Cela faisait plusieurs jours que la lumière n’était pas bonne. Alourdie par les nuées de chaleur. La clarté semblait emprisonnée derrière des lambeaux brumeux, par un brouillard pesant. On n’y voyait pas assez.
Elle n’y voyait pas assez pour sa tâche de précision. Et aucune bougie n’aurait pu lui être d’un grand secours : elle avait besoin des rayons du soleil, et d’eux uniquement, sans voile ni artifice.
Aujourd’hui, enfin, l’astre brillait haut dans le ciel, royal.
Elle pouvait reprendre son ouvrage. Assise auprès de la fenêtre ouverte sur ce paysage qu’elle connaissait si bien, au point qu’il en était gravé dans son cœur. Elle aurait pu en dessiner le moindre détail de mémoire sans même jeter un coup d’œil au dehors. Mais en ce jour, peu lui importait la beauté à couper le souffle des collines alentour, fleuries et parfumées, multicolores et resplendissantes : sa toile et ses couleurs à elle l’attendait.
Elle finirait aujourd’hui.
Il le fallait.
Du fond de son esprit, le souvenir de ses premiers essais rejaillit, comme à chaque fois. Avec nostalgie, elle se revit petite fille, assise près de sa mère. Elle regardait les mains de l’adulte qui couraient sur le tissu, l’aiguille qui volait, les fils qui se croisaient, se superposaient, jusqu’à former une lettre, un dessin, un mot, un monde… Longtemps, elle avait cru qu’elle ne serait jamais capable d’une telle dextérité. D’ailleurs, longtemps, sa mère, puis sa tante, ne l’avaient autorisée à toucher une aiguille : elle n’avait que le droit de regarder, d’observer, de s’imprégner de ces gestes qui leur étaient machinaux et qui lui semblaient magiques, à elle, enfant ignorante des secrets des brodeuses.
Un jour, enfin, elle avait pu caresser du bout des doigts la toile de lin, à la fois rêche et fragile. Un frisson l’avait parcourue quand sa mère lui avait tendu les petits ciseaux dorés. Ils ressemblaient à un oiseau prêt à s’envoler, leurs lames coupantes s’ouvrant comme un bec.
Souriante, en songeant à la princesse Aurore des contes de fées, elle avait volontairement appuyé son doigt sur le bout de l’aiguille, jusqu’à faire perler une goutte de sang. Elle avait porté le doigt à sa bouche, il ne fallait surtout pas souiller la toile immaculée !
Les contes de fées…
Le fil d’or d’Ariane…
La Dame à la Licorne…
Les tapisseries étaient rapidement devenues sa passion. Broder lui était aussi indispensable que manger ou dormir, peut-être même plus. Pas un jour ne passait sans l’envie de voir sous ses doigts apparaître des motifs de fils.
Soie, coton, lin, chanvre… Elle apprivoisait les matières, les techniques. Elle apprenait la patience, l’échec également.
Sa mère et sa tante observaient ses progrès, silencieuses. De temps en temps, elles s’éloignaient pour discuter à voix basse.
Le jour de ses premières règles, quelque chose changea. Il lui sembla que ses doigts étaient engourdis. L’aiguille ne lui obéissait plus. Le fil se nouait en d’improbables endroits, la forçant à défaire son travail et à recommencer encore et encore.
Des larmes de frustration tombèrent sous la toile bise.
Sa mère, la voyant si désemparée, s’approcha d’elle et s’assit. D’une main douce, elle lui caressa la joue :
- C’est un jour spécial, pour toi.
- C’est un jour funeste ! Je n’arrive plus à rien.
- Bien au contraire, Calliste. C’est un grand jour. Pour deux raisons.
La jeune fille posa son ouvrage sur ses genoux et leva les yeux vers sa mère. Il y avait dans sa voix une telle promesse qu’elle en oublia sur le champ sa colère et sa maladresse.
- Ah ?
- Oui. Aujourd’hui, tu es devenue une femme. Désormais, tu es mon égale. Bien sûr, tu resteras toujours mon enfant. Mais il est des conversations que nous pourrons avoir sans aucune gêne, parce que tout ce que j’ai vécu jusqu’à ce jour t’appartient. Tu es toujours ma fille, mais aussi ma sœur, ma parente, ma confidente, mon égale, te dis-je.
Calliste ne saisit pas ce que sa mère voulait lui dire. Elle était même légèrement embarrassée, ne souhaitant pas perdre si rapidement son enfance. Elle sentait bien que certains secrets des femmes adultes ne la regardaient pas encore, et elle ne désirait pas laisser de côté l’insouciance de son jeune âge.
Cependant, elle ne dit rien, attendant que sa mère poursuive. Certes, elle était désormais une femme, capable d’enfanter, elle l’avait bien compris… Mais de là à être l’égale de sa mère, cette femme qu’elle admirait et respectait tant ? Que toutes respectaient…
Qu’était donc le second événement de cette journée si particulière ? Quelle était la deuxième raison de la joie sans faille qui se lisait dans les yeux sombres de sa tante, également présente dans la pièce ?
Ce fut d’ailleurs elle qui prit la parole :
- Calliste, comme te l’a dit ma sœur, tu es désormais l’une des nôtres. Mon cœur en frémit d’émotion… Tu portes la vie et l’espoir en toi. Et tu portes le Don.
- Le Don ?
- Écoute attentivement ce que je vais te révéler. Et fais le serment de le garder secret jusqu’à la naissance de ta fille. Même au-delà ! Tu ne seras autorisée à lui parler que le jour où elle sera devenue femme, comme toi aujourd’hui…
Les paroles de sa tante résonnaient encore aux oreilles de Calliste, des années après.
Elle se disait que quand elle aurait une fille, elle emploierait les mêmes mots pour, à son tour, déposer le secret du Don dans le cœur de sa fille, quand le moment serait venu pour elle.
Elles avaient le temps… L’enfant n’était encore qu’un rêve ! Mais les mots étaient déjà là. Et impossible de les oublier à chaque fois qu’elle prenait une aiguille et du fil…
Depuis des générations, depuis sans doute l’aube des temps, les femmes de sa famille possédaient un pouvoir. Le Don.
De leurs mains, elles brodaient la vie.
Dès le jour de leurs premières menstruations, elles pouvaient faire battre le cœur d’un oiseau uniquement fait de fils croisés et de nœuds, elles faisaient jaillir l’eau d’une source brodée sur la toile, des paysages inconnus apparaissaient aux alentours, bien réels.
Elles créaient le monde.
Les aiguillées de fil étaient le sang, la sève, le suc.
Calliste, au début, s’était sentie dépassée par cette étrange faculté. Elle n’avait pas osé toucher son fil, sa toile et son aiguille pendant des semaines, de peur de créer quelque chose de monstrueux sans le vouloir.
Puis elle apprit à maîtriser ses craintes. Elle commença par broder une fleur, puis un bouquet entier. Elle prononça les mots rituels à la fin de son ouvrage, et fut fière d’aller offrir cette première création à sa mère. Les fleurs, bien réelles, finirent par faner après avoir embelli la pièce des jours durant.
Elle comprit alors que, malgré la magie, rien sur cette Terre n’était éternel. Cela la rassura. Et elle retourna sans angoisse à ses ouvrages. Elle n’abusait pas du Don. De temps à autre, l’envie de faire un cadeau faisait courir ses doigts sur la toile, et elle offrait ainsi à une amie un présent qu’elle avait entièrement créé. La joie de donner et la sincérité des remerciements étaient, pour elle, la plus belle des satisfactions.
En brodant des paysages qu’elle n’avait jusqu’alors qu’entraperçus dans ses songes, elle voyageait sans quitter sa chambre… Et ces nouveaux lieux ne venaient jamais en remplacer d’autres. Il semblait que la planète s’agrandissait au fur et à mesure de ses broderies…
Et aujourd’hui, elle allait terminer une de ses créations les plus importantes. Pas forcément la plus compliquée, mais celle qui lui tenait le plus à cœur.
Souriant, elle songea à Pénélope, brodant le jour, défaisant son ouvrage la nuit dans l’attente du retour de son époux. Pour elle, Calliste, l’histoire était bien différente : elle ne brodait pas en patientant que l’homme de sa vie revienne au foyer… Elle brodait l’homme de sa vie.
Quand elle aurait fini le point ultime, il serait là. Vivant. Réel. Imparfait !
Il serait à elle. Elle serait à lui.
Comme sa mère et son père l’avaient été avant eux.
C'était ainsi, depuis la nuit des temps, depuis que le Don avait été offert aux femmes.
Elle n’y voyait pas assez pour sa tâche de précision. Et aucune bougie n’aurait pu lui être d’un grand secours : elle avait besoin des rayons du soleil, et d’eux uniquement, sans voile ni artifice.
Aujourd’hui, enfin, l’astre brillait haut dans le ciel, royal.
Elle pouvait reprendre son ouvrage. Assise auprès de la fenêtre ouverte sur ce paysage qu’elle connaissait si bien, au point qu’il en était gravé dans son cœur. Elle aurait pu en dessiner le moindre détail de mémoire sans même jeter un coup d’œil au dehors. Mais en ce jour, peu lui importait la beauté à couper le souffle des collines alentour, fleuries et parfumées, multicolores et resplendissantes : sa toile et ses couleurs à elle l’attendait.
Elle finirait aujourd’hui.
Il le fallait.
Du fond de son esprit, le souvenir de ses premiers essais rejaillit, comme à chaque fois. Avec nostalgie, elle se revit petite fille, assise près de sa mère. Elle regardait les mains de l’adulte qui couraient sur le tissu, l’aiguille qui volait, les fils qui se croisaient, se superposaient, jusqu’à former une lettre, un dessin, un mot, un monde… Longtemps, elle avait cru qu’elle ne serait jamais capable d’une telle dextérité. D’ailleurs, longtemps, sa mère, puis sa tante, ne l’avaient autorisée à toucher une aiguille : elle n’avait que le droit de regarder, d’observer, de s’imprégner de ces gestes qui leur étaient machinaux et qui lui semblaient magiques, à elle, enfant ignorante des secrets des brodeuses.
Un jour, enfin, elle avait pu caresser du bout des doigts la toile de lin, à la fois rêche et fragile. Un frisson l’avait parcourue quand sa mère lui avait tendu les petits ciseaux dorés. Ils ressemblaient à un oiseau prêt à s’envoler, leurs lames coupantes s’ouvrant comme un bec.
Souriante, en songeant à la princesse Aurore des contes de fées, elle avait volontairement appuyé son doigt sur le bout de l’aiguille, jusqu’à faire perler une goutte de sang. Elle avait porté le doigt à sa bouche, il ne fallait surtout pas souiller la toile immaculée !
Les contes de fées…
Le fil d’or d’Ariane…
La Dame à la Licorne…
Les tapisseries étaient rapidement devenues sa passion. Broder lui était aussi indispensable que manger ou dormir, peut-être même plus. Pas un jour ne passait sans l’envie de voir sous ses doigts apparaître des motifs de fils.
Soie, coton, lin, chanvre… Elle apprivoisait les matières, les techniques. Elle apprenait la patience, l’échec également.
Sa mère et sa tante observaient ses progrès, silencieuses. De temps en temps, elles s’éloignaient pour discuter à voix basse.
Le jour de ses premières règles, quelque chose changea. Il lui sembla que ses doigts étaient engourdis. L’aiguille ne lui obéissait plus. Le fil se nouait en d’improbables endroits, la forçant à défaire son travail et à recommencer encore et encore.
Des larmes de frustration tombèrent sous la toile bise.
Sa mère, la voyant si désemparée, s’approcha d’elle et s’assit. D’une main douce, elle lui caressa la joue :
- C’est un jour spécial, pour toi.
- C’est un jour funeste ! Je n’arrive plus à rien.
- Bien au contraire, Calliste. C’est un grand jour. Pour deux raisons.
La jeune fille posa son ouvrage sur ses genoux et leva les yeux vers sa mère. Il y avait dans sa voix une telle promesse qu’elle en oublia sur le champ sa colère et sa maladresse.
- Ah ?
- Oui. Aujourd’hui, tu es devenue une femme. Désormais, tu es mon égale. Bien sûr, tu resteras toujours mon enfant. Mais il est des conversations que nous pourrons avoir sans aucune gêne, parce que tout ce que j’ai vécu jusqu’à ce jour t’appartient. Tu es toujours ma fille, mais aussi ma sœur, ma parente, ma confidente, mon égale, te dis-je.
Calliste ne saisit pas ce que sa mère voulait lui dire. Elle était même légèrement embarrassée, ne souhaitant pas perdre si rapidement son enfance. Elle sentait bien que certains secrets des femmes adultes ne la regardaient pas encore, et elle ne désirait pas laisser de côté l’insouciance de son jeune âge.
Cependant, elle ne dit rien, attendant que sa mère poursuive. Certes, elle était désormais une femme, capable d’enfanter, elle l’avait bien compris… Mais de là à être l’égale de sa mère, cette femme qu’elle admirait et respectait tant ? Que toutes respectaient…
Qu’était donc le second événement de cette journée si particulière ? Quelle était la deuxième raison de la joie sans faille qui se lisait dans les yeux sombres de sa tante, également présente dans la pièce ?
Ce fut d’ailleurs elle qui prit la parole :
- Calliste, comme te l’a dit ma sœur, tu es désormais l’une des nôtres. Mon cœur en frémit d’émotion… Tu portes la vie et l’espoir en toi. Et tu portes le Don.
- Le Don ?
- Écoute attentivement ce que je vais te révéler. Et fais le serment de le garder secret jusqu’à la naissance de ta fille. Même au-delà ! Tu ne seras autorisée à lui parler que le jour où elle sera devenue femme, comme toi aujourd’hui…
Les paroles de sa tante résonnaient encore aux oreilles de Calliste, des années après.
Elle se disait que quand elle aurait une fille, elle emploierait les mêmes mots pour, à son tour, déposer le secret du Don dans le cœur de sa fille, quand le moment serait venu pour elle.
Elles avaient le temps… L’enfant n’était encore qu’un rêve ! Mais les mots étaient déjà là. Et impossible de les oublier à chaque fois qu’elle prenait une aiguille et du fil…
Depuis des générations, depuis sans doute l’aube des temps, les femmes de sa famille possédaient un pouvoir. Le Don.
De leurs mains, elles brodaient la vie.
Dès le jour de leurs premières menstruations, elles pouvaient faire battre le cœur d’un oiseau uniquement fait de fils croisés et de nœuds, elles faisaient jaillir l’eau d’une source brodée sur la toile, des paysages inconnus apparaissaient aux alentours, bien réels.
Elles créaient le monde.
Les aiguillées de fil étaient le sang, la sève, le suc.
Calliste, au début, s’était sentie dépassée par cette étrange faculté. Elle n’avait pas osé toucher son fil, sa toile et son aiguille pendant des semaines, de peur de créer quelque chose de monstrueux sans le vouloir.
Puis elle apprit à maîtriser ses craintes. Elle commença par broder une fleur, puis un bouquet entier. Elle prononça les mots rituels à la fin de son ouvrage, et fut fière d’aller offrir cette première création à sa mère. Les fleurs, bien réelles, finirent par faner après avoir embelli la pièce des jours durant.
Elle comprit alors que, malgré la magie, rien sur cette Terre n’était éternel. Cela la rassura. Et elle retourna sans angoisse à ses ouvrages. Elle n’abusait pas du Don. De temps à autre, l’envie de faire un cadeau faisait courir ses doigts sur la toile, et elle offrait ainsi à une amie un présent qu’elle avait entièrement créé. La joie de donner et la sincérité des remerciements étaient, pour elle, la plus belle des satisfactions.
En brodant des paysages qu’elle n’avait jusqu’alors qu’entraperçus dans ses songes, elle voyageait sans quitter sa chambre… Et ces nouveaux lieux ne venaient jamais en remplacer d’autres. Il semblait que la planète s’agrandissait au fur et à mesure de ses broderies…
Et aujourd’hui, elle allait terminer une de ses créations les plus importantes. Pas forcément la plus compliquée, mais celle qui lui tenait le plus à cœur.
Souriant, elle songea à Pénélope, brodant le jour, défaisant son ouvrage la nuit dans l’attente du retour de son époux. Pour elle, Calliste, l’histoire était bien différente : elle ne brodait pas en patientant que l’homme de sa vie revienne au foyer… Elle brodait l’homme de sa vie.
Quand elle aurait fini le point ultime, il serait là. Vivant. Réel. Imparfait !
Il serait à elle. Elle serait à lui.
Comme sa mère et son père l’avaient été avant eux.
C'était ainsi, depuis la nuit des temps, depuis que le Don avait été offert aux femmes.
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Voici les 14 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
tant pis, même si cela va leur faire plaisir: y a encore des baltringues qui mettent des 1! décidement
A deux personnes de ce site, j'évoquais un problème humain, en substance : rêver sa vie ou vivre ses rêves. Il m'apparaît que pour vivre ses rêves, il faut d'abord rêver sa vie. On se construit d'abord en idéalité (platonique...) avant que les choses ne s'incarnent réellement et beaucoup plus sûrement que si l'on s'est passivement laissé conduire par la brutale nécessité. Si l'on ne se construit pas intérieurement, on devient esclave soumis à tous les vents de la vie au lieu d'en être l'acteur. En guise de réponse, j'ai été envoyé à ton commentaire. Réponse adéquate qui, par surcroît, m'a fait découvrir tes talents de conteuse (très beau Don...). Merci à Mystic Meg.
"Elle brodait l’homme de sa vie.
Quand elle aurait fini le point ultime, il serait là. Vivant. Réel. Imparfait !"
J'apprécie particulièrement le dernier adjectif, si juste. Quand la sagesse et la patience viennent aux femmes, tout devient possible.
Quand elle aurait fini le point ultime, il serait là. Vivant. Réel. Imparfait !"
J'apprécie particulièrement le dernier adjectif, si juste. Quand la sagesse et la patience viennent aux femmes, tout devient possible.
L'eau qui jaillit, les paysages entrevus dans les songes...
Merci!
Merci!
tu reconnais toutefois combien le fait main est plus beau que le fait machine
Dis, Pif.ine, steuplé, tu veux bien me broder un portrait de berger allemand, ou de cheval entouré d'un fer à cheval ,
C'est pour mettre à côté de la tour Eiffel avé la neige qui tombe et de la gondole de Venise dorée à l'or fin.
Dis, dis !!!
C'est pour mettre à côté de la tour Eiffel avé la neige qui tombe et de la gondole de Venise dorée à l'or fin.
Dis, dis !!!
aux brodeuses et à cet art qui s'oublit !!!
La métaphore va filer doux.


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Pif.ine
publié le 3 juillet 08