Il y a de ces femmes dont on dit qu'elles sont belles à damner un saint. Je n'étais pas un saint, je n'avais pas envie de me damner. Et pourtant. Il y a de ces femmes, comme il y aurait des jardins dont les bancs publics, la fraîcheur des ombrages, une lecture d'après-midi, le cri de quelques bambins et le spectacle désoeuvré de couples anodins, vous retiennent jusqu'aux instants du soleil couchant. Je n'étais pas assis, l'odeur de l'herbe fraîche ne m'étourdissait. Et pourtant.
Il y a de ces femmes auxquelles on voudrait tout juste dire "viens" et peu importe la raison pour laquelle on chavirerait. Je n'étais pas matelot, ni marin, ni capitaine, je n'avais de longs voyages que quelques gondoles en sous-main. Et pourtant. Il y a de ces femmes comme le vent en hiver, au printemps, en Avril ou en Décembre. On ne lutte pas contre le vent. Il nous séduit de ses caresses, qu'elles soient douces ou plus virulentes, il nous enveloppe, nous ébroue, nous flatte et nous envole, de rigolades en fou-rires, de larmes amères en désespoirs solitaires. Le vent nous aime contre et envers tout. Alors, non, on ne lutte pas. Je n'avais pas de capuche, ni de parapluie, j'allais tête nue. Et pourtant.
Il y a de ces femmes dont l'extase vous laisse sur le flanc tout en étant là sur le dos à regarder au plafond en fumant sinon le calumet, tout du moins le silence. Je n'avais rien aux poumons, ni l'esprit embrumé, ni le nez bouché, rien, ni même un rhume de cerveau. Et pourtant. Il y a de ces femmes dont on voudrait bien pouvoir se dire que ça ne finira jamais, ou même que l'on arrivera à s'en remettre, mais. Je n'avais pas d'illusions plus que mon voisin, ni plus de soucis, ni moins de fleurs à arroser dans mon jardin. Je n'avais, et pourtant.
Il y a de ces femmes comme les enfants jouent à la dînette, comme le duvet, comme la soie brûlante contre un sexe froissée. Je n'avais pas parcouru les indes, ni le Kachatskan, ni l'orient, ni de mes doigts tant et tant d'étoffes. Et pourtant. Il y a de ces femmes dont le sourire vous arrache de la terre, vous décimente le coeur, l'âme, le corps et le reste. Je ne faisais pas la tronche plus que de raison, ni ne déambulais sous couverts d'airs austères. Et pourtant.
Il y de ces femmes qui sont comme toutes les femmes, ni plus ni moins, et dont les mots vous accordent à vous-même, à vos déraisons passionnées, à vos creux, vos bosses et vos déliés. De celles qui vous dénouent par elles sans que vous sachiez rien de rien, rien des noeuds, ni des accroches, que le lacet que l'on défait à leur décolleté. Je n'étais ni marchand de chaussures, ni marchand de lacet, ni doué en noeuds marins et guère plus en brasse qu'en dos roulé. Et pourtant. Il y a de ces femmes dont on caresse le sein dans la chaleur du matin, à huit heures comme à minuit, alors que sagement dorment les enfants. Je n'avais ni connu la guerre, ni la famine, ni l'exode, ni aucune de ces souffrances que connaissent ceux qui se trouvent à vivre au mauvais endroit au mauvais moment. Et pourtant.
Il y de ces femmes comme de ces fantasmes bruts qui ne pourraient jamais être les votres sans qu'elles y soient. Je n'avais pas eu à me plaindre d'aucune performance passée, ni d'aucun amusement, ni d'aucun égarement. Et pourtant. Il y a des ces femmes dont le geste vous surprend comme après le sommeil d'après-midi, dans votre presque torpeur, dans l'élan. Je n'étais pas plus paresseux que ça, ni marseillais, ni roucoulant en paroles. Et pourtant.
Il y a de ces femmes qui vous feraient batir des pyramides, même si ça n'est plus d'époque, des chapelles ou des autoroutes, des transports en veux tu en voilà, des clous, des suspensions, des peintures et ravalements, des bricolages et des plans de cambrioleurs. Je ne l'aurais pas cru. Même si on me l'avait raconté. Et pourtant.
Et pourtant hier, lorsque mon voisin m'a raconté son histoire, je l'ai cru. Il l'aimait à en crever. Et la fin de soirée venue, toutes bouteilles rincées, lorsque je l'ai raccompagné, je lui ai dit : "ça va aller", même si c'est vrai, je ne suis pas un saint.
PS : Olga la femme de mon voisin rêvait de Kennedy toutes les nuits.
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Rédacteur
mais 5, off course !
27/05/08 à 00h33
ça n'en est que plus doux,
et pourtant
ce concentré de douceur
dans la caresse que l'homme
destine à la femme qui se détourne vers ses rêves
se mue en concentré de douleur,
à s'en mordre les lèvres jusqu'au sang,
et finalement, Miossec...
et pourtant
ce concentré de douceur
dans la caresse que l'homme
destine à la femme qui se détourne vers ses rêves
se mue en concentré de douleur,
à s'en mordre les lèvres jusqu'au sang,
et finalement, Miossec...
de pcc qui envoie baldinguer tous ces textes qui passent et qui disparaissent...
je laisse une trace
les archéologues ont ceci de fou qu'ils croient que les traces ont un sens
mais nous savons tous qu'il n'en est rien
je laisse une trace
les archéologues ont ceci de fou qu'ils croient que les traces ont un sens
mais nous savons tous qu'il n'en est rien
- Syrielle : tu crois que je peux le faire ? (c'est vrai que c'est horrible toutes ces fautes)
- Pola : Payenne ! Oui, entrez donc en religion ! Ca vaudra mieux.
- Ritale : Rita vous irait bien comme pseudo. Proust avait tout de même un prénom assez ridicule. Et c'est sans doute une femme qui le lui avait choisi.
- Le petit chaperon : repassez donc, on partagera la galette et le beurre.
- teawhite : ah ! j'ai promis ? Parce que bon, la vie d'Olga en trois volumes épais avec images tridimensionnelles, je vais devoir mettre un peu de temps tout de même !
- Arba : merci (pour la porte aussi, et pour le sermon)
merci de votre mail, je n'ai pas d'autre moyen que ce chemin là, pour vous écrire.
J'attends donc la suite!! Si, si vous me l'avez promis!!
En attendant, j'irai jetter deux yeux sur le restant de vos écrits!
J'attends donc la suite!! Si, si vous me l'avez promis!!
En attendant, j'irai jetter deux yeux sur le restant de vos écrits!
ça glisse, c'est suave, c'est léger, c'est fort, ça me laisse sans voix!
je repasserais chez toi garçon, ça me plaist bien tout ça ...
je repasserais chez toi garçon, ça me plaist bien tout ça ...
j'aime tes mots mais aussi la musicalité de tes phrases
il y a de ces notes qui ne valent pas moins de 5
il y a de ces notes qui ne valent pas moins de 5
surtout "sublimation" des femmes.
par contre pour l'amour....chu moins sûre.
je persifle pas arba, je me retiens de m'enerver
sans rancune ritale.
par contre pour l'amour....chu moins sûre.
je persifle pas arba, je me retiens de m'enerver

sans rancune ritale.
pour élever les femmes au rang de mères- vestales- dévouées- sacrifiées ?? 
Ok, je sors...

Ok, je sors...
l'idée est de Proust....
23/05/08 à 01h30 > vous auriez pu corriger les fautes
;^)
;^)
24/05/08 à 23h15
Amen.
laissent rêveur...
Olga vous aurait-elle donné ce que vous convoitiez le plus? l'art de parler aux femmes ?
En tous les cas ces traces d'un amour qui fut vous donneront sans doute autant de consolatrices que vous le souhaitez... car les femmes n'aiment rien tant que de consoler, qui est une des formes sublimes de l'amour.
En tous les cas ces traces d'un amour qui fut vous donneront sans doute autant de consolatrices que vous le souhaitez... car les femmes n'aiment rien tant que de consoler, qui est une des formes sublimes de l'amour.
Et pourtant,
il aurait pu parler des femmes,
Il parlait pour tous ces hommes,
ses mots étaient les siens et ceux des autres
et pourtant c'est sa plume, à lui qui nous l'a écrit.
Il nous parla d'une seule, Olga
cette femme qui venait du froid,
elle rêvait aussi d'Amerique...
mais son Amerique à elle, c'était lui, Kennedy!
Et pourtant chaque femme, chaque homme
trouvera dans votre texte Batavio, ses rêves, ses mots
parce ce que c'est beau, bravo
Ps: une suite sur Olga!
il aurait pu parler des femmes,
Il parlait pour tous ces hommes,
ses mots étaient les siens et ceux des autres
et pourtant c'est sa plume, à lui qui nous l'a écrit.
Il nous parla d'une seule, Olga
cette femme qui venait du froid,
elle rêvait aussi d'Amerique...
mais son Amerique à elle, c'était lui, Kennedy!
Et pourtant chaque femme, chaque homme
trouvera dans votre texte Batavio, ses rêves, ses mots
parce ce que c'est beau, bravo
Ps: une suite sur Olga!
bonjour, moi j'écoute trèèès souvent miossec, c'est une référence pour moi, c'est un de c'est hom qui assume l'amour pour ls femmes et qui ne se masque pas...sans chichi!!! même si il se fracasse.
ton récit est touchant, et je souhaite à ton voisin oui, "ça va aller"
bonne journée à toi, j'suis pas abondonnée, mais pas de soucis chezoimdulce@hotmail.com @+
ton récit est touchant, et je souhaite à ton voisin oui, "ça va aller"
bonne journée à toi, j'suis pas abondonnée, mais pas de soucis chezoimdulce@hotmail.com @+
Il me faut dire (pour être honn^te, mais qui s'en soucit ?) que ce texte n'est pas de moi, mais qu'il a été écrit par un vicomte anglais exilé en égypte dans les années 20. Donc, merci pour lui si ça vous a plu (moi j'aime bien, ça sent le miossec pas tout à fait sec).
Olga rêvait d'Egypte aussi. Il faut dire qu'Olga rêvait beaucoup à l'époque. Et puis bon.
Olga rêvait d'Egypte aussi. Il faut dire qu'Olga rêvait beaucoup à l'époque. Et puis bon.
je n'avais pas remarqué qu'il y avait des accordéons là dessous
rien à ajouter.
J'aime le texte , j'aime l'histoire , j'aime le rythme !
J'étais suspendue pour savoir la suite .
Et puis .........Il y a de ces hommes , aussi !
Merci .
J'étais suspendue pour savoir la suite .
Et puis .........Il y a de ces hommes , aussi !
Merci .

de certaines rodomontades d'aventuriers à la petite semaine. Ce sont certains clichés qui m'ont laissée sur mes attentes.
ne méritait pas de critique car il s'en dégage une grande douceur...
que tu évoques UNE femme, ou bien encore DES femmes.
et le réel lui est tombé sur la gueule.
il nous reste donc Barthes qui abonde dans "fragments d'un discours" et qui nous donne :
"Deux mythes puissants nous ont fait croire que l'amour pouvait (...) se sublimer en création artistique: le mythe socratique (aimer sert à engendrer une multitude de beaux et magnifiques discours) et le mythe romantique (je produirai une oeuvre immortelle en écrivant ma passion)."
Mais Batavio on ne peut retenir une femme dont on ne parvient pas à dessiner la silhouette... quand elle s'échappe, ni le crayon ni les mots ne permettent la capture de ce qui s'est enfui... précisément parce que ce qui vous fascinait était cette impossible prise.
il nous reste donc Barthes qui abonde dans "fragments d'un discours" et qui nous donne :
"Deux mythes puissants nous ont fait croire que l'amour pouvait (...) se sublimer en création artistique: le mythe socratique (aimer sert à engendrer une multitude de beaux et magnifiques discours) et le mythe romantique (je produirai une oeuvre immortelle en écrivant ma passion)."
Mais Batavio on ne peut retenir une femme dont on ne parvient pas à dessiner la silhouette... quand elle s'échappe, ni le crayon ni les mots ne permettent la capture de ce qui s'est enfui... précisément parce que ce qui vous fascinait était cette impossible prise.
Olga serait laiteuse alors...
C'est bien possible.
C'est bien possible.
mais l'ensemble fait qu'elle est acceptable
j'ai vraiment envie de savoir la suite!!!!!!!!!!! il y a quelque chose d'obscur qui plane dans cette histoire...

j'ai vraiment envie de savoir la suite!!!!!!!!!!! il y a quelque chose d'obscur qui plane dans cette histoire...
20/05/08 à 11h39
qui se laissent voyager et bercer, des hommes qui lâchent prise et quelquefois se prennent des bleus au coeur ....
Merci pour les belles images !
Merci pour les belles images !
il y a de ces femmes qui font rien de tout ça (passkè savent rin faire)
Mais pour les autres, pfouh, quelle responsabilité:
"dis donc, tu m'a décimenté le coeur.
- ah zut"
A part ça, très beau texte petit Batave !
Mais pour les autres, pfouh, quelle responsabilité:
"dis donc, tu m'a décimenté le coeur.
- ah zut"
A part ça, très beau texte petit Batave !

Toujours est-il qu'il y a mieux que les "autoroutes" à construire...

*****

*****
venue du froid et qui n'a d'yeux que pour l'Amérique...
no comment...
Et pourtant, superbe texte !
no comment...
Et pourtant, superbe texte !
En j'ai pris un vrai plaisir à lire le texte.
Attention à l'amoureuse de ton voisin !
Olga vient du froid, alors c'est bien possible.
sur le mariage d'une étoile et d'un lion.


Je réagis à ce commentaire en
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batavio
publié le 19 mai 08