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Eloge de la folie
 Eloge de la folie
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La folie est présentée comme une déesse, fille de la Richesse et de la Jeunesse ; parmi ses compagnons fidèles on trouve Philautia (le narcissisme), Kolakia (la flatterie), Léthé (l'oubli), Misoponia (la paresse), Hedone (le plaisir), Anoia (l'étourderie), Tryphe (l'irréflexion), Komos (intempérance) et Eegretos Hypnos (le sommeil profond).

La folie, cette maîtresse des passions si dangereuse pour l'âme, ensorceleuse dénigrée par tant de générations de philosophes et d'esprits religieux, est ici transformée en bienfaitrice de l'humanité. Elle prend très vite la parole et montre combien elle est importante et combien les hommes ont besoin d'elle. Le pari d'Erasme dans ce livre est donc de nous convaincre, malgré une très forte opinion contraire, que la folie est, finalement, indispensable au bonheur de l'homme, et même à sa survie.

Pourtant il ne s'agit pas d'un livre pessimiste, au contraire, etant donné que la Folie s'adresse à nous directement, et finit très rapidement par nous faire rire et nous montrer combien elle est preferable à tout autre chose, qu'elle est un don du ciel et qu'elle est même inconsciemment appreciée. Ce qui nous fait rire ici, ce sont les absurdités de l'homme, dans lesquels nous finissons quelques fois par nous reconnaitre, et qui finalement nous font relativiser sur la Folie des autres.
Que l'on soit, par exemple, croyant, inconscient ou refléchi, nous sommes toujours concerné par elle : "La fortune aime les gens peu sensés ; elle aime les audacieux et ceux qui ne craignent pas de dire : "Le sort en est jeté". La sagesse, au contraire, rend timide.»
En verité, il s'agit d'un incroyable satyre qui s'adresse à tous les hommes de son epoque, denoncant et detaillant toutes les folies particulieres qui les animent . Des "travers" qui reste souvent d'actualité, que l'on soit chefs d'Etats (je ne pense pas qu'il y en ai beaucoup qui passe par ici), nobles ou du peuple, courtisans, moines ou predicateurs.

voici quelques passages parlant de la folie :
"il en est une que les furies dechainent des enfers, toutes les fois qu'elles lancent leurs serpents et jettent au coeur des mortels l'ardeur de la guerre, la soir inextinguible de l'or, l'amour deshonorant et coupable, le parricide, l'inceste, (...). L'autre demence n'a rien de semblable, elle emane de moi et c'est la plus souhaitable chose. Elle nait chaque fois qu'une douce illusion libere l'ame de ses penibles soucis, et la rend aux diverses formes de volupté. Cette illusion, Ciceron ecrit à Atticus qu'il la desire comme un don suprême des Dieux, afin d'y trouver l'oubli de tous ses malheurs. approuvons cet homme d'argos qui fut assez fou pour passer ses journées entieres seul au theatre à rire, applaudir et se gaudir, croyant voir les plus belles pieces, aolrs qu'on e jouait rien du tout. Dans le reste de la vie, il se conduisait à merveille : "ses amis, dit Horace, le trouvait obligeant, sa femme, delicieux, ses serviteurs, indulgent, et il ne se mettait pas en fureur pour une bouteille decachetée."
Les soins de sa famille et les remedes le guerirent; il revient en possession de lui même et se plaignant en cest termes : Par Pollux ! Vous m'avez tué, ô mes amis ! vous ne m'avez nullement sauvé, en m'arrachant ma joie, en me forcant à quitter la charmante illusion de mon esprit.""
Plus tard :
"voila pourquoi Dieu, lorsqu'il crèa le monde , defendit de gouter à l'arbre de la science, comme si la science etait le poison du bonheur"

"Mon avis, à moi, Folie, est que plus on est fous, plus on est heureux, pourvu qu'on s'en tienneau genre de folie qui est mon domaine, domaine bien vaste à la verité, puisqu'il n'y a sans doute pas, dans l'espece humaine, un seul individu sage à toute heure et depourvu de toute espes de foli. Il n'existe ici qu'une difference : l'homme qui prend une citrouille pour une femme est traité de fou, parce qu'une telle erreur est commise par peu de gens; mais celui dont la femme a de nombreux amants et qui, plein d'orgueil, croit et declare qu'elle surpasse la fidelité de penelope, celui là personne ne l'appelera fou, parce que cet esprit est commun a beaucoup de maris."

Le mieux est encore de le lire entierement, l'ecriture est legere et mordante d'humour. Erasme dira de son livre : «Rien n'est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles ; mais rien n'est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses. c'est aux autres de me juger; pourtant, si l'amour propre ne m'egare, je crois avoir loué la Folie d'une maniere qui n'est pas tout à fait folle"

si vous ne l'avez pas encore lu, j'espere vous avoir convaincu de le faire.
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Voici les 15 dernières réactions à ce commentaire
 Date
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Rédacteur
 28/08/08 à 21h43
Merci de nous rappeler la beauté de cette oeuvre Morgane. Erasme y est aussi brillant que drôle. C'est indéniablement pour moi un des plus grands textes de la littérature mondiale toute époque et culture confondue. Il piétine allègrement la conception traditionnelle de la sagesse toute en maitrise, retenue, réflexion, ascétisme. Il y présente une douce folie sans laquelle la vie n'est que souffrance, tristesse ou ennui... Sans cette folie là (tu es très claire dans ton message sur le sens qu'Erasme donne au mot folie...) l'existence serait invivable... A lire et relire. D'ailleurs, cela me donne envie de le relire.
Cette definition est peut etre plus claire, c'est un petit gars de chez moi^^ :
http://www.nimportequi.com/
car pour certains, qui lui sont confrontés directement, elle n'est que douleur, malheur et en aucun cas légère et encore moins romantique ou romanesque.
 23/08/08 à 14h07
j'étais pas bien réveillée moi non plus, j'ai pas écrit mon idée en entier, heureusement, t'étais là
 23/08/08 à 11h40
staredecisis
contre la sagesse aux idées fixes.

Erasme, Thomas More.
 23/08/08 à 11h02
auborddufleuve
aussi, surtout de ceux, celles qui y sont, y furent, confrontés
J'ai été victime du lapsus de minuit^^
Tout depend de quelle folie vous parlez, comme il est montré dans l'extrait que je donne.
mais c'est peut-être déjà être trop sage ?
 23/08/08 à 08h36
J'ai le livre mais ne l'ai pas lu. Je l'ai vu en pièce de théâtre. Qui a pu si bien traduire Erasme qui a, je suppose, écrit en néerlandais? Votre page est magnifique et j'y adhère entièrement. Par extension, les folies étaient aussi des maisons de plaisance aux XVIIème et XVIIIème siècles, folies des intendants et des favorites. (Folie Régnault, Folie Méricourt)
 23/08/08 à 08h20
c'est plutôt "une incroyable satire", que "un incroyable satyre"
non?
Plutôt d'accord avec aubordufleuve, la folie, la vraie, celle où on ne maîtrise plus sa tête, ça doit être effrayant.
Mais je ne suis pas qualifiée pour en parler, c'est l'affaire des pros.
 23/08/08 à 07h22
auborddufleuve
Le mal le plus cruel et douloureux sans l'ombre d'un doute.
 23/08/08 à 00h00
et de lire et d'être !
 22/08/08 à 23h26

je reviendrai vous lire...plus tard.
 22/08/08 à 23h10
 22/08/08 à 23h06