Déjà inscrit(e) ?
C’est un titre très pécécéien.
Je roulais tranquillement vers le sud de la France. Au sud de la Loire mais dans le centre en fait.
Après avoir franchi Bourges, je descendais le long de l’autoroute A71, une toute nouvelle autoroute vers Montluçon. En fait non, je la zigzaguais car j’avais emprunté finalement la nationale 144. Enfin, l’ancienne nationale puisque toutes les nationales sont devenues des départementales (j’vous dis pas le boulot pour remettre à jour toute ma collection de cartes routières !). Donc, la départementale 2144.
Là, j'ai découvert un panneau m’indiquant le centre de la France.
Le centre de la France ? Comment ? Ce n’était pas Paris ?
Et puis, comment pouvais-je passer à côté de ce lieu hautement historique ou plutôt géographique ?
J’avais faim, j’avais envie de déjeuner tranquillement dans un lieu merveilleux. L’objectif du centre de la France me convenait parfaitement.
J’étais presque ému.
Ne sachant pas où je mettais les pieds, euh, les pneus, je me suis arrêté au premier village connu : Bruère-Allichamps. Entre champs.
Pas grand chose d’ouvert.
J'ai stoppé juste devant une immense brasserie restaurant le long de l’ancienne nationale. Il était quinze heure quinze un samedi de grand pont.
La pancarte des menus était sortie. La porte grande ouverte. Je suis entré. Personne. Des tables vides. Avec les couverts déjà posés. Pour moi ? Le comptoir rempli de coupes de je ne sais quelles compétitions locales. Je m’aventurais au-delà. Une porte ouverte donnait sur une cour et des poubelles.
Personne ? La caisse enregistreuse était-elle là ? J’hésitais ?
J'ai légèrement criaillé. Tel un chat voyant une boîte de croquettes inaccessibles.
Au bout d’une dizaine de minutes (un chat, c’est patient), un homme plutôt jeune est arrivé brusquement et a pris la commande.
Ce fut sandwich au jambon. Je m’en voulus de ne pas avoir précisé : "sandwich au jambon beurre".
Fort de ce déjeuner fort mérité (j’avoue avoir pris un copieux et tardif petit-déjeuner préalablement), j'ai donc bifurqué dans la direction du centre de la France. Champs, nature, campagne, bref, quelle beauté hors du béton parisien.
Je me suis engagé sur un pont puis j'ai atterri dans un autre village, Farges-Allichamps.
Ma carte routière me précisait justement que le centre de la France était ici.
J'ai roulé jusqu’à la mairie, fort grande pour un village si petit, mais fort petite pour une école quand même. Au lieu de poursuivre dans la direction du panneau du centre de la France, je pris halte au château de la Brosse. Belle tour de je ne sais combien tième siècle (treizième restauré au dix-neuvième en style quinzième). Et ça fait maison d’hôtes. Si j’avais chu.
Juste en face, une charmante petite église. Hélas close. Chapelle dédiée à saint Jean de Farges (comme ça tombait bien). Elle était une annexe du château puis fut cédée par le patron du lieu à la commune. Le petit cimetière rappelait brièvement la brièveté de mon existence.
Le village était une commanderie de l’ordre des Templiers quand même. Et dans l’Antiquité, c’était un authentique centre industriel qui produisait du minerai de fer, des pierres et de l’argile. J’imaginais déjà les grosses usines et la fumée noire.
J'ai ensuite poursuivi ma quête du nombril français en repistant le panneau du centre de la France.
Je suis ressorti du village par sa sortie est et là, on me demandait de grimper sur la route à gauche. Je me suis donc garé avec un personnel de service (mais quel service ?) et fus ébloui par…
Une aire d’autoroute !
Oui ! de l’autoroute A71 justement.
Le centre de la France n’était qu’une banale aire d’autoroute colonisée par Auto-grill !
J’ai observé quand même la présence d’une plaque en marbre datant de 1992 (si mes souvenirs sont bons) posée sur un gros pilier, déclarant qu’ici, c’était le centre de la France, signé par le patron du département de l’époque, feu Jean-François Deniau. J’imaginais le maire du village, le patron de la société d’autoroute, le vin d’honneur, le discours de l’ancien ministre rédigé par un obscur étudiant en droit, la râlerie du député du coin qui n’avait pas réussi à convaincre un vague sous-ministre en exercice de venir.
Le marbre pourrait cependant être antérieur à l’autoroute. Étrange donc.
J’en ai profité donc pour acheter un gâteau au chocolat pour me servir de dessert dans ce lieu de dépravation consumériste.
Et j'ai repris ma route vers de nouvelles zaventures.
Tout content.
J’étais passé, moi, au centre de la France… (pas vous ?).
C'était en mai 2009.
Mais bon, de quel centre parlons-nous aussi ? Parce que la France, y a la métropole, Corse comprise, et aussi la Nouvelle-Calédonie à droite, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe à gauche, la Réunion en bas, Saint-Pierre-et-Miquelon en haut à gauche, et la Polynésie derrière (et j’en oublie avec la partie française de Tante Adélie).
…
Après quelques renseignements ultérieurement gobés, il semblerait donc que ce ne soit que le centre de la France métropolitaine.
Et que justement, le premier à avoir calculé ce trou perdu, le géographe Adolphe-Laurent Joanne (qui n’avait rien à faire à l’époque), détermina ce centre un peu à côté, dans la commune de Bruère-Allichamps. Il avait fait ses calculs sous Napoléon III avec l’Alsace-Lorraine et la Savoie et Nice, mais il n’avait pas pris en compte la Corse, l’imbécile.
…
Au fait, on devrait dire "barycentre" et pas centre, car c’est juste le calcul mathématique d’une géométrie vaguement sphérique.
Du coup, les calculs étant discutables, d’autres communes s’estiment elles aussi le centre de la France : Saulzais-le-Potier, Huriel, Nassigny, Vesdun (avec les îles côtières dans le calcul) ou même Sarzay, centre du cercle circonscrit à la France (à moins de 541,4 km de tout lieu de la France métropolitaine).
Et je ne vous parle pas du centre de l’Europe qui n’a rien fait que de bouger entre l’Europe des Six et l’Europe de Vingt-Sept.
Source :
http://www.berry-passion.com/centres_de_la_france.htm
Le village :
http://www.farges-allichamps.com/

Je roulais tranquillement vers le sud de la France. Au sud de la Loire mais dans le centre en fait.
Après avoir franchi Bourges, je descendais le long de l’autoroute A71, une toute nouvelle autoroute vers Montluçon. En fait non, je la zigzaguais car j’avais emprunté finalement la nationale 144. Enfin, l’ancienne nationale puisque toutes les nationales sont devenues des départementales (j’vous dis pas le boulot pour remettre à jour toute ma collection de cartes routières !). Donc, la départementale 2144.
Là, j'ai découvert un panneau m’indiquant le centre de la France.
Le centre de la France ? Comment ? Ce n’était pas Paris ?
Et puis, comment pouvais-je passer à côté de ce lieu hautement historique ou plutôt géographique ?
J’avais faim, j’avais envie de déjeuner tranquillement dans un lieu merveilleux. L’objectif du centre de la France me convenait parfaitement.
J’étais presque ému.
Ne sachant pas où je mettais les pieds, euh, les pneus, je me suis arrêté au premier village connu : Bruère-Allichamps. Entre champs.
Pas grand chose d’ouvert.
J'ai stoppé juste devant une immense brasserie restaurant le long de l’ancienne nationale. Il était quinze heure quinze un samedi de grand pont.
La pancarte des menus était sortie. La porte grande ouverte. Je suis entré. Personne. Des tables vides. Avec les couverts déjà posés. Pour moi ? Le comptoir rempli de coupes de je ne sais quelles compétitions locales. Je m’aventurais au-delà. Une porte ouverte donnait sur une cour et des poubelles.
Personne ? La caisse enregistreuse était-elle là ? J’hésitais ?
J'ai légèrement criaillé. Tel un chat voyant une boîte de croquettes inaccessibles.
Au bout d’une dizaine de minutes (un chat, c’est patient), un homme plutôt jeune est arrivé brusquement et a pris la commande.
Ce fut sandwich au jambon. Je m’en voulus de ne pas avoir précisé : "sandwich au jambon beurre".
Fort de ce déjeuner fort mérité (j’avoue avoir pris un copieux et tardif petit-déjeuner préalablement), j'ai donc bifurqué dans la direction du centre de la France. Champs, nature, campagne, bref, quelle beauté hors du béton parisien.
Je me suis engagé sur un pont puis j'ai atterri dans un autre village, Farges-Allichamps.
Ma carte routière me précisait justement que le centre de la France était ici.
J'ai roulé jusqu’à la mairie, fort grande pour un village si petit, mais fort petite pour une école quand même. Au lieu de poursuivre dans la direction du panneau du centre de la France, je pris halte au château de la Brosse. Belle tour de je ne sais combien tième siècle (treizième restauré au dix-neuvième en style quinzième). Et ça fait maison d’hôtes. Si j’avais chu.
Juste en face, une charmante petite église. Hélas close. Chapelle dédiée à saint Jean de Farges (comme ça tombait bien). Elle était une annexe du château puis fut cédée par le patron du lieu à la commune. Le petit cimetière rappelait brièvement la brièveté de mon existence.
Le village était une commanderie de l’ordre des Templiers quand même. Et dans l’Antiquité, c’était un authentique centre industriel qui produisait du minerai de fer, des pierres et de l’argile. J’imaginais déjà les grosses usines et la fumée noire.
J'ai ensuite poursuivi ma quête du nombril français en repistant le panneau du centre de la France.
Je suis ressorti du village par sa sortie est et là, on me demandait de grimper sur la route à gauche. Je me suis donc garé avec un personnel de service (mais quel service ?) et fus ébloui par…
Une aire d’autoroute !
Oui ! de l’autoroute A71 justement.
Le centre de la France n’était qu’une banale aire d’autoroute colonisée par Auto-grill !
J’ai observé quand même la présence d’une plaque en marbre datant de 1992 (si mes souvenirs sont bons) posée sur un gros pilier, déclarant qu’ici, c’était le centre de la France, signé par le patron du département de l’époque, feu Jean-François Deniau. J’imaginais le maire du village, le patron de la société d’autoroute, le vin d’honneur, le discours de l’ancien ministre rédigé par un obscur étudiant en droit, la râlerie du député du coin qui n’avait pas réussi à convaincre un vague sous-ministre en exercice de venir.
Le marbre pourrait cependant être antérieur à l’autoroute. Étrange donc.
J’en ai profité donc pour acheter un gâteau au chocolat pour me servir de dessert dans ce lieu de dépravation consumériste.
Et j'ai repris ma route vers de nouvelles zaventures.
Tout content.
J’étais passé, moi, au centre de la France… (pas vous ?).
C'était en mai 2009.
Mais bon, de quel centre parlons-nous aussi ? Parce que la France, y a la métropole, Corse comprise, et aussi la Nouvelle-Calédonie à droite, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe à gauche, la Réunion en bas, Saint-Pierre-et-Miquelon en haut à gauche, et la Polynésie derrière (et j’en oublie avec la partie française de Tante Adélie).
…
Après quelques renseignements ultérieurement gobés, il semblerait donc que ce ne soit que le centre de la France métropolitaine.
Et que justement, le premier à avoir calculé ce trou perdu, le géographe Adolphe-Laurent Joanne (qui n’avait rien à faire à l’époque), détermina ce centre un peu à côté, dans la commune de Bruère-Allichamps. Il avait fait ses calculs sous Napoléon III avec l’Alsace-Lorraine et la Savoie et Nice, mais il n’avait pas pris en compte la Corse, l’imbécile.
…
Au fait, on devrait dire "barycentre" et pas centre, car c’est juste le calcul mathématique d’une géométrie vaguement sphérique.
Du coup, les calculs étant discutables, d’autres communes s’estiment elles aussi le centre de la France : Saulzais-le-Potier, Huriel, Nassigny, Vesdun (avec les îles côtières dans le calcul) ou même Sarzay, centre du cercle circonscrit à la France (à moins de 541,4 km de tout lieu de la France métropolitaine).
Et je ne vous parle pas du centre de l’Europe qui n’a rien fait que de bouger entre l’Europe des Six et l’Europe de Vingt-Sept.
Source :
http://www.berry-passion.com/centres_de_la_france.htm
Le village :
http://www.farges-allichamps.com/

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Voici les 17 dernières réactions à ce commentaire
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Heureusement que ce n'est pas le trou du c.. de la France...
Quoique ça amènerai sans doute beaucoup de curieux et de touristes...
ceci bêtement dit,...
Merci pour ce com instructif
Quoique ça amènerai sans doute beaucoup de curieux et de touristes...
ceci bêtement dit,...
Merci pour ce com instructif
que le centre de la France était bien Bruère-Allichamps (avec photo floue en noir et blanc à l'appui) qui s'enorgueillit d'ailleurs d'une borne milliaire romaine trouvée à proximité, convertie en sarcophage mérovingien puis réédifiée au centre du village, et surmontée d'un drapeau tricolore.
A défaut d'indiquer avec précision le centre de la France, cette borne est en tout cas le plus ancien monument érigé dans cette intention.
A défaut d'indiquer avec précision le centre de la France, cette borne est en tout cas le plus ancien monument érigé dans cette intention.
Le centre de la France sera toujours objet de controverse... il me semble qu'il y a eu main de Henry juste avant !

4/5

4/5
...un splendide "trou noir"!!
mais ils ont oublié Marinella !
chez moi c'est le bout du monde, ça se calcule pas 
(et sinon, le chat, je te suggèrerais bien d'apprivoiser le passé simple)

(et sinon, le chat, je te suggèrerais bien d'apprivoiser le passé simple)
refaire un calcul avec pcc comme base, à notre ère internet, ce serait de rigueur et peut être même que le site nous aiderait à faire les calculs, ce serait une bonne pub...
5 croquettes et de celles du dimanche pour toi Jules Félix
5 croquettes et de celles du dimanche pour toi Jules Félix
avec des lunettes et un fusil ? Miaoups !
- Jouer aux fléchettes
- Savoir qu'on est loin de tout
- un bureau por bayrou (lucian)
- tourner en rond le soir sur PCC
Moi ce que je préfère ce sont les centres d'inertie histoire de trouver son équilibre
- Savoir qu'on est loin de tout
- un bureau por bayrou (lucian)
- tourner en rond le soir sur PCC
Moi ce que je préfère ce sont les centres d'inertie histoire de trouver son équilibre
"Salvador Dalí déclara que la façade de la gare de Perpignan était le « centre cosmique du monde »
C’est donc le 27 août 1965 que Salvador Dali fit la « célèbrissime » révélation au cours d’une visite à Perpignan que l’enthousiasme de la population rendit tout à fait inoubliable.
Il en profita donc pour raconter que deux plus ans plus tôt il avait ressenti une extraordinaire sensation qu’il nomma « extase cosmogonique ».
Il le déclara en ces termes :
« Ce 19 septembre 1963, j’ai eu à la gare de Perpignan une espèce d’extase cosmogonique plus forte que les précédentes. J’ai eu une vision exacte de la constitution de l’univers. »
et bla bla bla…il n’en fallut pas plus pour que la gare de Perpignan se transforme en un mythe indestructible et devienne le centre du monde !!!
.. au centre d'un point de vue Julesque sur le monde, avec bien entendu les croquettes de rigueur


en est toute voilée!!! La faute à ce centre itinérant 
Mais c'est entre les sourcils de François Bayroux, voyons!


Je réagis à ce commentaire en
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Jules Félix
publié le 13 mai 10