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Edgar morin la méconnaissance de la connaissance
 Edgar morin la méconnaissance de la connaissance
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catégorie : chronique
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Il ne peut pas y avoir de rupture entre le niveau bio et le niveau intellectuel.

La somme des cellules d’un homme fait-elle l’Etre ? On est tenté de dire non, la somme des parties fait en général plus que le tout. Et bien nous allons prendre le contre-pied de cette vérité généralement admise.

Chaque cellule comporte le patrimoine génétique provenant des deux gamètes sexués. Les cellules étrangères ne sont pas tolérées. Forcément il y a un système de communication , comme les astres s’attirent par la gravité, comme les particules s’attirent ou se repoussent par les forces électromagnétiques, comme les composants ultimes de la matières se fédèrent , les cellules échangent et c’est ce qui les maintient en un état cohérent, un tout accédant à des propriétés externes spécifiques d’abord au niveau organique puis les organes entre eux conduisent à créer un comportement général de l’être qui va par son action fournir les composants nécessaires à cette belle mécanique pour survivre dans son biotope.

L’être socialisé échange avec ses alter-ego des règles de vie pour faire fonctionner le corps social humain qui s’inscrit dans la chaîne alimentaire globale.

Mais au fond cette vision n’est que le résultat de notre propre méthode de pensée qui fait émerger l’objet et ses relations. Aussi loin que l’on creuse la matière ou que l’on élargit l’univers, l’objet est présent dans notre esprit.

Notre connaissance produira toujours plus d’objets, plus on décomposera la matière plus le champ s’élargira, plus on observera l’univers plus il s’agrandira.

Pourtant nos enfants sont des êtres autonomes, nous les avons créés par mélange des gènes. Ils sont nous et nous sommes une partie d’eux.
Mais comme nous même sommes les descendant de nos aînés, notre propre conscience de nous n’est qu’un état intermédiaire translaté dans l’espace et le temps. Nous ne sommes donc que l’enveloppe permettant aux gènes de s’exprimer. En ce sens nous sommes moins que les parties élémentaires qui nous composent. L’homme esclave de ses gènes, paradoxe non !

On s’accorde à dire que le patrimoine génétique est le code (le langage) de construction du corps biologique, donc du constituant moteur de nos pensées : le cerveau. Il nous a donc doté de notre outil de construction de notre propre conscience.


En quoi l’outil, dont nous avons vu l’effet limitant dans l’expression de la connaissance du monde, est une conséquence de ce mode de transmission sexué?

Plus fort encore, en quoi notre manière de percevoir le monde, inspiré d’un organe biologiquement conçu par un mécanisme de transmission génétique, lui même perçu par cette manière de percevoir, est-elle digne d’un quelconque intérêt ?

Si la pensée boucle sur elle-même, notre patrimoine génétique s’en fout !
La pensée objet d’elle-même est sans objet or la conscience de la conscience est son propre objet.

L’Homme est dans son impasse biologique, la désespérance de soi sa propre errance, l’Homme est esclave de lui même.

En fait, le petit de l’Homme est là pour redire les pensées de l’Homme en capitalisant différemment la connaissance, pour que à la suite de ce gigantesque loto de la création, l’un d’entre nous arrive à repenser les pensées jusqu’à faire émerger une connaissance nouvelle propice au progrès.

En ce sens, notre cerveau a peut-être conçu la reproduction sexuée pour multiplier les possibilités de repenser le monde. De même pour les différentes langues et grammaires, la pensée repensée dans des grammaires différentes arrivera à faire émerger l’idée nouvelle qui sauvera l’espèce.

Ce méga coup de dé ravale l’Homme au rang de la cueillette et de la chasse, il essaye au hasard des combinaisons de gènes qui produiront peut-être un homme capable de faire évoluer l’humanité. C'est le hasard et la nécessite de Monod.

Finalement ce qui nous pousse à draguer les filles n’est jamais que le désir inconscient de créer de la connaissance et le cerveau habille tout ça d’une série de fumigènes cérébraux (l’amour, le désir, la fascination) pour qu’on ne rende pas compte qu’au total c’est du boulot pour faire évoluer la collectivité et gratos encore.

Ah bas les cadences infernales !
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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 24/05/07 à 23h49
UnderMyThumb
Je ne raconte pas des trucs comme ça pour apprendre aux autres, mais pour emettre des hypothèses en espérant que quelqu'un saura apporter la contradiction. Le sujet intéresse ou pas...Thats life....
Le sujet de la connaissance est un combat permanent de l'homme entre les forces de l'obscurantisme ou du laisser faire, qui a conduit à la création des religions comme moyen de justifier sa propre existence. On justifie aussi l'humanisme par justement la capacité de s'extraire du dogme de la connaissance en refusant de créer un lien entre le système cognitif et le système émotionnel. (n'est ce pas follavoine et oxymores). Je respecte ce point de vue mais il ne permet pas de relier et de comprendre. Mais au fond est-ce important, pas tant que ça en embrassant la belle, mais finalement ça a quand même de l'intérêt quand on relativise les élans du coeur en fonction d'un schéma global qui s'applique à tous. Parce qu'alors on fait la lumière sur soi et sur l'autre et il reste la vérité toute nue qui nous rapproche.
escuses professeur....
dans mes bras under!
Euh folla suis pas sûre que ça fasse pas partie du smilblick.
 23/05/07 à 16h11
UnderMyThumb
La poésie c'est traduire une émotion dans un langage de telle sorte que les émotions ressenties à la lecture s'approchent de celle ressentie au départ, ce qui veut dire qu'il est inutile d'essayer de décrire l'origine de cette émotion mais bel et bien de provoquer la même conséquence. C'est pour cela que le parfum d'une rose est souvent utilisé pour décrire l'émotion du au parfum d'une femme. Mais dans cet exemple, le lien est direct. Par contre un éclair dans le ciel et un roulement de tonnerre avec la pluie qui tombe, est bien signifiant d'une déception amoureuse brutale alors qu'il n'y a pas de lien.
L'émotion , le sentiment, la raison sont les 3 niveaux reconnus par les chercheurs sur le cerveau (sic Damasio).

Mais au total l'humanité est programmée pour être apprenante, c'est codé dans les gènes.
 23/05/07 à 08h06
folleavoine
on ne baise pas que pour "recombiner des gènes", la sexualité humaine n'est pas "finalisée" par la reproduction...
autre iota: stratégie paradoxale de la connaissance, qui vise autant, et avec autant de constance et de force, à empêcher le "nouveau" qu'à le provoquer.
merci pour cette belle synthèse.
je vais penser à l'amour ... parfois un feu follet, parfois un coup de foudre...mais comme un fumigène... sourire
bonne journée
 23/05/07 à 07h32
Quand tu dis "ce qui NOUS pousse à draguer les filles", tu veux dire que NOUS, LES FILLES, on n'est pas concernées par les problèmes de l'ETRE pensant?

Tss tss, c'est pas beau l'androcentrisme...
... placé dans ses perspectives reproductives et créatrices !
J'adore la conclusion provocante pour les errants que nous sommes aux prises avec le relationnel et ses émotions.
Je vote à fond bien sûr !