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catégorie : création littéraire
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Cette année j'ai décidé un détour sur la route de mes vacances. un crochet d'à peine quelques kilomètres. J'ai reconnu l'embranchement où tourner sur la gauche. La maison tien toujours debout tant bien que mal. La vigne vierge a recouvert les volets clos et se glisse par la toiture là où il manque des ardoises.
Machinalement, je fais le tour et pousse la porte de l'atelier. Il a du servir de refuge à des générations de jeunes du village depuis... Il y traine pèle-mêle des cannettes de bière vides et dans le bric-à-brac du grand-père, les restes d'une revue porno qui n'a pas due lui appartenir. Je n'aimais pas plus cette maison que ça enfant. Seuls l'atelier et le grenier me plaisaient.
Je décide d'y monter directement.
La lumière entre par la couverture défraichie et quelques branchages bravent la pesanteur. Entre les feuilles, l'été coulait à flots. Toujours faire attention où l'on met les pieds, déjà à l'époque, il fallait éviter les tapettes à souris, aujourd'hui ce sont les trous dans le plancher. Des chats ont du élire domicile dans une vieille botte de foin éventrée. Un essaim abandonné semble servir de lustre au plafond. On se demande bien ce qu'elle fait là cette calebasse venue d'Afrique qui git dans un coin. Quelques boulets près d'un seau à charbon rouillé.
Mon regard est alors attiré, sous la poussière se dessine une vieille dame rabougrie, toute petite et toute vêtue de noir, dont l'expression laisse deviner sa gène face à ce portrait obligé.
C'est ma grand-mère.
Sa seconde femme.
Quelle vie aurait-il eu si Mado n'était pas morte?
Lui aurait-elle donné des enfants ?
Serais-je né ?
Peut-être, ce cliché a-t-il été pris le jour même de l'enterrement...

En repartant, je ferai un autre détour par le cimetière y déposer la photo...
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Voici les 17 dernières réactions à ce commentaire
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Je ne reçois plus d'alerte de pcc quand mes "rédacs favoris" nous offrent un comm'.

Bravo mon Formidable Tambre pour ce nouveau texte. Au début je l'ai trouvé trop court, mais à la relecture je me suis dit que non, tout est là.
 29/06/08 à 22h34
Figolu71
moi j`aimerais aussi aller dans la maison de mes grands-parents, morts il y a plus de 20 ans : elle n`etait pas dans de nouvelles mains, j`y rentrerais, braverais peut-etre la crainte et l`embarras genere par cette maison haie, et ca meferait resurgir des souvenirs fantomes.

Toujours bien de se confronter a ses fantomes.
 27/06/08 à 23h54
c'est une fiction issue d'un atelier d'écriture...
Mais merci à toutes et tous pour les petits et grands com'

comme les mains pleines de rhumatismes de nos anciens...
 27/06/08 à 22h53
Arba
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
O l'ange des plaisirs perdus
O rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle...
 27/06/08 à 21h35
ritale
La mer est comme un cheval, elle sent si vous avez peur et n'hésitera pas à vous retourner. La paix, elle, viendra de votre propre justesse à nager humblement...
 27/06/08 à 20h49
ritale
c'est ce qui est très troublant: nager vous interdit d'être en contact avec cet inconscient sinon vous asphyxiez ... quand on nage on se tient au dessus de la mémoire sans pouvoir plonger mais sa prégnance donne aux mouvements la justesse et la paix que demandent ceux dont nous sommes issus
 27/06/08 à 20h42
sans le goût de réchauffé alors...
 27/06/08 à 20h35
ritale
activité qui se pratique seul et qui redonne à la maison marine son air d'autrefois
 27/06/08 à 20h33
ritale
La mer est vaste et bien plus changeante que la mémoire, s'y plonger régulièrement la caboche met du sel dans la vie et du baume sur le coeur...
 27/06/08 à 20h14
ritale
nous avons ce qu'on appelle "un devoir de mémoire" mais pour moi c'est pas poss: je suis dans l'esthétique tabula rasa et les polders donnent un élan incongru à une "mémoire " plus ancienne... avancer au couteau ???
 27/06/08 à 20h10
ritale
mais la mer est vaste