A la rencontre de Forrester: 1. Le talent
C'est peut-être le moins connu des films de Gus Van Sent que le grand public associe souvent à sa palme d'or Elephant et à ses réalisations ultérieures. Personnellement j'ai une préférence pour ses deux premiers films Will hunting et Meeting Forrester. C'est sur ce dernier, connu en France sous le nom de "A la rencontre de Forrester" que je vais écrire ici.
Pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, il raconte l'amitié improbable qui va rapprocher Jamal un jeune black du Bronx d'à peine 16ans et William un vieillard vivant en reclus au dernier étage d'un immeuble. Courent de nombreuses rumeurs sur cet homme étrange qui ne sort jamais de chez lui mais Jamal les regarde comme des sornettes, si bien qu'il est poussé par ses amis à visiter l'appartement du vieux.
Là haut, les choses ne se passent pas comme prévu... L'appartement semble étrangement vide. Jamal en profite pour le visiter en silence puis tout à coup une forme se dresse dans le noir. Jamal pris de panique s'enfuit en courant en abandonnant son sac...
Tout aurait dû s'arrêter là entre le vieil ermite et le jeune black sauf que dans le sac de Jamal se trouve des carnets où ils griffonnent ses pensées et que celles-ci ne laissent pas indifférent le vieil homme.
Oui, parce que Jamal n'est pas un jeune black ordinaire. D'abord il a un don pour le basket. Ensuite, ce qui est beaucoup moins habituel pour un jeune noir du Bronx, il adore lire et ses goûts le portent incontestableemnt vers la grande littérature: Chekov, Sade, Bradbury... Quant au vieil ermite, on découvre bientôt que c'est un des plus célèbres écrivains américains du XXième sicèle, un homme qui a étrangement arrêté d'écrire pour vivre en reclus après le triomphe de son premier roman.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce film. Je vais me contenter ici de traiter deux thèmes qui m'y semble majeur, de thèmes qui me touchent particulièrement. Les dons et l'amitié.
Comment notre société reçoit les individus pourvu de dons hors du commun? Comment traite-t-elle les gens les plus talentueux? Le film donne un éclairage d'une grande richesse sur ces questions. D'abord parce que le jeune talent à deux dons: le basket et l'écriture. L'un légitime et l'autre pas. Cela ne surprend personne qu'un jeune black soit bon au basket. Dans ce domaine son talent peut être sans limite. On le reconnaitra comme tel. Par contre dans le domaine de l'écriture ses dons hors du commun dérangent car on ne l'attend pas sur ce terrain là.
Ces dons de basketteur lui offrent des ponts d'or et des traitements de faveur. Quand vos dons sont acceptés et reconnus on vous traite injustement en vous pardonnant vos égarements ou votre médiocrité dans les autres domaines. Le film montre bien cela. Si tu joues bien au basket et que tu nous rapportes la coupe on oubliera le conseil de discipline et tout le reste. Si tu gagnes et rapportes la coupe à l'école, tout ira bien. Les talents reconnus sont instrumentalisés par notre société qui veut les rentabiliser. Le talent de basketteur du jeune black est mis en avant, encouragé, au détriment de tout le reste de sa vie. D'autres films comme l'étoile du Bronx ou He got game montre bien cela, eux aussi dans le cas du basket. Si vous êtes un surdoué du sport, surtout aux Etats-Unis où il existe une starisation des jeunes, on vous passe tout. Tout le monde vous courtise et à ce petit jeu il n'est pas toujours facile de ne pas perdre la tête et d'oublier ses études ou ses valeurs. Mais cela ne concerne pas Jamal qui a la tête sur les épaules. Son problème n'est pas de résister à la tentation de la facilité mais de pouvoir exister pleinement en exprimant ses talents de jeune écrivain, son deuxième don, celui qu'il a longtemps caché et qui doit maintenant exploser au grand jour car il vient d'intégrer une école d'élite pas seulement pour le basket mais aussi pour ses capacités intellectuelles.
Jamal a longtemps caché cet autre don: son intelligence hors norme, sa curiosité et sa culture hors du commun, sa plume. Il l'a caché parce que ce sont des talents qui affiché l'auraient marginaliser auprès des siens, ses potes de quartier. Ce don là est donc beaucoup plus dur à assumer que l'autre. Dans le basket il lui suffit de vaincre la concurrence et de ne pas céder à la facilité. Pour l'écriture, c'est une autre paire de manche car elle remet en question son identité. Affirmer sa grande intelligence, c'est se mettre en porte à faux avec sa culture de quartier. Les sociologues américains ont étudié ce phénomène nous rapportant l'expression: « faire le blanc ». Bien travailler à l'école, être sérieux, lire des livres, avoir des bonnes notes c'est « faire le blanc », c'est trahir les siens. Ce phénomène explique pourquoi tant de jeunes noirs américains, brillants à l'école primaire deviennent moyens à l'adolescence, moment de l'affirmation de l'identité. Ceci explique pourquoi les tests généraux de Jamal montre que c'est un génie alors que son bulletin scolaire n'affiche que des C, l'équivalent de 11 chez nous, soit juste ce qu'il faut pour passer dans la classe supérieure. La pression de la culture black de quartier est très forte en lui lorsqu'il demande à son frère de ne parler à personne de ses excellents résultats au test qui lui ouvrent les portes d'une école prestigieuse:« Raconte à personne cette histoire de test. »
Ensuite ce qui est remarquable pour un français qui regarde le film, c'est la façon dont il est traité quand sont détectés ses capacités intellectuelles. D'emblée, on le courtise et lui propose une bourse. Ensuite, on continue la séduction en lui offrant comme guide une charmante jeune fille. Chez eux, on reconnaît tôt les gens exceptionnellement brillants et pas seulement les sportifs. Très vite, il est invité à des soirées mondaines ou des hommes brillants lui laissent sa carte... On est bien loin du système français où les jeunes gens les plus prometteurs sont rassemblés dans des prépas et mis en concurrence les uns les autres, puis mis face à des problèmes insolubles pour leur rappeler qu'ils ne sont encore que des enfants qui ne savent rien, qui ont tout à apprendre et qui doivent maintenant faire leur preuve en travaillant d'arrache-pied pendant deux ou trois ans (jusqu'à l'écoeurement...) pour montrer qu'ils font partie de la crème de la crème. Quelle bêtise! Je suis passé par là et je vous assure qu'en quelques jours d'observation ou quelques minutes de discussion il est très facile de reconnaître les individus d'exceptions de tous ceux qui ne sont « que » brillants ainsi que de ceux qui sont sérieux plus qu'autre chose... Ainsi Jamal qui est aux Etats-unis voit ses capacités intellectuelles reconnues par un simple test et ne doit pas subir deux ans ou trois ans de travail de gavage sous pression.
Par contre ce qu'on refuse d'accepter à son égard, c'est le degré de virtuosité des textes qu'il écrit. « Il ne peut pas être bon à ce point là. » « Le problème ce n'est pas que c'est bon, c'est que c'est trop bon ». Si dans le basket Jamal peut-être aussi bon que possible, en littérature, c'est inimaginable qu'une jeune black du Bronx puisse être à ce point doué. Comme le lui confirme l'écrivain ermite: « De quoi les gens ont le plus peur: de ce qu'ils ne comprennent pas. » Mais la peur et l'incompréhension n'explique pas tout. La jalousie participe aussi largement au refus de l'authenticité de son talent. Quand on sait que parmi les professeurs de littérature, rarissimes sont les grands écrivains, on peut imaginer la jalousie que peut ressentir un professeur d'un certain âge face à un talent précoce qui apparaît comme offert à un gamin qui semble n'avoir rien fait pour le mériter. Dans le cas de Jamal, il y a de quoi envier un jeune garçon qui, à 16ans, écrit déjà comme un grand écrivain et qui de surcroît est reconnu pour ses talents de basketteur. Tout cela ajouté fait beaucoup pour un professeur à qui le talent du gamin rappelle trop sa propre médiocrité et ses propres échecs.
Cela m'a toujours fasciné de voir comment bons nombres de professeurs peuvent être béatement admiratifs devant les écrits d'auteurs (de penseurs) morts et enterrés depuis des lustres et combien ils peuvent être aigris face aux talents de jeunes écrivains (penseurs) en herbe qui ne demandent qu'un peu d'encouragements, de reconnaissance, parfois même d'affection.
Jamal ne supporte pas de voir son talent d'écrivain remis en question d'abord à cause de l'injustice dont il est victime. Il sait que s'il avait été un blanc à six zéros, c'est-à-dire fils de millionnaire, personne n'aurait osé remettre en doute l'authenticité de ses mots. Mais là, parce qu'il n'est pas censé avoir le bon terreau social, son professeur ne veut pas admettre que son talent atteigne un tel niveau. Ensuite il trouve cela d'autant plus injuste qu'il devrait au contraire être d'autant plus admiré et congratulé pour avoir dépassé ce que sa condition sociale était censé lui interdire. Il devrait être pleinement reconnu pour les sacrifices et les efforts qu'il a enduré pour atteindre une telle maîtrise de l'écriture. D'abord, il a lu et écrit en secret puis caché son intelligence à ses potes pour ne pas être rejeté et maintenant qu'il accepte de dévoiler son talent au grand jour, se détachant ainsi de son ancienne communauté, au lieu d'être reconnu et admiré, le voilà regardé comme un étranger par sa communauté d'adoption. Parce qu'il vient d'ailleurs, d'un autre monde, il ne peut écrire admirablement.
Bref, il n'est pas vraiment intégré dans ce monde de blancs riches et cultivés alors qu'il a conquis le droit d'y appartenir à force de sueurs et de sacrifices: il a perdu notamment une partie de l'affection de ses anciens amis en les quittant pour intégrer son lycée d'élite.
Jamal malgré ses efforts permanents n'arrive pas à être pleinement accepté dans son nouveau lycée. Le film montre bien combien sa culture d'origine et sa culture d'élection sont éloignées. Au delà de la culture, des références, du vocabulaire, il y a toute l'attitude qu'il faut changer. Dans la rue, il faut parler fort, s'imposer, répondre vite à coup de vannes, faire du bruit pour exister. On y vit au présent, dans l'instant. Il y a de la violence mais aussi beaucoup de chaleur humaine. Le monde des riches blancs est froid et austère. Tout y est sérieux et grave. Il faut parler doucement, gentiment, avec des mots distingués et surtout ne jamais répondre. Lorsque le professeur le provoque pour la première fois, un autre garçon le félicite d'avoir bien agi. « Tu as fait ce qu'il fallait, tu n'as rien dit. Il ne faut jamais répondre. » Quelques instants plus tard tous deux discutent et Jamal n'ayant pas entendu les derniers mots de son camarade: « Qu'est ce que tu as dit? » Réponse: « J'ai rien dit ». Dans le monde des blancs on se tait et s'écrase pour éviter les tensions et problèmes. Dans le quartier c'est tout le contraire: on ne peut pas ne pas répondre sans se faire écraser. Il faut en permanence s'affirmer pour survivre.
Jamal fait des efforts et des sacrifices pour s'intégrer à ce monde nouveau. Il choisit de passer ses soirées avec ses nouveaux camarades plutôt qu'avec ses anciens amis... il fait tout pour être accepté dans ce monde et pourtant il sent bien qu'on le regarde comme quelqu'un de différent. Le père d'une de ses amies qui lui plait bien vient chercher sa fille au moment même où ils se rapprochent l'un de l'autre. Jamal sait qu'avec un jeune blanc le père aurait sûrement laissé sa fille flirter un peu plus longtemps. Et puis ce professeur qui refuse d'accepter que les textes qu'il écrit viennent de lui, c'est insupportable! Si bien qu'il finit par lui répondre, le battant sur son propre terrain dans une joute de citations. La guerre est alors ouverte entre eux. Heureusement, William Forrester le célèbre écrivain devenu l'ami de Jamal modère les humeurs du jeune garçon... Cependant il lui faudra faire plus que cela pour sauver la délicate situation dans laquelle son jeune ami c'est mis en trouvant son inspiration en recopiant le premier paragraphe d'une de ses nouvelles... Je n 'en dis pas plus pour ceux qui n'aurait pas vu le film...
Ce film montre bien combien notre société à un rapport pernicieux aux dons. Quand elle arrive à les reconnaître, elle cherche à les instrumentaliser et à les rentabiliser. L'individu reconnu pour son talent est acheté, parfois dorloté, infantilisé afin de se consacrer pleinement à celui-ci. L'idéal pour elle, serait de le réduire à son don... un peu comme Laure Manadou dont on voudrait qu'elle ne connaisse que les couloirs de son bassin d'entraînement.
Mais ces dons peuvent aussi recevoir un autre traitement. Quand il dépasse ce que notre société peut imaginer ou accepter, elle les nie, jusqu'à marginaliser les individus qui les possèdent. Ce rejet peut venir d'une incompréhension de l'intérêt ou de la beauté de ce que produit un individu hors norme. C'est le cas des génies trop en avance sur leur temps ou trop originaux. Ce rejet peut aussi venir de la jalousie de ceux qui tiennent en main le domaine dans lequel s'exprime un nouveau talent. Les ténors peuvent nier votre talent pour préserver leur rayonnement mais le plus souvent ce sont les petits maitres, les petits chefs qui se montrent les plus aigris et les plus agressifs étouffant ainsi dans l'oeuf de jeunes pousses encore fragiles. Forrester, le vieil écrivain ermite avertit d'ailleurs à ce sujet son jeune ami. « Les professeurs amers et aigris sont soit très efficaces, soit très dangereux.» Sans doute est-t-on aigri et amer soit parce qu'on est déçu de la médiocrité ambiante, alors on porte l'amertume des poètes et des êtres d'exception et on fera parti de ceux qui peuvent être très efficaces. On peut aussi être aigri parce qu'on a pas réussi comme on le voulait. Cette fois, on est très dangereux pour les jeunes talents car ces derniers nous renverront à nos sentiments d'échecs. Combien de jeunes talents encore fragiles furent brisés ou barrés pour ne pas être tombés sur les bons professeurs, ceux que les talents précoces ne frustrent pas mais enthousiasment?
La suite sur l'amitié dans un prochain commentaire...
mais pour finir un extrait du poème "Le Train De Mes Rêves Ebréchés" de mon ami njika
à qui je suis sûr ce commentaire parlera... comme en témoigne ces quelques vers
J’ai certains jours de froid
Quand le soleil timide
Fuis les routes humides
Les yeux étroits
Les lèvres qui se fendent
Les larmes qui ne coulent
De ceux qui se refoulent
Et se défendent
Quand demain m’éclabousse
De ces traînées d’écume
De douleurs d’amertume
Et se courrouce
Je lui montre les dents
Le combat de l’amour
Aimer seul à ce jour
Reste évident
Aimer ce que je veux
Aimer ce que je fais
Aimer pour étouffer
Le triste aveu
Celui de l’abandon
La démission indigne
De mon cœur, de mes signes
Et de mes dons.
C'est peut-être le moins connu des films de Gus Van Sent que le grand public associe souvent à sa palme d'or Elephant et à ses réalisations ultérieures. Personnellement j'ai une préférence pour ses deux premiers films Will hunting et Meeting Forrester. C'est sur ce dernier, connu en France sous le nom de "A la rencontre de Forrester" que je vais écrire ici.
Pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, il raconte l'amitié improbable qui va rapprocher Jamal un jeune black du Bronx d'à peine 16ans et William un vieillard vivant en reclus au dernier étage d'un immeuble. Courent de nombreuses rumeurs sur cet homme étrange qui ne sort jamais de chez lui mais Jamal les regarde comme des sornettes, si bien qu'il est poussé par ses amis à visiter l'appartement du vieux.
Là haut, les choses ne se passent pas comme prévu... L'appartement semble étrangement vide. Jamal en profite pour le visiter en silence puis tout à coup une forme se dresse dans le noir. Jamal pris de panique s'enfuit en courant en abandonnant son sac...
Tout aurait dû s'arrêter là entre le vieil ermite et le jeune black sauf que dans le sac de Jamal se trouve des carnets où ils griffonnent ses pensées et que celles-ci ne laissent pas indifférent le vieil homme.
Oui, parce que Jamal n'est pas un jeune black ordinaire. D'abord il a un don pour le basket. Ensuite, ce qui est beaucoup moins habituel pour un jeune noir du Bronx, il adore lire et ses goûts le portent incontestableemnt vers la grande littérature: Chekov, Sade, Bradbury... Quant au vieil ermite, on découvre bientôt que c'est un des plus célèbres écrivains américains du XXième sicèle, un homme qui a étrangement arrêté d'écrire pour vivre en reclus après le triomphe de son premier roman.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce film. Je vais me contenter ici de traiter deux thèmes qui m'y semble majeur, de thèmes qui me touchent particulièrement. Les dons et l'amitié.
Comment notre société reçoit les individus pourvu de dons hors du commun? Comment traite-t-elle les gens les plus talentueux? Le film donne un éclairage d'une grande richesse sur ces questions. D'abord parce que le jeune talent à deux dons: le basket et l'écriture. L'un légitime et l'autre pas. Cela ne surprend personne qu'un jeune black soit bon au basket. Dans ce domaine son talent peut être sans limite. On le reconnaitra comme tel. Par contre dans le domaine de l'écriture ses dons hors du commun dérangent car on ne l'attend pas sur ce terrain là.
Ces dons de basketteur lui offrent des ponts d'or et des traitements de faveur. Quand vos dons sont acceptés et reconnus on vous traite injustement en vous pardonnant vos égarements ou votre médiocrité dans les autres domaines. Le film montre bien cela. Si tu joues bien au basket et que tu nous rapportes la coupe on oubliera le conseil de discipline et tout le reste. Si tu gagnes et rapportes la coupe à l'école, tout ira bien. Les talents reconnus sont instrumentalisés par notre société qui veut les rentabiliser. Le talent de basketteur du jeune black est mis en avant, encouragé, au détriment de tout le reste de sa vie. D'autres films comme l'étoile du Bronx ou He got game montre bien cela, eux aussi dans le cas du basket. Si vous êtes un surdoué du sport, surtout aux Etats-Unis où il existe une starisation des jeunes, on vous passe tout. Tout le monde vous courtise et à ce petit jeu il n'est pas toujours facile de ne pas perdre la tête et d'oublier ses études ou ses valeurs. Mais cela ne concerne pas Jamal qui a la tête sur les épaules. Son problème n'est pas de résister à la tentation de la facilité mais de pouvoir exister pleinement en exprimant ses talents de jeune écrivain, son deuxième don, celui qu'il a longtemps caché et qui doit maintenant exploser au grand jour car il vient d'intégrer une école d'élite pas seulement pour le basket mais aussi pour ses capacités intellectuelles.
Jamal a longtemps caché cet autre don: son intelligence hors norme, sa curiosité et sa culture hors du commun, sa plume. Il l'a caché parce que ce sont des talents qui affiché l'auraient marginaliser auprès des siens, ses potes de quartier. Ce don là est donc beaucoup plus dur à assumer que l'autre. Dans le basket il lui suffit de vaincre la concurrence et de ne pas céder à la facilité. Pour l'écriture, c'est une autre paire de manche car elle remet en question son identité. Affirmer sa grande intelligence, c'est se mettre en porte à faux avec sa culture de quartier. Les sociologues américains ont étudié ce phénomène nous rapportant l'expression: « faire le blanc ». Bien travailler à l'école, être sérieux, lire des livres, avoir des bonnes notes c'est « faire le blanc », c'est trahir les siens. Ce phénomène explique pourquoi tant de jeunes noirs américains, brillants à l'école primaire deviennent moyens à l'adolescence, moment de l'affirmation de l'identité. Ceci explique pourquoi les tests généraux de Jamal montre que c'est un génie alors que son bulletin scolaire n'affiche que des C, l'équivalent de 11 chez nous, soit juste ce qu'il faut pour passer dans la classe supérieure. La pression de la culture black de quartier est très forte en lui lorsqu'il demande à son frère de ne parler à personne de ses excellents résultats au test qui lui ouvrent les portes d'une école prestigieuse:« Raconte à personne cette histoire de test. »
Ensuite ce qui est remarquable pour un français qui regarde le film, c'est la façon dont il est traité quand sont détectés ses capacités intellectuelles. D'emblée, on le courtise et lui propose une bourse. Ensuite, on continue la séduction en lui offrant comme guide une charmante jeune fille. Chez eux, on reconnaît tôt les gens exceptionnellement brillants et pas seulement les sportifs. Très vite, il est invité à des soirées mondaines ou des hommes brillants lui laissent sa carte... On est bien loin du système français où les jeunes gens les plus prometteurs sont rassemblés dans des prépas et mis en concurrence les uns les autres, puis mis face à des problèmes insolubles pour leur rappeler qu'ils ne sont encore que des enfants qui ne savent rien, qui ont tout à apprendre et qui doivent maintenant faire leur preuve en travaillant d'arrache-pied pendant deux ou trois ans (jusqu'à l'écoeurement...) pour montrer qu'ils font partie de la crème de la crème. Quelle bêtise! Je suis passé par là et je vous assure qu'en quelques jours d'observation ou quelques minutes de discussion il est très facile de reconnaître les individus d'exceptions de tous ceux qui ne sont « que » brillants ainsi que de ceux qui sont sérieux plus qu'autre chose... Ainsi Jamal qui est aux Etats-unis voit ses capacités intellectuelles reconnues par un simple test et ne doit pas subir deux ans ou trois ans de travail de gavage sous pression.
Par contre ce qu'on refuse d'accepter à son égard, c'est le degré de virtuosité des textes qu'il écrit. « Il ne peut pas être bon à ce point là. » « Le problème ce n'est pas que c'est bon, c'est que c'est trop bon ». Si dans le basket Jamal peut-être aussi bon que possible, en littérature, c'est inimaginable qu'une jeune black du Bronx puisse être à ce point doué. Comme le lui confirme l'écrivain ermite: « De quoi les gens ont le plus peur: de ce qu'ils ne comprennent pas. » Mais la peur et l'incompréhension n'explique pas tout. La jalousie participe aussi largement au refus de l'authenticité de son talent. Quand on sait que parmi les professeurs de littérature, rarissimes sont les grands écrivains, on peut imaginer la jalousie que peut ressentir un professeur d'un certain âge face à un talent précoce qui apparaît comme offert à un gamin qui semble n'avoir rien fait pour le mériter. Dans le cas de Jamal, il y a de quoi envier un jeune garçon qui, à 16ans, écrit déjà comme un grand écrivain et qui de surcroît est reconnu pour ses talents de basketteur. Tout cela ajouté fait beaucoup pour un professeur à qui le talent du gamin rappelle trop sa propre médiocrité et ses propres échecs.
Cela m'a toujours fasciné de voir comment bons nombres de professeurs peuvent être béatement admiratifs devant les écrits d'auteurs (de penseurs) morts et enterrés depuis des lustres et combien ils peuvent être aigris face aux talents de jeunes écrivains (penseurs) en herbe qui ne demandent qu'un peu d'encouragements, de reconnaissance, parfois même d'affection.
Jamal ne supporte pas de voir son talent d'écrivain remis en question d'abord à cause de l'injustice dont il est victime. Il sait que s'il avait été un blanc à six zéros, c'est-à-dire fils de millionnaire, personne n'aurait osé remettre en doute l'authenticité de ses mots. Mais là, parce qu'il n'est pas censé avoir le bon terreau social, son professeur ne veut pas admettre que son talent atteigne un tel niveau. Ensuite il trouve cela d'autant plus injuste qu'il devrait au contraire être d'autant plus admiré et congratulé pour avoir dépassé ce que sa condition sociale était censé lui interdire. Il devrait être pleinement reconnu pour les sacrifices et les efforts qu'il a enduré pour atteindre une telle maîtrise de l'écriture. D'abord, il a lu et écrit en secret puis caché son intelligence à ses potes pour ne pas être rejeté et maintenant qu'il accepte de dévoiler son talent au grand jour, se détachant ainsi de son ancienne communauté, au lieu d'être reconnu et admiré, le voilà regardé comme un étranger par sa communauté d'adoption. Parce qu'il vient d'ailleurs, d'un autre monde, il ne peut écrire admirablement.
Bref, il n'est pas vraiment intégré dans ce monde de blancs riches et cultivés alors qu'il a conquis le droit d'y appartenir à force de sueurs et de sacrifices: il a perdu notamment une partie de l'affection de ses anciens amis en les quittant pour intégrer son lycée d'élite.
Jamal malgré ses efforts permanents n'arrive pas à être pleinement accepté dans son nouveau lycée. Le film montre bien combien sa culture d'origine et sa culture d'élection sont éloignées. Au delà de la culture, des références, du vocabulaire, il y a toute l'attitude qu'il faut changer. Dans la rue, il faut parler fort, s'imposer, répondre vite à coup de vannes, faire du bruit pour exister. On y vit au présent, dans l'instant. Il y a de la violence mais aussi beaucoup de chaleur humaine. Le monde des riches blancs est froid et austère. Tout y est sérieux et grave. Il faut parler doucement, gentiment, avec des mots distingués et surtout ne jamais répondre. Lorsque le professeur le provoque pour la première fois, un autre garçon le félicite d'avoir bien agi. « Tu as fait ce qu'il fallait, tu n'as rien dit. Il ne faut jamais répondre. » Quelques instants plus tard tous deux discutent et Jamal n'ayant pas entendu les derniers mots de son camarade: « Qu'est ce que tu as dit? » Réponse: « J'ai rien dit ». Dans le monde des blancs on se tait et s'écrase pour éviter les tensions et problèmes. Dans le quartier c'est tout le contraire: on ne peut pas ne pas répondre sans se faire écraser. Il faut en permanence s'affirmer pour survivre.
Jamal fait des efforts et des sacrifices pour s'intégrer à ce monde nouveau. Il choisit de passer ses soirées avec ses nouveaux camarades plutôt qu'avec ses anciens amis... il fait tout pour être accepté dans ce monde et pourtant il sent bien qu'on le regarde comme quelqu'un de différent. Le père d'une de ses amies qui lui plait bien vient chercher sa fille au moment même où ils se rapprochent l'un de l'autre. Jamal sait qu'avec un jeune blanc le père aurait sûrement laissé sa fille flirter un peu plus longtemps. Et puis ce professeur qui refuse d'accepter que les textes qu'il écrit viennent de lui, c'est insupportable! Si bien qu'il finit par lui répondre, le battant sur son propre terrain dans une joute de citations. La guerre est alors ouverte entre eux. Heureusement, William Forrester le célèbre écrivain devenu l'ami de Jamal modère les humeurs du jeune garçon... Cependant il lui faudra faire plus que cela pour sauver la délicate situation dans laquelle son jeune ami c'est mis en trouvant son inspiration en recopiant le premier paragraphe d'une de ses nouvelles... Je n 'en dis pas plus pour ceux qui n'aurait pas vu le film...
Ce film montre bien combien notre société à un rapport pernicieux aux dons. Quand elle arrive à les reconnaître, elle cherche à les instrumentaliser et à les rentabiliser. L'individu reconnu pour son talent est acheté, parfois dorloté, infantilisé afin de se consacrer pleinement à celui-ci. L'idéal pour elle, serait de le réduire à son don... un peu comme Laure Manadou dont on voudrait qu'elle ne connaisse que les couloirs de son bassin d'entraînement.
Mais ces dons peuvent aussi recevoir un autre traitement. Quand il dépasse ce que notre société peut imaginer ou accepter, elle les nie, jusqu'à marginaliser les individus qui les possèdent. Ce rejet peut venir d'une incompréhension de l'intérêt ou de la beauté de ce que produit un individu hors norme. C'est le cas des génies trop en avance sur leur temps ou trop originaux. Ce rejet peut aussi venir de la jalousie de ceux qui tiennent en main le domaine dans lequel s'exprime un nouveau talent. Les ténors peuvent nier votre talent pour préserver leur rayonnement mais le plus souvent ce sont les petits maitres, les petits chefs qui se montrent les plus aigris et les plus agressifs étouffant ainsi dans l'oeuf de jeunes pousses encore fragiles. Forrester, le vieil écrivain ermite avertit d'ailleurs à ce sujet son jeune ami. « Les professeurs amers et aigris sont soit très efficaces, soit très dangereux.» Sans doute est-t-on aigri et amer soit parce qu'on est déçu de la médiocrité ambiante, alors on porte l'amertume des poètes et des êtres d'exception et on fera parti de ceux qui peuvent être très efficaces. On peut aussi être aigri parce qu'on a pas réussi comme on le voulait. Cette fois, on est très dangereux pour les jeunes talents car ces derniers nous renverront à nos sentiments d'échecs. Combien de jeunes talents encore fragiles furent brisés ou barrés pour ne pas être tombés sur les bons professeurs, ceux que les talents précoces ne frustrent pas mais enthousiasment?
La suite sur l'amitié dans un prochain commentaire...
mais pour finir un extrait du poème "Le Train De Mes Rêves Ebréchés" de mon ami njika
à qui je suis sûr ce commentaire parlera... comme en témoigne ces quelques vers
J’ai certains jours de froid
Quand le soleil timide
Fuis les routes humides
Les yeux étroits
Les lèvres qui se fendent
Les larmes qui ne coulent
De ceux qui se refoulent
Et se défendent
Quand demain m’éclabousse
De ces traînées d’écume
De douleurs d’amertume
Et se courrouce
Je lui montre les dents
Le combat de l’amour
Aimer seul à ce jour
Reste évident
Aimer ce que je veux
Aimer ce que je fais
Aimer pour étouffer
Le triste aveu
Celui de l’abandon
La démission indigne
De mon cœur, de mes signes
Et de mes dons.
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BIGARD met le paquet là où il faut pas!
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
Après Dieudonné, boycotté par les médias français suite à un sketch improvisé chez Fogiel qui ne choqua lors de sa diffusion première que quelques sionistes extrêmistes, c'est au tour de Bigard d'être pointé du doigt et critiqué à l'unisson par tous les médias français.
Mais si le premier a persisté et signé ce qui en a fait un paria, Bigard pour des raisons connues de lui même a préféré s'excuser. Je ne me permettrais pas de le juger. Je ne connais pas les pressions qu'il a pu subir après ces malheureux mots sur le 11 septembre et de toute manière ce n'est pas trop dans mes habitudes de jouer au moralisateur.
Ce qui m'intéresse dans l'affaire Bigard, c'est la diabolisation qu'a connu son discours dans l'intégralité des médias français les plus populaires.
Qu'est ce qu'a dit Bigard?
En gros, qu'en regardant certains films sur internet on peut se poser pas mal de questions sur le 11 septembre. Bigard fait référence à "Loose change". Il aurait également pu évoquer "zeitgeistmovie"bien que ce film ne traite pas uniquement du 11 septembre.
On découvre dans ces films ce à quoi fait allusion Bigard,c'est à dire que jamais aucune image ne nous a montré un avion s'écrasant sur le pentagone ou des traces crédibles témoignant d'un tel crash.
On peut se demander à juste titre pourquoi le gouvernement et les médias américains ont voulu faire croire au monde à un crash sur le pentagone si celui-ci comme le pense certains (notamment un général de l'armée américaine responsable de l'imagerie militaire pour l'espionnage scientifique et technologique pendant la guerre froide... témoignage disponible sur internet) a été frappé par un missile.
On peut également se demander tout comme Jean Marie Bigard pourquoi les tours se sont effondrées en à peine dix secondes soit à la vitesse de tours démolis avec des explosifs si elles se sont écroulées à cause des feux provoquées par le crash des avions.
Personnellement tout cela me dépasse complètement... mais je trouve étrange que l'on diabolise avec un tel acharnement des propos s'ils sont tellement fantaisistes...
Où est la liberté d'expression si l'on a plus le droit de dire qu'on a été interpellé par des documentaires vu sur internet?
Serait-il interdit aujourd'hui d'être naïf? Devrait on s'excuser d'être crédule, à moins que ne soit le contraire?
Quand on puise au même source que Bigard, il me semble qu'on peut, sans les partager, ne serait-ce que comprendre ses propos. Si les théories auxquelles il fait allusion sont absurdes pourquoi notre société fondée sur l'esprit scientifique et l'expertise n'y répond pas une fois pour toute de façon claire et nette par une expertise scientifique?
Je n'en ai aucune idée mais comme Jean Marie Bigard, je trouve ça un peu étrange. Pas vous?
Et puis, n'est-ce pas sous le mandat du même gouvernement américain que l'on nous a répété que les irakiens possédaient des armes de destructions massives alors qu'il n'en était rien... Comment peut on croire béatement un gouvernement qui a menti aussi honteusement à ses concitoyens? Tout cela est bien triste... et je me demande bien où se trouve le débat agonistique et la liberté d'expression et d'opinion dans des pays qui en font les fondements de leur système de valeurs.
pour reconnaitre un génie il faut sans doute en être un sois même. Personnellement en tant qu'enseignant il m'est arrivé de voir des élèves plus ou moins brillants mais j'aurais été bien en peine ne serait-ce que de les classer.
Alors je je les classe par rapport au domaine que j'aborde et aux réactions mais si deux étudiants pulvérisent mes échelles c'est à dire se promène naturellement au dessus de 16/20 je n'ai pas la capacité intellectuelle pour les différencier autrement que par un biais affectif, je n'ai d'ailleurs pas à m'occuper d'eux. Mon métier ne consistant pas à "coacher" les champions mais à fournir un minimum de connaissances à un maximum d'étudiants.
Alors je je les classe par rapport au domaine que j'aborde et aux réactions mais si deux étudiants pulvérisent mes échelles c'est à dire se promène naturellement au dessus de 16/20 je n'ai pas la capacité intellectuelle pour les différencier autrement que par un biais affectif, je n'ai d'ailleurs pas à m'occuper d'eux. Mon métier ne consistant pas à "coacher" les champions mais à fournir un minimum de connaissances à un maximum d'étudiants.
franchement, je n'ai rien à ajouter car tu as tout dit.
le film est superbe donc voilà, rien de plus.
Vivement la suite...
le film est superbe donc voilà, rien de plus.
Vivement la suite...
je répond partiellement à quelque chose qui ne figure pas ici mais merci!
Je te fait d'ailleurs suivre la suite
J'ai malheureusement pris l'habitude sur pcc d'avoir à faire avec des pensées imprécises et non abouties, j'attache un intérêt particulier aux mots, aux concepts et à la précision dans ces domaines parce que la pensée et le mot modifie l'histoire individuelle et collective (mais en général, tout le monde s'en fou), et je suis toujours en train de m'interroger sur le sens des choses;
Et je deviens sauvage à force de pratiquer par ici; l'échange, le véritable, se fait râre et c'est une démarche que peut comprennent;
tout en mesurant très bien ma propre imprécision de pensée, pas de soucis !
A cet effet, un lien sympa sur le lissage sémantique à l'oeuvre dans nos sociétés : http://1libertaire.free.fr/NoteLqrPhC.html
Mais là, face à ton attitude, je suis absolument surprise et joyeuse!
de cette intelligence de recherche de communication!
et c'est bien la première fois que j'assiste à cela! ben oui!
Rien ne remplace un dialogue vivant, effectivement et j'espère que nous aurons l'occasion de le créer et avec les 80% de communication qui manque en virtuel, un de ces jours et vraiment j'adore ce que je viens de vivre, ça réconcilie
à bientôt
Je te fait d'ailleurs suivre la suite
J'ai malheureusement pris l'habitude sur pcc d'avoir à faire avec des pensées imprécises et non abouties, j'attache un intérêt particulier aux mots, aux concepts et à la précision dans ces domaines parce que la pensée et le mot modifie l'histoire individuelle et collective (mais en général, tout le monde s'en fou), et je suis toujours en train de m'interroger sur le sens des choses;
Et je deviens sauvage à force de pratiquer par ici; l'échange, le véritable, se fait râre et c'est une démarche que peut comprennent;
tout en mesurant très bien ma propre imprécision de pensée, pas de soucis !
A cet effet, un lien sympa sur le lissage sémantique à l'oeuvre dans nos sociétés : http://1libertaire.free.fr/NoteLqrPhC.html
Mais là, face à ton attitude, je suis absolument surprise et joyeuse!
de cette intelligence de recherche de communication!
et c'est bien la première fois que j'assiste à cela! ben oui!
Rien ne remplace un dialogue vivant, effectivement et j'espère que nous aurons l'occasion de le créer et avec les 80% de communication qui manque en virtuel, un de ces jours et vraiment j'adore ce que je viens de vivre, ça réconcilie
je n'ai pas parlé d'être accepté mais de mieux gérer sa vie et se protéger...
répondre à la place d'un autre n'est pas entendable...
et bien d'autres mélanges mais je préfère me casser
répondre à la place d'un autre n'est pas entendable...
et bien d'autres mélanges mais je préfère me casser
à rivale: oui même s'il est riche et complexe dans ses problématiques, ce film est parfois trop manichéen et certaines ficelles sont trop grosses ou un peu cliché... mais c'est peut-être ce qui permet à ce film de toucher plus de jeunes gens... C'est un film qui peut toucher tout le monde mais qui est peut-être destiné en premier lieu à des adolescents en recherche d'identité et qui doit leur parler à eux avant tout...
Je pense qu'il faut le regarder non comme un joyau du septième art mais comme une oeuvre brute, qui porte un peu de la folie et de la maladresse de l'adolescence... il ya trop de choses dans ce film, beaucoup de problématiques et de thèmes ébauchés, seulement effleurés...mais n'est ce pas aussi le cas de la période qu'il décrit: l'adolescence...
Moi aussi j'ai été un peu agacé en le revoyant par certains passages mais quand on fait l'effort de passer au delà il recèle beaucoup de belles choses...
Concernant les remarques de Morgane et Laetitia: je crois que Morgane voulait dire prédéfinir plus que définir...Morgane parle du sentiment d'enfermement des êtres hors normes qui on besoin d'air, de liberté et de rapports humains plus complexe, plus profond qui leur permettre d'être pleinement compris et accepté... j'en parlerai dans la deuxième partie de ce comm... Le problème des gens trop talentueux comme le remarque à juste titre Laetitia c'est que même s'ils sont hors normes, hors cadres malgré tout ils doivent se construire une certaine identité et pouvoir se définir aux yeux des autres de manière à être accepté ce qui est d'autant plus difficile qu'ils sont hors norme...
pour désigner les choses ou les êtres les plus neufs, les plus inimaginables nous manquons de mot... C'est d'ailleurs pour ela que les plus grands créateurs et pesneurs se distinguent des autres tout autant par le fond de ce qu'il produise que par la forme. Jésus parlit en parabole, Nietzsche en aphorisme... tout comme Bouddha... Les expériences limites sont par delà les mots... et pourtant nous avons besoin de mots pour faciliter un peu le partage de nos idées ou tout simplement pour nous présenter aux autres...
Je pense qu'il faut le regarder non comme un joyau du septième art mais comme une oeuvre brute, qui porte un peu de la folie et de la maladresse de l'adolescence... il ya trop de choses dans ce film, beaucoup de problématiques et de thèmes ébauchés, seulement effleurés...mais n'est ce pas aussi le cas de la période qu'il décrit: l'adolescence...
Moi aussi j'ai été un peu agacé en le revoyant par certains passages mais quand on fait l'effort de passer au delà il recèle beaucoup de belles choses...
Concernant les remarques de Morgane et Laetitia: je crois que Morgane voulait dire prédéfinir plus que définir...Morgane parle du sentiment d'enfermement des êtres hors normes qui on besoin d'air, de liberté et de rapports humains plus complexe, plus profond qui leur permettre d'être pleinement compris et accepté... j'en parlerai dans la deuxième partie de ce comm... Le problème des gens trop talentueux comme le remarque à juste titre Laetitia c'est que même s'ils sont hors normes, hors cadres malgré tout ils doivent se construire une certaine identité et pouvoir se définir aux yeux des autres de manière à être accepté ce qui est d'autant plus difficile qu'ils sont hors norme...
pour désigner les choses ou les êtres les plus neufs, les plus inimaginables nous manquons de mot... C'est d'ailleurs pour ela que les plus grands créateurs et pesneurs se distinguent des autres tout autant par le fond de ce qu'il produise que par la forme. Jésus parlit en parabole, Nietzsche en aphorisme... tout comme Bouddha... Les expériences limites sont par delà les mots... et pourtant nous avons besoin de mots pour faciliter un peu le partage de nos idées ou tout simplement pour nous présenter aux autres...
Interprétation moyenne et trop manichéenne. Je n'aime pas beaucoup ce côté un peu infantile de traiter ce sujet ni le rapport qui se tisse entre les deux personnages.
à cette réflexion sur les professeurs notamment, insister sur cet aspect: certains cherchent en leur élève à se servir de son talent pour le conformer à leur propre image, au point de pervertir l'élève et le transformer en un autre... qui serait un autre eux-même, par amour d'eux mêmes, par besoin de se faire reconnaître à travers lui là où ils ne se suffisent pas à eux-mêmes, pour pouvoir aussi briller "à nouveau" aux yeux des autres et prolonger les effets d'une admiration passée. Et cela existe qu'on soit black, blanc, beur ou autre... homme ou femme! Les dégâts peuvent être impressionnants!
Et aussi, que cette réflexion met à jour comment une personne, du fait d'un talent, se retrouve portée en icône... image (à mon avis toujours) faussée quand à sa réelle personnalité. Combien d'artistes nous paraissent de bien "parfaites" personnes et sont dans la vie tout aussi ordinaire que le quidam, et "très" inversement.
Enfin, je pense aussi que toute personne a des talents... et plein de raisons de ne pouvoir les exprimer, alors les enseignements spécialisés destinés à des profils sélectionnés sur test, concours, me laissent un peu dubitative, tout au moins insatisfaite.
Un sujet passionnant et qui me touche. Merci.
Et aussi, que cette réflexion met à jour comment une personne, du fait d'un talent, se retrouve portée en icône... image (à mon avis toujours) faussée quand à sa réelle personnalité. Combien d'artistes nous paraissent de bien "parfaites" personnes et sont dans la vie tout aussi ordinaire que le quidam, et "très" inversement.
Enfin, je pense aussi que toute personne a des talents... et plein de raisons de ne pouvoir les exprimer, alors les enseignements spécialisés destinés à des profils sélectionnés sur test, concours, me laissent un peu dubitative, tout au moins insatisfaite.
Un sujet passionnant et qui me touche. Merci.

et les membres des jurys, les enseignants, ceux qui sont frustrés de ne pas avoir pu percer, rejette le talent qui débarque un jour.
Votre commentaire me fait penser au film "La tourneuse de pages" : une pianiste qui saque une talentueuse pianiste en herbe, lui brisant sa carrière par un bris de bouteille, placé dans la poche de l'artiste.....
Votre commentaire me fait penser au film "La tourneuse de pages" : une pianiste qui saque une talentueuse pianiste en herbe, lui brisant sa carrière par un bris de bouteille, placé dans la poche de l'artiste.....
quel mot passionnant non?
est certainement une évolution de nos sociétés
Et du talent, j'en vois à chaque fois que je lis vos coms...
l'idée est se définir eux pour soi même oui vital
par apport aux autres ou affiché aux autres non pas utile voir dangereux
par apport aux autres ou affiché aux autres non pas utile voir dangereux
sur le front des êtres, comme une étoile jaune ou un pot de confiture, surtout pas!
tu dis ceci : "faut il necessairement leur reserver tel ou tel "statut" dans notre société ? Je pense que tout le monde connait la reponse, cette reponse est que rien ne devrait etre defini."
Je ne suis pas d'accord avec toi : il y a des profils psychologiques auxquels correspondent des problématiques de vie et des souffrances bien particulières. Un enfant ou un adulte surdoué identifié, qui peut se définir dans une identité, vas pouvoir mieux gérer sa vie et mieux se protéger.
La différence quelle qu'elle soit à toujours dérangé, fait fonctionner les fantasmes et isolé celui qui en est le sujet.
Le "contact humain", ou les bonnes intentions ne suffisent pas.
De plus, le fait en soit de "définir" est aussi à la base de la connaissance, de la transmition et de l'évolution...
Je ne suis pas d'accord avec toi : il y a des profils psychologiques auxquels correspondent des problématiques de vie et des souffrances bien particulières. Un enfant ou un adulte surdoué identifié, qui peut se définir dans une identité, vas pouvoir mieux gérer sa vie et mieux se protéger.
La différence quelle qu'elle soit à toujours dérangé, fait fonctionner les fantasmes et isolé celui qui en est le sujet.
Le "contact humain", ou les bonnes intentions ne suffisent pas.
De plus, le fait en soit de "définir" est aussi à la base de la connaissance, de la transmition et de l'évolution...
sur le rapport ambigu de la société aux êtres doués: il est exacerbé dans nos sociétés où la rentabilité prime et où, au nom du progrès, social, etc, ou bien économique, on mise tout sur la (re)production.
Le critique fait sn boulot, nous accroche au film sans trop en dévoiler.
L'auteur se livre sans s'étaler: la preuve, s'il en fallait une: il cite un ami (beau poème).
On attend la suite: en plus, l'amitié, quel thème riche!
L'auteur se livre sans s'étaler: la preuve, s'il en fallait une: il cite un ami (beau poème).
On attend la suite: en plus, l'amitié, quel thème riche!
Le talent est parfois (toujours?) une exacerbation de la sensibilité et de l'imagination humaine. Ayant conscience de davantage de choses, les emotions de ces personnes sont parfois tres difficiles à canalyser. D'autant plus que leurs particularités les placent dans une situation tres delicate pour eux, comme etant "etranger" au reste du monde, car etant singulier. Ils sont considerés comme "differents" et traités comme tel, mais faut il necessairement leur reserver tel ou tel "statut" dans notre société ? Je pense que tout le monde connait la reponse, cette reponse est que rien ne devrait etre defini. L'important c'est le contact humain, qui a toujours été très negligé, etant donné que ces personnes fonctionnent sur un mode souvent tres inhabituel pour les autres, voire derangeant (combien d'artistes ont menés une vie "d'autistes" pour ne citer que Van Gogh?).
"Les Hommes construisent trop de barrieres et pas assez de pont" disait à l'epoque notre cher et tendre Newton, on le considere encore aujourd'hui pourtant comme un autiste, je voudrais savoir quel est le parti qui a erigé le plus de frontieres entre soi et le reste du monde dans cette histoire.
La peur du questionnement, l'echec, les bonnes moeurs, le qu'en dira t-on sont autant de freins a l'epanouissement de la nature de tout individu, au fait que chacun doit trouver son chemin. En plus de ces regles peremptoires et affligeantes de "savoir vivre" que l'on ingere en nous malgré soi, rajoutez les obstacles exterieurs comme l'individualisme, la peur du changement, de l'inconnu, la jalousie, l'intimidation qui imposent ou contrarie la direction que prend l'individu, et là, finalement, il y a vraiment de quoi se sentir reellement perdu.
Je n'ai pas vu ce film, et j'ai d'ailleurs peut etre parlé hors de propos, mais bon, encore une fois très bon commentaire, qui donne envie de voir le film. Merci
"Les Hommes construisent trop de barrieres et pas assez de pont" disait à l'epoque notre cher et tendre Newton, on le considere encore aujourd'hui pourtant comme un autiste, je voudrais savoir quel est le parti qui a erigé le plus de frontieres entre soi et le reste du monde dans cette histoire.
La peur du questionnement, l'echec, les bonnes moeurs, le qu'en dira t-on sont autant de freins a l'epanouissement de la nature de tout individu, au fait que chacun doit trouver son chemin. En plus de ces regles peremptoires et affligeantes de "savoir vivre" que l'on ingere en nous malgré soi, rajoutez les obstacles exterieurs comme l'individualisme, la peur du changement, de l'inconnu, la jalousie, l'intimidation qui imposent ou contrarie la direction que prend l'individu, et là, finalement, il y a vraiment de quoi se sentir reellement perdu.
Je n'ai pas vu ce film, et j'ai d'ailleurs peut etre parlé hors de propos, mais bon, encore une fois très bon commentaire, qui donne envie de voir le film. Merci
j'ai vu même Malanoche, mais celui là pour le coup, jamais entendu parler : merci 

Merci pour ce beau, et oh combien juste, debut d'analyse.
et de l'amitié ! Merci...

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bonjour à mon amie Goldie


Je réagis à ce commentaire en
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arobas38
publié le 12 sept. 08