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L'amour au centre du viseur.
 L'amour au centre du viseur.
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Cécile a 17ans. elle passe l'été dans une villa magnifique avec son père, un charmant veuf qui multiplie les maitresses et entraine sa fille dans une vie de plaisirs faciles et d'aventures sans lendemain. Cécile ignore les attaches, les contraintes, le sérieux, les responsabilités.

Quand Anne la quarantaine parfaitement conservée, fine, cultivée et d'une maîtrise d'elle même qui en impose, entre dans sa vie, Cécile éprouve un immense respect pour elle. Rien à voir avec la gentille et plantureuse Elsa qui sort avec son père.

Mais petit à petit quand elle découvre l'intérêt qu'Anne porte à son père puis qu'elle la voit le conquérir et l'aimer d'un amour tendre et sincère, ce respect va se transformer en une multitude de sentiments confus - envie, jalousie, impression d'être méprisée elle et son mode de vie , peur de changer de vie, honte d'en vouloir à cette femme admirable... Ce tumulte intérieur va pousser Cécile à détruire leur amour et par la même sa propre innocence: bonjour tristesse...

La frivolité, l'impulsivité et la puérilité comme souvent vont venir à bout d'un amour profond et mature. Chacun se laissera entraîner dans les pièges machiavéliques fomentées par la gamine sauf Anne qui en gardant ses distances en sera cependant l'ultime victime.

C'est un roman d'un réalisme qui fait froid dans le dos: l'inconséquence généralisée de la jeune fille malgré ses prises de conscience lucides de la puérilité et de l'immoralité de ses actes, l'incapacité du père à sacrifier sa fierté et son désir de conquête pour construire une vie de couple avec une femme qui l'aime profondément. L'aveuglement du jeune Cyril, l'amoureux de Cécile qui ne voit pas son inconstance... peut-il faire autrement? Et puis derrière sa culture et sa connaissance de la vie, la naiveté de la noble Anne qui ne veut pas voir et croire ce qui est en train de se passer...

Peut-être que ceux qui ne savent aimer autrement que profondément n'arriveront jamais à comprendre ceux qui ne connaissent principalement de l'amour que l'excitation narcissique de la conquête et de la possession. Ou bien plutôt, les premiers ne comprennent les seconds, que lorsque leur bel amour est victime des jeux amoureux de ceux qu'ils ont sans doute trop méprisés...

Un livre aussi sur la peur qu'inspire les êtres forts...

Quelques morceaux choisis à savourer ou méditer...

"Nous faisions du bateau ensemble, nous nous embrassions au gré de nos envies et parfois tandis qu'il pressait sa bouche sur la mienne je revoyais le visage d'Anne, son visage doucement meurtri du matin, l'espèce de lenteur, de nonchalance heureuse que l'amour donnait à ses gestes et je l'enviais. Les baisers s'épuisent et sans doute si Cyril m'avait moins aimée, serais-je devenue sa maîtresse cette semaine-là."

"C'était peut-être vrai. Je voyais Anne me présentant un jeune homme le jour de mes vingt ans, licencié aussi, promis à un brillant avenir, intelligent, équilibré, sûrement fidèle. Un peu ce qu'était Cyril d'ailleurs. Je me mis à rire."

"Mais il était tellement facile de suivre mes impulsions et de me repentir ensuite..."

"Il m'avait rattrapée par le bras et me retenait en riant. Je me retournai vers lui et le regardait: il devint pâle comme je devais l'être moi-même et lâcha mon poignet. Mais ce fut pour me reprendre aussitôt dans ses bras et m'entraîner. Je pensais confusément: cela devait arriver, cela devait arriver. Puis ce fut la ronde de l'amour: la peur qui donne la main au désir, la tendresse et la rage, et cette souffrance brutale que suivait triomphant le plaisir. J'eus la chance et Cyril la douceur nécessaire de le découvrir dès ce soir-là."

"Je ne sais pas si c'est de l'amour que j'avais pour lui en ce moment - J'ai toujours été inconstante et je ne tiens pas à me croire autre que je ne suis - mais en ce moment je l'aimais plus que moi même, j'aurais donné ma vie pour lui."

"Cyril me demanda si je ne craignais pas d'avoir d'enfant. Je lui dis que je m'en remettais à lui et il sembla trouver cela naturel. Peut-être était-ce pour cela que je m'étais si facilement donné à lui: parce qu'il ne me laisserait pas être responsable et qui si j'avais un enfant ce serait lui le coupable. Il prenait ce que je ne pouvais supporter de prendre: les responsabilités. "

"Il n'était plus un collégien, mais un homme à qui elle confiait sa vie et par conséquent il avait à se tenir bien et non pas en pauvre homme, esclave de ses caprices. On ne pouvait le reprocher à Anne, c'était parfaitement normal et sain comme calcul mais cela n'empêchait pas mon père de désirer Elsa. De la désirer peu à peu plus que n'importe quoi, de la désirer du double désir que l'on porte à la chose interdite."

AROBAS
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Voici les 12 dernières réactions à ce commentaire
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d'imagination...
c'est d'ailleurs pour cela que j'ai besoin des textes des autres pour produire quelque chose...
 08/06/09 à 23h35
Chrisdilou
 08/06/09 à 21h56
profilperdu
très conventionnel.
donc à ceux qui connaissent la région je suis intéressé par tout ce qui peut apporter à un nouvel arrivant sur cette ville...
 08/06/09 à 20h33
au début, c'est tout nouveau tout beau. C'est après qu'il faut reprendre l'histoire et la faire vivre.

ps: c'est quoi, quelqu'un de "fort"?

Mais c'est curieux cela me renvoyer aussi au livre de Marion Ruggieri "Pas ce soir, je dîne chez mon père" pour l'histoire pas pour l'écriture, hein!
des passages merveilleux !