C’était aujourd’hui la rentrée des profs. Ce matin j’étais un peu à l’avance, pour reprendre possession d’un lieu qui m’exècre et me possède à la fois. Perpétuel recommencement de ma vie qui semble tourner en boucle. Je pousse la porte du lycée : le bruits des gonds agrandit le silence de son grincement pesant. Il prend dans son ampleur la grandiloquence d’un souvenir perdu de jeunesse. Baillement vide offert à la mémoire d’un instant, qui retombe mollement dans l’oubli. Cris étouffés de mes camarades anciens. Magie disparue. Si loin de moi, si près de ces lieux. Je déambule dans les couloirs. Leurs odeurs un peu moisies par la chaleur de l’été sont toujours endormies par deux mois de solitude. Ils sont encore tout frais de cette absence humaine. Encore vierge de la sueur et des déodorants bon marchés. Vides boyaux lavés de frais par des produits industriels où la poussière se colmate aux encoignures. Une vague sensation de stagnation de ma vie fait écho à cet état des lieux appesantis par mes pas sourds.
Soudain, j’entends une voix. Un gazouillement. C’est Aline, ma collègue d’Espagnol. Toujours aussi frisée elle me sourit et s’avance toute sautillante. Son bronzage montre les traces visibles de ses lunettes de soleil sur sa peau. Nous échangeons nos impressions de vacances. Petites plaisanteries de bon aloi. Je suis ravi de la voir et de retrouver ces regards pointus. Elle rit du récit de mes exploits de vacances au Costa-Rica, moi le prof d’Allemand perdu en Amérique Latine :
« J’ai quand même réussi à perdre deux touristes Allemands qui avaient tellement eu confiance à mon accent germanique qu’ils sont allés tout droit dans le direction que je leur ai donné. Tu connais mon sens de l’orientation ! Le plus dur a été de les croiser deux heures après cherchant toujours leur chemin boursouflés de piqûres de moustiques ! »
Il y a dans ce premier contact la fraîcheur d’un printemps. Comme un écho du recommencement perpétuel que nous allons vivre dans les jours qui viennent. Et soudain je sors de ma léthargie nostalgique. J’ai une révélation. Je n’y avais jamais pensé, mais oui ! La rentrée est notre printemps ! Notre renaissance, le renouveau de nos élèves, l’antidote à notre train-train. J’anticipe le brouhaha des nichées d’élèves piaillant dans la cour. Je vois les forces d’affrontements qui feront tanguer mes certitudes pendant les quelques semaines à venir :
«Est-ce que je vais arriver à les mater cette fois-ci les secondes 3b ?
Mais pourtant je n’ai pas la braguette ouverte aujourd’hui, alors pourquoi ils ont tous l’air de se foutre de ma gueule ? »
J’entrevois soudain l’adrénaline qui va me remplir pendant que les jours déclineront. L’ébranlement de mes neurones qui vont grésiller sous mes cheveux gris pendant que les feuilles tomberont dans la cour. Les coups de gueules ronflants que je vais pousser dans les classes pour affirmer mon autorité pendant que la pluie crépitera aux fenêtres.
Un vrai bonheur cette rentrée.
Et puis, plus tard, revenu chez moi, cet éclair de lucidité : Aline tu dois me faire de l'effet...
Soudain, j’entends une voix. Un gazouillement. C’est Aline, ma collègue d’Espagnol. Toujours aussi frisée elle me sourit et s’avance toute sautillante. Son bronzage montre les traces visibles de ses lunettes de soleil sur sa peau. Nous échangeons nos impressions de vacances. Petites plaisanteries de bon aloi. Je suis ravi de la voir et de retrouver ces regards pointus. Elle rit du récit de mes exploits de vacances au Costa-Rica, moi le prof d’Allemand perdu en Amérique Latine :
« J’ai quand même réussi à perdre deux touristes Allemands qui avaient tellement eu confiance à mon accent germanique qu’ils sont allés tout droit dans le direction que je leur ai donné. Tu connais mon sens de l’orientation ! Le plus dur a été de les croiser deux heures après cherchant toujours leur chemin boursouflés de piqûres de moustiques ! »
Il y a dans ce premier contact la fraîcheur d’un printemps. Comme un écho du recommencement perpétuel que nous allons vivre dans les jours qui viennent. Et soudain je sors de ma léthargie nostalgique. J’ai une révélation. Je n’y avais jamais pensé, mais oui ! La rentrée est notre printemps ! Notre renaissance, le renouveau de nos élèves, l’antidote à notre train-train. J’anticipe le brouhaha des nichées d’élèves piaillant dans la cour. Je vois les forces d’affrontements qui feront tanguer mes certitudes pendant les quelques semaines à venir :
«Est-ce que je vais arriver à les mater cette fois-ci les secondes 3b ?
Mais pourtant je n’ai pas la braguette ouverte aujourd’hui, alors pourquoi ils ont tous l’air de se foutre de ma gueule ? »
J’entrevois soudain l’adrénaline qui va me remplir pendant que les jours déclineront. L’ébranlement de mes neurones qui vont grésiller sous mes cheveux gris pendant que les feuilles tomberont dans la cour. Les coups de gueules ronflants que je vais pousser dans les classes pour affirmer mon autorité pendant que la pluie crépitera aux fenêtres.
Un vrai bonheur cette rentrée.
Et puis, plus tard, revenu chez moi, cet éclair de lucidité : Aline tu dois me faire de l'effet...
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j'ai réussi cet exploit ? Si c'est vrai alors je suis content de moi...
je vous rassure oui je vais bien :-°)
je vous rassure oui je vais bien :-°)
j'espère que vous allez bien en tout cas ... 

Il est à noter que toutes allusion supposée et sans équivoque d'un pseudonyme,
est facturée au contre venant d'une vibration.
J'attends
est facturée au contre venant d'une vibration.
J'attends
Aline ... pour qu'elle revienne !!!
pour cette réminiscence en raisonnance avec ces pas de rentrée. Certains d'entre nous ne quitterons jamais vraiment l'école...
Je n'ai jamais aimé cet univers où me plongeait ma mère.
l'école avant l'école,l'école après l'école. L'école de la rentrée,
L'école de la Sortie, celle qui vous colle à la peau.
L'inutilité des vacances: l'école des soutiens extra scolaires.
Mère Térésa du bénévolat. Overdose de la Vocation Vraie,
des expériences pédagogiques, des réunions tardives qui
firent de moi une enfant de la laÏcité ,des palmes académiques !
Il faut tuer le Mammouth pour aimer sa mère.
car ils font rien qu'à redoubler chaque année !!
vous vous avez tout compris au ressenti du texte...
- la déambulation solitaire, un peu désabusée, où l'on ne veut pas se raconter d'histoires, mais où il en arrive tout de même, parce qu'on est en attente;
- les bruits et les odeurs qui reviennent, où se confondent des impressions de l'année précédente, pas complètement révolue jusque là, et de sa propre mythologie d'élève;
- le sentiment de renouveau, qui nécessite la reproduction d'une période, mais seulement après un suspens dans la course du temps le plus prégnant : les vacances des hommes comme l'hiver de la nature.
- les bruits et les odeurs qui reviennent, où se confondent des impressions de l'année précédente, pas complètement révolue jusque là, et de sa propre mythologie d'élève;
- le sentiment de renouveau, qui nécessite la reproduction d'une période, mais seulement après un suspens dans la course du temps le plus prégnant : les vacances des hommes comme l'hiver de la nature.

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rolandbreche
publié le 4 sept. 07