19 mai
« Ah, tu crois toujours qu’on fait les choses par calcul. Peut être que si je veux me garder pour toi, ce n’est que par sensualité, sans espérer de retour, mais si je te choisis toi pour une pareille ascèse, c’est vrai que c’est parce que je t’aime, et toi peut être que tu ne me le rends pas, ou plutôt que tu n’as pas la même façon de sacraliser le désir.
Je vis moi, les jours les plus beaux de ma vie.
Nous marchons à 5 H 30 encore nuit, voyons se lever sur les hauts plateaux une aube de tourterelle dans les champs d’asphodèles.
Je ne peux pas te dire la beauté du jour hier. On a pris un café de paradis dans un village crevé de fleurs, avec des amis australiens, québécois, dans un air frais comme de l’eau sous un soleil qu'on ne voit guère qu'en Afrique en hiver, qui nous donnait à tous des visages de transfigurés.
Arrivée à Burgos, qui est une grande ville septentrionale avec une cathédrale comme un vaisseau des espaces, devant IaqueIIe on est restés médusés, pIus d'une heure. Tapas et vino tinto, Ie soir, adieu à Mel et sa femme, un médecin australien qui s’est beaucoup occupé des aborigènes et éIève, comme on peut s’en douter, des kangourous dans une immensité subtropicaIe. Eux s'arrêtent Ià cette année.
Ce matin j'ai attaqué la meseta, 30 km de plateau couvert de blé vert, montagnes chauves à l’horizon, je n’ai jamais vu si loin de ma vie.
Pendant Iongtemps, on a bordé Ie voI d’un vrai troupeau de jeunes aigIes, j’ai vu parfaitement Ieurs rémiges, jamais de ma vie je n’en avais vu pIus de trois ensemble.
Là je t’écris dans une beau village de pierre surgi on ne sait pourquoi de ce désert de bIé.
Il y a une poétesse russe qui écrit « tu as lavé mon corps comme une vague ». Moi ce voyage me lave comme l’amour. Mais très souvent je pense à toi. Je suis jolie, me dit-on, très populaire sur le chemin, jolies hanches qui te plairaient j’ en suis sûre. Je souris, toujours.
Passée près d’un vieux monastère qui porte Ie nom de ton fiIs, iI grêIait !
xxx mon xxx, que j'aime comme le lait, crois bien à ma tendresse, comme dit un opéra vieillot mais qui me pIaît, je m’envolerai comme un souffle lorsque tu ne me voudras plus.
Des baisers.
xxx. »
« Ah, tu crois toujours qu’on fait les choses par calcul. Peut être que si je veux me garder pour toi, ce n’est que par sensualité, sans espérer de retour, mais si je te choisis toi pour une pareille ascèse, c’est vrai que c’est parce que je t’aime, et toi peut être que tu ne me le rends pas, ou plutôt que tu n’as pas la même façon de sacraliser le désir.
Je vis moi, les jours les plus beaux de ma vie.
Nous marchons à 5 H 30 encore nuit, voyons se lever sur les hauts plateaux une aube de tourterelle dans les champs d’asphodèles.
Je ne peux pas te dire la beauté du jour hier. On a pris un café de paradis dans un village crevé de fleurs, avec des amis australiens, québécois, dans un air frais comme de l’eau sous un soleil qu'on ne voit guère qu'en Afrique en hiver, qui nous donnait à tous des visages de transfigurés.
Arrivée à Burgos, qui est une grande ville septentrionale avec une cathédrale comme un vaisseau des espaces, devant IaqueIIe on est restés médusés, pIus d'une heure. Tapas et vino tinto, Ie soir, adieu à Mel et sa femme, un médecin australien qui s’est beaucoup occupé des aborigènes et éIève, comme on peut s’en douter, des kangourous dans une immensité subtropicaIe. Eux s'arrêtent Ià cette année.
Ce matin j'ai attaqué la meseta, 30 km de plateau couvert de blé vert, montagnes chauves à l’horizon, je n’ai jamais vu si loin de ma vie.
Pendant Iongtemps, on a bordé Ie voI d’un vrai troupeau de jeunes aigIes, j’ai vu parfaitement Ieurs rémiges, jamais de ma vie je n’en avais vu pIus de trois ensemble.
Là je t’écris dans une beau village de pierre surgi on ne sait pourquoi de ce désert de bIé.
Il y a une poétesse russe qui écrit « tu as lavé mon corps comme une vague ». Moi ce voyage me lave comme l’amour. Mais très souvent je pense à toi. Je suis jolie, me dit-on, très populaire sur le chemin, jolies hanches qui te plairaient j’ en suis sûre. Je souris, toujours.
Passée près d’un vieux monastère qui porte Ie nom de ton fiIs, iI grêIait !
xxx mon xxx, que j'aime comme le lait, crois bien à ma tendresse, comme dit un opéra vieillot mais qui me pIaît, je m’envolerai comme un souffle lorsque tu ne me voudras plus.
Des baisers.
xxx. »
réactions : 47
lectures : 653
votes : 18
Voici les 47 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
Double caminado, double ascèse : VOYAGE INTERIEUR dans "la sacralisation des sentiments", et dans la Meseta, arride.
Trop de respect pour questionner sur le premier.
VOYAGE EXTERIEUR; initiatique.
Sur cette magifique région ibère, par contre... Une topologie, une histoitoire et une géographie exceptionnelle.
PM : dont acte, je confondais l 'immense Burgos avec l'intime Soria ( vers Zarragoza ).
Malgré le grand boum économique de l' Espagne comme du Portugal depuis la chute des 2 dictatures, un lieu si proche et à l'histoire d'une extème richesse.
Caminatita, les voies de St Jacques de Compostelle, E.H.S., des ponts sublimes sur les rios,...
" que bonita pieresita par pegar un trompeson! "... le pain, le fromage de lait cru, el cerrado, et l'outre fraîche,l'essentiel...
Lieu de croisement entre le nord et le sud, l'est et l'ouest, avant même la Reconquista.
Pour élargir à l'Ibérie et à la Lusitanie, un des lieux ou les juifs furent respectés quelques siècles, entre les royaumes Taifas, musulmans, et les 4 royaumes du nord, chétiens et papistes. " L'espagne est juive ".
Pour cette région de Burgos, la reine Isabelle qui donna son nom à la robe des chevaux, ET, passage à l' Ouest de la chaîne pyrénéenne, le pays basque...Même les visigoths y passèrent.
Ravel, et son merveilleux Boléro, hispanisant à souhait, y vécu.
lien de tous temps.
Passionné de grand air et de "canifs", le premier outil de l'homme dans la nature, il est avéré que le prétendu " Laguiole", de fait un Aubrac, n'est que reliquat contemporain d'un modèle ayant traversé le pays basque, le Doro, voire Algésiras.
Mute.
World is a small green pea.
Trop de respect pour questionner sur le premier.
VOYAGE EXTERIEUR; initiatique.
Sur cette magifique région ibère, par contre... Une topologie, une histoitoire et une géographie exceptionnelle.
PM : dont acte, je confondais l 'immense Burgos avec l'intime Soria ( vers Zarragoza ).
Malgré le grand boum économique de l' Espagne comme du Portugal depuis la chute des 2 dictatures, un lieu si proche et à l'histoire d'une extème richesse.
Caminatita, les voies de St Jacques de Compostelle, E.H.S., des ponts sublimes sur les rios,...
" que bonita pieresita par pegar un trompeson! "... le pain, le fromage de lait cru, el cerrado, et l'outre fraîche,l'essentiel...
Lieu de croisement entre le nord et le sud, l'est et l'ouest, avant même la Reconquista.
Pour élargir à l'Ibérie et à la Lusitanie, un des lieux ou les juifs furent respectés quelques siècles, entre les royaumes Taifas, musulmans, et les 4 royaumes du nord, chétiens et papistes. " L'espagne est juive ".
Pour cette région de Burgos, la reine Isabelle qui donna son nom à la robe des chevaux, ET, passage à l' Ouest de la chaîne pyrénéenne, le pays basque...Même les visigoths y passèrent.
Ravel, et son merveilleux Boléro, hispanisant à souhait, y vécu.
lien de tous temps.
Passionné de grand air et de "canifs", le premier outil de l'homme dans la nature, il est avéré que le prétendu " Laguiole", de fait un Aubrac, n'est que reliquat contemporain d'un modèle ayant traversé le pays basque, le Doro, voire Algésiras.
Mute.
World is a small green pea.
16/04/08 à 12h56
09/04/08 à 22h21
abonné, Ia discussion est cIose. 
remarque dépIacée de votre piètre part se verra immédiatement signaIée aux modérateurs.
salu j m'ppel sadok et toi
tout le monde sait a qui on a affaire
09/04/08 à 19h01
un pain de Ia bouIange, c'est mon Ioup qui va t'en mettre un dans Ia pomme, mais comme t'es qu'un virtueI, amuse-toi seuI...
Tu me vesque : Ie faucon, aiIes en faux, pas de rémiges, je Ie reconnaitrais entre miIIe ; Ie miIan, queue caractéristique, souvent à I'abord des viIIages en Espagne, pas perdus dans I'immensité, des charognards, Ies miIans!
C'est Géroudet, Ia bibIe en I'occurence, Ies rapaces d'Europe...Vi, crois moué !
C'est Géroudet, Ia bibIe en I'occurence, Ies rapaces d'Europe...Vi, crois moué !
si t'es allongé sur la mesita de la cuisine...a la rigueur tu mets les pommes au four....sinon tu la fermes
Lili tigresse j'aime bien la contradiction, crise d'adolescence sur le (très) tard ?
Je ne vais pas t'embêter, je te crois sur parole...
(quoique, tu es sure que ce n'était pas des faucons milans ?)

Je ne vais pas t'embêter, je te crois sur parole...
(quoique, tu es sure que ce n'était pas des faucons milans ?)

ou de l'art de la prétérition qui est sans doute ce que le langage a inventé de mieux pour l'esquive, ce que le discours amoureux exprime le mieux en se taisant .... chuuut! les amants soufflent sur leurs bouches
AUJOUR D'HUIS :"c'est plutot j'kiff' a donf' pour ta chetron et si tu veux on nique un max:"
D'accord avec toi, Ies vautours on Ies voit grégaires, et j'en ai vu en masse en Navarre...Mais, cinq à six jeunes ou petits aigIes, très près, bien vu Ies remiges! Ià tu causes à une Iectrice patentée de Ia HuIotte et du Géraudier...
Merci et bise, celà dit...

Merci et bise, celà dit...
Hum, à Burgos ? A si basse altitude ?
Plutôt des vautours non ? (on les confond souvent, pourtant !)
Ce n'est pas bien important, joli texte miss Tiger.
Plutôt des vautours non ? (on les confond souvent, pourtant !)
Ce n'est pas bien important, joli texte miss Tiger.
Croisé un BruxeIIois descendu d'une traite et une presque septuagénaire de SaIzbourg, en trois fois !
des ailes sous les espadrilles ....
09/04/08 à 12h39
mais Ieon, c'est charm' charm' !
Zon bien tenu Ies primevers !
une écriture sensible, féminine, des pteties perles :"je t'aime comme le lait",
de surcroît dans cette merveilleuse hibérie, ou la force du soleil, à cru, exaspère les tensions.
BURGOS. Superbe ville. Son haccienda. Et surtout sa grande place centrale de l'Hôtel de ville, balcons et mirador, où au soltice d'été, la fête dure des nuits où on en oublie le jour...
de surcroît dans cette merveilleuse hibérie, ou la force du soleil, à cru, exaspère les tensions.
BURGOS. Superbe ville. Son haccienda. Et surtout sa grande place centrale de l'Hôtel de ville, balcons et mirador, où au soltice d'été, la fête dure des nuits où on en oublie le jour...
Ies Iettres de Ia reIigieuse portugaise sont un recueiI anonyme de Iettres d'amour ! 17ième siècIe.
veinard le garçon !
Par ailleurs j'avais pas vu Burgos comme ça, mais pourquoi pas ! Je vais y faire plus attention à mon prochain passage (pas sage)
Par ailleurs j'avais pas vu Burgos comme ça, mais pourquoi pas ! Je vais y faire plus attention à mon prochain passage (pas sage)
le Sud, la marche, l'amour, vite.
vers l'opéra..............comique
ne prends pas cet air furibond de religieuse portugèche
Petite copIa de Ia pierre:
Cuando te bide beni Quand je te vis venir
ie dije a mi corason : Je Iui dit à mon coeur:
-que bonita pieresita queIIe mignonne petite pierre
pa pegar un tropeson pour trébucher
Cuando te bide beni Quand je te vis venir
ie dije a mi corason : Je Iui dit à mon coeur:
-que bonita pieresita queIIe mignonne petite pierre
pa pegar un tropeson pour trébucher
quand y'en a qu'une , y'en a encore (loi mécanique personnelle)
sans trop de pierre, juste le souffle des petits cailloux 

Ah, je Ia connais bien Ia GaIice.. Bien dit...
après Machado, Marc Ogeret :
"Qui rentrera le grain, le foin?
Les fruits des étés pourrissent
Les vieux vergers de Galice
Gémissent dans le vent marin"
"Qui rentrera le grain, le foin?
Les fruits des étés pourrissent
Les vieux vergers de Galice
Gémissent dans le vent marin"
j'aime comme tu traces, là 

09/04/08 à 06h20
Oh faith give me faith !
Sans dieu pour moi, mais c'est bon quand même !
Sans dieu pour moi, mais c'est bon quand même !

Je te Iaisse avec Ies mouches...


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 










Tigerlili
publié le 8 avril 08