Début de soirée.
La salle s’éclaire.
Elle est vaste, dominée par d’imposants escaliers qui font front à un très large miroir mural, étendu là à son autre bout.
Le décor est rangé, disponible, attentif à recevoir. Des tables sont symétriquement disposées des deux cotés, matérialisant un évident espace central, très proprement délimité.
Tout est en ordre : les lumières, le bar, son agencement, son placide serveur, jusqu’à l’orchestre dans sa loge, suspendu à un pressenti signal de démarrage.
En premier, ce sont les femmes qui arrivent.
Un peu gauches dans leurs robes du dimanche, elles entrent les unes après les autres dans la salle. Descendent l’escalier. Se dirigent vers la glace, par trop tentante.
Elles se repoudrent, s’arrangent, se vérifient, s’impliquent. Certaines hésitent, d’autres non…
Toutes s’installent à une table.
Elles gigotent un peu, s’arrangent encore, croisent les jambes, sortent une cigarette, évaluent le lieu, les autres…
Et attendent...
Le tourne-disque, encore de service à cette heure de la soirée, s’égosille, leur intimant d’attendre le jour et la nuit... D’attendre toujours ton retour.
Puis c’est au tour des hommes d’entrer, tous ensemble et en file indienne.
Un tour plus qu’un détour devant le miroir et le choix d’une position assumée au comptoir du bar. Portés par un statut tout aussi assumé : ils se tiendront debout.
Entre pudeur et franchise, les femmes les regardent, les évaluent pour certaines, entre souhaité et vécu…
Parmi eux à n’en pas douter, ceux qui vont les inviter, les faire danser… Ceux qui peut-être, essaieront et parviendront à les séduire pour les aimer....
L’offre et la demande.
L’enjeu est terrible, magnifiquement palpable.
Le bal a occupé toutes les couches de la population, avec souvent cette fonction qu’on lui connaît de préparer à des alliances matrimoniales, plus ou moins sélectives selon l’époque.
Celui de Scola, tourné en 1983, est un pari fou !
Son bal ? De la danse certes, mais aussi pas moins d’un demi siècle d’histoire, notre 20e, retracé au gré des modes musicales en mouvement. Dans la salle vouée à la danse et au désir, les couples se forment puis se détruisent pendant que l’histoire, elle, se tisse irrémédiablement.
Le tout en huit clos… Sans jamais de problème de décor unique.
Le tout sans aucune parole … Mais avec des musiques récurrentes en unique décor sonore. Un insensé hommage au muet animé d’une audace incroyable née de l’adaptation d’une création de la troupe de théâtre du Campagnole.
Et avec des tronches plus que des acteurs dans le rôle des dansants. Les mêmes comédiens interprètent des personnages différents, de manière volontairement caricaturale. Campés sur l’épaisseur historique du scénario, leur jeu est corporellement brillant.
Vu par Scola, le bal est une expérience sociale à haute valeur émotionnelle, quasi charnelle quelquefois.
Son bal, c’est notre bal, l’ancêtre de nos discothèques, qui se joue sur l’ambiguïté du désir, du plaisir… et de la danse.
Peut être parce que les faits du corps constituent un prisme plus que pertinent pour mieux étudier les faits humains…
PS : Ce n’est pas une erreur. J’ai volontairement placé ce com dans « tranche de vie ». Tant les personnages, tellement caricaturaux nous ressemblent…
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Voici les 27 dernières réactions à ce commentaire
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Merci pour ce superbe lien des Uns et les autres
Le Bal, c'est d'Ettore Scola. Lelouch et Béjart avec Jorge Donn dans "Les Uns et les Autres". Amitiés R/
Ben voilà !!
C'est marrant, j'ai fais une association de pensée immédiate sur l'autre. Alors que oui, Béjart, bien sûr !!!
avant Lelouch, Béjart, le Grand
un hommage
un hommage
tout en minuscule : 66eau8eau66

six eaux huit aussi...
bon n'importe nawak !
j'aurai bien dansé quelques pas...
jusqu'à l'aurore

six eaux huit aussi...
bon n'importe nawak !
j'aurai bien dansé quelques pas...
jusqu'à l'aurore

Suis pas trop Lelouch mais ce film, plus que la chair de poule !!
Cet extrait, j'en veux tous les jours !!!
5 à toi pour le choix !!
Cet extrait, j'en veux tous les jours !!!
5 à toi pour le choix !!
ton lien : 7 minutes 11 de menu plaisir.... Bien vu après une journée de fou...
Contente d'avoir susciter l'envie !!
Merci ! Dis toi que ce sera fait !!!
Je vous invite tous !!

****
03/09/08 à 16h35
03/09/08 à 15h02
Merci.
03/09/08 à 14h42
que vous ne le nommiez, ce qui en dit long sur votre pouvoir d'évocation.
http://www.dailymotion.com/group/26333/video/xuw7h_le-bal_music
http://www.dailymotion.com/group/26333/video/xuw7h_le-bal_music
la scène du narcissique voulant éviter les invites d'une cavalière et sautant comme un cabri devant le miroir est restée, entre autres, dans ma mémoire 

et je retrouve, à vous lire, ces images et cette terrible loi de "l'offre et de la demande"... Les corps en disent long en effet !
Mais je retiens : " le bal est une expérience sociale à haute valeur émotionnelle, quasi charnelle quelquefois."
ce n'est pas quasi, c'est carrément charnel.
hummmmm
j'ai tant pratiqué de bal que vraiment ces mots résonnent en moi comme le son d'une cornemuse dans une grange ! (
)
ce n'est pas quasi, c'est carrément charnel.
hummmmm
j'ai tant pratiqué de bal que vraiment ces mots résonnent en moi comme le son d'une cornemuse dans une grange ! (
)


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D8ragxwOMI
KAOLL
publié le 3 sept. 08