la rencontre par affinités culturelles

  1. Rencontre des femmes et des hommes qui partagent vos passions.
  2. Créez vos listes d'oeuvres et d'artistes préférés
    parmi + de 2 millions de références.
  3. Partagez vos goûts, émotions, réactions en cinéma, musique, lecture, médias.
Jamais sans denise !
 Jamais sans denise !
rediger un nouveau commentaire sur www.dafont.com
catégorie : tranche de vie
corps du commentaire en taille petitecorps du commentaire en taille moyennecorps du commentaire en taille grandeimprimer ce commentaireenvoyer ce commentaire à un ami
Le plus dur avait été de convaincre Sophie.
Malgré son air décontracté et ses amitiés aussi cosmopolites que bigarrées, les restes tenaces d’une éducation confinée faisait que cette indécrottable germanopratine ne pouvait toujours pas s’empêcher de se sentir mal à l’aise chaque fois qu’il lui fallait passer sur la rive droite et encore plus s’éloigner des limites de la ville. Aussi, rien d’étonnant à ce que, quand je lui ai proposé de se rendre Limoges juste pour prendre une photo de ses grains de beauté, j’aie vu sa main esquisser un geste vers son téléphone et dans le flou de son regard passer en revue la liste des numéros d’urgence – Urgences psychiatriques, ils seront pas là avant des heures, je ferais mieux d’appeler les pompiers...
– Mais pourquoi Limoges ? Y a pas une rue Émile Baudot plus près ?
– Bah si, y en a une à Palaiseau, mais tu avoueras que s’il faut quitter Paris, tout en restant sur la rive gauche, tu remarqueras, autant aller à Limoges, c’est plus romantique que Palaiseau.
– Limoges romantique ? Mais mon pauvre Léo, tu dis vraiment n’importe quoi.
– Eh ho, Sophie, je ne te permets pas de dire du mal de la cité de mes ancêtres.

C’est vrai quoi. J’ai rien contre Palaiseau, mais j’y connais personne. À Limoges au moins, je me sens chez moi, il y a une rue nommée d’après un notable qui portait le même nom que moi et en plus je m’y suis trouvé un homonyme. Alors là, hein, c’est imparable. Mais allez donc faire comprendre ça à une femme qui fait la gueule.
– Allez, tu vas voir, c’est rien, en à peine quatre heures, on est rendus.
– N’empêche, il y a que toi pour avoir des idées pareilles !
– Et c’est pour ça que tu m’aimes, ma chérie.
– Mais enfin, Limoges...
– Oui, je sais, l’idéal aurait été de se rendre sur son lieu de naissance, à Magneux, dans la Haute-Marne, mais apparemment c’est tellement paumé qu’il n’y a qu’une seule rue. Et comble d’originalité, elle s’appelle la Grande Rue. Donc d’un intérêt très limité à moins de retrouver la ferme familiale. Et encore, je doute qu’il y ait une plaque commémorative sur la façade...
– Je vais te dire un truc : ton histoire de Baudot, ça me fait une belle jambe !

Après lui avoir donné la correction qu’elle méritait pour avoir osé un tel calembour en oubliant que cet art délicat est et doit rester l’apanage du sexe fort, nous embarquâmes à bord de ma Peugeot qui pour être vieille, n’en avalait pas moins les kilomètres avec une allégresse communicative.
Maintenant qu’elle s’était résignée à céder à mes caprices, les fesses lui cuisant encore un peu, Sophie me regardait de ce même air incrédule qu’elle portait sur toutes mes lubies. Malgré toutes ces années, elle avait toujours du mal à s’y faire. Mais pour ne pas lasser les femmes, il faut toujours les étonner. Et avec moi, elle était servie !

Tout avait commencé un soir où je passais en revue ses grains de beauté. J’ai toujours éprouvé pour ces amas de mélanocytes une curiosité fascinée. Je me suis souvent plu à penser que certaines de leur compositions pouvait avoir un sens caché, des correspondances troublantes et que certaines peaux portaient ainsi des messages ignorés qu’il serait étonnant de déchiffrer. Je me voyais nævologue, je rêvais de nævomancie. Ainsi, un jour j’avais rencontré une jeune femme qui, sur l’épaule droite, portait un groupe de neuf grains qui reproduisait à peu de choses près la constellation du Lion. Hélas pour ma théorie, elle était sagittaire.

Ce soir-là donc, j’étais dans tous mes états car j’avais découvert le jour même sur le site Dafont.com une transposition typographique du code d’Émile Baudot, l'inventeur du code qui porte son nom utilisé par les téléscripteurs. Et ce que dans mes rêves les plus fous j’espérais depuis longtemps s’était révélé sous mes yeux. Là, sous l’aisselle gauche de Sophie, à quelques centimètres de la courbe du sein et à quelques centimètres de mon nez (on n’est jamais trop près pour étudier les merveilles de la nature !), Sophie avait un ensemble de six grains de beauté disposés de façon toute particulière. Et c’est à ce moment-là en fait que j’avais été à deux doigts de péter un câble et de me cogner la tête contre les murs (et non pas en te proposant un voyage à Limoges, ma chérie !) car – moi-même, j’ai encore du mal à croire que ce soit possible – après comparaison avec l’alphabet d’Émile Baudot, cette combinaison de points correspondait à la graphie de deux lettres : S et O. SO, oui, vous avez bien lu, pas comme l’essence, SO comme Sophie !
Après l’avoir remise à la place qu’elle devait garder en tant que cobaye et lui avoir fait comprendre que ce n’était parce que j’étais ainsi penché sur son anatomie qu’il me fallait aller explorer d’autres endroits certes plus libidineux mais trop exempts de grains de beauté pour l’étude qui nous intéressait, j’essayai non sans mal de lui faire partager mon enthousiasme. Il y avait une chance sur combien de millions ? Sur combien de milliards ! J’étais sur le cul. Franchement, j’aurais lu ça dans un magazine, j’aurais eu un doute, j’aurai pensé au bidonnage, mais je les avais sous le nez les grains de beauté, là, à portée de main. Et pour immortaliser ma découverte, quelle meilleure idée que d’en prendre une photo dans une rue portant le nom de ce brave Émile.

Une fois sur place, il nous fallut constater que ce ne serait pas aussi simple que je me l’imaginais. Sophie ne mesure qu’un mètre soixante et la plaque culminait un bon mètre au-dessus de sa tête. Mais, comme disait ma grand-mère, contre mauvaise fortune bon coeur et aux grands mots les grands remèdes ! Après avoir évité les questions oiseuses de quelques autochtones sourcilleux qui nous collaient aux basques, nous réussîmes à emprunter les accessoires indispensables pour mener à bien notre entreprise. Au bord du fou-rire, Sophie monta sur une échelle, se positionna la poitrine contre la plaque et attendit mon signal. De mon côté, écartant les badauds, j’escaladai un vieil escabeau branlant et cacochyme et, après avoir fignolé mon cadrage au petit poil, commençai le compte à rebours : Attention, à trois. Un, deux, trois !
À trois, Sophie souleva son pull révélant en pleine lumière, à côté des lettres d’Émile Baudot, son archipel de grains de beauté ainsi qu’il faut bien l’avouer un bon morceau de soutien-gorge...

Le temps de prendre quelques clichés, nous fûmes dans un premier temps embarqués pour trouble de l’ordre public et attentat à la pudeur puis, dans le bureau d’un commissaire bon enfant, absous de toute poursuite en l’échange d’une photo dédicacée de Denise Fabre dont j’ai toujours un stock avec moi quand je vais en province.

En remontant en voiture, je jurai à Sophie, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus ! La prochaine fois, c’est promis, nous resterions dans des lieux civilisés. Je projetais d’ailleurs au Jardin du Luxembourg un “Hommage à la télécommande” au pied du buste d’Edouard Branly...
Et tandis que Sophie levait les yeux au ciel nous reprîmes la route de Paris.

réactions : 25
lectures : 843
votes : 11
Publier sur   Partager sur Wikio  Partager sur Scoopeo  Partager sur Digg  Partager sur Facebook  Partager sur Google  Partager sur Technorati  Partager sur del.icio.us  Partager sur blogmarks  Partager sur twitter 
Voici les 25 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 17/11/08 à 21h50
eternelretour

18h53 Si tu veux Laglu, chacune à son étage !

 17/11/08 à 19h37
ASANFROI
mère-grand a le cuir trop dur pour toi, tu t'y casserais les dents !
El lobo
va donner le rôle à eternelretour, non ?
 17/11/08 à 18h47
après ça va se voir !
 17/11/08 à 18h37
de la part du compteur à rebours à l'envers quel manque de discernement.


Faudra pas oublier de remercier mère-grand.
 17/11/08 à 18h09
dilettante
M'enfin, pas devant les enfants !
vibrer, vous seriez peut-être bien inspiré de me rendre cette gentille attention, pour une fois que j'en ai une !
 17/11/08 à 18h08
dilettante
Ah, ah !
Plus qu'il y a de formules toutes faites comme ça et plus je me gondole !
Promis, la prochaine fois, j't'en mettrai encore plus !
Ou alors tu m'as pas compris !
 17/11/08 à 18h07
dilettante
Oh, oh ! Ben dis-donc !
En y revenant, on se dit quelle difficulté à s'émanciper d'une stricte éducation classique...
Nan, paske des "allégresse communicative" et autres "correspondances troublantes", ça sent son Alexandre en quête du Fémina ça.
Et c'est petit, rayon lyrisme !
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Avec cette taille, y en a qui seraient heureux comme des rois
Si pour toi c'est trop peu, c'est déjà beaucoup pour moi
Tu as tout ce que tu veux mais comme tu veux ce que t'as pas
Tu sais même pas ce que t'as et c'est pour ça que tu m'en veux
Ça que tu m'en veux, ça que tu m'en veux
Tu m'en veux, tu m'en veux

REFRAIN:
Denise
Je sens que je vais piquer une crise
Denise
Je sens que je vais piquer une crise
Denise
Je sens que je vais piquer une crise
Denise
Il faut que je te dise
Je crois que, je crois que tu vas beaucoup trop loin

Je fais vraiment tout ce que je peux pour oublier que je peux pas
Te donner ce que t'as pas quand je sais pas ce que tu veux
Je veux bien tout ce que tu veux mais comme tu veux ce que j'ai pas
Je comprends même pas ce que t'as et c'est pour ça que je t'en veux
J'ai peut-être tout ce que t'as pas mais comme t'as pas tout ce que je veux
Arrête ton cinéma, pour toi et moi ça vaut mieux

REFRAIN

Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux
Si je savais ce que t'as, je ferais sûrement tout ce que je peux
Pour te tirer de là, alors dis-moi ce que tu veux

 17/11/08 à 17h15
nous sommes que atome vide et trou noir
http://fr.youtube.com/watch?v=UXAaDqPl7oY
et ***** pour ce texte
 17/11/08 à 14h56
dilettante
Mais comment ai-je pu passer à côté de ce titre tellement évident ?!?!?!
Je suis nul > seppuku !
Adieu...
 17/11/08 à 14h15
dilettante
Et tellement lucide.
Devant tant de vérités, que dire ?...
C'est du Dilettante, quoi....
 17/11/08 à 13h47
 17/11/08 à 12h55
 17/11/08 à 12h55
ne pas confondre baudot et thibaudeau !
 17/11/08 à 12h53
J'aime pas les * !!!!!!