à mon compte bancaire le plus vite possible, ce serait pour acheter une demi baguette à 1 franc 90 avant que ça augmente encore.
Avec les 5 centimes en trop, je pourrai avoir un roudoudou ou un carambar à moins que je décide d'aider la recherche contre le cancer.
Ici il fait un temps dégueulasse, j'espère qu'à cedex 09 vous avez beau temps.
Je te prie d'agréer, mon Trésor, l'expression de mes sentiments distingués.
Pierre Desproges
Merci de ta gentille lettre P14B7624, elle m'a fait bien plaisir. Pour les 1 franc
30 que tu me dois, tu serai sympa de les virer à mon compte bancaire le plus vite possible, ce serait pour acheter une demi baguette à 1 franc 90 avant que ça augmente encore.
Avec les 5 centimes en trop, je pourrai avoir un roudoudou ou un carambar à moins que je décide d'aider la recherche contre le cancer.
Ici il fait un temps dégueulasse, j'espère qu'à cedex 09 vous avez beau temps.
Je te prie d'agréer, mon Trésor, l'expression de mes sentiments distingués.
Pierre Desproges
Il y a quelqu'un que cela a chagriné que vous ayez omis les guillemets. 
Je parie que son pseudonyme commence par un "V"... et qu'il fait une fixation sur les amibes...
Et si ce n'est pas lui, il s'agit de sa fille ou de son fils spirituel(le)...
Je suis puriste aussi à mes heures mais il me semble que les guillemets ne s'imposent pas lorsque l'on cite un texte en entier. Et puis, l'on ne peut utiliser l'italique sur les commentaires. Enfin, si l'on utilise les guillemets, cela déséquilibre la présentation du texte.
Oui, je sais, j'ai des tocs, mais je me soigne.
Je parie que son pseudonyme commence par un "V"... et qu'il fait une fixation sur les amibes...
Et si ce n'est pas lui, il s'agit de sa fille ou de son fils spirituel(le)...Je suis puriste aussi à mes heures mais il me semble que les guillemets ne s'imposent pas lorsque l'on cite un texte en entier. Et puis, l'on ne peut utiliser l'italique sur les commentaires. Enfin, si l'on utilise les guillemets, cela déséquilibre la présentation du texte.
Oui, je sais, j'ai des tocs, mais je me soigne.
Merci beaucoup, vraiment ! C'est superbe. Je ne connaissais pas ce texte. J'aime beaucoup le poème d'Eluard qui l'a immanquablement inspiré.
La lecture de celui-ci ne fait que renforcer le vague à l'âme que m'inspire la disparition prématurée de Desproges mais je me console en me disant qu'il a dû profiter de la vie au maximum.
C'était vraiment quelqu'un, Pierrot, comme l'appelle notre hôte.
La lecture de celui-ci ne fait que renforcer le vague à l'âme que m'inspire la disparition prématurée de Desproges mais je me console en me disant qu'il a dû profiter de la vie au maximum.
C'était vraiment quelqu'un, Pierrot, comme l'appelle notre hôte.
J'ai oublié les guillemets, sans doute parce que ce n'est pas qu'une citation.
Sur le collier du chien que tu laisses au mois d’août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l’étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l’espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l’asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blanc d’acier des bombes à neutron
Que tu t’offres à prix d’or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu’il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l’ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu’ils ont eux-même empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l’encéphalogramme éternellement plat
Des Musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l’étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d’Afrique écartelés de faim
Savent que tu t’empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d’écolier de mes enfants irradiés
J’écris ton nom
HOMME
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l’étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l’espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l’asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blanc d’acier des bombes à neutron
Que tu t’offres à prix d’or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu’il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l’ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu’ils ont eux-même empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l’encéphalogramme éternellement plat
Des Musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l’étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d’Afrique écartelés de faim
Savent que tu t’empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d’écolier de mes enfants irradiés
J’écris ton nom
HOMME
13/04/08 à 11h47
meilleur médicament, c'est bien connu mais pas assez utilisé !
@@@@@

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si ça se trouve il était végétarien...


... beaucoup, beaucoup, ... dans le désert médiatico-informativo- communiquant qui est le nôtre !
Si ça pouvait inspirer ...
Merci Jules !
Si ça pouvait inspirer ...
Merci Jules !
le roi du savoir-vivre
elle cherche Reiser et Desproges qui graffitent ses murs et font pipi en ricanant....
Ils me manquent, tiens. Merci de l'évocation.
Ils me manquent, tiens. Merci de l'évocation.
Comment ne pas aimer tout Desproges, y compris "La minute nécessaire de Monsieur Cylopède" ? 
Merci en tout cas pour cette très belle évocation. Il a laissé un grand vide.
Un petit mot de lui qui me plaît bien : « Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à ce jour de demander Cavanna en mariage. »
Merci en tout cas pour cette très belle évocation. Il a laissé un grand vide.
Un petit mot de lui qui me plaît bien : « Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à ce jour de demander Cavanna en mariage. »
..."...espoir...cherchez l'erreur!"
...quand on aime desproge ?
juste un coup d'oeil (wikipédia)aux titres des différents épisodes et la poilade est là (pas même sournoise) un exemple pioché au hasard parmis les 99 chroniques...
plouf, plouf ça sera toi... : Dissolvons la monarchie absolue dans l'acide sulfurique. (les 98 autres sont du même acabit).

juste un coup d'oeil (wikipédia)aux titres des différents épisodes et la poilade est là (pas même sournoise) un exemple pioché au hasard parmis les 99 chroniques...
plouf, plouf ça sera toi... : Dissolvons la monarchie absolue dans l'acide sulfurique. (les 98 autres sont du même acabit).

Même si son humour ne déclenche pas chez moi des torrents de rire, je l'apprécie beaucoup. Cette façon d'être drôle et acide, en laissant deviner amertume et tendresse, est tellement unique. J'avais un peu oublié sa tête de grand gosse tout content d'avoir attaché une casserole à la queue du chat ! Merci, donc, Jules pour ton comm qui nous le rappelle, et pour le lien vers l'INA.
Et pour le reste, c'est vrai : où est passée l'irrévérence ?
Et pour le reste, c'est vrai : où est passée l'irrévérence ?
pis pourquoi pas manus militaris...la main de ma soeur dans la culotte d'un zouave
traduction : on ne va pas loin avec une seule couille.
et sans rancune vis-à-vis de sa rubrique des chats écrasés...

Il manque sans aucun doute...
un grand de l'absurde.
Mais moi, j'aimais la minute de M.Cyclopède.
Comment allumer sa cigarette avec la colère de Dieu? En bredouillant "nom de Dieu" et en attendant que le feu du ciel se déclenche...
Comment allumer sa cigarette avec la colère de Dieu? En bredouillant "nom de Dieu" et en attendant que le feu du ciel se déclenche...
pareil, j'ai pas la mémoire des chiffres...
Pourquoi avoir publié ce comm avant le 18, je m'en moque un peu, mais c'est sûrement dû au fait que je n'ai jamais tenu à fêter les anniversaires... D'ailleurs, pas plus tard que cet après-midi j'ai dû demander à une des mes plus proches amies quelle était la date de son anniversaire car je ne savais plus vraiment, la preuve !!!
En tout cas, ça fait du bien de relire du Desproges ! MERCI !
S'il y a du rab, je suis preneur.
En tout cas, ça fait du bien de relire du Desproges ! MERCI !
S'il y a du rab, je suis preneur.
Juste Merci.
J'étais et reste fan de Pierre Desproges... Je dévorais toutes ses proses, me précipitais le midi sur le Tribunal des Flagrants Délires! Par contre moi aussi, je détestais Cyclopède!
Avec Reiser dont je possède également les albums, il a été le rire sain de ma jeunesse.
Tous deux étaient uniques... L'humour n'est plus ce qu'il était...
J'étais et reste fan de Pierre Desproges... Je dévorais toutes ses proses, me précipitais le midi sur le Tribunal des Flagrants Délires! Par contre moi aussi, je détestais Cyclopède!
Avec Reiser dont je possède également les albums, il a été le rire sain de ma jeunesse.
Tous deux étaient uniques... L'humour n'est plus ce qu'il était...
c'est peut être plus clair là ma réaction..parce que je lis, contrairement à ce que tu sous-entends, le problème c'est que c'est pas limpide le pourquoi du 12 au lieu du 18.
12/04/08 à 20h04
nullepart
com...oui, acidité , férocité , autodérision tout cela est bien absent en ces temps de consensualité (je sais pas si ce mot existe !) toute l'oeuvre de Desproges vient de sortir , je l'ai offerte à ma fille et compte bien en profiter!
Merci à vous!
Merci à vous!
http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/319474.FR.php
http://www.desproges.fr/05_Archives/Presse/01_Cyclopede.html
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=Ap
ostrophes&datedif_jour1=08&datedif_mois1=05&datedif_annee1=1987&num_no
tice=1&total_notices=1
(faut lire parfois)



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Jules Félix
publié le 12 avril 08