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Très chère Héloïse, dont les lettres enflammèrent mouts générations d'amoureux transis et désespérés, je ne peux que rendre hommage à la ferveur de vos sentiments qui déshonoreraient bien des prosélytes ici, bas.
Abélard doit se porter bien pâle à l'évocation de vos divins transports, homme de peu de foi à qui vous aviez porté avec un zèle coupable, de si pieux sentiments.
De dépit et toujours avec incandescence, vous vous êtes donc abandonnée aux bras du Crucifié, par défaut. La petite et la grande Histoire ont fait le reste, suscitant une abondante littérature, propre à désavouer des shakespeariens amoureux.
Chaste Héloïse, c'est sous votre ombre tutélaire et drapée de mon blanc suaire comme il se doit, que je sonne en ces lieux fort peu appropriés, les mâtines.
Oyez oyez manants, le troubadour est de retour!!!
Aux premières heures blafardes du jour, le Fou du Roi décline. Trêve de pantagruéliques cocasseries, c'est là un conte sarcastique et cruel d'une Héloïse ô combien moderne qu'on délivrera au sein de cette Cour où abondent le stupre et le vice.
(...)
Le Fou du Roi, soudainement ému, et d'une voix tremblotante, marqua un temps d'arrêt et reprit :
-"Sir, nos coursiers nous ont fait état d'un bien étrange phénomène, inédit à ce jour et qu'il nous convient de relater...Si Votre Grâce toutefois nous le permet..."
Le Roi fit montre d'un geste d'agacement, il faut dire que sa nuit fut fort longue, tout autant que le cortège de courtisanes promptes à lui dérober ses faveurs.
-"Faites donc...Faites..."
Le Fou avec peine, reprit parole, le temps de déglutir son émotion :
-"Sir...Il s'agit d'une jeune femme en des lointaines contrées...L'histoire est si extraordinaire et cruellement ordinaire que des échos nous parvinrent...Ici même. "
En voila donc le récit tel que nous le retranscrit un manant qui, fait suffisamment rare pour être relaté, était lettré. Le témoignage dont il est question ici, provient d'un grimoire, qui en un geste rageur fut plongé (et probablement avec lui, sa propriétaire) dans les eaux saumâtres de la Seine :
"Depuis quelques jours, c'est en vain que j'implore la douce clémence des heures nocturnes.
Rien n'y fait, Morphée lui-même m'a laissée à la vindicte d'un stupide Cupidon.
J'ai beau songer que tout cela est bien risible, mon cœur transi n'ose à peine se l'avouer... L'ombre de mes veillées a cerné de mauve ces yeux, que jadis en un passé si proche, vous chérissiez. Puissiez-vous devant Dieu n'être point aussi parjure que vous ne l'avez été avec moi, qui vous aimais !"
"Je m'étais donc levée fort tôt et procédais à mes nécessaires ablutions. Fort lasse, c'est avec des gestes empreints que je m'astreignais à cette tâche des vivants.
Les battements de mon cœur se faisaient de plus en plus ténus et cette blessure fine et profonde n'en finissait point de s'accroître.
Endolorie par cette sourde douleur, je ne pris garde d'emblée à cette tâche d'une rouge vermeil et profond qui auréolait la gauche de ma poitrine.
Cette dernière de plus en plus sombre me rappela instamment à son existence, détournant mes pensers funèbres de leur objet.
Je m'emparais lestement d'une bande velcro, tâchant de contenir ce flux mortifère qui allait avec le souvenir de votre perte, croissant. Rien à faire...Mon cœur s'épanouissait dans les derniers spasmes de l'agonie, et son sang délivrait au goutte à goutte ses derniers soupirs.
Je crus défaillir. Et le cœur ainsi en bandoulière, fit venir un de mes plus fidèles chevaliers, ô ami dont la tendresse n'est plus à louer.
Très pâle et affolé à l'idée du funeste dessein qui m'attendait, ce dernier fit venir deux rebouteux connus pour la célérité de leur savoir-faire.
Ces derniers échangèrent un regard convenu et fort plein de sollicitude :
"Voyons...Voyons...Il est vrai que c'est du jamais vu. Nous avons bien songé à une épidémie de "suante" fort surprenante en nos temps par trop modernes...Mais vous seriez déjà passée de vie à trépas! Il se trouve que votre mort est bien lente, à cet égard."
Mais mam'zelle c'est là un mal fort commun qui traverse les siècles sans faiblir, bien que nous soyons surpris par l'intensité de vos symptômes : vous avez ce que l'on nomme dans la vulgate habituelle, un "chagrin d'amour".
"C'est là un mal, qui à haute dose, peut être mortel. Nous avons pour habitude de le prescrire à doses homéopathiques à nos patients, afin de les prémunir de tout excès."
Mon ami, inquiet, leur manda quels substantifiques remèdes apporter à cette désolante situation.
Les deux rebouteux, avec un léger sourire lui répondirent :
-"Si elle s'en remet...Nous ne saurions que trop lui conseiller...De la légèreté en toute chose. Du repos et une absence momentanée de tout contacts extérieurs, ces derniers devant être réintroduits parcimonieusement. De l'esprit, que diable de l'esprit et du sarcasme! De l'auto-dérision en toute chose! Vous verrez ce flot incessant et hémorragique s'endiguer de lui-même."
L'un des deux rajouta doucement : "Et surtout...Dites-lui bien de ne jamais s'attacher. Nous savons bien que c'est chose difficile pour les âmes sensibles, c'est pourquoi nous lui recommandons de suivre ce rigoureux dictame. Sans quoi la lèpre existentielle la rongera à nouveau, nous parlons de cette maladie communément appelée le désespoir.
Et cette langueur, cher monsieur, tue lentement mais sûrement."
Le Fou du Roi clôt ainsi son récit.
Quant à vous...Manants, prenez le mort sur le vif, avant que l'encre ne sèche.
Je vous salue, ô très chère Héloïse.
Abélard doit se porter bien pâle à l'évocation de vos divins transports, homme de peu de foi à qui vous aviez porté avec un zèle coupable, de si pieux sentiments.
De dépit et toujours avec incandescence, vous vous êtes donc abandonnée aux bras du Crucifié, par défaut. La petite et la grande Histoire ont fait le reste, suscitant une abondante littérature, propre à désavouer des shakespeariens amoureux.
Chaste Héloïse, c'est sous votre ombre tutélaire et drapée de mon blanc suaire comme il se doit, que je sonne en ces lieux fort peu appropriés, les mâtines.
Oyez oyez manants, le troubadour est de retour!!!
Aux premières heures blafardes du jour, le Fou du Roi décline. Trêve de pantagruéliques cocasseries, c'est là un conte sarcastique et cruel d'une Héloïse ô combien moderne qu'on délivrera au sein de cette Cour où abondent le stupre et le vice.
(...)
Le Fou du Roi, soudainement ému, et d'une voix tremblotante, marqua un temps d'arrêt et reprit :
-"Sir, nos coursiers nous ont fait état d'un bien étrange phénomène, inédit à ce jour et qu'il nous convient de relater...Si Votre Grâce toutefois nous le permet..."
Le Roi fit montre d'un geste d'agacement, il faut dire que sa nuit fut fort longue, tout autant que le cortège de courtisanes promptes à lui dérober ses faveurs.
-"Faites donc...Faites..."
Le Fou avec peine, reprit parole, le temps de déglutir son émotion :
-"Sir...Il s'agit d'une jeune femme en des lointaines contrées...L'histoire est si extraordinaire et cruellement ordinaire que des échos nous parvinrent...Ici même. "
En voila donc le récit tel que nous le retranscrit un manant qui, fait suffisamment rare pour être relaté, était lettré. Le témoignage dont il est question ici, provient d'un grimoire, qui en un geste rageur fut plongé (et probablement avec lui, sa propriétaire) dans les eaux saumâtres de la Seine :
"Depuis quelques jours, c'est en vain que j'implore la douce clémence des heures nocturnes.
Rien n'y fait, Morphée lui-même m'a laissée à la vindicte d'un stupide Cupidon.
J'ai beau songer que tout cela est bien risible, mon cœur transi n'ose à peine se l'avouer... L'ombre de mes veillées a cerné de mauve ces yeux, que jadis en un passé si proche, vous chérissiez. Puissiez-vous devant Dieu n'être point aussi parjure que vous ne l'avez été avec moi, qui vous aimais !"
"Je m'étais donc levée fort tôt et procédais à mes nécessaires ablutions. Fort lasse, c'est avec des gestes empreints que je m'astreignais à cette tâche des vivants.
Les battements de mon cœur se faisaient de plus en plus ténus et cette blessure fine et profonde n'en finissait point de s'accroître.
Endolorie par cette sourde douleur, je ne pris garde d'emblée à cette tâche d'une rouge vermeil et profond qui auréolait la gauche de ma poitrine.
Cette dernière de plus en plus sombre me rappela instamment à son existence, détournant mes pensers funèbres de leur objet.
Je m'emparais lestement d'une bande velcro, tâchant de contenir ce flux mortifère qui allait avec le souvenir de votre perte, croissant. Rien à faire...Mon cœur s'épanouissait dans les derniers spasmes de l'agonie, et son sang délivrait au goutte à goutte ses derniers soupirs.
Je crus défaillir. Et le cœur ainsi en bandoulière, fit venir un de mes plus fidèles chevaliers, ô ami dont la tendresse n'est plus à louer.
Très pâle et affolé à l'idée du funeste dessein qui m'attendait, ce dernier fit venir deux rebouteux connus pour la célérité de leur savoir-faire.
Ces derniers échangèrent un regard convenu et fort plein de sollicitude :
"Voyons...Voyons...Il est vrai que c'est du jamais vu. Nous avons bien songé à une épidémie de "suante" fort surprenante en nos temps par trop modernes...Mais vous seriez déjà passée de vie à trépas! Il se trouve que votre mort est bien lente, à cet égard."
Mais mam'zelle c'est là un mal fort commun qui traverse les siècles sans faiblir, bien que nous soyons surpris par l'intensité de vos symptômes : vous avez ce que l'on nomme dans la vulgate habituelle, un "chagrin d'amour".
"C'est là un mal, qui à haute dose, peut être mortel. Nous avons pour habitude de le prescrire à doses homéopathiques à nos patients, afin de les prémunir de tout excès."
Mon ami, inquiet, leur manda quels substantifiques remèdes apporter à cette désolante situation.
Les deux rebouteux, avec un léger sourire lui répondirent :
-"Si elle s'en remet...Nous ne saurions que trop lui conseiller...De la légèreté en toute chose. Du repos et une absence momentanée de tout contacts extérieurs, ces derniers devant être réintroduits parcimonieusement. De l'esprit, que diable de l'esprit et du sarcasme! De l'auto-dérision en toute chose! Vous verrez ce flot incessant et hémorragique s'endiguer de lui-même."
L'un des deux rajouta doucement : "Et surtout...Dites-lui bien de ne jamais s'attacher. Nous savons bien que c'est chose difficile pour les âmes sensibles, c'est pourquoi nous lui recommandons de suivre ce rigoureux dictame. Sans quoi la lèpre existentielle la rongera à nouveau, nous parlons de cette maladie communément appelée le désespoir.
Et cette langueur, cher monsieur, tue lentement mais sûrement."
Le Fou du Roi clôt ainsi son récit.
Quant à vous...Manants, prenez le mort sur le vif, avant que l'encre ne sèche.
Je vous salue, ô très chère Héloïse.
réactions : 33
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Voici les 33 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
j'aime beaucoup vos commentaires
et je pense comme apeupadurer au tout début des réacs que le temps permet souvent de guérir cette tâche rouge
ce serait horrible de s'empêcher d'aimer de peur que...
ce serait horrible de s'empêcher d'aimer de peur que...
18/11/09 à 14h30

18/11/09 à 12h07
au fait... tu m'donneras les portable numbers de tes rebouteux zé autre chevalier ??!!! merci ma caille !!!


"Très sage Héloîse"...
et 10h59, ...ma répartie qui t'aurait donné un zeste d'inspiration divine comme cha ??? pô possible làààà !!!
J'ai entendu Kundera te dire... ahhhh ces risibles z'amours ! ben y'en a d'autres, c'est "endigue" qui diraient, "endigue" va !!!
J'ai entendu Kundera te dire... ahhhh ces risibles z'amours ! ben y'en a d'autres, c'est "endigue" qui diraient, "endigue" va !!!


Tiens c''est marrant ça rejoint mes pensées de funambule nocturne, ça 

18/11/09 à 11h09
et comme qui dirait mon fake à moué !!! déconne pas hé ohhhh !!!
.... mais d'abord, une 'tite clope qui manque trop grave à mon bec, pis zou, j'te lis ! à tout'

.... mais d'abord, une 'tite clope qui manque trop grave à mon bec, pis zou, j'te lis ! à tout'

Visiblement j'ai eu qq soucis avec un membre qui s'est improvisé "hacker" sous mon com' en tenant des propos injurieux à mon égard et ai du intervenir auprès de l'équipe Pcc. (ça a commencé avant-hier" et la personne se désabonnait aussitôt son forfait accompli)
que j'ai cor' pas zeu l'temps d'v'nir te rendre la 'tite courtoise visite tant attendue par ton être... ou ton avoir...chais pu ! quoique Môssier Fréderic Dard, y disait fort biensss : "Etre est plus indispensable qu'avoir. le rêve c'est d'avoir de quoi être".... Donc j'te laisse choise !
et je continue.....
et je continue.....Me disait...Bien étonnant que miss n'ait encore réagi à ce clin d'oeil 
(c'est ta répartie qui m'a donné cette idée

(c'est ta répartie qui m'a donné cette idée

(...)
T'es plus doué que moi en la matière, je crois 

des gueux ?
pourquoi la tendre enfance,
le paradis perdu ?
chère Héloïse, et maintenant que vous êtes implantée,
je peux m'arracher le coeur
pourquoi la tendre enfance,
le paradis perdu ?
chère Héloïse, et maintenant que vous êtes implantée,
je peux m'arracher le coeur
nous faire un truc sur "Heloïse pas sage"? 

c'est une sage remarque...
Se sont toujours les meilleurs qui partent les premiers
ah ben non cette fois c'est "empruntés"
(je pense)
(je pense)

ne pas le garder en bandoulière, mais dans sa main et face au soleil....toujours face au soleil.
souffrir, mais...


tu es parti avant le signal!!

Pas de remède contre cette maladie (d'amour)..Le Temps gagne toujours, et plus vite que ne le désire le malade...




Je réagis à ce commentaire en
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hannah51
publié le 17 nov. 09