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Comment filmer l'insupportable ? l'indicible ? Comment le montrer sans tomber dans l'obscène, le voyeurisme, le tire-larmes trop facile?
Alain Cavalier se-nous pose la question avec son dernier documentaire, Irène, consacrée à sa chère-aimée disparue brutalement en 1971.
A travers de longs plans posés sur ses carnets de l'époque, sur quelques photos ou objets plus ou moins incongrus comme cette couette filmée dans un hôtel, en se promenant en différents lieux,le réalisateur nous parle d'elle durant 1H 30, elle l'absente et pourtant sujet principal du film.
Dans ce bric-à- brac de la mémoire, se dessine lentement, en fragments, cette Irène, fille de prolos lyonnais, puis Miss Côte d'Azur et Miss France, leur rencontre, leur vie d'amoureux pas sans orages et sur laquelle Alain Cavalier ne porte jamais aucune complaisance.
Et enfin, sa mort absurde en accident de voiture. Un trajet qu'Alain Cavalier aurait dû partager avec Irène, une balade en forêt qu'elle aura préféré, lasse d'attendre ce non-pressé, faire seule. Sans jamais atteindre ce bois.
A diverses reprises, Cavalier nous raconte ces dernières minutes insupportables, filmant la fenêtre où il se trouvait quand il la regarda partir cet après-midi là, le petit portail devant la maison, le canapé où il l'attendit toute la soirée en vain, en commentant les plans de sa voix presque éteinte, étranglée peut-être par une culpabilité que l'on devine.
Puis d'autres moments nous montrent comment cet homme tente de vainement se reconstruire après cela. Une chute d'un escalator, un eczéma purulent qui envahit son corps sont comme des signes qu'Irène lui enverrait pour lui dire : pas touche à ces carnets et à nos souvenirs, ce film est un casse-gueule programmé.
N'empêche, par ce film, Alain Cavalier traque son Irène, et à travers elle ses souvenirs, sa mémoire, comme s'il cherchait à reconstituer des éclats de miroir brisé dans lesquels le reflet d'Irène serait encore visible.
Entreprise belle, même si ou parce que vaine et rappelant ces quelques vers d' Eluard à sa morte Nusch :
[i]Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d’un supplice.[/i]
Alain Cavalier se-nous pose la question avec son dernier documentaire, Irène, consacrée à sa chère-aimée disparue brutalement en 1971.
A travers de longs plans posés sur ses carnets de l'époque, sur quelques photos ou objets plus ou moins incongrus comme cette couette filmée dans un hôtel, en se promenant en différents lieux,le réalisateur nous parle d'elle durant 1H 30, elle l'absente et pourtant sujet principal du film.
Dans ce bric-à- brac de la mémoire, se dessine lentement, en fragments, cette Irène, fille de prolos lyonnais, puis Miss Côte d'Azur et Miss France, leur rencontre, leur vie d'amoureux pas sans orages et sur laquelle Alain Cavalier ne porte jamais aucune complaisance.
Et enfin, sa mort absurde en accident de voiture. Un trajet qu'Alain Cavalier aurait dû partager avec Irène, une balade en forêt qu'elle aura préféré, lasse d'attendre ce non-pressé, faire seule. Sans jamais atteindre ce bois.
A diverses reprises, Cavalier nous raconte ces dernières minutes insupportables, filmant la fenêtre où il se trouvait quand il la regarda partir cet après-midi là, le petit portail devant la maison, le canapé où il l'attendit toute la soirée en vain, en commentant les plans de sa voix presque éteinte, étranglée peut-être par une culpabilité que l'on devine.
Puis d'autres moments nous montrent comment cet homme tente de vainement se reconstruire après cela. Une chute d'un escalator, un eczéma purulent qui envahit son corps sont comme des signes qu'Irène lui enverrait pour lui dire : pas touche à ces carnets et à nos souvenirs, ce film est un casse-gueule programmé.
N'empêche, par ce film, Alain Cavalier traque son Irène, et à travers elle ses souvenirs, sa mémoire, comme s'il cherchait à reconstituer des éclats de miroir brisé dans lesquels le reflet d'Irène serait encore visible.
Entreprise belle, même si ou parce que vaine et rappelant ces quelques vers d' Eluard à sa morte Nusch :
[i]Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d’un supplice.[/i]
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Voici les 45 dernières réactions à ce commentaire
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car je n'ai pas trop envie de tristesse en ce moment mais les questions soulevées par le film, ce com et ses réactions sont intéressantes
je partage beaucoup ce qu'écrit street ci-dessous sur l'utilité de la création dans la digestion de la douleur.. même si heureusement les intérêts de la création ne se limitent pas à cela.
je partage beaucoup ce qu'écrit street ci-dessous sur l'utilité de la création dans la digestion de la douleur.. même si heureusement les intérêts de la création ne se limitent pas à cela.
15/11/09 à 18h35
Alain est toujours dans le même registre. Il raconte le RIEN ou plutôt le TOUT et cela me rassure à chaque fois. C'est un historien de l'intime!
15/11/09 à 15h15
la création ça sert à ça (ou ça permet ça) entre autres, il me semble
En lisant vos derniers commentaires un sentiment montait. Incapable de mettre un mot dessus. Napoléon y est parvenu, à nommer ce que j'ai ressenti au cinéma : de l'humilité. Cavalier n'y va pas au son du clairon en disant : "regardez je souffre, c'est horrible, et MA mort (celle de mon proche a moi que j'avais et qui n'est plus et que je suis triste, mais regardez enfin ! Vous voyez pas comme je suis triste?) est plus triste que la votre et moi j'en fais un nobjet tartistique". Non. Nous sommes dans le partage, dans l'empathie. Et pas de la concours doloristo-voyeuriste.
De la retenue, de l'elegance. Et oui, du partage. Partage d'une douleur que je n'ai, par chance, jamais connue. Et de part le chemin que Cavlier emprunte pour nous évoquer cette douleur (mais le film n'est pas que cela, loin de là) il aborde d'autres themes. Je retiendrai ceux du souvenir, de l'amour passé. De finalement ce qui reste dans nos petites caboches d'etres humains. Ce qui reste de l'autre. Qui est parti....
Quelle que soit sa destination...
De la retenue, de l'elegance. Et oui, du partage. Partage d'une douleur que je n'ai, par chance, jamais connue. Et de part le chemin que Cavlier emprunte pour nous évoquer cette douleur (mais le film n'est pas que cela, loin de là) il aborde d'autres themes. Je retiendrai ceux du souvenir, de l'amour passé. De finalement ce qui reste dans nos petites caboches d'etres humains. Ce qui reste de l'autre. Qui est parti....
Quelle que soit sa destination...
désolée d'être une grosse teubé mais j'ai rien compris.
Le film n'a avant tout de sens que pour celui qui le fait, non ? Je vais pas gloser, palabrer sur sa démarche, ce serait bien prétentieux et bavard de ma part.
N'empêche si un mec a besoin de transcender une part de son vécu par un film, en se replongeant dans une période de sa vie, de se poser des questions dessus... histoire d'essayer d'avancer, j'irai pas lui jeter la pierre.
Son deuil n'est pas plus glorifié que celui d'un autre... son deuil filmé met en avant des questions, des doutes, des angoisses, que moi, d'autres, je n'oserais dire tout le monde peut rencontrer. C'est tout.
Ce film est d'une humilité....
Le film n'a avant tout de sens que pour celui qui le fait, non ? Je vais pas gloser, palabrer sur sa démarche, ce serait bien prétentieux et bavard de ma part.
N'empêche si un mec a besoin de transcender une part de son vécu par un film, en se replongeant dans une période de sa vie, de se poser des questions dessus... histoire d'essayer d'avancer, j'irai pas lui jeter la pierre.
Son deuil n'est pas plus glorifié que celui d'un autre... son deuil filmé met en avant des questions, des doutes, des angoisses, que moi, d'autres, je n'oserais dire tout le monde peut rencontrer. C'est tout.
Ce film est d'une humilité....
"juste" 

ce n'est justement pas là dedans ... jamais il ne parle de sa souffrance. C'est d'avantage un questionnement sur la mémoire, le souvenir, la question de l'absurdité de la mort, et comment l'on tente vainement de se reconstruire après cela. Des questions jute profondément humaines à mes yeux.
Je ne vais pas te dire : va le voir car je n'aime pas les gens qui me disent d'aller voir un film, en général j'y vais pas.
Mais le voir modifierait ton jugement quelque peu hâtif.
Je ne vais pas te dire : va le voir car je n'aime pas les gens qui me disent d'aller voir un film, en général j'y vais pas.
Mais le voir modifierait ton jugement quelque peu hâtif.
Peu y parviennent, à en faire quelque chose d'artistique, mais ça arrive tout de même et il y a de la sincérité, de la pudeur Pour ce film, je ne sais pas, pas encore vu, mais je crois Cavalier capable d'exprimer une grande douleur sans exhibitionnisme...
On verra bien.
On verra bien.
c'est qu'on fasse de l'art avec sa peine. J'y vois toujours un manque de crédibilité, de sincérité, une exploitation toujours un peu cynique, du recul calculateur, de l'imposture pour tout dire. Et de l'exhib dans le "ah regardez comme je souffre !"; ça fait très romantique, ça. Moi on m' a toujours dit que les grandes douleurs étaient muettes. Qu'on le veuille ou non, on a là qqun qui se met en scène et fait du spectacle avec ses sentiments.
mais le film n'aurait de sens réellement que dans une démarche d'identification ou alors dans une démarche de critique cinématographique.
Quelque part, ça m'ennuie que le deuil (puisqu'il s'agit de ça, et le deuil est une peine très particulière et inégalable, inéchangeable) de l'un soit "glorifié" ou du moins juste "exprimé" comme si le mien, les miens, ceux des autres le méritaient moins.
Ce n'est pas une question de jalousie et c'est même la règle de n'importe quel thème au cinéma ou même dans le roman : amour où l'on s'identifie, ou pas, etc. etc. mais concernant le deuil, ça me gène personnellement, mais ça m'intéresse aussi, surtout de sentiment d'attraction/répulsion qui n'a rien à voir avec du voyeurisme mais qui a à voir avec le ballottage des sentiments excacerbés qu'il faut juste parfois ménager en ce qui me concerne...
(j'me suis pas relu, désolé si coquilles, pas pratique cette fenêtre)
Quelque part, ça m'ennuie que le deuil (puisqu'il s'agit de ça, et le deuil est une peine très particulière et inégalable, inéchangeable) de l'un soit "glorifié" ou du moins juste "exprimé" comme si le mien, les miens, ceux des autres le méritaient moins.
Ce n'est pas une question de jalousie et c'est même la règle de n'importe quel thème au cinéma ou même dans le roman : amour où l'on s'identifie, ou pas, etc. etc. mais concernant le deuil, ça me gène personnellement, mais ça m'intéresse aussi, surtout de sentiment d'attraction/répulsion qui n'a rien à voir avec du voyeurisme mais qui a à voir avec le ballottage des sentiments excacerbés qu'il faut juste parfois ménager en ce qui me concerne...
(j'me suis pas relu, désolé si coquilles, pas pratique cette fenêtre)
suivre quelqu'un dans sa démarche de deuil et son rapport aux souvenirs et surtout la manière dont les choses sont ainsi présentées m'intéresse.
Même si son vécu est très proche du mien, je ne suis pas allé voir ce film pour cela, on m'y a emmenée et je savais juste que ça causait de journal intime.
Mes peines, je les mets de côté quand je pousse la porte d'un ciné.
Même si son vécu est très proche du mien, je ne suis pas allé voir ce film pour cela, on m'y a emmenée et je savais juste que ça causait de journal intime.
Mes peines, je les mets de côté quand je pousse la porte d'un ciné.
le film semble l'être aussi mais chacun n'a-t-il pas déjà ses énormes peines pour supporter celle du réalisateur ? ou identification ? faudrait que j'aille éventuellement le voir tantôt (mais pas tout de suite).
sacré contre-publicité pour Camping-Gaz ! 

*****
je remercie Cavalier car ce sont toujours le quotidien
et son florilège de détails insignifiants ( je sais florilège -insignifiant
mais j' en aime le contre sens) qui nous sortent de la torpeur
vers les douleurs sourdes, les réminiscences cruelles et sans issue...
Que surviennent la renonciation et l'acceptation d'un Ailleurs.
je remercie Cavalier car ce sont toujours le quotidien
et son florilège de détails insignifiants ( je sais florilège -insignifiant
mais j' en aime le contre sens) qui nous sortent de la torpeur
vers les douleurs sourdes, les réminiscences cruelles et sans issue...
Que surviennent la renonciation et l'acceptation d'un Ailleurs.
09/11/09 à 14h05
chapeau ! 
en attendant le com de napo est foutument bon 

et mes copines vont bien, évidemment je n'en ai pas tout le tour du ventre car je les choisis.
C'est juste que j'aime bien pointer des petits trucs sur cette grande scène de théâtre qu'est PCC, je lance un appât et à tous les coups ça mord... trop drôle !
Tigerlili, très bon votre papier sur Le ruban blanc. Vous l'avais je dit ? Non, alors c'est fait
C'est juste que j'aime bien pointer des petits trucs sur cette grande scène de théâtre qu'est PCC, je lance un appât et à tous les coups ça mord... trop drôle !
Tigerlili, très bon votre papier sur Le ruban blanc. Vous l'avais je dit ? Non, alors c'est fait
dans les coms insignifiants de ses copines ! !
Elle s'abstient aussi d'intervenir dans les coms qui s'efforcent d'être significatifs... de ses copines !
Cela prouve qu'elle conserve son libre arbitre non ?
http://www.pointscommuns.com/le-ruban-blanc--commentaire-cinema-83122.html
Elle s'abstient aussi d'intervenir dans les coms qui s'efforcent d'être significatifs... de ses copines !
Cela prouve qu'elle conserve son libre arbitre non ?
http://www.pointscommuns.com/le-ruban-blanc--commentaire-cinema-83122.html
La bave de la blanche colombe n'atteint jamais le pustuleux crapaud....
qui a toute ma sympathie, bien plus que la reine des pimbêches des oiseaux javellisés !

qui a toute ma sympathie, bien plus que la reine des pimbêches des oiseaux javellisés !

elle a pas de copines ?
09/11/09 à 12h56
aller voir un film de ce type...On verra...
Bon com' argumenté, sensible et sans effet de manche
en opposition à ces com' insignifiants qui fleurissent ici, complaisamment salués ou défendus par copinage, n'est ce pas Mme Ela ?
, et ne ratez pas Le ruban blanc, c'est un film auquel on pense longtemps après l'avoir vu. Au-delà de qualités esthétiques incontestables, c'est un film qui questionne en profondeur.
en opposition à ces com' insignifiants qui fleurissent ici, complaisamment salués ou défendus par copinage, n'est ce pas Mme Ela ?
, et ne ratez pas Le ruban blanc, c'est un film auquel on pense longtemps après l'avoir vu. Au-delà de qualités esthétiques incontestables, c'est un film qui questionne en profondeur. merci.
Un autre lien où Cavalier présente son film...
http://www.youtube.com/watch?v=dSKnNgFSqec
Le cinéma n'est pas que belles images, et gros matos en effet.
Un autre lien où Cavalier présente son film...
http://www.youtube.com/watch?v=dSKnNgFSqec
Le cinéma n'est pas que belles images, et gros matos en effet.
Qu'ajouter ? Tout est - tres bien - dit.
Peut-etre que ce film dérange, intrigue, poursuit. Dans le bon sens de ces termes. En dévoilant parcimonieusement une intimité, c'est la notre qui est mise a nu.
Moments en suspension, aériens, donc, prolongés, élevés par ces vers d'Eluard.
Un grand merci a vous, Alain, Napoléon...
Peut-etre que ce film dérange, intrigue, poursuit. Dans le bon sens de ces termes. En dévoilant parcimonieusement une intimité, c'est la notre qui est mise a nu.
Moments en suspension, aériens, donc, prolongés, élevés par ces vers d'Eluard.
Un grand merci a vous, Alain, Napoléon...
Beau texte pour décrire la peine qu'un homme souhaite faire partager à travers le prisme d'un écran.
c'est terrible j'ai pas envie de voir le film parce que tes mots me suffisent
amplement
amplement
j'ai entendu cavalier en parler sur france inter, on a l'impression que toute son œuvre l'amène à ce film, toute sa façon de filmer, appareillage allégé au maximum, parole personnelle, regard intime, proche...
✤✤✤✤✤
si je dois ne voir qu'un seul film cet hiver, ce sera donc celui-là .
Parce que mon amour si léger a pris le poids d'un supplice .
Merci Napo, tu as fait là un des plus commentaires de film que j'ai lu ici .
http://www.lcvr.org/
Parce que mon amour si léger a pris le poids d'un supplice .
Merci Napo, tu as fait là un des plus commentaires de film que j'ai lu ici .
http://www.lcvr.org/
J'irai !
09/11/09 à 06h23
Sainte Descendue
mais ça doit être un très beau film
Pi j'ai oublié... Merci de me le rappeler parce qu'il est sorti dans très peu de salles donc ça ne va pas traîner la déprogrammation, surtout sur un sujet pas franchement porteur... C'est pas vraiment le créneau "bienvenue chez les ch'tis".
Mais bon, c'est Cavalier quand même, et c'est évidemment un beau film. Et puis le dernier en date c'était "le ruban blanc" - à voir absolument d'ailleurs - donc je suis blindée
Mais bon, c'est Cavalier quand même, et c'est évidemment un beau film. Et puis le dernier en date c'était "le ruban blanc" - à voir absolument d'ailleurs - donc je suis blindée
J'hésite encore, mais je garde tes mots en mémoire...



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NapoleonIV
publié le 8 nov. 09