Aguirre, la colère de Dieu. Mais surtout la colère du sur-homme de Nietzche, échouant lamentablement dans sa quête de divinité. Herzog nous entraîne avec lui dans sa chute, au gré d'images, de silences et d'une trame sonore envoûtante. Écoutez le choeur d'ouverture du plan initial, où l'on voit défiler les malheureux que l'on devine instantanément condamnés dans ces paysages trop grands, trop brumeux, trop inaccessibles. Le chef-d'oeuvre est déjà en marche: Kinski vient l'achever avec une prestation viscérale, à cran. Qui d'autre pour personnifier l'impossible quête d'un homme devant un absolu dont l'ampleur ne cesse de lui échapper. Sa fille, dernier rempart contre la folie, y sera sacrifiée en vain. Le radeau dérivera maintenant à jamais, dans cette scène finale pathétique, grandiose et sans appel. Le rêve est terminé.
Patrick
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PatB
publié le 16 juin 08