Déjà inscrit(e) ?
-Monsieur le directeur vous attend monsieur Touffington, annonça la secrétaire.
Buck se leva et se dirigea vers la porte redoutée. Il saisit la poignée qui tourna sans un grincement. La porte s’ouvrit lentement pour dévoiler une pièce vaste et éclairée par de grandes baies vitrées devant laquelle trônaient un bureau avec des dossiers ouverts et un fauteuil. Sur la droite, une vaste étagère remplie de livres pédants couverts de poussières siégeait. En face, on avait placardé de nombreuses photos d’une petit homme brun dégarni à lunettes à côté de nombreuses personnalités : Mireille Mathieu, Michel Sardou, François Valérie, Annie Pujol et bien d’autres encore.
-Approchez-vous, dit une voix de derrière le fauteuil.
Buck s’avança et comme il arrivait devant le bureau, le fauteuil pivota et le petit homme des photos lui fit face ou plutôt commença à fermer frénétiquement de nombreux dossiers.
Il avait voulu tenter le grand jeu et maintenant il se demandait s’il n’avait pas un peu exagéré. Ruppert, c’était son nom, avait voulu tenter le coup du fauteuil qui se retourne au dernier moment en oubliant la règle élémentaire : ne jamais cumuler le coup du fauteuil et le coup des dossiers ou alors exceptionnellement avec un seul dossier qui se referme facilement. Là, il se sentait un peu embêté. Dix huit dossiers se refermant avec une petite ficelle à nouer à chaque fois, lui qui avait tant de mal avec ses lacets. L’employé attendant, nerveux. Au moins cela réconfortait Ruppert.
Au quinzième dossier, une goutte de transpiration commença à perler à son front d’autant plus qu’il savait que l’épreuve n’était pas finie. La fin de l’étape « fermeture des dossiers » annonçait aussi le début de l’étape « j’éteint avec aisance mon computer ». Et il devait avouer avec honnêteté qu’à une époque, par rapport à l’étape deux, l’étape une avait été de la rigolade. Une fois, en voulant impressionner une femme de ménage qui lavait les fenêtres, il avait failli effacer toute la comptabilité de l’année en cours. D’un autre côté, elle avait été impressionnée en voyant trois ingénieurs en informatiques surdiplomés s’escrimer pendant des heures à essayer de retrouver des fichiers qu’il avait effacés en quelques secondes.
-Alors, c’est qui le patron ? Avait-il dit d’un air faussement dégagé.
Depuis, il avait adopté une nouvelle stratégie moins risquée : il faisait bouger la souris en prenant soin de cliquer là où il n’y avait rien puis avec un sourire satisfait, il éteignait l’écran.
-Bien bien bien, monsieur Touffington c’est bien cela ?
-Oui monsieur le directeur.
-Et bien asseyez vous, je vous en prie, politesse et modestie ne sont que sœurs d’aisance et naturel, vous ne pensez pas ?
-Euh…oui bien sur monsieur le directeur.
-Vous demandez peut-être pourquoi j’ai tenu à vous voir.
-En effet monsieur le directeur.
Jusqu’ici, Buck s’en tirait bien. Il avait douté un instant lorsque, voulant attirer l’attention du directeur sur une liste de commission qui s’était échappé d’un dossier, il n’avait pu s’empêcher d’éructer bruyamment. Mais l’homme semblait tellement afféré à sa tâche qui n’avait pas paru le remarquer.
-Aaaahhh, curiosité ! Tu resplendis dans mon âme comme un soleil à son levé !
-Euh…oui monsieur ?
-Vous vous doutez bien que si j’ai tenu à vous voir en personne, c’est pour une affaire de la plus haute importance. Gravité, toujours tu surplombes les hommes !
-Vous n’êtes pas sans savoir les problèmes que nous rencontrons actuellement chez M.P.M. .Avec deux de vos collègues à l’hôpital dans un coma diabétique et trois autres arrêtés pour une hypertension qui a failli leur coûter la vie, nos effectifs sont réduits. Sans compter notre personnel de gestion poursuivi par « Lyochoco » pour soit disant avoir trafiquer une de leur machine…Aaahh, destin, tu t’abas lourd sur mes épaules courbées mais jusqu’au bout du jour, sache-le, je clamerai destinée!
-Certes monsieur…
-Bref, je me vois dans l’obligation de vous confier un reportage qui nécessitera la plus grande discrétion de votre part tant ses répercutions peuvent être lourdes.
-C’est un honneur, je…
-Non non non, l’honneur est mensonge et vanité, oh toi ma douce, cueille la fleur de nos passions…Moi, je vous confie un reportage d’investigation extrêmement périlleux. Approchez vous, les murs ont des oreilles.
Les deux hommes se penchèrent sur le bureau.
-Il s’agit d’un très gros morceau…vous savez…parce qu’ils le valent bien…
-Euh…Qui ça ?
-vous savez…
-Quoi ?
-mon premier coule et mon deuxième est à Madrid !
-Votre premier quoi ?
-Mais enfin, c’est une charade ! La firme dont on ne doit pas prononcer le nom !
-Ah, d’accord, alors ça coule et c’est à Madrid…du sang de taureau… Fabrice Santoro ?
-Mais non, du robinet !
-Je ne connais pas désolé.
-Qu’est ce qui coule du robinet je veux dire !
-De l’eau ?
-Moins fort malheureux !
-C’est un secret ?
-Non, mais on pourrait quand même nous entendre. Bon cherchez la suite, pensez au foot et à Madrid.
-Le Real ?
-Mais non vous…ah si bien joué. Bon alors maintenant réfléchissez, mettez les deux mots ensembles.
-De l’eau …Real…ah, j’y suis c’est…
-Chuuuuuut !
-…
-Chuuut !
-Loréal ?
-Mais enfin vous êtes fou ou inconscient ! Oh folie, toujours tu rongeras le cœur des hommes !
-Mais…
-Taisez maintenant, il nous reste très peu de temps avant qu’ils n’arrivent avec un pot de vin que je ne pourrai refuser. Allez à la firme mère, trouvez la chambre des secrets, c’est là qu’ils cachent un produit révolutionnaire pour les ménagères pré-ménopausées. Partez maintenant vite, ne vous retournez pas ! Je sens qu’ils approchent, que votre ténacité brille comme les étoiles au firmament d’une nuit sans lune ! Fuyeezzzzzz !
Buck se leva précipitamment et sorti du bureau en courant bousculant au passage des hommes en noirs à la coiffure impeccable portant des mallettes dont dépassaient des liasses de billets entassées là avec précipitation.
Du bureau montaient d’affreux bruits de dorlotage et de soudoiement.
Buck parti en courant droit dans la laverie puis dans divers bureaux où on le regarda avec beaucoup de perplexité. Ce n’est qu’à la fermeture des bureaux, en suivant discrètement un collègue, qu’il parvint à sortir.
Buck se leva et se dirigea vers la porte redoutée. Il saisit la poignée qui tourna sans un grincement. La porte s’ouvrit lentement pour dévoiler une pièce vaste et éclairée par de grandes baies vitrées devant laquelle trônaient un bureau avec des dossiers ouverts et un fauteuil. Sur la droite, une vaste étagère remplie de livres pédants couverts de poussières siégeait. En face, on avait placardé de nombreuses photos d’une petit homme brun dégarni à lunettes à côté de nombreuses personnalités : Mireille Mathieu, Michel Sardou, François Valérie, Annie Pujol et bien d’autres encore.
-Approchez-vous, dit une voix de derrière le fauteuil.
Buck s’avança et comme il arrivait devant le bureau, le fauteuil pivota et le petit homme des photos lui fit face ou plutôt commença à fermer frénétiquement de nombreux dossiers.
Il avait voulu tenter le grand jeu et maintenant il se demandait s’il n’avait pas un peu exagéré. Ruppert, c’était son nom, avait voulu tenter le coup du fauteuil qui se retourne au dernier moment en oubliant la règle élémentaire : ne jamais cumuler le coup du fauteuil et le coup des dossiers ou alors exceptionnellement avec un seul dossier qui se referme facilement. Là, il se sentait un peu embêté. Dix huit dossiers se refermant avec une petite ficelle à nouer à chaque fois, lui qui avait tant de mal avec ses lacets. L’employé attendant, nerveux. Au moins cela réconfortait Ruppert.
Au quinzième dossier, une goutte de transpiration commença à perler à son front d’autant plus qu’il savait que l’épreuve n’était pas finie. La fin de l’étape « fermeture des dossiers » annonçait aussi le début de l’étape « j’éteint avec aisance mon computer ». Et il devait avouer avec honnêteté qu’à une époque, par rapport à l’étape deux, l’étape une avait été de la rigolade. Une fois, en voulant impressionner une femme de ménage qui lavait les fenêtres, il avait failli effacer toute la comptabilité de l’année en cours. D’un autre côté, elle avait été impressionnée en voyant trois ingénieurs en informatiques surdiplomés s’escrimer pendant des heures à essayer de retrouver des fichiers qu’il avait effacés en quelques secondes.
-Alors, c’est qui le patron ? Avait-il dit d’un air faussement dégagé.
Depuis, il avait adopté une nouvelle stratégie moins risquée : il faisait bouger la souris en prenant soin de cliquer là où il n’y avait rien puis avec un sourire satisfait, il éteignait l’écran.
-Bien bien bien, monsieur Touffington c’est bien cela ?
-Oui monsieur le directeur.
-Et bien asseyez vous, je vous en prie, politesse et modestie ne sont que sœurs d’aisance et naturel, vous ne pensez pas ?
-Euh…oui bien sur monsieur le directeur.
-Vous demandez peut-être pourquoi j’ai tenu à vous voir.
-En effet monsieur le directeur.
Jusqu’ici, Buck s’en tirait bien. Il avait douté un instant lorsque, voulant attirer l’attention du directeur sur une liste de commission qui s’était échappé d’un dossier, il n’avait pu s’empêcher d’éructer bruyamment. Mais l’homme semblait tellement afféré à sa tâche qui n’avait pas paru le remarquer.
-Aaaahhh, curiosité ! Tu resplendis dans mon âme comme un soleil à son levé !
-Euh…oui monsieur ?
-Vous vous doutez bien que si j’ai tenu à vous voir en personne, c’est pour une affaire de la plus haute importance. Gravité, toujours tu surplombes les hommes !
-Vous n’êtes pas sans savoir les problèmes que nous rencontrons actuellement chez M.P.M. .Avec deux de vos collègues à l’hôpital dans un coma diabétique et trois autres arrêtés pour une hypertension qui a failli leur coûter la vie, nos effectifs sont réduits. Sans compter notre personnel de gestion poursuivi par « Lyochoco » pour soit disant avoir trafiquer une de leur machine…Aaahh, destin, tu t’abas lourd sur mes épaules courbées mais jusqu’au bout du jour, sache-le, je clamerai destinée!
-Certes monsieur…
-Bref, je me vois dans l’obligation de vous confier un reportage qui nécessitera la plus grande discrétion de votre part tant ses répercutions peuvent être lourdes.
-C’est un honneur, je…
-Non non non, l’honneur est mensonge et vanité, oh toi ma douce, cueille la fleur de nos passions…Moi, je vous confie un reportage d’investigation extrêmement périlleux. Approchez vous, les murs ont des oreilles.
Les deux hommes se penchèrent sur le bureau.
-Il s’agit d’un très gros morceau…vous savez…parce qu’ils le valent bien…
-Euh…Qui ça ?
-vous savez…
-Quoi ?
-mon premier coule et mon deuxième est à Madrid !
-Votre premier quoi ?
-Mais enfin, c’est une charade ! La firme dont on ne doit pas prononcer le nom !
-Ah, d’accord, alors ça coule et c’est à Madrid…du sang de taureau… Fabrice Santoro ?
-Mais non, du robinet !
-Je ne connais pas désolé.
-Qu’est ce qui coule du robinet je veux dire !
-De l’eau ?
-Moins fort malheureux !
-C’est un secret ?
-Non, mais on pourrait quand même nous entendre. Bon cherchez la suite, pensez au foot et à Madrid.
-Le Real ?
-Mais non vous…ah si bien joué. Bon alors maintenant réfléchissez, mettez les deux mots ensembles.
-De l’eau …Real…ah, j’y suis c’est…
-Chuuuuuut !
-…
-Chuuut !
-Loréal ?
-Mais enfin vous êtes fou ou inconscient ! Oh folie, toujours tu rongeras le cœur des hommes !
-Mais…
-Taisez maintenant, il nous reste très peu de temps avant qu’ils n’arrivent avec un pot de vin que je ne pourrai refuser. Allez à la firme mère, trouvez la chambre des secrets, c’est là qu’ils cachent un produit révolutionnaire pour les ménagères pré-ménopausées. Partez maintenant vite, ne vous retournez pas ! Je sens qu’ils approchent, que votre ténacité brille comme les étoiles au firmament d’une nuit sans lune ! Fuyeezzzzzz !
Buck se leva précipitamment et sorti du bureau en courant bousculant au passage des hommes en noirs à la coiffure impeccable portant des mallettes dont dépassaient des liasses de billets entassées là avec précipitation.
Du bureau montaient d’affreux bruits de dorlotage et de soudoiement.
Buck parti en courant droit dans la laverie puis dans divers bureaux où on le regarda avec beaucoup de perplexité. Ce n’est qu’à la fermeture des bureaux, en suivant discrètement un collègue, qu’il parvint à sortir.
réactions : 3
lectures : 569
votes : 1



Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 













Simpletavecuno
publié le 12 nov. 08