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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Quels mots faut il employer pour décrire une oeuvre de Boris Vian ? il joue tellement avec ces derniers , les tournant et les retournant pour modifier leurs sens que le tourbillon dans lequel il nous entraine nous en ferait perdre notre latin !!
commencons donc simplement par une brève entrée en matière : Jacquemort , psychologue "vide d'émotion " comme il se décrit lui-même se retrouve on ne sait comment ( mais ce n'est pas le détail le plus surpenant du livre loin de là !! ) dans une famille où viennent de naitre des triplés , dans un village pour le moins obscur . Ici les payans se déchargent de leur culpabilité sur La Gloïre , viei homme qu'ils achètent pour racheter leur honte mais qui ( détail symbolique très puissant ) ne peut dépenser l'or qu'il recoit .
Le curé , un peu déjanté , presente Dieu comme le roi du luxe et de la volupté face à un public de paysans bourru et rodés aux taches ardues , tabassant leur apprenti qui tombent comme des mouches ( on compte beaucoup de cadavre d'apprenti dans ce livre !! ) . Bref un tableau saisissant .

Mais que faut il y lire , derrière cette peinture polychrome , et même polytropique , voir polysémique ? Tout d'abor , et ce n'est que trop évident , c'est avant tout la description d'un amour maternel étouffant et omniprésent : sans aller jusqu'à devoiler la fin pour le moins suprenante , les enfants sont plus que dorlotés , et l'on assiste impuissant à l'angoisse grandissante d'une mère qui redoute tout les danger du monde extérieur pour ces bambins . Faut il prendre cette histoire au pied de la lettre et y voir le danger d'un amour maternel étouffant ? Je pense qu'il faut mieux le voir comme l'éloge d'un amour jamais tari et toujours prevenant , et s'il prend jusqu'au tripes , c'est pour mieux affirmer sa profondeur . Mais le livre de Boris ne s'arrete pas là ...
En effet le village qui jouxte la maison ( car elle en est legerement éloigné ) semble être une sorte de creuset pour experience dans lequel Boris aurait mélé different ingrédients répugnants pour les voir réagir entre eux . Ce n'est pas une sonnette d'alarme quant à la décadence de notre civilisation ( comme on nous en abreuve souvent ) ni la dénonciation d'un phénomène social , mais plus la mise en exergue des dérapages de chacun : voilà je pense le point le plus important , ce livre ne traite pas de la société , mais de l'individu au travers de la société : ce qui est dénoncé ce n'est pas l'attitude des villageois , mais la lente dérive de jacquemort vers cette postion dégradante : Boris Vian se lève contre l'absorption de l'individu dans la masse , du particulier dans le general , et dans la destruction de la pensée par l'annihilation du mouvement .
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