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Y en a marre du mou (5)
 Y en a marre du mou (5)
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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C’est ce que nous déclare un lecteur de Belfort, dans le Territoire de Belfort, régulièrement critiqué d’être le contraire d’un mou. C’est un bien ferme, lui, malgré ses soixante-douze révolutions autour du Soleil.

Voici un petit malin qui a tout compris aux institutions de la République actuelle : l’élection présidentielle étant l’alibi, le strapontin idéal, une candidature permet d’avoir un peu d’audience. Ne pas être candidat est un désastre médiatique pour la baudruche politique.

Entre les deux, donc, il faut savoir se frayer un petit passage pour se faire entendre. Les sondages l’ont projeté comme un lilliputien mais ce qui lui importait, c’était de délivrer son message : souverainiste et républicain, citoyen à la fois national et de gauche. Il y a dix ans, il a même failli rassembler une grande coalition entre proches de Pasqua et tenant de la gauche dure. Il a été le fondateur d’un mouvement à la gauche du PS et en même temps, il est vice-président du groupe le plus centriste au Sénat, cette ancienne Gauche démocratique qui fait cohabiter en son sein des sénateurs de droite et des sénateurs de gauche. Enfin, des radicaux, quoi.

Lui, c’est un radical, mais à prendre en adjectif. Un gauche radicale.

Revenant d’une expérience de mort proche, il sait bien qu’à son âge, il n’a plus grand chose à attendre de son boulot. Alors, il fait un peu le prêcheur dans le désert, quitte à ce qu’on se méprenne sur ses intentions. Il préside par exemple une fondation qui réfléchit sur la France. Une sorte de réservoir à idées (think tank) déclaré d’utilité publique car elle organise plein de colloques.

Mais son retrait n'est pas dû au hasard. Il assure qu'il n'a plus les moyens de poursuivre. Mais quels moyens faut-il pour papoter dans les médias ? Pas grand chose. Dans la réalité, selon Le Point, la veille, il avait négocié avec le PS pour avoir entre cinq et huit circonscriptions pour ses copains. Conclusion, il va très bientôt soutenir ...Hollande.

Sa courte campagne aura été surtout marquée par un début "en fanfare" chez twitter, un truc que j’ai du mal à bien appréhender.

Dès le jour de son entrée en campagne, en novembre dernier, un rigolo a proposé à la "toile" de remplacer un mot dans le titre d’un film par le patronyme du candidat. Et ça a tout de suite marché. Succès tellement grand que les personnalités politiques s’y sont mêlées, même le futur ex-candidat qui a lâché : "La ruée vers Chevènement" tandis que d’autres avaient trouvé en particulier : "La vérité si Chevènement", "Un Chevènement, ça trompe énormément", "Le Chevènement sifflera trois fois" ou encore "Le bon, la brute et le Chevènement".

Mais peut-être que sa prestation sur France Inter le 13 novembre 2011 était encore plus humoristique puisqu’il a expliqué, à propos du mariage pour les couples de même sexe : « Je ne vois plus que les curés et les homosexuels pour demander à se marier » et d’ajouter qu’une telle mesure ferait « oublier les préoccupations des couches populaires, les problèmes de chômage, d’emploi etc. » pour finir ainsi : « Je pense que c’est une conversion qui correspond à un changement d’électorat, je ne pense pas qu’il faille aller trop loin dans ce sens ».

Ce n’était pas la première fois, car tout au long de sa carrière, il en a lâché quelques unes, de belles formules. Hommage…

« Un enfant de mai disait : "Je ne suis pas contre les vieux mais contre ce qui les fait vieillir" » (1975).

« Dans le plan de rigueur, il y a trop de mou dans ce qui est dur et trop de dur dans ce qui es mou » (1983).

« Le corps enseignant est la plus grande armée, après l’Armée rouge » (1985).

« Dans un orchestre, il peut y avoir, dissimulés, un certain nombre de gens qui ne connaissent pas la musique. Ce n’est pas très gênant si les autres font beaucoup de bruit » (décembre 1985).

« Le mur de Berlin s’écroule. Un mort : Jacques Delors » (prix de l’humour politique 1990).

« Les assises [de la transformation sociale], c’est un peu dur pour le PS, la correctionnelle aurait suffi » (prix de l’humour politique 1994).

« J’aimerais bien faire le tour dans l’espace pourvu que cela ne dure pas longtemps, cela ferait trop plaisir à mes adversaires ».

« Le ministre de l’Intérieur, c’est la femme de ménage du gouvernement » (5 juillet 1998).

« Les marchés financiers sont des concours de beauté qui ne donnent pas la vraie valeur des entreprises » (31 août 2001).

(J’ai fait exprès d’oublier sa petite phrase la plus connue prononcée le 2 février 1983).








Autres mares de mou :
http://www.pointscommuns.com/francois-bayrou-commentaire-lecture-100099.html
http://www.pointscommuns.com/herve-morin-commentaire-lecture-100575.html
http://www.pointscommuns.com/eric-cantona-commentaire-cinema-100695.html
http://www.pointscommuns.com/eva-joly-commentaire-lecture-100874.html


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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
pas mal le coup des 8 circonscriptions ! il fallait oser le faire !
Votre répertoire de bons mots excellent.
Il a eu la dent dure!
 03/02/12 à 18h40
 03/02/12 à 16h05
Et quand on est prêt de l'oreiller, on dit toujours la vérité : chevet ne ment.
 03/02/12 à 16h03
oui.

(il se l'est appliqué)
 03/02/12 à 16h02
j'aime bien celle de l'orchestre :

« Dans un orchestre, il peut y avoir, dissimulés, un certain nombre de gens qui ne connaissent pas la musique. Ce n’est pas très gênant si les autres font beaucoup de bruit »
 03/02/12 à 16h02
pas forcément...
 03/02/12 à 14h43
"Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne " ?
 03/02/12 à 14h02
pour un achève(ne)ment
 03/02/12 à 13h14
ni plus ,ni moins ...
Et bravo pour les formules répertorièes .

 03/02/12 à 13h04
pour moi !