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catégorie : politique / social
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Par les temps qui courent et le rôle que l'on va jouer dans le choix d'un nouveau gouvernement pour notre pays, je ne sais à quel saint me vouer et ce ne sont pas les médias qui vont m'aider à démêler cet imbroglio de discours, de promesses et de grimaces de vieux singes qui ne font plus rire personne.
J'aimerais vous faire partager un extrait de ce qu'a écrit Thoreau, dans son célèbre pamphlet contre l'Etat:"La désobéissance civile" qui nous laisse encore à réfléchir :

"...Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite.
Le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'aie le droit d'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste. On dit justement qu'une corporation n'a pas de conscience; mais une corporation faites d'êtres consciencieux est une corporation douée d'une conscience.
La loi n'a jamais rendu les hommes plus justes d'un iota ; et à cause du respect qu'ils lui marquent, les êtres bien disposés eux-mêmes deviennent les agents de l'injustice.
Le respect indu de la loi a fréquemment ce résultat naturel qu'on voit un régiment de soldats, colonel, capitaine, caporal, simples soldats, artificiers, etc.., marchant en bel ordre par monts et par vaux vers la guerre, contre leur volonté, disons même contre leur sens commun et leur conscience, ce qui complique singulièrement la marche, en vérité, et engendre des palpitations.
Ils ne doutent pas que l'affaire qui les occupe soit une horreur ; ils sont tous d'une disposition paisible. Or que sont-ils devenus? Des hommes le moins du monde ? ou des petits fortins déplaçables, des magasins d'armes au service de quelque puissant sans scrupule ? Visitez les chantiers navals et contemplez un marin, l'un de ceux qu'engendre un gouvernement américain, ou tel qu'il peut le transformer avec sa magie noire-une simple ombre, un vague souvenir d'humanité, un homme lavé comme un mort encore tout vif et déjà, oserait-on dire, enterré au son des armes et d'une fanfare, bien qu'il puisse se faire que :

"on n'entendait pas un tambour, pas un accent funèbre,
"tandis que nous hâtions son cadavre vers le rempart
pas un soldat ne fit partir une salve d'adieu
sur la tombe où nous ensevelîmes notre héros."

La masse des hommes sert l'Etat de la sorte, pas en tant qu'hommes, mais comme des machines, avec leurs corps. Ils forment l'armée de métier, ainsi que la milice, les geôliers, policiers, etc... Dans la plupart des cas, il n'existe aucun libre exercice du jugement ou du sens moral; mais ils se mettent au niveau du bois, de la terre et des pierres; et l'on pourrait réaliser des hommes de bois qui rempliraient aussi bien cette fonction. Ils ne méritent pas plus de respect que des épouvantails ou un étron..."
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Voici les 28 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 28/03/07 à 19h14
Ami Du Peuple
 27/03/07 à 12h01
Eniii
c'est chouette de vous lire tous... l'impression de me cultiver... ça me rend plus forte... merci
 27/03/07 à 12h01
Eniii
c'est chouette de vous lire tous... l'impression de me cultiver... ça me rend plus forte... merci
 27/03/07 à 08h25
Etienne de la Boétie avec son "Discours de la servtude volontaire"
 27/03/07 à 08h03
la désobéissance civile çà ne s'improvise pas, Gandhi et Martin Luther King nous en ont montré l'exemple et tant d'autres qui n'ont pas voulu courbé l'échine.
Si le com de Lethidee vous donne envie de passer à l'action, allez faire un tour sur www.desobeir.net. Vous y trouverez des nouvelles des désobéissants (faucheurs d'OGM, résistants au nucléaire, Brigade activiste des Clowns, grimpeurs de Greenpeace et autres empêcheurs d'arbitraire...) mais aussi un calendrier des prochaines formations à la résistance active non-violente. Parce que la désobéissance civile ça ne s'improvise pas ! Mais dès lors qu'on en est conscient, ce n'est pas incompatible avec une vie sociale !
Merci Para d'avoir cité le témoignage de J.M. Muller au procès des faucheurs.
 26/03/07 à 23h36
 26/03/07 à 23h33
tu cites l'une des premières phrases de l'ADP !!! tu gagnes 3 points.

"Je préfère notre constitution de 1793 (qui ne fut jamais appliquée) :
"Déclaration des droits de l'homme"
Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.""
 26/03/07 à 22h46
jéhess
il faudrait qu'il n'y ait pas de personnes songeant au profit (dans tous domaines), une seule suffit pour faire rater
 26/03/07 à 22h07
Thoreau a une pensée très forte.

Tout le monde n'est pas Thoreau.

Un autre moyen d'être fort c'est de former un corps collectif
Cette homme sinistre derrière sa vitre qui ne cessait de répéter qu'il avait juste fait son travail, juste obéi aux ordres
.... et en conseille la lecture à ses copains
 26/03/07 à 22h04
ragazza
je propose que certains articles de la constitution de 93 aident à modifier dans le bon sens l'actuelle constitution qui aurait besoin d'un sacré depoussiérage...

mais attention si le p'tit hongrois passe la barre des 50....PCC va être fermé!!
trop d'esprit insurrectionnel ici! LOL
 26/03/07 à 22h01
sissi
il a une pensée très forte, très stimulante. mais camio a raison, je crois, en partie.
 26/03/07 à 22h00
Article 120.
Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans.

J'en connais quelques uns dont les parents ne seraient pas arrivés en France. Si l'on en croit les archives de la Stasi à propos de quelques aristocrates Hongrois.
mais d'autres grands de ce monde ont été influencé par ses écrits comme lui-même l'avait été par d'autres avant lui et il ne s'est pas posé en modèle mais par le simple fait d'agir, en citoyen responsable, il a sans doute réussi à faire réfléchir.
 26/03/07 à 21h52
renaud30
Plus encore que s'en servir, Sivan et Brauman sont partis du procés Eichmann, des rushs (car le procés avait été filmé) et de la pensée de Arendt, dont ils se réclament.
L'idéal de pureté est-il vraiment incompatible avec la vie d'une société?
Je préfère notre constitution de 1793 (qui ne fut jamais appliquée) :
"Déclaration des droits de l'homme"
Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Bref, allons dans les manifs

Dans son contenu, elle comprend beaucoup d'éléments qui invite à repenser notre démocratie.
Pour plus d'info :
http://mjp.univ-perp.fr/france/co1793.htm
 26/03/07 à 21h26
sissi
Walden est un livre très beau sur la relation d'un être solitaire à la nature et aux objets inanimés. L'oeuvre de Thoreau est celle d'un sobre citoyen animé d'un idéal de pureté pas très compatible avec la vie d'une société.

Malgré cela, j'aime son audace intellectuelle.
 26/03/07 à 20h56
il faisait confiance en l'homme et avait mis en pratique ce qu'il croyait. Je pense que vous connaissez son livre célèbre "Walden" et si vous ne l'avez pas encore lu, je vous le conseille. Je pense que j'aurais aimé faire la rencontre d'un tel homme.
 26/03/07 à 20h49
le fil ariane
je crois que Thoreau avait décider de ne plus payer ses impots pour lutter contre l'esclavage
 26/03/07 à 20h21
Eniii
 26/03/07 à 19h39
renaud30
Rony Brauman et Eyal Sivan ont écrit un bouquin qui s'appelle "Eloge de la désobéissance". C'est à propos d'un film qu'ils ont réalisé, "Un spécialiste", sur un des responsables des déportations des années 40. Quand ce type fut jugé, il axait sa défense sur une stricte obéissance à des ordres de ses supérieurs.
 26/03/07 à 19h31
si un certain personnage est élu va falloir s'entrainer à la désobéissance civile et à ses conséquences.




Tribunal correctionnel d’Orléans
26 février 2007
Procès de faucheurs volontaires poursuivis pour avoir
« volontairement détruit un bien en l’occurrence un
champ de maïs appartenant à la société Monsanto ».

Témoignage de Jean-Marie MULLER
Porte-parole national du
Mouvement pour une Alternative Non-violente
(MAN)



Monsieur le Président, Mesdames,

Je voudrais d’abord exprimer ma conviction que les prévenus qui comparaissent aujourd’hui devant votre tribunal ne sont pas des délinquants, mais des dissidents. Et la grandeur de la démocratie, c’est précisément de ne pas traiter les dissidents comme des délinquants. La grandeur de la démocratie, c’est de ne pas criminaliser la dissidence, mais de la reconnaître comme l’expression de la liberté de citoyens qui entendent exercer pleinement leur responsabilité de citoyens. La grandeur de la démocratie, c’est de reconnaître le droit à un civisme de dissentiment.
Á l’évidence, et je suis sûr que vous le reconnaîtrez aisément, les prévenus n’ont pas agi pour défendre un quelconque intérêt personnel, ni aucun autre intérêt particulier. S’ils ont pris les risques de la désobéissance civile, c’est manifestement pour défendre l’intérêt général.
La désobéissance des prévenus n’implique aucun mépris pour la loi. Ils méprisent tellement peu la loi, qu’ils demandent une autre loi. Ils ont certes désobéi à la loi, mais ils ont désobéi à la loi avec la conviction que celle-ci ne remplissait plus sa fonction qui est d’assurer la sécurité des citoyens, et cela dans des domaines aussi importants que ceux de l’alimentation et de l’environnement. Je ne suis pas un scientifique, mais il me suffit d’être un citoyen pour comprendre que, dans ces deux domaines, les organismes génétiquement modifiés présentent des dangers qui ne sont pas acceptables. Les citoyens que nous sommes sont en droit d’exiger d’être protégés contre ces dangers. Dans la mesure où la loi n’est pas garante de cette protection, elle n’est plus garante du droit. Dès lors que les moyens légaux pour faire changer la loi se sont avérés inopérants, la désobéissance civile est apparue aux prévenus comme une nécessité.
Il importe donc d’établir une claire distinction entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Cette distinction permet d’affirmer qu’une action illégale peut être légitime. Je pense que c’est précisément le cas pour le délit que vous devez apprécier aujourd’hui.
Ici, je voudrais attirer l’attention de votre tribunal sur le caractère éminemment raisonnable de la revendication des prévenus. L’objectif qu’ils poursuivent est clair, précis, limite et possible : ils demandent un moratoire sur les cultures de maïs génétiquement modifié avant les semis du printemps 2007.
L’idée que je me fais de votre haute fonction, c’est qu’elle n’est pas tant de faire respecter la loi que de faire respecter le droit. Vous le savez bien, le respect de la loi n’est pas un absolu – cela, l’histoire nous l’a montré à maintes reprises, seul le respect du droit est un absolu. C’est pourquoi votre décision de relaxer les prévenus serait de votre part un geste fort à l’intention du législateur afin qu’il modifie la loi dans le sens requis par le principe de précaution qui, en la matière, est un impératif catégorique.
Votre tribunal est libre de sa jurisprudence. C’est pourquoi le citoyen que je suis attend votre jugement avec la plus grande confiance.
Permettez-moi, Monsieur le Président, Mesdames, de conclure par cette citation du grand écrivain Georges Bernanos : « Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre. » En effet, ce qui fait un peuple libre, ce n’est pas des citoyens disciplinés, mais des citoyens responsables. Je pense précisément que la responsabilité et l’indiscipline des prévenus renforcent la liberté de notre peuple et, par voie de conséquence, la liberté de chacun d’entre nous.
Je vous remercie de votre attention.