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catégorie : création littéraire
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Une fois les huit chiffres du code secret de l’alarme entrés, Brenda fit descendre la lourde grille de sécurité grinçante et enclencha le loquet. Cela faisait maintenant six mois qu’elle faisait la fermeture du « pimpant caniche » en tant qu’esthéticienne spécialisée dans la manucure canichienne. Un don inné pour les études allié à une passion effrénée pour les ongles de chiens l’avaient amené à un brillant cursus scolaire qui fut couronné d’une maitrise en manucure animalière option caniche mention « pas mal du tout » dans la prestigieuse université de Pringston. Une fois son diplôme en poche, elle n’eut pas à chercher bien longtemps un emploi et les salons de soins canins redoublèrent d’adresse pour bénéficier de ses services. Son choix se porta sur le « pimpant caniche » car ce centre avait le professionnalisme d’avoir une section manucure séparée de la section pédicure canine.
-Les soins des caniches sont une science, rappelait souvent le professeur Archi-Wahoua, ne prenez jamais cela à la légère ! Certains bouibouis iront jusqu’à vous proposer de faire parfois le maillot à vos clients canins pour gonfler vos salaires ! Refusez toujours ! Vous faites le plus beau métier qui soit ! La manucure canine est le fleuron des soins esthétiques canins, ne l’oubliez jamais. Réalisez toujours votre travail avec une déontologie irréprochable !
Quand Brenda sorti de ses pensées, elle se retrouva à marcher sur le trottoir d’une rue éclairée par des lampadaires dont la lumière tirait sur tes tons d’orange sales. Au sol, l’automne avait fait son œuvre et des feuilles commençaient à sertir le trottoir de façon conquérante tandis que les ombres croisées des arbres dessinaient des formes étranges sous ses pas.
Soudain, un frisson la parcouru des pieds à la tête et son cœur sembla suspendre ses battements un court instant. Quelque chose avait changé autour d’elle. Comme si la trame même de l’espace s’était resserrée et que l’air autour d’elle s’était épaissi. Les ombres au sol la guettaient comme des pièges à l’affût, noires, impalpables glissant sur les taches plus claires des feuilles mortes. Et soudain elle les sentit. Les autres.
Durant son cursus, ses professeurs lui en avaient toujours parlé qu’à demi-mot, craignant qu’en les évoquant, elles se sentent comme attirées. Elles étaient la face cachée de tout établissement canin comme l’ombre naît de la lumière.
Son mouvement resta un instant suspendu alors qu’elle percevait leur présence autour d’elle puis son pied se posa comme au ralenti. La tache grisâtre de la feuille sur laquelle elle marcha sembla s’enfoncer mollement dans le sol. Son pied commença à glisser vers l’avant sans qu’elle ne soit capable de réagir, impuissante comme un bichon Maltais excité devant une jambe de pantalon. De chaque côté, l’humeur obscure s’étalait sur son soulier verni, en imprégnant les moindres recoins. Puis son pied fut comme tiré vers l’avant, la déséquilibrant d’un coup. Elle tomba. Elle voulu amortir sa chute de ses mains mais celles-ci furent aussitôt happée et glissèrent sur les bords du trottoir. Son crâne vint s’abattre violemment sur l’une d’elles dans un bruit de craquement mou. Les lueurs orangées s’évanouirent lentement dans les ténèbres. Son corps se retrouva étendu au pied d’un poteau. « Toutounet » était écrit dessus.
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Voici les 8 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 10/11/08 à 23h30
 10/11/08 à 21h06
triskele
Un texte émouvant et nuancé sur ce sujet délicat de la dangerosité de certains métiers d'utilité public.
 06/11/08 à 21h26

J'aime bien cet humour....et j'aime bien les histoires...
 06/11/08 à 10h08
 06/11/08 à 00h17
plancton
Et il est bien, en plus