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Sur une scène très doucement éclairée, elle est là, douce, blonde, menue mais musclée, en jean tee-shirt, baskets, elle déroule les premières lignes de son texte.

Comme toujours dans un théâtre il y a des toux, des raclements de gorge, et puis plus rien, pendant une heure vingt, que sa voix, ou plutôt les voix qui racontent l’enfance d’Odette, violée par un ami de la famille lorsqu’elle avait 8 ans.

C’est une Odette adulte dans le cabinet du psy et accompagnée de sa mère qui dit, l’indicible : Gilbert et ses « chatouilles », l’adolescente perturbée, l’adulte fracassée, l’alcool, la plainte, le procès et toujours la danse comme appel au secours, comme catharsis, comme drogue pour oublier…

Andréa Bescond enfile ses personnages comme une seconde peau, sa mère, Gilbert, la prof de danse, son pote Manu,Nouréev, c’est tellement naturel et juste qu’on les voit, en vie devant vous, qu’on a dans le même mouvement envie de la frapper et de la câliner, on perd son visage, et on le retrouve, on se demande si dans la rue on la reconnaîtrait…

Il est difficile d’expliquer l’émotion qui saisit le spectateur devant ce spectacle qui se paye le luxe et le culot sur un tel sujet, d’être drôle et absolument bouleversant.

Les lumières et les chorégraphies, pensées au millimètre près enchaînent le spectateur à Odette, à sa douleur, et parfois à sa joie.

Il y a des pièges et des écueils qu’Andréa Bescond, parce qu’elle est furieusement intelligente, évite soigneusement ; elle danse sur ce fil, en équilibre, et on la suit, en apnée.

On sait que l’on a assisté à un grand spectacle à la qualité du silence qui l’accompagne, même fini; aux regards bouleversés que vous croisez quand la salle se rallume, quand vous avez envie de serrer dans vos bras les inconnus aux yeux rougis autour de vous. Quand vous tueriez père et mère pour une cigarette alors que vous avez arrêté il y a bien longtemps.
Quand à côté de vous quelqu’un que vous aimez se libère enfin d’un poids qui la tue à petit feu en murmurant « ça me parle tellement ».

Le spectacle d’Andréa Bescond est essentiel parce qu’il donne une voix à ceux qui ne peuvent s’exprimer, et qu’il donne à ces âmes silencieuses, l’espoir, d’être enfin entendus.

Longue vie à elle, et à Odette.

"Les chatouilles ou la danse de la colère" Andréa Bescond.

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Voici les 3 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 18/04/17 à 08h34
Je trouve très difficile d'appréhender ce spectacle par le prisme des extraits choisis, mais ça m'a permis de revivre ce moment intense.

Pour ceux qui se demanderaient la chanson qu'on entend est celle-ci:

https://soundcloud.com/alvinamusic/petite-fille

 18/04/17 à 07h59