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catégorie : politique / social
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Témoignage d’un copain « désobéissant-non-violent » qui a participé samedi dernier à un campement de protestation devant le Centre de Rétention Administratif de Rennes. J’en ai mal partout et froid dans le dos mais j'y adhère entièrement…


« Le soleil brille sur Rennes. Nous sommes un peu à la bourre pour l'installation du campement. Route coupée, nous finissons le parcours à pied. Devant le centre, des tentes "2 secondes" sont déjà déployées 350-400 personnes participent au rassemblement. Au mégaphone, se succèdent des témoignages sur les conditions de vie dans le CRA, le quotidien des sans papiers, la réalité des rafles.

À 100 mètres de là, se tient le salon de l'habitat. Nous décidons de nous y rendre pour tracter, informer les gens, sensibiliser. Le public est plutôt réceptif, certains iront même se rendre compte par eux-mêmes de la réalité du crime d'État. La plupart ne savent pas qu'à 100 m du lieu où ils assouvissent leur besoin de consommation, des innocent-e-s sont enfermé-e-s, que des enfants, parfois de l'âge des leurs, ont des barbelés comme limite à leur terrain de jeu. Beaucoup ignore les rafles, les quotas, la politique systématique de traque et d'enfermement des sans-papiers, le fichage ADN. "Ah bon ! et des centres de rétention, il en existe dans toute la France?" s'interroge cette personne, visiblement de bonne foi. Au mégaphone, on offre des week-end gratuits au club Sarko, on suggère de boucler la France, car pour 6 milliards de personnes, les 60 millions de français-e-s sont des étranger-e-s. L'ambiance est plutôt bon enfant. Un groupe de gendarmes surveille de loin, je vais discuter avec eux, savoir ce qu'ils en pensent. Discussion cordiale, nous sommes chacun dans nos rôles.

Fin du salon, nous décidons de bloquer la sortie du parking pour obliger les automobilistes à prendre l'autre sortie, celle qui passe devant le centre de rétention. Le groupe de gendarmes s'interpose, nous discutons et comme, a priori, l'autre sortie est bloquée, nous laissons passer les voitures. Dans le flot des automobiles, deux dames, croisées précédemment, sont allées au rassemblement devant le centre de rétention et nous remercient de les avoir informées. Discussion ubuesque avec un conducteur de 4x4 qui cherche à faire une maison "haute qualité environnementale"…

Plus de voitures, le temps est venu de retourner devant les grilles du CRA.
La nuit commence à tomber. Décision est prise de tenir la place jusqu'à l'évacuation. Deux RG sont appuyés sur une barrière, j'entame le dialogue pour connaitre les intentions des forces de l'ordre, d'autant que des renforts de CRS sont arrivés sur place. Je comprends vite, par sous-entendu, que nous ne passerons pas la nuit ici.
Les bretons venus du Finistère en car nous quittent, les rangs des manifestants sont plus clairsemés, il doit rester 100 à 150 personnes, isolées de tout, plus aucun média n'est présent. Assis par terre, nous attendons calmement. Aucune violence, aucune agressivité dans nos rangs.

Ça bouge du côté du CRA, la nuit est tombée, le premier flot de CRS sort, projecteur braqués sur nous. Un cordon sur le côté, un en face.
Leur mégaphone est en panne, tant pis, il n'y aura pas de sommations.
Nous sommes toujours assis pacifiquement et sans violence quand ils commencent à avancer faisant preuve d'une brutalité dépassant l'entendement. Sans doute ne veulent-ils pas le louper le match de rugby ce soir...

Assis par terre, j'attends. Les CRS continuent leur répression féroce et bientôt mon regard ne peut plus se porter que sur des boucliers ou des rangers. "Dégage" vocifèrent-ils. Je ne réponds pas à leur injonction alors, rapidement je me sens agrippé par une puis deux puis trois mains - ils seront jusqu'à 8 pour déplacer mes 75 kg. Je ne touche plus terre, suis amené une trentaine de mètres plus loin, remis sur pied. La gazeuse à bout touchant, directement dans les yeux, le bruit "pschiii", la brûlure est immédiate. 5 secondes?, 10 secondes? Vont-ils la vider sur moi ?

Et les premiers coups pleuvent. J'arrive aveuglé à me retirer, gagner 5 à 10 mètres pour rejoindre la foule hébétée mais toujours pacifique et non violente des autres manifestante-s, éviter la BAC, cachée derrière un abribus. Ma progression est plus lente, toujours aveuglé que je suis. "Celui là, il nous a fait chier" entends-je derrière moi, bruit des rangers qui accélèrent, le premier coup de matraque est amorti par mon sac à dos. Ils sont trois autour de moi, à faire pleuvoir leur matraque, acharnement sur les genoux, par devant, par derrière, sur les épaules, les bras. "Ta gueule, avance" est la seule réponse à mes tentatives pour les raisonner. La violence des coups, la hargne et l'agressivité dégagée ne laissent aucun doute sur leur volonté de faire mal, puis ils me lâchent, une autre proie sans doute.

Rétention, gaz, violence arbitraire, le parfum de Vichy se mêle à celui du lacrymo.

On se cherche, on se retrouve. Emelie, gazée largement aussi (ses vétements sont imbibés de gaz), matraquée, tabassée, a pris un sale coup sur la main - elle ira dimanche à l'hôpital-, Mathias lui a goûté aux rangers, nombre d'entre nous portons les séquelles de l'ultra-violence policière. Pas de collyre, ces vieux réflexes m'ont quittés et je m'en veux. Une jeune femme, équipée, me nettoie les yeux, je ne suis pas le seul à demander ses services. Les brûlures du visage, du cou continuent, la douleur des coups reçus commence à se faire sentir mais il ne faut pas s'arrêter, la meute de CRS toujours à nos trousses a accéléré la cadence -l'heure du match doit approcher-, nous continuons à évacuer toujours sans violence, sans bousculade. Des refrains "antiflics" fusent, des slogans "Pétain, reviens, t'as oublié tes chiens"
sont scandés. "Hexagone" me trotte dans la tête "les matraqueurs assermentés qui fignolèrent leur besogne". La poursuite s'arrête dans le centre ville de Saint-Jacques de la Lande. La BAC, croisée ultérieurement, veille. Fin de l'évacuation.

Il nous faut récupérer les voitures, nous devons être à 4 km du lieu où elles sont garées, la ballade a duré longtemps. Marcher le long de la 4 voie. J'ai connu plus sécuritaire comme itinéraire !

Retour à Rennes, douche et brûlures inhérentes au gaz, état des corps. Coup d'œil dans le miroir, pas beau à voir, mais eux, peuvent-ils se regarder dans un miroir ?
La main d'Emelie a doublé de volume, elle ne peut pratiquement plus s'en servir, mon genou aussi a sérieusement enflé. Les hématomes apparaissent, "Ah là aussi, ils ont cogné" c'est bien des dizaines de coups de matraque que nous avons reçus. On verra ça demain après une nuit de sommeil.

Envie de pleurer, mais ça n'a plus rien à voir avec les gaz. Savoir que j'ai laissé derrière moi, impuissant, des êtres humains enfermés, me demander comment d'autres êtres humains peuvent faire preuve d'autant d'inhumanité, de violence gratuite, de haine froide.

Oui, je continuerai à diffuser la culture de la non-violence, car me changer, changer mon âme, faire pousser en moi la haine serait leur victoire. Oui, je continuerai à lutter de façon pacifique et non-violente contre leurs lois iniques et racistes, car jamais je ne légitimerai leur violence."




Samedi prochain, manifestation nationale dans les villes de France, pour les sans papiers, pour que la solidarité ne soit pas un délit. On y sera. Ne pas oublier le collyre.
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Voici les 93 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 22/10/07 à 21h28
YanMula
Ceux qui s'intéressent le plus à non-violence ont souvent beaucoup de violence en eux (j'ai beaucoup remarqué ce paradoxe dans la pratique de l'aïkido) à commencer par Thoreau qui fuyait pas mal la société pour mieux sans prendre à lui-même, et que dire de Gandhi qui fut tout de même d'une rare violence doctrinaire pour son entourage ! Mais ils n'étaient pas des Saints pas plus que le bon pasteur M.L. King ! Et ce qu'ils ont apporté à la dignité humaine mérite d'être continué. Des valeurs aussi essentielles ont en effet pas grand chose à voir avec une tendance "branchée". Au pire on passe pour des réac' mais la dignité humaine est intemporelle. Oui continuons !
Mais c'est pas facile ! D'abord parce que la non-violence, ça ne semble pas très "branché" ! Ensuite parce que faut balayer devant sa porte ! C'est sans doute parce que je sais la violence que j'ai en moi que ça me passionne tant, de chercher dans cette direction !
Mais pour moi, c'est inséparable de la désobéissance !
Toi, en tout cas, d'après ce qui émane de tes textes et des photos que tu nous fait partager, t'as l'air d'en savoir pas mal sur la question. Je note ! Et merci
 22/10/07 à 00h09
YanMula
Je vote 5 pour que ce com' continue à être lu. Parce que je soutiens la non-violence depuis la désobéissance civile de Thoreau en passant par Gandhi, Martin Luther King, Lanza Del Vasto, Jean-Marie Muller... Gag à l'âme... Parce que seule la réaction non-violente peut enrayer la violence. Continuons !
... surtout de la part de gens qui maîtrisent bien la parole face à d'autres qui n'ont pas l'habitude de s'exprimer. En plus, culpabiliser est inutile et toxique.
N'empêche que concernant la consommation, la violence je la vois surtout chez ceux qui obligent les pauvres à acheter de la merde, mise en rayon par d'aussi exploités qu'eux et produite par des plus pauvres qu'eux. Je vois des pistes dans des pratiques locales comme les coopératives, les AMAP, les réseaux SEL... Ici, on a monté une épicerie solidaire, un garage et une auto-école solidaire, un restau associatif... Parce que, pour consommer équitable, faut peut-être commencer près de chez soi...
 21/10/07 à 16h21
Le soucis ne me parait pas être dans le fait d'utiliser ou pas la violence. Il me parait être dans le fait de songer, si possible, que l'usage de la violence est une chose grave. Qu'elle soit verbale ou physique, elle est à l'origine de ressentiments tenaces entre les individus et crée des difficultés à faire société d'un façon qui permettent à chacun de mieux s'épanouir.

Sous sa forme verbale, la violence est extrêmement répandue et de façon parfois redoutablement insidieuse. Son expression la plus ordinaire consiste en une volonté de vouloir faire adopter aux autres des manières d'être qui sont attachées à notre propre style de vie. Comme par exemple "acheter équitable". Ainsi, lors d'un débat où une femme s'était lancée dans une plaidoirie enflammée pour que chacun s'engage personnellement à ne plus consomer de produits non équitable, une jeune femme lui avait répondu énervée que ça propre mère s'était retrouvée délaissée de son mari avec trois enfants sur les bras et qu'elle avait de maigre revenue. Elle avait dit que équitable ou pas, quand on doit nourrir ses gosses tout les jours, on va faire ses courses chez Lidl. C'était une chance qu'elle ait pu parler, elle aurait pu s'affaisser devant le "généreux engagement" de l'autre interlocutrice. Ainsi, dans les discours généralistes sur la manière d'être et en particulier dans ceux qui prennent appui sur de supposées vertues, il peut s'exercer une extrême violence qui conduira à ce que des gens ne puissent plus se parler ou pire qu'ils acceptent le discours de l'autre sans réagir produisant ainsi une autodévalorisation de leur propre conduite.

Enfin, pour revenir à ma question de départ, je crois que nous avancerions mieux si nous considérions que la violence est co-constitutive des individus et de la vie en société. Il s'ensuivrait que plutôt que de la voir disparaître, nous aprenions à mieux la gérer. Je n'ai pas de réponse toute faite à cette question, mais elles me semble être une piste utile pour sortir de cette opposition entre violence et non violence !

Bien à toi !

Camio

Parce que la violence, c'est la réponse qui vient quand on refuse de réfléchir ou quand on a réfléchi un peu, et qu'on n'a pas trouvé et que ça énerve.
C'est dommage parce que, quand on réfléchit, on a des chances de trouver des solutions aux questions qu'on se pose. Plus, en tout cas, qu'en se pétant des dents au poing ou en se balançant des vacheries qui blessent, qui enfoncent, qui tuent...
Je fais le pari que l'autre, en face, est un être humain, capable comme moi de tendresse, de compassion, de tolérance. De saloperie, de lâcheté aussi. Il est bon de le savoir.
Et d'apprendre à faire mieux, moins égoîste, plus ouvert, mais plus déterminé, aussi, sans pour autant sombrer dans l'inconscience...

Ah, je comprends les lectrices de Biba* c'est vachement plus cool de classer ses fiches cuisine et de se commander un petit haut craquant chez les redoutable trois Suisses !

__________________________________
* Chui pas sectaire : vous pouvez remplacer par Elle, Cosmo, Modes et Travaux, Marie-Claire... selon le niveau de branchitude !
** Chui pas sectaire : vous pouvez remplacer par l'Équipe, Têtu, Système D, Auto journal, le Chasseur français (râlez pas, les parigots : sur ce coup-là, vous êtes minoritaires ! Si vous saviez le nombre d'allumés du petit plomb qu'on croise ces temps par chez moi ! J'attends qu'il neige pour sortir !)
 19/10/07 à 11h28
dans les moments d'affrontement auquel j'ai pu participer, les gens les plus pénibles sont d'une part les francs tireur qui veulent en découdre coûte que coûte et d'autre part, les "humanistes" fleurs bleus qui veulent a tout pris que tout le monde soit gentil.
Dans les deux cas, ça produit des gens qu'il faut récupérer à l'hôpital, en garde à vue ou au tribunal. Ca n'a rien de drôle. Et puis, je crois que ça donne une image de l'action revendicative totalement inappropriée. Revendiquer c'est certe prendre des risques, mais pas n'importe comment.

Pour ce qui est du choix de l'action non violente, je ne suis pas sûr qu'il fasse en faire un dogme. Certainnes situations nécessite de réagir rudement. Comme par exemple quand une personne isolée se fait attraper par la BAC. Il faut certe éviter les coups, éviter d'en donner, mais il faut aussi éviter les logiques de gardes à vue qui la plupart du temps mène au tribunal avec parfois au passage un bon tabassage. Tout est question de parvenir à mesurer l'usage que l'on peut faire de la force. Mais, je crois qu'il vaut mieux des fois aller un peu trop loin du côté de la violence plutôt que du côté de la vertue. Ce n'est pas forcément très beau, mais ça évite pas mal d'histoires glauques.
... en tout cas, ça ne s'improvise pas. J'avoue, en relisant le témoignage, que j'ai senti que ça basculait, à un moment et que la baston annoncée n'allait plus rien apporter à personne. Ne serait-ce que parce qu'il n'y avait plus personne pour en témoigner (c'est peut-être pour cela, aussi, que je vous en ai parlé). Les "stages" de désobéissance civile non-violente comme celui que je vous ai raconté, ne visent pas "à apprendre aux gens à se ramasser des baffes". Ça sert à mettre en œuvre des méthodes non-violentes pour atteindre des objectifs en prenant des risques, certes, mais pas en jouant les martyrs. Mais y a du boulot !
 18/10/07 à 16h22
Ok pour le mouvement, mais pas du tout d'accord avec ce que ton pote appelle "culture de la non violence" si ça consiste à apprendre à des gens à se rammasser des baffes, je ne suis pas du tout d'accord.

Un rapport de force ça se gère.

Il ne s'agit pas de jouer les bastonneurs à tout crins ou les vertueux irréprochables pour se parer d'une vertue revendicative sans faille. Si nous ne tenons pas compte de ce qui se joue dans les situations de luttes, alors, nos idéologies sont des outils pour nous faire laminer encore et encore par des gens peu scrupuleux. Soit en allant au massacre d'un combat perdu d'avance, soit en tendant l'autre joue.
à Aix, un enseignant est en train d'être jugé pour çà ...
Merci Gag pour ce très beau commentaire...
Car nous aussi, en Provence, on a des centres de rétention ! Et ça ne date pas d'hier ! Lors d'une extraordinaire manif - interdite - en juin 1975, on avait dévalé de la Bonne mère au Vieux Port pour réclamer la fermeture de la prison illégale d'Arenc où, depuis 1964 étaient séquestrés des travailleurs immigrés. Illégale parce que les étrangers y étaient enfermés sur simple décision policière, sans qu’aucune autorité judiciaire n’ait connaissance de l’existence, de la durée, ni des causes de cette incarcération. Le préfet et le ministre, qui avaient commencé par nier, déclarent qu’il s’agit d’un « centre d’hébergement » pour étrangers sans titre de séjour. Puis, le camouflage étant peu convaincant, le gouvernement de droite de l’époque va tenter de légiférer pour régulariser cette situation.

En effet dans l’ordonnance qui régit le séjour des étrangers en France depuis 1945, rien n’autorise la détention administrative d’un étranger pour défaut de papier. La dernière loi qui le permettait c’est celle de 1938 qui a instauré l’enfermement des étrangers sans-papiers dans des camps d’internement, loi qui s’est ensuite étendue, pendant la guerre, à la détention administrative de tous les autres indésirables français et étrangers avec papiers, notamment en vue de leur déportation en Allemagne.

Après plusieurs tentatives, la loi Peyrefite de février 1981, dite « Sécurité et Liberté », légalise la « rétention » administrative des sans-papiers, en vue de leur expulsion.

Une fois arrivés au pouvoir en mai 1981, Mitterand et le parti socialiste, loin de remettre en question la loi Peyrefite, avalisent la rétention administrative et ouvrent au cours de leur gouvernance 12 nouveaux centres de rétention, et de nombreux locaux de rétention dans les commissariats, gendarmeries, hôtels de police, etc.

Les socialistes, dès 1975, faisaient parti de ceux qui dénonçaient la prison d’Arenc, et demandaient sa fermeture. Sacré trahison même si elle n’est pas surprenante...
je veux dire, vu que tu n'étais pas à Rennes.
 17/10/07 à 14h20
Ce qui est affligeant, c'est que cette politique n'est même pas efficace (le quota d'expulsions est une aberration, il suffit qu'expulser 25 000 fois le même immigré illégal dans l'année pour atteindre l'objectif !).

Elle ne sert qu'à faire vitrine pour une franche particulière d'électeurs mais casse des nombreuses destinées humaines...
seulement cinq minutes dans votre vie
Les lycéens apprendront que si l'on n'est pas de la bonne couleur idéologique, ou de la bonne couleur tout court, il ne faut faire confiance ni la police ni à la justice !
Mais ça, ils le savaient déjà.
Savent-ils aussi que :
Il y a 2500 comparutions annuelles de fonctionnaires d’autorité devant les Commissions de discipline de la police nationale.

Heureusement :
Le 7 septembre, la gendarmerie a lancé une grande campagne de recrutement - dont 7.000 emplois jeunes. A cette occasion, nous apprenons que 13.000 apprentis pandores seraient nécessaires pour assurer la sécurité de 30 millions d’habitants des zones rurales. Cible visée : les 18/36 ans. (Source, Métro, 10 septembre 2007)

La police, c'est un refuge pour les alcooliques qu'on n'a pas voulu à la SNCF et aux PTT. (Coluche)
Gag écrit :
" Oui, je continuerai à diffuser la culture de la non-violence, car me changer, changer mon âme, faire pousser en moi la haine serait leur victoire. Oui, je continuerai à lutter de façon pacifique et non-violente contre leurs lois iniques et racistes, car jamais je ne légitimerai leur violence."

Libre à chacun bien sûr de laisser pousser en soi la haine et le mépris de l'autre.
Et si l'autre est basané par dessus le marché, on peut carrément ouvrir les digues.

M'en fous moi, j'ai un si petit coeur qu'il n'y a pas de place là-dedans pour toute cette racaille. Priorité aux prioritaires-nés !
 17/10/07 à 07h11
PaulTergeist
j'ai rien entendu ! Comme pour la question de Neottie 22:33... alors ? réponse ? Au fait, pas trop mal aux pieds ? On s'achète une bonne conscience au prix de quelques ampoules ?
 17/10/07 à 06h42
PaulTergeist
 17/10/07 à 06h18
PaulTergeist
don't drop your aitches, it's vulgar !
 17/10/07 à 00h48
samedi j' ai marché avec les rescapés de l'amiante, les veuves et les veufs

c' était silencieux de colère.
c'est de la délation que vous avez besoin
manque de psychiatre et de lit.
 17/10/07 à 00h02
va voir plutôt du côté des ingénieurs d'EDF....
Ces "travailleurs" qui bossent deux à trois fois moins qu'un chirurgien et n'ont ni les mêmes riques ni les mêmes charges...
le cul et ils avaient raison : tout ça n'est qu'une énorme hypocrisie !
Tout le monde ou presque est poussé soit à tricher, soit à disparaître. La nomenclature date d'il y a des lustes et ne prend même pas en compte les donnés "nouvelles de la science" !
Si tu veux bosser correctement : ou tu tires le diable par la queue pour payer tes charges, ou tu salopes ton travail !!
fait que de bric et de broc !!!
A côté de ça t'as des richards qui sont remboursés à 100 %, parce qu'ils ont un pacemakeur !!! (pathologie lourde)
plus et qu'on réquisitionne de force quand ils veulent se mettre en grève, des infirmières libérales qu'on oblige à s'arrêter en octobe ou novembre parce qu'elles ont fait "leur chiffre" à ne pas dépasser et qui se voient obligées de soigner les gens à l"oeil ! Et je te parle pas des kinés qui ne vivraient pas sans la cellulite des mémères, qu'ils soignent HORS NOMENCLATURE §
Je connais bien le problème : mon ex-mari en est carrément devenu fou !!!
Il devait soigner à l'oeil ce que les autres avaient salopé parce que la sécu ne risquait pas de rembourser deux fois de suite...
Y a n'a pas beaucoup non plus dans les cabinets de généralistes. Ils sont de plus en plus nombreux à s'installer dans des spécialités pépères, qui vous réveillent pas la nuit et permettent de faire son beurre sans insomnies. C'est dommage.
J'ai un pote Tchadien qui a accouché plein de nanas du coin. Avant, et après, il les suit sur le plan gynécologique. À l'hôpital. Quand il a voulu, après avoir obtenu la nationalité française, s'installer en tant que gynéco libéral, histoire de stabiliser son couple et ses filles, l'Ordre, asticoté par les "chers confrères" lui a flanqué tous les obstacles possibles. On fait quoi, là ?
Au lieu de faire du tiermondisme larmoyant, disons qu'ils viennent effectivement chercher un espace vital et de quoi bouffer ! Il n'a jamais été question que de cela, à la base, dans l'histoire de l'humanité.
J'ai également une grand-mère d'origine valaque, dont le grand-père s'est établi en Macédoine, pour fuir l'Epire et le sultan Ali de Tebelem.
La politique n'est jamais qu'une histoire de rapport de forces....
... que parce qu'il est à l'image du monde : une petite minorité s'y attribue le pouvoir, les richesses, au détriment du plus grand nombre. Pense : 20 % des habitants de cette planète consomment 80% de ses ressources énergétiques ! J'ai envie que ça change ! Et je ne suis pas la seule !
Nos moyens d'action paraissent peut-être aussi dérisoires à tes yeux qu'à ceux de PaulTergeist. Ils ont le mérite d'être On fait ce qu'on peut. Et, pour moi, c'est mieux que de subir.

Tout à l'heure, je faisais réviser des mômes de CM1. Ils apprenaient "les invasions barbares" (non, pas le film de Denis Arquant !). C'est pas nouveau, les gens qui fuient les famines de l'Est ou du Sud pour essayer de trouver un carré de terre cultivable. À force de se taper sur la gueule, les Gaulois et les Germains ont trouvé ça con et ont vécu en relativement bonne intelligence.
Je suis d'origine italienne. Mes grands-parents, on les appelait des "macaronis", des "ritals". La preuve que ça vaut le coup d'essayer.
ho, et tant que j'y suis des masques à gaz...
qu'il n'y a pas de médecins en France et que nous sommes soignés grâce aux médecins étrangers....
 16/10/07 à 23h03
c'est TF1 qui le dit ?

voui, voui

alors, ça doit être vrai.no comment.
Le permier est poussé à l'exil par la misère, la guerre appuyée par les pays occidentaux, le second a pris trop de coups et finit par glisser vers le canniveau ne pouvant gérer ce que la plupart d'entre nous ne supporteraient pas deux semaines de suite.
1 - on brasse de l'émotion, on agite du sentiment sans préciser de quoi il est question :
2 - on a le "meilleur système de protection sociale du monde" ; donc, par conséquent, tous ceux qui souhaitent bénéficier des avantages dont nous disposons, par ailleurs, je vous ferais remaquer, à crédit (voir la dette abyssale) sont par définition des sans-papiers ou des sans-abris...j'ai bien peur...
On s'arrête où, par conséquent ? Quelles sont les limites supportables, pour un pays déjà en faillite ?
cela ne m'empêche pas de plaider en leur faveur, de parrainer un enfant, et d'espérer une société où tout le monde aurait un logement (pas celui d'autrui).
... aux défenseurs des sans papiers de ne pas aller assez loin en n'hébergeant pas des sans papiers... Mais en ce cas... ceux qui pensent qu'il faut expulser les hors-la-loi ne doivent-ils pas dénoncer aux autorités les contrevenants ou les situations douteuses... N'est-ce pas là également un acte citoyen défendant leur point de vue ?
 16/10/07 à 22h51
elle le fait exprès ?
Dans ton com, on parle de "sans-papiers" : c'est quoi, pour vous, un "sans papiers" ?
Mai il y a quelques années, quand j'ai appris que la halte pour SDF vagabonds de ma commune (7 000 habitants avec les écarts) affichait complet, je suis allée à la mairie. J'ai dit : "J'ai de la place moi. C'est pas trois étoiles mais il ne gèle pas et y a une soupe chaude tous les soirs." On m'a répondu en me toisant du regard : "Mais vous n'y pensez pas : une femme seule, avec un de ces asociaux !"
Mais bon, c'est pas les "asociaux" qui manquent...
comment réagir face à une raffle d'enfant sans papiers.
Je suis sûre que vous joignez l'acte à la parole ?
te salue bien bas...
 16/10/07 à 22h29
PaulTergeist
en effet, c bien la formation IUFM !
 16/10/07 à 22h28
PaulTergeist
moi aussi, ça me fout le jetons de vous regarder dans une glace.
Par contre un truc qui me gave (j'englobe tout : médias et compagnie), à un moment va falloir arrêter de comparer les époques surtout quand on ne les a pas vécues. Et disons que c'est difficile de pas avoir la haine devant un tel sujet et je pense Gag, que ton ami adopte une position honorable. Mais le problème c'est qu'eux parlent de quotas, de rafles et donc d'efficacité.
 16/10/07 à 22h26
PaulTergeist
arrête, ça va lui foutre les jetons, à la misère !
Moi, ce qui m'inquiète, c'est, comme mon pote, l'idée d'une jour ne plus pouvoir me regarder dans la glace. Sans personne autour, moi toute seule en face de moi. Parce que j'aurais dit, comme lorsqu'on déportait "Ils sont venu chercher les sans papiers. J'ai rien dit : moi, j'avais mes papiers".
 16/10/07 à 22h25
PaulTergeist
 16/10/07 à 22h23
PaulTergeist
la puissance de ta rhétorique va m'achever !
 16/10/07 à 22h19
 16/10/07 à 22h17
PaulTergeist
que marioleries et gesticulations d'impuissants.
C'est pas drôle, alors ! On ne fait pas la course. On croit juste à l'humain. Peut-être que ça te reviendra, quand tu seras moins amer. En attendant, on va pas se laisser marcher dessus, ni laisser piétiner les valeurs humaines auxquelles on croit. Voilà.
 16/10/07 à 22h12
Que rajouter à ce témoignage... pffff.

5.
Sur la gauche, toutes les régions sont représentées. Y a qu'à cliquer pour savoir ce qui se passe vers chez vous ce samedi.
 16/10/07 à 22h06
PaulTergeist
oui, je continuerai à perdre parce que je ne suis pas le plus fort.
 16/10/07 à 21h59
PaulTergeist
Résultat des courses ?
 16/10/07 à 21h59
Maintenant ils sont les forces de l'ordre, mais de quel ordre ?!

Je répète et espère, nous sommes trop cultivés et rapidement informés pour laisser faire ce qui remet en cause les droits fondamentaux de l'Homme.

Pour être plus claire, je défend les faibles, refuse que l'on prenne aux pays en situation difficile leurs forces intellectuelles, à ceux qui vivent vingt ans en arrière, ce ne sont pas seulement les capitaux qui passent les frontières...

J'en profite pour dire que si j'étais encore au collège, la lecture de la lettre de Guy Moquet ne m'aurait pas fait reculer, je vénère les justes depuis toujours et à jamais.

Il existe des Hommes qui vivent debout, beau témoignage, merci
mai 68 c'était pareil ou pire, toutes les manifs. Il y a quand même quelques règles à connaître avant d'aller se faire lyncher, faudrait peut-être se professionnaliser un peu non ? ça suffit pas d'être non violent
merci pour ce témoignage.
On a sacrément intérêt à se bouger...s'il n'est déja pas trop tard.

Et sam on pourrait se donner RV les parisiens?
 16/10/07 à 21h31
janisjopplin
mais j'ai crié il y a longtemps,bientôt quarante piges...et ils n'ont pas changés,les CRS!!
 16/10/07 à 21h28
janisjopplin
....et aussi ça fait du bien de savoir qu'il y a des courageux qui ne renoncent pas

De tout mon coeur avec eux même si samedi je me suis contentée de marcher de Porte d'Ivry à l'Hôtel de Ville pour accompagner les marcheurs dans leur dernière étape pour demander un moratoire sur les OGM
 16/10/07 à 20h50
ça me rapelle un soir de mai 2003, la foule avait scandé l'Internationale, rue Royal (c'était royal!) et avait été refoulée dans ce boulevard des Capucines, une fois que le gros des troupes était passé, je les ai suivi vers l'Opéra, et là un homme était immobilisé sur le sol (il avait jeté une pierre sur l'un des cent cars de CRS défilant sur le boulevard, vision apocalyptique)), il avait été dénoncé par col blanc cravaté, je l'ai traité de collabo et un crs m'est tombé dessus en m'insultant (salope, sale pute, enlève tes autocollants syndicaux), je m'imaginais déjà en charpie au moment où je m'apprêtais à répliquer, mais des collègues m'ont attrapée pour m'éloigner, j'ai rarement courru aussi vite...
samedi aprèm, j'y serai, avec mes lentilles de contact (aïe !)
 16/10/07 à 20h43
ça rappelle les heures noires de la France. Plus jamais ça, qu'ils disaient !
que j'aime bien:

"dégueulasse" !
Faudra que je pense à te cloner, Gag .
... oui bon d'accord, je sors, mais c'est bien parce que vous m'y forcez...

Merci pour le témoignage !
nan, j'déconne...

je m'étais faite aussi courser et tabasser en 2003, j'ai jamais eu aussi peur de ma vie (ni aussi mal aux yeux cause lacrymos et aux jambes cause coups de matraques pdt que je déguerpissais sur mon vélo...).


Afin d'éviter les désagréments des lacrimos, s'asperger avant l'action de jus de citron.....

Une écharpe aspergée de jus de citron qu'on noue autour du cou et qu'on utilise comme passe-montagne peut être très utile...
 16/10/07 à 18h02
et agir.
Résister à l'infamie et au pouvoir répressif par la non-violence est une force et beaucoup l'ont payé très cher mais je suis de tout coeur avec toi Gag à l'âme...
 16/10/07 à 17h05
« police : milice organisée ! »
 16/10/07 à 16h52
On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.