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J’avais rendez-vous avec Raoul Bongrain de l’ivraie, le grand écrivain. Cela devait-être le couronnement de ma carrière de chroniqueur à «Egouts et dégoûts du 11ème » le journal parisien pour lequel je travaille assidûment, en particulier les jours pairs.
Le plus grand écrivain vivant actuellement sa vie, l’auteur de chef d’œuvres éternels comme « Touche pas à ma clef à molette, salope » ou bien encore « J’ai détourné du pognon, c’est plus facile qu’un avion » allait me parler, moi qui ne suis que poussière et néant.
Raoul Bongrain de l’Ivraie m’avait donné rendez-vous devant le 12 avenue Foch, à Paris. Il avait précisé que l’interview se tiendrait dans sa voiture, une Rolls Royce décapotable. « Parce que je le vaux bien » avait-il ajouté.
Mais c’est en arrivant à l’adresse dite et à l’heure tardive convenue, qu’une inquiétude commença à sourdre entre mes gencives, montant du creux des reins pour envahir mon cerveau, déjà dans le brouillard de vapeurs d’alcool de contrebande.
J’avisais en effet une Rolls décapotable. Mais celle-ci était décapotée. Fichtre, me dis-je, ce n’est pas de saison. En effet, le dérèglement climatique actuel n’allait pas, ce soir là, jusqu’à nous balancer une douceur estivale, doublée d’un grand soleil qui de toute façon n’aurait pas été visible puisqu’il était minuit.
Raoul Bongrain de l’Ivraie était donc trempé, assis au volant. Car il pleuvait à seaux (au moment où je me faisais cette réflexion, il me semblât apercevoir un magnum de Moët tomber du fenestron du 6ème étage du 12 avenue Foch, mais je n’en suis plus certain maintenant)
Je tentais d’amorcer la conversation pour réchauffer l’ambiance et aussi parce que mon chef m’avait, d’un geste explicite le matin même, fait comprendre que si je ne ramenais pas cette putain d’interview, je ferais de l’engrais pour les petits rats de l’opéra.
Raoul répondit à mes politesses de bienvenue par un grognement que j’eus du mal à définir. Etait-ce celui du gnou se faisant sodomiser par un congénère homosexuel à l’Ouest du Pécos ou bien le grognement du lion apprenant que le prix de l’antilope allait franchir le seuil psychologique des 10 dollars le kilo à cause du nouveau taux de TVA ?
Mais l’essentiel était que Raoul Bongrain de l’Ivraie était d’humeur. Je le remarquais immédiatement à sa tenue. Il portait son habituel bandana rose et un perfecto râpé aux coudes qui cachait mal un Tee-shirt vert où l’on pouvait lire distinctement : « Ce soir, c’est raviolis »
Je ne peux bien évidemment pas vous divulguer ici le contenu de l’interview qui suivit, mon journal, L’égout et dégoûts du 11ème en ayant l’exclusivité mondiale, mais disons que des thèmes comme « doit-on écrire d’abord sur du papier recyclé ou du papier chiottes, puis taper ensuite sur un ordinateur » furent abordés.
J’en étais là de mes réflexions, notamment comment remettre la capote de la Rolls, parce que, quand même, ça tombait dru, lorsque soudain, je le vis sortir un pistolet de sa poche revolver et faire feu sur Nadine de Rotchild qui passait par-là.
Je vis assez distinctement l’expression d’étonnement sur le visage de la créature, pendant qu’un liquide saumâtre s’échappait de sa boite crânienne, un peu comme un seau percé. Mais en rouge
Raoul n’ajouta pas de commentaire à son geste. Tout juste s’avisa t’il au dernier moment de ne pas souffler sur le canon du pistolet, comme dans les westerns, puisqu’avec cette pluie verglaçante, c’était inutile.
Raoul Bongrain de l’Ivraie repris le cours de la conversation là où elle en était restée. C’est à dire autour de la question de la dialectique du sens dans son roman « Si tu vas à la boulangerie, ramènes du pain » C’était d’ailleurs une des questions qui avait valu l’émergence de nouveaux philosophes dans une France bouleversée par ce livre. J’en avais fait la remarque à Raoul, moi-même agité par la pertinence d’un tel titre.
C’est lorsque la Police arriva que les choses se gâtèrent. En effet, sans prendre aucune précaution, le gros 4x4 de la police (les nouveaux modèles, ceux à double bande rouge surmontés d’un cœur avec l’inscription « I love Sarko ») était arrivé en dérapage non contrôlé sur la scène du meurtre.
Malencontreusement, le conducteur avait loupé son freinage et écrasé la chair réduite au silence éternel par Raoul quelques instants plus tôt.
Naturellement, l’inévitable se produisit. Alors que les policiers tentaient de rassembler les morceaux épars, ils avisèrent Raoul Bongrain de l’Ivraie.
Aussitôt, les compliments et les demandes d’autographes fusèrent. Heureusement, mon interview était terminée. Je pris congé tandis que Raoul devisait avec l’un des représentants de l’ordre à propos de la couleur de son bandana, qui se mariait assez bien avec sa ceinture.
Marchant désormais seul sous la pluie qui redoublait, au milieu de cette avenue prestigieuse, je souris. J’avais mon scoop : Raoul Bongrain de l’Ivraie avait écrit son dernier livre, « Je mange à la cantine» en référence à Jean-Marie Messier.

Le plus grand écrivain vivant actuellement sa vie, l’auteur de chef d’œuvres éternels comme « Touche pas à ma clef à molette, salope » ou bien encore « J’ai détourné du pognon, c’est plus facile qu’un avion » allait me parler, moi qui ne suis que poussière et néant.
Raoul Bongrain de l’Ivraie m’avait donné rendez-vous devant le 12 avenue Foch, à Paris. Il avait précisé que l’interview se tiendrait dans sa voiture, une Rolls Royce décapotable. « Parce que je le vaux bien » avait-il ajouté.
Mais c’est en arrivant à l’adresse dite et à l’heure tardive convenue, qu’une inquiétude commença à sourdre entre mes gencives, montant du creux des reins pour envahir mon cerveau, déjà dans le brouillard de vapeurs d’alcool de contrebande.
J’avisais en effet une Rolls décapotable. Mais celle-ci était décapotée. Fichtre, me dis-je, ce n’est pas de saison. En effet, le dérèglement climatique actuel n’allait pas, ce soir là, jusqu’à nous balancer une douceur estivale, doublée d’un grand soleil qui de toute façon n’aurait pas été visible puisqu’il était minuit.
Raoul Bongrain de l’Ivraie était donc trempé, assis au volant. Car il pleuvait à seaux (au moment où je me faisais cette réflexion, il me semblât apercevoir un magnum de Moët tomber du fenestron du 6ème étage du 12 avenue Foch, mais je n’en suis plus certain maintenant)
Je tentais d’amorcer la conversation pour réchauffer l’ambiance et aussi parce que mon chef m’avait, d’un geste explicite le matin même, fait comprendre que si je ne ramenais pas cette putain d’interview, je ferais de l’engrais pour les petits rats de l’opéra.
Raoul répondit à mes politesses de bienvenue par un grognement que j’eus du mal à définir. Etait-ce celui du gnou se faisant sodomiser par un congénère homosexuel à l’Ouest du Pécos ou bien le grognement du lion apprenant que le prix de l’antilope allait franchir le seuil psychologique des 10 dollars le kilo à cause du nouveau taux de TVA ?
Mais l’essentiel était que Raoul Bongrain de l’Ivraie était d’humeur. Je le remarquais immédiatement à sa tenue. Il portait son habituel bandana rose et un perfecto râpé aux coudes qui cachait mal un Tee-shirt vert où l’on pouvait lire distinctement : « Ce soir, c’est raviolis »
Je ne peux bien évidemment pas vous divulguer ici le contenu de l’interview qui suivit, mon journal, L’égout et dégoûts du 11ème en ayant l’exclusivité mondiale, mais disons que des thèmes comme « doit-on écrire d’abord sur du papier recyclé ou du papier chiottes, puis taper ensuite sur un ordinateur » furent abordés.
J’en étais là de mes réflexions, notamment comment remettre la capote de la Rolls, parce que, quand même, ça tombait dru, lorsque soudain, je le vis sortir un pistolet de sa poche revolver et faire feu sur Nadine de Rotchild qui passait par-là.
Je vis assez distinctement l’expression d’étonnement sur le visage de la créature, pendant qu’un liquide saumâtre s’échappait de sa boite crânienne, un peu comme un seau percé. Mais en rouge
Raoul n’ajouta pas de commentaire à son geste. Tout juste s’avisa t’il au dernier moment de ne pas souffler sur le canon du pistolet, comme dans les westerns, puisqu’avec cette pluie verglaçante, c’était inutile.
Raoul Bongrain de l’Ivraie repris le cours de la conversation là où elle en était restée. C’est à dire autour de la question de la dialectique du sens dans son roman « Si tu vas à la boulangerie, ramènes du pain » C’était d’ailleurs une des questions qui avait valu l’émergence de nouveaux philosophes dans une France bouleversée par ce livre. J’en avais fait la remarque à Raoul, moi-même agité par la pertinence d’un tel titre.
C’est lorsque la Police arriva que les choses se gâtèrent. En effet, sans prendre aucune précaution, le gros 4x4 de la police (les nouveaux modèles, ceux à double bande rouge surmontés d’un cœur avec l’inscription « I love Sarko ») était arrivé en dérapage non contrôlé sur la scène du meurtre.
Malencontreusement, le conducteur avait loupé son freinage et écrasé la chair réduite au silence éternel par Raoul quelques instants plus tôt.
Naturellement, l’inévitable se produisit. Alors que les policiers tentaient de rassembler les morceaux épars, ils avisèrent Raoul Bongrain de l’Ivraie.
Aussitôt, les compliments et les demandes d’autographes fusèrent. Heureusement, mon interview était terminée. Je pris congé tandis que Raoul devisait avec l’un des représentants de l’ordre à propos de la couleur de son bandana, qui se mariait assez bien avec sa ceinture.
Marchant désormais seul sous la pluie qui redoublait, au milieu de cette avenue prestigieuse, je souris. J’avais mon scoop : Raoul Bongrain de l’Ivraie avait écrit son dernier livre, « Je mange à la cantine» en référence à Jean-Marie Messier.

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Voici les 25 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
ça vole ces bestiaux là ; mais c'est vrai qu après coup je me suis dis, ça y est, il
va penser que j allusionne à son autre comm.
Du 21eme siècle, laisse moi me gausser ... de tous les siècles, oui !
va penser que j allusionne à son autre comm.
Du 21eme siècle, laisse moi me gausser ... de tous les siècles, oui !
hé oui...
j'ai des plombs de rechange!
Y'avait longtemps que je ne m'étais pas marré comme ça.
désolé de me gausser de ton travail journalistique, hein... c'est nerveux !
désolé de me gausser de ton travail journalistique, hein... c'est nerveux !
....excellent!!
Jules: je télétravaille a mort. Je suis un homme du 21ème siècle!
Ils font dans la délocalisation, les dirigeants de l'«Egouts et dégoûts du 11ème » ??
Je n'habite pas en Transylvanie, bien que pas loin c'est vrai.
ce qui me plait ? oulala la liste est longue ! en tête, largement, faineanter
plaît-il?
Spaghetti compris - ben oui, le western du Pécos, tout ça tout ça...
Avez-vous seulement déjeuné ?
A la question " Quels sont vos plats préférés ? "
Nadine aurait répondu :
" L'osso-bucco, la blanquette de veau, des plats nourrissants. J'aime bien tout ce qui saute aux fesses, moi! "
Là, ça lui a sauté à la figure.
Avez-vous seulement déjeuné ?

A la question " Quels sont vos plats préférés ? "
Nadine aurait répondu :
" L'osso-bucco, la blanquette de veau, des plats nourrissants. J'aime bien tout ce qui saute aux fesses, moi! "
Là, ça lui a sauté à la figure.
ils sont mal nourris... rien à voir avec ceux du Vatican.
des rats du Vatican...
miam !
miam !
font pâle museau à côté de ceux du Vatican.
Pour l'avenue Foch, je demande à voir.
Pour l'avenue Foch, je demande à voir.
Ta prose a éclairé mon après-midi. Je retourne au turbin binbin dans la joie et la bonne humeur. Continue ! j'adooore
le point de 14h05 (GMT+1)
Ypa: absolument
Elna: eh oui, à l'Ouest du Pécos, faut aller vite
Jules: Pour toi c'est gratuit
Seleucie: j'adore!
Ypa: absolument
Elna: eh oui, à l'Ouest du Pécos, faut aller vite
Jules: Pour toi c'est gratuit
Seleucie: j'adore!
Raoul Bongrain de l'Ivraie
et Raoul Bongrain du Bourg.
Le premier est spécialiste en tir à la N de R
Le second en tir aux pigeons.
et Raoul Bongrain du Bourg.
Le premier est spécialiste en tir à la N de R
Le second en tir aux pigeons.
"Je mange à la Kantine".
Geneses, c'est combien pour m'abonner à tes ragots ?
Geneses, c'est combien pour m'abonner à tes ragots ?
voilà.
mais je suis contente d'écrire la première réaction; d'habitude j'ai toujours quelques TGV de retard.
mais je suis contente d'écrire la première réaction; d'habitude j'ai toujours quelques TGV de retard.
Egoutier et pas échotier!!


Je réagis à ce commentaire en
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geneses
publié le 8 février 07