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Retour sur ce flm, vu il y a une semaine, et que j'ai préféré laisser décanter avant d'en parler.
D'emblée, je me suis demandée comment Régis Faucon et Yasmina Nini-Faucon étaient arrivés à déjouer les pièges de l'angélisme, du pédagogisme et du politiquement correct dans ce film qui met face à face Esther, une vieille femme juive tétraplégique et acariâtre à ses heures, et une autre femme de la même génération, Halima, musulmane prtiquante qui rêve d'aller en pélerinage à la Mecque. Esther appartient à une bourgeoisie relativement aisée, tandis qu'Halima vit dans un quartier populaire d'une ville du sud-est (Toulon, je crois).
Dans ce millefeuille qui aurait pu être bien indigeste, d'autres couches viennnet se surajouter à ce face-à-face privilégié: on y voit des personnages vivant une foi musulmane traditionnellle, comme Halima et son mari, d''autres séduits par une version de l'Islam plus "nouveau" en ce qu'elle est plus rigoriste. La jeune fille de l'histoire, Sélima, infirmière d'Esther et fille d'Halima, vit avec un jeune noir et fume, ce qu'elle cache soigneuesement à sa tante et à sa cousine, venues lui rendre visite pour la convaincre, entre autres, de prendre époux.
Or, pas de manichéisme ici, ni de thèse. Dans la vie porte bien son titre: on se retrouve plongés dans le quotidien de ces trois femmes quand Halima, devenue la garde-malade d'Esther, prend celle-ci sous son toit à l'occasion d'un déplacement d'Elie, le fils médecin d'Esther. L'appartement HLM d'Halima devient le lieu de la rencontre des deux aînées, lieu humble mais propre et coloré, qui vit dans le monde, avec le voisinage circonspect ou affable, mais également avec , en filigrane, les nouvelles du conflit israélo-palestinien que distille la télévision via Algésira ou les journaux télévisés français. Pas de musique dans ce film, si ce n'est celle des voix à la télé et le raï qu'écoutent les femmes en préparant les repas, ou bien encore les "youyous" lorsqu'Esther et son mari partent pour La Mecque.
Une nostalgie douce baigne le film: les deux familles sont originaires d'Algérie. Elles ont au fond d'elles le souvenir de ce pays, perdu à jamais pour cause d'événements politiques et de circonstances particuières. Mais cette nostalgie n'altère jamais la saveur du présent, de même que le handicap d'Esther ne l'empêche pas de jouir d'une séance de hammam, même s'il est triste, par ailleurs, de ne pouvoir tremper ses pieds dans la Méditerranée quand on est assise à un mètre de l'eau. La scène de la plage est mélancolique, en ce sens, mais ce n'est pas une mélancolie qui étouffe: on écoute les deux femmes parler à mi-voix de l'Algérie, de la possibilité pour Esther d'y retourner en visite; on voit des jeunes filles voilées regarder, vaguement amusées, des jeunes filles se doucher, les seins nus. Fragilité d'une cohabitation au quotidien qui semble encore possible.
Il y a les accents, aussi, le mélange de l'arabe et du français, qui forme la véritable bande son du film, ponctué de silences, ceux propres aux échanges de la vie réelle. Une sorte de bienvenue chez les chtis du sud non théâtralisée, où la mise en scène suit au plus près l'écoulement du temps. Les acteurs sont tous non-professionnels mais Esther et Halima ont dans leurs gestes et sur le visage une réelle force d'évocation. Elles ont aussi un humour et une fantaisie graves, véritables outils de distanciation narrative.
On se retrouve plongé dans un conte réel, sinon réaliste, où l'intime et l'Histoire se mêlent avec grâce. On est à ce moment précis où la solidarité et l'échange semblent encore possibles, malgré la dureté des nouveaux barbares (l'intransigeance des fils d'Halima, la mise en scène médiatique du conflit israélo-arabe, la condition faite aux vieux). Ce fim sensuel recèle des beautés et des charmes qu'il nous invite à goûter.
D'emblée, je me suis demandée comment Régis Faucon et Yasmina Nini-Faucon étaient arrivés à déjouer les pièges de l'angélisme, du pédagogisme et du politiquement correct dans ce film qui met face à face Esther, une vieille femme juive tétraplégique et acariâtre à ses heures, et une autre femme de la même génération, Halima, musulmane prtiquante qui rêve d'aller en pélerinage à la Mecque. Esther appartient à une bourgeoisie relativement aisée, tandis qu'Halima vit dans un quartier populaire d'une ville du sud-est (Toulon, je crois).
Dans ce millefeuille qui aurait pu être bien indigeste, d'autres couches viennnet se surajouter à ce face-à-face privilégié: on y voit des personnages vivant une foi musulmane traditionnellle, comme Halima et son mari, d''autres séduits par une version de l'Islam plus "nouveau" en ce qu'elle est plus rigoriste. La jeune fille de l'histoire, Sélima, infirmière d'Esther et fille d'Halima, vit avec un jeune noir et fume, ce qu'elle cache soigneuesement à sa tante et à sa cousine, venues lui rendre visite pour la convaincre, entre autres, de prendre époux.
Or, pas de manichéisme ici, ni de thèse. Dans la vie porte bien son titre: on se retrouve plongés dans le quotidien de ces trois femmes quand Halima, devenue la garde-malade d'Esther, prend celle-ci sous son toit à l'occasion d'un déplacement d'Elie, le fils médecin d'Esther. L'appartement HLM d'Halima devient le lieu de la rencontre des deux aînées, lieu humble mais propre et coloré, qui vit dans le monde, avec le voisinage circonspect ou affable, mais également avec , en filigrane, les nouvelles du conflit israélo-palestinien que distille la télévision via Algésira ou les journaux télévisés français. Pas de musique dans ce film, si ce n'est celle des voix à la télé et le raï qu'écoutent les femmes en préparant les repas, ou bien encore les "youyous" lorsqu'Esther et son mari partent pour La Mecque.
Une nostalgie douce baigne le film: les deux familles sont originaires d'Algérie. Elles ont au fond d'elles le souvenir de ce pays, perdu à jamais pour cause d'événements politiques et de circonstances particuières. Mais cette nostalgie n'altère jamais la saveur du présent, de même que le handicap d'Esther ne l'empêche pas de jouir d'une séance de hammam, même s'il est triste, par ailleurs, de ne pouvoir tremper ses pieds dans la Méditerranée quand on est assise à un mètre de l'eau. La scène de la plage est mélancolique, en ce sens, mais ce n'est pas une mélancolie qui étouffe: on écoute les deux femmes parler à mi-voix de l'Algérie, de la possibilité pour Esther d'y retourner en visite; on voit des jeunes filles voilées regarder, vaguement amusées, des jeunes filles se doucher, les seins nus. Fragilité d'une cohabitation au quotidien qui semble encore possible.
Il y a les accents, aussi, le mélange de l'arabe et du français, qui forme la véritable bande son du film, ponctué de silences, ceux propres aux échanges de la vie réelle. Une sorte de bienvenue chez les chtis du sud non théâtralisée, où la mise en scène suit au plus près l'écoulement du temps. Les acteurs sont tous non-professionnels mais Esther et Halima ont dans leurs gestes et sur le visage une réelle force d'évocation. Elles ont aussi un humour et une fantaisie graves, véritables outils de distanciation narrative.
On se retrouve plongé dans un conte réel, sinon réaliste, où l'intime et l'Histoire se mêlent avec grâce. On est à ce moment précis où la solidarité et l'échange semblent encore possibles, malgré la dureté des nouveaux barbares (l'intransigeance des fils d'Halima, la mise en scène médiatique du conflit israélo-arabe, la condition faite aux vieux). Ce fim sensuel recèle des beautés et des charmes qu'il nous invite à goûter.
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je ne sais pas: la force de ces femmes-là. Le film évite en effet cet écueil-là aussi.
(ce qui n'est pas le cas de l'affiche...)
Un accent sur l'acquis (ou l'on a grandit) par rapport au quasi-inné (la religion).
Le rôle de l'information aussi: dans les deux communautés, chacun va chercher les informations à la source qui lui est destinée... renforçant ainsi les différences et les incompréhensions.
Et la force des femmes... encore et toujours.
Un accent sur l'acquis (ou l'on a grandit) par rapport au quasi-inné (la religion).
Le rôle de l'information aussi: dans les deux communautés, chacun va chercher les informations à la source qui lui est destinée... renforçant ainsi les différences et les incompréhensions.
Et la force des femmes... encore et toujours.
vers d'autres horizons: c'est vrai. Il faut.
possible .... si le vent ne souffle pas trop fort ... et que la mer ne s'emballe pas ...
Une douce brise peut les faire cheminer ... voyager vers d'autres horizons ...
enfin .. je le sens comme ça ... non ?
Une douce brise peut les faire cheminer ... voyager vers d'autres horizons ...
enfin .. je le sens comme ça ... non ?
impossible?
un poète qui s'entretient avec son instrument, une aventure .... le temps du "bonheur d'expression !
Notre oreille avec ce "jeu des vagues" apprend à voir ....
Une certaine sensualité se dégage de cette mélodie, une forme de voyage vers "d'autres civilisations" ... par "l'image" des sons qui nous guide ...
"Reflets dans l'eau" de nos souvenirs ... d'une vie enfouie au fond de soi ....
On ne se lasse pas en effet .... de cette présence d'un bleu vert tendre qui s'étend à l'infini ... sans frontières ....
Bonne soirée ....
Notre oreille avec ce "jeu des vagues" apprend à voir ....
Une certaine sensualité se dégage de cette mélodie, une forme de voyage vers "d'autres civilisations" ... par "l'image" des sons qui nous guide ...
"Reflets dans l'eau" de nos souvenirs ... d'une vie enfouie au fond de soi ....
On ne se lasse pas en effet .... de cette présence d'un bleu vert tendre qui s'étend à l'infini ... sans frontières ....
Bonne soirée ....
mini-cycle Yoshida sur Cineclassic: à voir. Ne serait-ce que pour les images d'un Japon tel qu'on le rêve.
la télé, peut-être?
oui, il y a des rires et des paroles échngées, que l'angoisse des événements à la télé et l'ordinaire de l'ordinaire n'arrivent pas à faire taire.
La présence de la mer: ici, aussi, pas loin. On ne s'en lasse pas.
La présence de la mer: ici, aussi, pas loin. On ne s'en lasse pas.
L'ambiance apaisée quoique nostalgique du film transparait dans ton com plein de sensibilité. Je voudrais voir ce film...
Tout ça m'a fait immédiatement penser à la période d'avant la "reconquista" en Andalousie, pendant la quelle cohabitaient en harmonie, chrétiens, juifs et sarrazins. Alors, des barbares ont mis fin à cette époque bénie: les inquisiteurs catholiques! Qui ont pratiqué une épuration ethnico-religieuse, et rejeté à la méditerranée, juifs et musulmans contraints de s'installer au maghreb...
Aujourd'hui la barbarie a changé de camp,(quoique Bush...hum hum!)
Mais enfin c'est bien les ravages du sionnisme et de sa -ses- répliques en face: les islamistes intégristes( chiites et sunnites, qui en plus se tapent dessus) qui mettent en péril cette époque en voie d'éffondrement(?) incarnée par Esther et Halima...
Qui va l'emporter dans cette reconquista+djihad+terre promise qui enflamme touts le moyen orient, et plus loin...(Afghanistan, Pakistan, Indonésie)?
On n'est pas sorti d'affaire...
j'ai souvent vécue près de l'eau ... et là, c'était la "baie d'alger" ... que je pouvais admirer de ma fenêtre ... merci pour ces images de vies ... gravées au fond de ma mémoire ...
Et en plus s'ils réussissent à en parler avec gaieté ... c'est ainsi que je conçois la vie aussi !!! à +
j'avais bien aimé aussi, la visite de la fanfare, c'est toujours bien de sauter les barrières imposées.
que tu fais bien de retracer, en ce qu'elle évoque une réalité plus douce et subtile que bien des caricatures de civilisations, qu'on entend un peu trop dans les médias.
le film engage plutôt à une douce gaîté.
je ne connnais pas.
l'Orient: pour moi, la curiosité, c'est plutôt le sud. mais ce film ne fait pas dans dans le pittoresque.
11/04/08 à 13h34
lola99
bêtement rebutée par l'affiche qui m'inspirait tout le contraire de ce que tu décris. Merci, du coup ça me fait envie.
j'ai eu plaisir à lire ton texte ... une forme d'espoir dans les échanges ...
Une autre forme de vie ... entre passé et présent : quel sera l'avenir ? je pense avec "douleur", surtout aux femmes et aux enfants ....
amitiés et bonne journée ...
Une autre forme de vie ... entre passé et présent : quel sera l'avenir ? je pense avec "douleur", surtout aux femmes et aux enfants ....
amitiés et bonne journée ...
11/04/08 à 13h19
coeur serré en lisant ce sujet, écrit avec émotion par Stardecisis.@@@@@


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staredecisis
publié le 11 avril 08