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L'origine de la licorne ( ou unicorne ) est bien antérieure à l'être humain...D'après la
tradition hébraïque, l'animal ne prit point place dans l'arche de Noé, mais ses qualités lui
permirent de survivre au déluge!
Selon les kabbalistes, les lettres de la licorne ( Reem ) sont Resch, Aleph et Mem. Celles
de la corne ( Queren ) sont Qoph, Resch et Nun. En hébreu, la corne se dit "Queren" et indique
la puissance, la lumière; être pourvu d'une corne a le même sens que "rayonner" ( Karan ).
Pour les traducteurs de la Torah, la licorne est un animal magique, vigoureux, resplendissant, digne d'amour...La licorne peut devenir l'ange gardien, qui veille sur l'être ayant
conclu une alliance avec elle.
Au Vème siècle avant J.C., Ctésias de Cnide, dans "Indica" décrit la Licorne comme un animal sauvage des Indes. Ce médecin grec ayant exercé à la Cour d'Artaxerxès, parle de
l'astragale de la licorne, le plus beau qu'il soit donné: rouge cinabre...
Aristote compare la licorne à l'Oryx ( "Histoire des animaux" ). Il est utile de mentionner qu'une licorne fut offerte à Périclès. Le fait est signalé par Plutarque ( in "Vies parallèles" ).
Elien parle à son sujet de "Kartazonos", dérivé du sanskrit "Kartajan", signifiant "Maître
des terres sauvages".
Au début de notre ère, l'incisive gauche du Narval ( pouvant atteindre trois mètres ) fut
prise pour la corne de la licorne...
En Chine, sous le nom de K'i - lin ( avec le phénix, le dragon et la tortue ), la licorne est un des quatre animaux bénéfiques énumérés dans le Li - Ki . Confucius y voit l'animal favorable
par excellence ( d'après Han - Yu, ami du philosophe ).
Notons, qu'avant et après l'implantation du Bouddhisme, l'on peut suivre les passionnantes migrations de l'histoire d'Ekasringa. A l'origine, Ekasringa était l'un des noms de
Vishnou à corne unique. Ekasringa sert aussi à désigner en Inde " la montagne à un seul pic"
( Harivamsa, lecture 18 ).
L'écrivain Roger Caillois ( in, Le Mythe de la Licorne ), évoque le texte le plus connu concernant cette divine créature:
Celui de Pline l'Ancien, dans son "Histoire naturelle" ( VIII, 31 ). Extrait:
"En Inde, on pourchasse un fauve: l'unicorne, semblable de corps au cheval, de tête au
cerf. Son mugissement est grave...Une corne torsadée s'élève au milieu du front. On nie qu'il
puisse être attrapé vivant!".
Hildegarde de Bingen l'évoque dans "Le Livre des subtilités et des créatures divines".
A l'instar de Mélusine, des vouivres, des sirènes, les licornes possèdent la nature double
du Mercure unissant le fixe et le volatil...Tour à tour soleil et lune, semence et matrice, la licorne
incarne le fameux "solve et coagula" des alchimistes! Dissoudre le corps et coaguler l'esprit,
spiritualiser le corps et donner corps à l'esprit...
Dans la tradition hermétique, la licorne est associée à l'Oeuvre au blanc. L'escarboucle
visible sous la corne unique, annonce le phénix de l'Oeuvre au rouge.
Un sage accompli est sûr de reconnaître la licorne. Celle-ci a le don de déceler tout ce
qui est altéré, impur, pollué, maléfique. La créature est rare, solitaire et hante les lieux
inaccessibles...
A la fin du XVème siècle, l'animal est célébré à travers les tapisseries de la Dame à
la licorne ( Rainer Maria Rilke évoque ceci dans les "Cahiers de Malte Lauris,etc." ). Puis, elle
est mise en valeur dans les superbes tableaux de Gustave Moreau, inspirant les poètes
surréalistes à foison...
N'oublions pas de rappeler que Léonard de Vinci réalisa des dessins de la licorne dans
ses "Carnets".
Dans son "Manuel de zoologie fantastique", J.L. Borges rapporte un évènement en référence à Gengis-Khan. Une des avant-gardes de son armée, aperçut dans le désert un
animal, avec une corne sur le front, venant à leur rencontre...La créature dit ceci:
-L'heure est venue pour votre Chef de rebrousser chemin et de retourner sur ses terres.
Il est amusant de remarquer que la constellation de la Licorne, située entre Sirius et
Procyon ( le Grand Chien et le Petit Chien ) fut redécouverte par Jacob Bartsch, gendre de
Kepler, en 1623. Elle était déjà connue et utilisée en astrologie par les mages Chaldéens.
Notre savoureuse licorne relie les forces telluriques et cosmiques, le conscient et
l'inconscient, les opposés, les polarités...Elle guide les artistes vers la vérité adamantine, en se
jouant des paradoxes!
La licorne travaille sur les énergies subtiles, grâce à "l'oeil intérieur"...
Elle neutralise tout venin, tout poison, oeuvrant à la transmutation alchimique. Elle
incite à la méditation, conciliant lumières et ténèbres, vie et mort, ce qui est en haut et ce qui
est en bas.
L'animal est si véloce, que l'on ne peut le capturer vivant. Le poursuivre, c'est partir
en quête de l'impossible!
Le philosophe Georges Gusdorf pourrait très bien traduire cette sublime présence de la
licorne, en tant qu'intense vibration au coeur du grand Temps et du grand Espace...La licorne étant l'animal favori des alchimistes, puisque là où elle règne, la matière se spiritualise.
Notre Licorne apparaît également chez René Char, Apollinaire, Lorca, Mallarmé...
Assurément, elle est puissance et verticalité, maintenant l'équilibre face aux forces obscures. C'est une créature farouche, veillant sur le jardin de la connaissance...Sa corne capte
l'énergie cosmique.
On dit l'animal originaire des monts Himalayens. Il est lié aux sagesses chamaniques de
ces contrées...Animal à robe de neige, la licorne représente la pureté, la fertilité, l'androgynie
spirituelle. Elle est amour, connaissance et lumière. Créature tantrique, la licorne relie le ciel
et la terre, le visible et l'invisible, évoquant le retour à l'unité du paradis édénique...

tradition hébraïque, l'animal ne prit point place dans l'arche de Noé, mais ses qualités lui
permirent de survivre au déluge!
Selon les kabbalistes, les lettres de la licorne ( Reem ) sont Resch, Aleph et Mem. Celles
de la corne ( Queren ) sont Qoph, Resch et Nun. En hébreu, la corne se dit "Queren" et indique
la puissance, la lumière; être pourvu d'une corne a le même sens que "rayonner" ( Karan ).
Pour les traducteurs de la Torah, la licorne est un animal magique, vigoureux, resplendissant, digne d'amour...La licorne peut devenir l'ange gardien, qui veille sur l'être ayant
conclu une alliance avec elle.
Au Vème siècle avant J.C., Ctésias de Cnide, dans "Indica" décrit la Licorne comme un animal sauvage des Indes. Ce médecin grec ayant exercé à la Cour d'Artaxerxès, parle de
l'astragale de la licorne, le plus beau qu'il soit donné: rouge cinabre...
Aristote compare la licorne à l'Oryx ( "Histoire des animaux" ). Il est utile de mentionner qu'une licorne fut offerte à Périclès. Le fait est signalé par Plutarque ( in "Vies parallèles" ).
Elien parle à son sujet de "Kartazonos", dérivé du sanskrit "Kartajan", signifiant "Maître
des terres sauvages".
Au début de notre ère, l'incisive gauche du Narval ( pouvant atteindre trois mètres ) fut
prise pour la corne de la licorne...
En Chine, sous le nom de K'i - lin ( avec le phénix, le dragon et la tortue ), la licorne est un des quatre animaux bénéfiques énumérés dans le Li - Ki . Confucius y voit l'animal favorable
par excellence ( d'après Han - Yu, ami du philosophe ).
Notons, qu'avant et après l'implantation du Bouddhisme, l'on peut suivre les passionnantes migrations de l'histoire d'Ekasringa. A l'origine, Ekasringa était l'un des noms de
Vishnou à corne unique. Ekasringa sert aussi à désigner en Inde " la montagne à un seul pic"
( Harivamsa, lecture 18 ).
L'écrivain Roger Caillois ( in, Le Mythe de la Licorne ), évoque le texte le plus connu concernant cette divine créature:
Celui de Pline l'Ancien, dans son "Histoire naturelle" ( VIII, 31 ). Extrait:
"En Inde, on pourchasse un fauve: l'unicorne, semblable de corps au cheval, de tête au
cerf. Son mugissement est grave...Une corne torsadée s'élève au milieu du front. On nie qu'il
puisse être attrapé vivant!".
Hildegarde de Bingen l'évoque dans "Le Livre des subtilités et des créatures divines".
A l'instar de Mélusine, des vouivres, des sirènes, les licornes possèdent la nature double
du Mercure unissant le fixe et le volatil...Tour à tour soleil et lune, semence et matrice, la licorne
incarne le fameux "solve et coagula" des alchimistes! Dissoudre le corps et coaguler l'esprit,
spiritualiser le corps et donner corps à l'esprit...
Dans la tradition hermétique, la licorne est associée à l'Oeuvre au blanc. L'escarboucle
visible sous la corne unique, annonce le phénix de l'Oeuvre au rouge.
Un sage accompli est sûr de reconnaître la licorne. Celle-ci a le don de déceler tout ce
qui est altéré, impur, pollué, maléfique. La créature est rare, solitaire et hante les lieux
inaccessibles...
A la fin du XVème siècle, l'animal est célébré à travers les tapisseries de la Dame à
la licorne ( Rainer Maria Rilke évoque ceci dans les "Cahiers de Malte Lauris,etc." ). Puis, elle
est mise en valeur dans les superbes tableaux de Gustave Moreau, inspirant les poètes
surréalistes à foison...
N'oublions pas de rappeler que Léonard de Vinci réalisa des dessins de la licorne dans
ses "Carnets".
Dans son "Manuel de zoologie fantastique", J.L. Borges rapporte un évènement en référence à Gengis-Khan. Une des avant-gardes de son armée, aperçut dans le désert un
animal, avec une corne sur le front, venant à leur rencontre...La créature dit ceci:
-L'heure est venue pour votre Chef de rebrousser chemin et de retourner sur ses terres.
Il est amusant de remarquer que la constellation de la Licorne, située entre Sirius et
Procyon ( le Grand Chien et le Petit Chien ) fut redécouverte par Jacob Bartsch, gendre de
Kepler, en 1623. Elle était déjà connue et utilisée en astrologie par les mages Chaldéens.
Notre savoureuse licorne relie les forces telluriques et cosmiques, le conscient et
l'inconscient, les opposés, les polarités...Elle guide les artistes vers la vérité adamantine, en se
jouant des paradoxes!
La licorne travaille sur les énergies subtiles, grâce à "l'oeil intérieur"...
Elle neutralise tout venin, tout poison, oeuvrant à la transmutation alchimique. Elle
incite à la méditation, conciliant lumières et ténèbres, vie et mort, ce qui est en haut et ce qui
est en bas.
L'animal est si véloce, que l'on ne peut le capturer vivant. Le poursuivre, c'est partir
en quête de l'impossible!
Le philosophe Georges Gusdorf pourrait très bien traduire cette sublime présence de la
licorne, en tant qu'intense vibration au coeur du grand Temps et du grand Espace...La licorne étant l'animal favori des alchimistes, puisque là où elle règne, la matière se spiritualise.
Notre Licorne apparaît également chez René Char, Apollinaire, Lorca, Mallarmé...
Assurément, elle est puissance et verticalité, maintenant l'équilibre face aux forces obscures. C'est une créature farouche, veillant sur le jardin de la connaissance...Sa corne capte
l'énergie cosmique.
On dit l'animal originaire des monts Himalayens. Il est lié aux sagesses chamaniques de
ces contrées...Animal à robe de neige, la licorne représente la pureté, la fertilité, l'androgynie
spirituelle. Elle est amour, connaissance et lumière. Créature tantrique, la licorne relie le ciel
et la terre, le visible et l'invisible, évoquant le retour à l'unité du paradis édénique...

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voltuan
publié le 10 janvier 09