Lorsqu’il avait rejoint notre groupe, il y a un peu plus de vingt ans, je n’avais pas été particulièrement attiré par le bonhomme. Peut-être même avais-je émis une opinion défavorable à son intégration parmi nous ; antiquaire, chasseur, aisé, il n’avait pas, me semblait-il, le profil adéquat. Bref, je ne le sentais pas.
Survint l’accident stupide d’un de mes meilleurs copains : chute d’un arbre, cervicales brisées, coma, longue, trop longue convalescence pour l’artisan modeste qu’il était. Chantiers arrêtés, clients mécontents, fournisseurs mal payés. La modeste aide que je lui apportais était bien insuffisante pour remettre le bateau à flot.
Il ne suffisait pas qu’il ait réintégré son atelier et qu’il ranimé sa forge. Les clients avaient quitté le navire et rares étaient ceux qui, désormais accordaient leur confiance et leur commande à un si fragile esquif.
Dans ce cas-là, on essaye d’activer les réseaux, de mobiliser les amis, de faire quelque chose. Jamais facile. Les amis, les relations ont une extraordinaire capacité à disparaître en certaines circonstances. Nous connaissons tous ça.
Mon copain n’appartenait pas à notre groupe. Je décidais néanmoins de solliciter notre Président afin qu’il lise à nos amis une lettre que j’avais rédigée.
Ceci fut fait au cours d’une de nos réunions.
Le soir même, l’antiquaire vint me voir.
Le lendemain, il confiait un important chantier à mon copain. Sans consultation, sans le mettre en concurrence, sans même savoir de quoi il était capable. « c’est ton ami, tu nous dis que nous pouvons lui accorder notre confiance, ça me suffit » me dit-t-il.
Les années qui ont suivis m’ont confirmé que ce type pour lequel mon a-priori était plutôt défavorable, était en réalité un bonhomme exceptionnel d’élégance, de gentillesse et d’humanité.
Nous sommes évidemment devenus les meilleurs amis du monde.
Mille fois il m’a invité à la chasse, mille fois je n’ai pu y aller.
Je me souviens de la grande barque que nous lui avons offerte pour son mariage et de la ruse qu’il a fallu déployer pour amener l’engin dans son petit village sans qu’il ne s’en rende compte.
Il y a quelques semaines, Claude s’est fait poser un pace-maker ce qui nous a rassuré car, depuis quelques mois, il faisait un peu trop de malaises. La transformation du bonhomme fut radicale ; une pêche d’enfer, un moral en béton.
Tout à l’heure, juste avant le casse-croûte, Claude a encore fait un malaise. Le dernier.
Salut mec !
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... ce que je devine du gars Croqui entre ses lignes.
... les a priori.
Ils peuvent faire beaucoup de mal.
Ils peuvent faire beaucoup de mal.
Bien sûr à cause de l'issue. Mais aussi par le préjugé qui se transforme en amitié.
+ 1
à bas les a-priori. Bel hommage.
chaque étoile le poignarde
les souvenirs ne s'éclipsent "
les souvenirs ne s'éclipsent "
nous avons tous nos identités remarquables, parties trop vite... on égrène à temps perdu leurs traits familiers et les bons moments passés ensemble...
ne pas rester dans la tristesse étouffante et sclérosante, un jour aussi, nous n'y serons plus, profitons de chaque instant... n'acceptons la douleur que dans la mesure où elle nous grandit humainement...
la Vie est encore là
ne pas rester dans la tristesse étouffante et sclérosante, un jour aussi, nous n'y serons plus, profitons de chaque instant... n'acceptons la douleur que dans la mesure où elle nous grandit humainement...
la Vie est encore là
j'ai rencontré Claude pour la première fois il y a une vingtaine d'année. J'avais dix ans et j'accompagnais mon père qui partais rendre visite à son ami l'antiquaire.
Je me rappelle qu'à ce moment là, je recherchais un cadeau pour l'anniversaire de ma mère. Un beau cadeau, le plus beau en fait. J'avais 50 francs dans ma poche, une somme quoi. Naïvement j'ai demandé à Claude ce qu'il pouvait me vendre pour 50 francs. Claude a joué le jeu, et il m'a pris mes 50 francs en échange d'une jolie petite passoire en argent. J'avais trouvé pour ma mère le plus beau cadeau cette année.
tu resteras dans mon coeur mon ami.
Je me rappelle qu'à ce moment là, je recherchais un cadeau pour l'anniversaire de ma mère. Un beau cadeau, le plus beau en fait. J'avais 50 francs dans ma poche, une somme quoi. Naïvement j'ai demandé à Claude ce qu'il pouvait me vendre pour 50 francs. Claude a joué le jeu, et il m'a pris mes 50 francs en échange d'une jolie petite passoire en argent. J'avais trouvé pour ma mère le plus beau cadeau cette année.
tu resteras dans mon coeur mon ami.
t'as eu des a priori comme ça, toi ? Heureusement que c'est passé, sinon tu ne me parlerais même pas 
Très bel hommage émouvant. Merci pour ton partage et ta confiance.
Ah ! les préjugés, à-priori et touti-quanti : saloperies de réflexes mais aussi sujets à réflexion et à amélioration.
On ne cesse d'apprendre.
Bises de la Chris.
Ah ! les préjugés, à-priori et touti-quanti : saloperies de réflexes mais aussi sujets à réflexion et à amélioration.
On ne cesse d'apprendre.
Bises de la Chris.
09/07/08 à 22h43
dernier mot . 

Pensées.
je fais beaucoup de sport ! 

09/07/08 à 21h58
Mais les jeunes ?
Croqui, tu as rajeuni ?!
Croqui, tu as rajeuni ?!
que tout ce qui a été dit
tu as bien lu !
C'est évidemment ce que je voulais faire passer comme message: ces préjugés, véritable gangrène qui pollue la qualité des rapports entre des personnes différentes par l'origine, le statut social, la couleur de la peau, les croyances .......
J'ai pris quelques leçons dans la vie qui m'ont invité à être très prudent dans mes appréciations
C'est évidemment ce que je voulais faire passer comme message: ces préjugés, véritable gangrène qui pollue la qualité des rapports entre des personnes différentes par l'origine, le statut social, la couleur de la peau, les croyances .......
J'ai pris quelques leçons dans la vie qui m'ont invité à être très prudent dans mes appréciations
et vous nous transmettez un modèl d'amitié.
Sympathie.
Sympathie.
parce que c'est suffisamment difficile comme ça,
lorsqu'aprés avoir pulvérisé sa voiture à la suite d'un malaise il s'est retrouvé à l'hosto, je lui ai téléphoné pour prendre des nouvelles. Il m'a rassuré en m'expliquant que rien n'était cassé et qu'on allait lui installer une pile pour éviter ces pirouettes.
Jamais à cours d'une connerie je lui ai répliqué qu'il avait une chance considérable puisqu'actuellement on fait des pace-maker avec Ipod intégré et que l'hosto de Nancy fait une promo: pour 1 euro de plus, Ipod gratos !
Fou rire du Claude qui me supplie d'arrêter à cause de ses côtes cassées.
lorsqu'aprés avoir pulvérisé sa voiture à la suite d'un malaise il s'est retrouvé à l'hosto, je lui ai téléphoné pour prendre des nouvelles. Il m'a rassuré en m'expliquant que rien n'était cassé et qu'on allait lui installer une pile pour éviter ces pirouettes.
Jamais à cours d'une connerie je lui ai répliqué qu'il avait une chance considérable puisqu'actuellement on fait des pace-maker avec Ipod intégré et que l'hosto de Nancy fait une promo: pour 1 euro de plus, Ipod gratos !
Fou rire du Claude qui me supplie d'arrêter à cause de ses côtes cassées.
Dans toutes les larmes s'attarde un espoir.
Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir
pensées
à cet ami, par l'intermédaire de cet écrit "élégant, sympa et humain" ... que dire de plus ....
Bonne soirée croqui ...
Bonne soirée croqui ...
09/07/08 à 18h47
chagrin et un ami qui lui fait un bel hommage...
Compassion...
... tu rejoins Carlos... il venait d'avoir 40 ans... son coeur a explosé sans préavis..
y-a des coeurs, autour de moi, et j'aime les entendre et j'ai peur de ne plus les entendre...
y-a des coeurs, autour de moi, et j'aime les entendre et j'ai peur de ne plus les entendre...
comment on meurt et combien c'est irréparable... Texte très touchant.
conseil pratique : penser à ôter le stimulateur cardiaque en cas d'incinération.
(c'est pas une blague)
(c'est pas une blague)
mes pensées vous accompagnent


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croqui
publié le 9 juillet 08