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Il pianote sur son fauteuil.
Elle joue sur un tapis.
Un mur les sépare.
Les ressorts des pinces à linge vont sur les tiges du portant scié en trois, comme il se doit.
Les calculs bien établis ne trompent jamais, sauf si un fusible saute, grillant cette loi.
Elle fabrique un puzzle.
Il décortique des résultats.
Les radiateurs surchauffent tandis que la pluie s'abat sur la ville, la soirée, leur solitude.
Il met en route son fétiche, un ventilateur sans âge tout ronflant; allume la radio d'un autre temps.
Tonnerre.
Ensemble, ils lèvent les yeux au plafond. Un immense miroir éclaire l'un et l'autre, les paroles retenues, les gestes interrompus. Sans bruit ni heurt, le mur entre eux s'affaisse un peu. Ils se sourient.
Elle délaisse ses pièces, chausse l'hélice. Il pose son ordinateur, perche l'élan.
Rivés au ciel de leur plafond tout bleu, ils se regardent, festin radieux.
Sans le quitter des yeux, elle fait rouler une écharpe sur son corps. Un train passe, répand ses encres, lent et puissant. Des vives aux écailles gorgées d'eau sucrée en jaillissent, hissant, fouissant, d'une hanche à une lèvre, d'une paume ouverte à la glace tendue... lui.
Surgissant du sol, du fauteuil et de l'ordinateur, des femmes vont et vaquent soudain, naturelles et multiples. Certaines se traversent très vite, sans le savoir ni frémir. Chacune se berce seule de désirs vains... élixirs.
Sans bruit ni heurt, le mur entre eux s'est relevé.
Elle se remet à jouer, écoute vaguement les femmes s'affairer, lancer des choses, croissants, thé et petits fours.
" - Chéri, tu devrais jeter ce ventilo : ça craint une telle ferraille !
- Mon amouuuuur, c'est glauque, un logement inhabité depuis des siècles, tu ne trouves pas ?
- Mon lapin laqué, c'est quoi, cette radio bizarre ? Pourquoi pas un hélicoptère au plafond, pendant que tu y es ?!
- Trésor, tu devrais le vendre, ton studio mitoyen... Ou, au moins, abattre le mur, ça te ferait de l'espace..."
Il pianote de plus belle, en attendant, peut-être... un jour... Il s'en fout.
La radio s'arrête. Toutes les voix se taisent.
Elle profite du sommeil pour ciseler son puzzle.
Des flocons lèchent les vitres tandis qu'un wagonnet phosphorescent continue de cheminer, à travers briques et billevesées.
Et la neige absorbe la Nuit.
tite souris emmurée...
Elle joue sur un tapis.
Un mur les sépare.
Les ressorts des pinces à linge vont sur les tiges du portant scié en trois, comme il se doit.
Les calculs bien établis ne trompent jamais, sauf si un fusible saute, grillant cette loi.
Elle fabrique un puzzle.
Il décortique des résultats.
Les radiateurs surchauffent tandis que la pluie s'abat sur la ville, la soirée, leur solitude.
Il met en route son fétiche, un ventilateur sans âge tout ronflant; allume la radio d'un autre temps.
Tonnerre.
Ensemble, ils lèvent les yeux au plafond. Un immense miroir éclaire l'un et l'autre, les paroles retenues, les gestes interrompus. Sans bruit ni heurt, le mur entre eux s'affaisse un peu. Ils se sourient.
Elle délaisse ses pièces, chausse l'hélice. Il pose son ordinateur, perche l'élan.
Rivés au ciel de leur plafond tout bleu, ils se regardent, festin radieux.
Sans le quitter des yeux, elle fait rouler une écharpe sur son corps. Un train passe, répand ses encres, lent et puissant. Des vives aux écailles gorgées d'eau sucrée en jaillissent, hissant, fouissant, d'une hanche à une lèvre, d'une paume ouverte à la glace tendue... lui.
Surgissant du sol, du fauteuil et de l'ordinateur, des femmes vont et vaquent soudain, naturelles et multiples. Certaines se traversent très vite, sans le savoir ni frémir. Chacune se berce seule de désirs vains... élixirs.
Sans bruit ni heurt, le mur entre eux s'est relevé.
Elle se remet à jouer, écoute vaguement les femmes s'affairer, lancer des choses, croissants, thé et petits fours.
" - Chéri, tu devrais jeter ce ventilo : ça craint une telle ferraille !
- Mon amouuuuur, c'est glauque, un logement inhabité depuis des siècles, tu ne trouves pas ?
- Mon lapin laqué, c'est quoi, cette radio bizarre ? Pourquoi pas un hélicoptère au plafond, pendant que tu y es ?!
- Trésor, tu devrais le vendre, ton studio mitoyen... Ou, au moins, abattre le mur, ça te ferait de l'espace..."
Il pianote de plus belle, en attendant, peut-être... un jour... Il s'en fout.
La radio s'arrête. Toutes les voix se taisent.
Elle profite du sommeil pour ciseler son puzzle.
Des flocons lèchent les vitres tandis qu'un wagonnet phosphorescent continue de cheminer, à travers briques et billevesées.
Et la neige absorbe la Nuit.
tite souris emmurée...
réactions : 21
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Voici les 21 dernières réactions à ce commentaire
Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
MIAM
!
!

Un peu de David Lynch dans ce texte miss Cara, décalé et fort
poétique...une fois de plus vous enchantez mes neurones de vos vibrations déglinguées, de votre d'auto-dérision dégantée, vivante de vos
mondes imaginaires si plein de vous..
poétique...une fois de plus vous enchantez mes neurones de vos vibrations déglinguées, de votre d'auto-dérision dégantée, vivante de vos
mondes imaginaires si plein de vous..
(zut, je me coquille)
Etonnant, je lis ce com' avec un hélicoptère par la fenêtre.
Puzzle de ventilo dans un gros lapin, j'ai rien compris aux maux !
(euh, si en fait !)
Etonnant, je lis ce com' avec un hélicoptère par la fenêtre.
Puzzle de ventilo dans un gros lapin, j'ai rien compris aux maux !
(euh, si en fait !)
... émouvant et habile. J'aime beaucoup !

19/10/08 à 17h34
par contre, l'atmosphère, c'était mon bain.
de ce roman de Burroughs que j'ai relu récemment.
Ohwa!
Le retour de la vengeance de ma Sista...
images l'une à côté de l'autre et puis un jour dans la limite, un petit trou et ploc ! la peinture qui fuse et tout se mêle !
Atmosphère magique des flocons et du wagonnet !! Superbe !
Atmosphère magique des flocons et du wagonnet !! Superbe !
Tu devrais pas m'émotionner autant avec des textes comme celui-là !!!
Comment dire....ça prend aux tripes !!!! J'sais pas si c'est bien clair ce que je dis !
Tu vois, le genre de trucs qui fait monter les larmes aux yeux ....bin c'est ça !

Comment dire....ça prend aux tripes !!!! J'sais pas si c'est bien clair ce que je dis !
Tu vois, le genre de trucs qui fait monter les larmes aux yeux ....bin c'est ça !

19/10/08 à 12h10

19/10/08 à 11h48
plancton
Va falloir attendre le suivant. Ou bien s'envoler sans.
traverser le miroir déformant et qu'enfin, tout devient vivant, vivent les fous et la diagonale...
..
http://www.youtube.com/watch?v=-YUxbDEPFiM
..
http://www.youtube.com/watch?v=-YUxbDEPFiM
"puzzle" !


Je réagis à ce commentaire en
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caramiyatcherry
publié le 19 oct. 08