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Coup de grisou par delà la prison des genres
 Coup de grisou par delà la prison des genres
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Il y a un peu plus de soixante ans, le 15 mars 1954, était publié le premier roman de Françoise Sagan, "Bonjour Tristesse" qui fut immédiatement un succès littéraire et commercial : « La gloire, je l’ai rencontrée à dix-huit ans en cent quatre-vingt-huit pages, c’était comme un coup de grisou ». En tout, l’ensemble de son œuvre fut publié à plus de trente millions d’exemplaires, partout dans le monde (par exemple, elle est très connue en Chine).

Sa mort il y a maintenant dix ans à Honfleur (le 24 septembre 2004) a été l’issue d’un long processus de désengagement d’une vie qui avait mêlé facilité et profondeur, comme son épitaphe le témoigne désormais à Cajarc : « Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même ».

Était-elle féministe ?

« Non, pas du tout, je n’ai jamais eu à l’être parce que, comment dire, j’ai été élevée par mon père qui est un homme charmant, et après, j’ai été libre tout de suite, je n’ai jamais eu à dépendre d’un homme, ce qui change beaucoup d’avis. Et toutes mes relations avec un homme ont fini par l’affection. Je ne me suis pratiquement pas brouillée avec un homme avec qui j’avais vécu » (interrogée par Jean-Marie Cavada il y a vingt-cinq ans).

Une de ses amies, journaliste et romancière, Annick Geille, qui a rédigé un livre sur elle, "Un Amour de Sagan" en 2007, a également tenté de répondre à cette question. Elle l’a connue quand elle était une jeune rédactrice en chef de "Play Boy". Selon elle, Françoise Sagan était en avance sur son temps (de vingt-cinq ans) à propos des femmes, sur la manière de se comporter.

Pas militante, elle n’aimait pas beaucoup les généralisations ni les clivages par le genre : elle « pensait qu’il n’y avait pas "les hommes" et "les femmes", mais des hommes et des femmes. Et que s’il y avait beaucoup de machos, il y avait aussi pas mal de cruches, mais que ce n’était pas politiquement correct que de le penser, a fortiori de l’exprimer ».

Bref, pour elle, ce qui importait, c’était surtout : « l’égalité avec les hommes, le refus de dépendre de quiconque, le droit de vivre tranquillement sa préférence sexuelle, de choisir son destin. Le fait d’être non pas une homme ou un homme, mais d’abord une personne, un être humain, avec des droits et des devoirs identiques, par delà la prison des genres ».

Dans sa même interview du 17 avril 1989 à "La Marche du siècle", Françoise Sagan expliquait par ailleurs qu’il était très difficile d’avoir vingt ans à cette époque et que les jeunes semblaient manquer de folie. Un quart de siècle plus tard, qu’en est-il ?

« Adieu tristesse,
Bonjour tristesse,
Tu es inscrite dans les lignes du plafond,
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime. »

("La Vie immédiate" de Paul Éluard, 1932).


Françoise Sagan à "La Marche du siècle" le 17 avril 1989 :
http://www.ina.fr/video/I00016593




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Voici les 10 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 29/09/14 à 13h00
lilianeandree200
pour toutes ces précisions et ces moments d'émotion qui se dégagent de cette belle interprétation de Kathleen Ferrier. Je reviendrai en soirée sur le 3ème mouvement de la Symphonie N° 3 de Johannes Brahms... Beaucoup à faire cet après-midi... Bises.
de Chabrol cette fois qui fait appel à, Brahms et c'est beau à pleurer

"La musique du film Que la bête ne meure est un extrait du Vier Ernste Gesänge (Quatre Chants sérieux) - op. 121 (1896) de Brahms interprêté par Kathleen Ferrier : "Denn es gehet dem Menschen wie dem Vieh" (De fait, le sort de l'homme et celui de la brute est le même)"

http://youtu.be/bzfJnT84-Yc
"La musique est en fait une adaptation du thème du troisième mouvement de la Symphonie no 3 de Johannes Brahms."

écoute à la 27 ème minute le troisième mouvement Poco Allegretto

http://youtu.be/4L0MqnAoEJM
affranchie de tout clivage qui n'a pas eu besoin d' être "féministe"

" Et que s’il y avait beaucoup de machos, il y avait aussi pas mal de cruches, mais que ce n’était pas politiquement correct que de le penser, a fortiori de l’exprimer ».

un "politiquement correct" qui pour une fois avait de l'allure !
 27/09/14 à 19h58
lilianeandree200
toute sa vie... Aucune notion de l'argent qu'elle dépensait pour ses amis sans compter... Je relis régulièrement "Bonjour Tristesse" mais j'ai également beaucoup apprécié son roman "Aimez-vous Brahms ?" adapté pour le cinéma et interprété par Anthony Perkins et Ingrid Bergman.
J'avais écrit, il y a deux ans, un commentaire sur son dernier roman où elle évoquait sa rencontre avec Sartre alors qu'il était atteint de cécité... un épisode tout à fait attendrissant entre ces deux êtres...
Arte il me semble avec Sylvie Testud et un Jacques Chazot qui semblait revivre sous les traits de Pierre Palmade. J'ai bien aimé...
Et j'aime l'écriture de Sagan
 24/09/14 à 22h17
Merci de rendre un peu de vie à cette femme étonnante, j'avais l'intention de la re visiter cette année !! j'adore son épitaphe !


Françoise Sagan à "La Marche du siècle" le 17 avril 1989 :
http://www.ina.fr/video/I00016593
 24/09/14 à 20h08
juscaq
" et comment ça va la petite santé ,"