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Lolita entre tristesse et bonheur
 Lolita entre tristesse et bonheur
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catégorie : création littéraire
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C'était un jour de pluie, pas de cette pluie qu'une grande partie de la planète attend avec impatience. Je parle de cette pluie qui maintient votre cœur dans le brouillard et de ces nuages qui embrument l'esprit. Cette pluie qui parasitait la télécommande de la porte et l'empêchait de fonctionner correctement, en ce début d'après midi je me levais de mon bureau et allais ouvrir la porte pour accueillir ce visiteur.

Cela faisait un peu moins d'un an que j'étais passée de l'enfer au purgatoire, que je marchais à tâtons dans ma tristesse et mes vagues à larmes. La vie au bureau me permettait de maintenir un contact avec une pseudo réalité m'aidant à échapper aux fantômes qui peuplaient mes nuits.

A mon sourire naturel il me répondit par un sourire tout aussi naturel me faisant pénétrer un instant dans une réalité surnaturelle. Peut être un rayon de soleil qui s'immisçait en moi préparant le renouveau de mon existence.

Le verdict fut sans appel, "ostéosarcome" cancer des os à un stade avancé, les soins envisagés ne seront que palliatifs. A trente deux ans vous attendez autre chose de la vie, à trente deux ans dans le service du cancérologue il me serra la main, il ne dit rien, c'est plus tard qu'il me dira:
- j'ai eu honte d'avoir laissé la maladie s'installer en moi et n'avoir rien fait pour l'éviter.
- Je n'ai pas réalisé tout de suite qu'il me fallait me préparer à quitter cette vie, à vous quitter. Je souhaite finir ma vie à la maison et n'en partir qu'une fois le grand sommeil arrivé.

Il venait pour un entretien d'embauche, décontracté et réservé il convaincu facilement notre directeur qu'il était la pièce du puzzle que notre service recherchait. Parmi les cinq candidats qui s'étaient présentés j'avais moi aussi porté mon choix sur lui.

La maladie aussi grave soit elle, a un côté anesthésiant, comme un choc violent dont vous ne ressentez pas de suite la douleur, j'ai vécu les sept mois d'agonies de mon conjoint dans un état léthargique me voilant les pavés de l'enfer que je dévalais. L'amour porté à notre fils de quatre ans dut être plus fort que la pharmacopée prodiguée par notre médecin.

Au bureau depuis le décès de mon mari je n'allais plus manger au restaurant d'entreprise avec les collègues, je préférais retourner le midi dans mon isolement protecteur. Il n'était plus là, le lit médicalisé avait quitté la salle laissant l'odeur des perfusions et de la morphine imprégnées dans chaque fibres des tissus de la maison, son aura se projetait sur les murs et m'accompagnait dans toutes les pièces.

Semaine après semaine il trouvait sa place parmi le personnel du service, il apportait un complément à chacun des membres de l'équipe, petit à petit nos regards s'enchaînaient et tissaient leur toile créant un lien de sentiments permanents. Quand il me proposa de me joindre au groupe pour aller déjeuner, inconsciemment je détachais les amarres qui me retenaient à mon passé pour les projeter dans un avenir à construire. Régulièrement nous nous retrouvions à proximité l'un de l'autre, à nous frôler, à partager cette envie de nous tendre les bras et de nous enserrer. Un midi nous avons mangé en tête à tête, sa raison l'empêchait de faire ce premier pas vers moi que je fis en allant me réfugier dans ses bras.

Pendant toute cette longue agonie, nos douleurs s'assemblaient et nous éloignaient de la destinée que nous avions choisie. Je redoutais l'instant où il perdrait l'envie de vivre et me demanderait de faire cesser l'absurdité d'alimenter cette maladie. Mon égoïsme me poussait à me réconforter dans sa présence alitée et à me refuser d'entrer dans le costume de la solitude. Peut être que son amour était plus fort que le mien pour ne pas m'avoir soumise à cette épreuve. Bien avant son départ en exil je me rendais compte qu'au jeu de la vie, nous n'avons pas tous les mêmes cartes en main pour jouer la partie.

Veuve à trente deux ans, vous prédestine à découvrir la complexité humaine, le désir de certains de consoler et protéger la dame en noire se révèle en cache misère de leurs propres maux. Je sombrais dans un monde d'âmes en peines, esseulées dans des couples ou des vies en fin de non recevoir. Alors qu'avait il de plus ou de moins ? pourquoi étais je aspirée par cet ange bleu qui ne comprenait pas notre attirance réciproque.

Il avait un enfant en bas âge et il n'avait aucun doute sur le cap suivi pour sa vie familiale et professionnelle. Après une errance dans le désert à la lisière des portes de l'enfer et que vous parvenez à atteindre une oasis , vous ne faites pas le tour du propriétaire en dédaigneuse, vous vous installez sans préjuger du temps de votre halte. Ce petit coin de paradis qu'il m'offrait ou que je m'octroyais me permit d'entrevoir un possible bonheur à construire.

J'appris à nouveau à redevenir exigeante envers moi même et réclamer ma part de vie qui m'était dû. Notre histoire prit fin naturellement, il s'était enchaîne à moi et était incapable de se libérer d'un choix qu'il ne savait faire. Je le libérais comme il m'avait libéré des ombres de mon passé, je quittais l'oasis bienfaitrice et retournais vers la civilisation.

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Voici les 2 dernières réactions à ce commentaire
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 13/02/12 à 10h32
..puis éclaircie...et enfin ciel dégagé