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Un nobel pour l’économie solidaire
 Un nobel pour l’économie solidaire
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(Désolé pour le retard avec lequel parait ce comm’ (les liens internet demandés à pcc ne sont tjrs pas validés : www.grameen.com ; www.nethik.net et microfinancement.cirad.fr !!!!)

Le prix Nobel de la Paix a été attribué le 13 oct. au Bengaldeshi Mohamed Yunus (1), fondateur de la Grammen Bank (grammeen venant du sanskrit Gramma «village»), 1re banque au monde à pratiquer le micro-crédit en faveur de personnes totalement insolvables. A l'appellation le « banquier des pauvres », Yunus préfère celui-ci : "prêteur d'espoir".

Qu’est-ce que le micro-crédit ? (n’étant pas économiste, j’essaie de faire au mieux ;-) ; que les puristes me pardonnent)
C’est l'attribution de prêts de faible montant, à des taux bas, à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques (insolvabilité) pour mener de micro-projets, favorisant ainsi l'activité et la création de richesse au niveau local. Ce système existait déjà au XIXe siècle ; Yunus l’a développé et adapté au Bengladesh dans un premier temps puis à une quarantaine de pays.
(Ceux qui connaissent l’Afrique ou l’Asie, se rappelleront les « tontines », où des groupes d'amis, voisins... se constituent afin de proposer, sur l’unique base de la confiance, des aides à chacun des membres. Les cotisations mensuelles pré-déterminée et les remboursements permettent de financer les projets suivants. Pour chaque tour de versement, un des participants est désigné pour être le bénéficiaire des fonds du groupe. Chacun devient donc tour à tour le récépendaire.)

M. Yunus (ancien professeur d’économie) a lancé cette idée du mocrocrédit il y a 30 ans lorsque son pays était en proie à la famine. Son premier prêt de est 24 € à 42 femmes d’un village. Ces micro-prêts leur suffisent pour, par exemple, acquérir une poule et générer un revenu quotidien de la vente quotidienne des œufs. Les banques traditionnelles à qui il prpose son idée, ne le suivent pas. Il lance donc sa propre banque en 1983. En 2005 (2), la Grameen est présente dans 43 000 villages du Bangladesh, a déjà prêté 4 Milliards d’€ à 11 millions de clients dont 94% sont des femmes (que Ynus considère comme plus sûres et responsables que les hommes) -3). Le crédit moyen est de 100 € et le taux de remboursement dépasse les 95 % (+ que les banques traditionnelles) ! Ce dernier pourcentage est rendu possible grâce à une organisation en groupes solidaires de 5, tout emprunteur devant constituer un groupe de cinq personnes qui bénéficieront chacune à leur tour d’un crédit et seront solidaires les unes des autres. La banque est d’ailleurs la propriété de ses emprunteurs à raison de 2 € environ l’action.
Le modèle touche maintenant plus de 60 millions des personnes à travers le monde, dont 27 millions parmi les plus pauvres (le revenu est - de 1$/jour) -4) !

M. Yunus a précisé qu’il offrirait sa part de récompense à des entreprises à but social (soit la moitié d’un chèque d’ 1,1 million d'euros qui lui sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, le savant et philanthrope suédois Alfred Nobel) et va s’associer avec Danone (5) pour lancer la première usine de fabrication de yaourts du groupe français au Bangladesh, coentreprise avec la Grameen Bank.

A tous ceux qui se demandent comme moi pourquoi un économiste a reçu le prix Nobel de la Paix, voici la réponse de Ole Danbolt Mjoes, le président du comité Nobel : "Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté (...) Le micro-crédit est un de ces moyens". En décernant le Nobel à un artisan de la lutte contre la pauvreté, les cinq Sages norvégiens ont une encore étendu le champ couvert par le prix de la paix (6).

(1) Auteur de « Vers un monde sans pauvreté », avec la coll. d’A. Jolis, J.-C. Lattès, Paris, 1997.
(2) L’Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé 2005 «Année internationale du micro-crédit».
(3) M. Yunus, «Transgresser les préjugés économiques » in Le monde diplomatique, déc. 1997 : «Etre pauvre au Bangladesh est dur pour tout le monde, et l’est davantage qd on est femme. Lorsque les mères de famille se voient offrir une possibilité de s’en sortir, elles se révèlent plus combatives que les hommes... L’expérience le prouve : le crédit, passant par les femmes, amène des changements plus rapides que passant par des hommes. Il ne s’agit pas seulement de leur donner la place qui leur revenait, mais de les considérer comme des acteurs privilégiés du développement. Les femmes ont été notre arme la plus efficace contre la pauvreté ».
(4) chiffre annoncé par Yunus lors de la conférence : « Micro-crédit : vers un monde sans pauvreté» à HEC, le 12 octobre 2005 sur le thème du micro-crédit.
(5) Le prix Nobel de la Paix a été attribué en 2004 à l'écologiste kényane Wangari Maathai.
(6) L'Echo, du 13/10/2006.

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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 22/10/06 à 12h18
Le Gai Ornithorynque
Je pense que ce nouveau modèle va voir le jour lentement. Il est évident que notre mode de fonctionnement économique est destructeur pour l'Homme et donc pour la Nature. Les signaux sont alarmants et probablement "trop" alarmistes (Je les préfère ainsi car s'il font peur au moins ils obligent à réagir.)
Nos sociétés vont changer en étant obligées de s'adapter aux nouvelles contraintes. Ont-elles le choix ? Soyons optimistes!

Will.
 20/10/06 à 21h27
aurait aimé, en son temps, lui voir attribuer le prix Nobel d'économie. M Yunus a été formé aux Etats-Unis. Effectivement, le prix Nobel d'économie aurait été plus révolutionnaire. Mais on ne prête qu'aux riches, vous le savez bien...
Pourquoi pas le prix Nobel d'éco (pour couronner les récompenses que Yunus a déjà reçu de par le monde) plutôt que celui de la paix ? Peut être parce que la pauvreté est une bataille, et qu'en ce siècle, on guerroit (je pense aux states) que si l'enjeu est économique.
vu que c'est ton domaine. N'ayant rien vu arriver , j'en ais commis un, moins pro certes.
Au délà de l'aspect economique, ce qui est interressant dans ce système, c'est l'évolution sociale des récipendaires. Comment le fait de préter de l'argent, leur faire confiance, les rendre responsables permet de faire avancer certes à petit niveau, la cause des femmes. Je ne parle pas ici d'émancipation.
...m'enflammer un peu sur des sujets qui me tiennent à coeur. Merci donc pour ce comm'
 20/10/06 à 14h44
Le titre originel de ce comm' était : le micro-crédit nobellisé avec en lien le site grammen. MAis voilà, j'ai pas eu l'aval des admins (qui m'ont répondu par ailleurs, merci à eux). D'où changement d'intitulé dans l'urgence.
L'essentiel était d'attirer l'attention sur ce système de prêt et sa viabilité dans la durée.

Car il s'agit là tout de même du bastion de la pensée unique (à l'exception A. Sen et J. Stiglitz). Et puis une mauvaise interprétation (que je m'empresse de formuler) du nobel de la paix donne : du micro-crédit pour maintenir l'ordre social et éviter que la misère ne fasse le lit de la révolte. Donc oui au micro-crédit + les luttes sociales contre les plans d'ajustements structurels.
La première attitude face au choix du comité Nobel a certainement été la surprise. Mais à la réflexion, je trouve que cette façon de mettre en lumière une initiative concrète qui a montré son efficacité depuis quelques années pour lutter contre la marginalisation des plus pauvres est une excellente idée. C'est tellement évident qu'il ne peut pas y avoir de paix sans justice sociale...
Et quant à la réflexion sur un nouveau modèle de développement...certes. On peut en rêver, mais la réalité inexorable, c'est que les pays les plus pauvres d'Afrique ne font que reculer depuis des décennies, que le modèle de développement unique dans les pays émergents ressemble plutôt à du capitalisme sauvage. Alors trouver une solution pragmatique à petite échelle et à taille humaine me semble quand même apporter une lueur d'espoir pour des millions d'êtres humains. Déjà pas si mal, comme tu dis, lorenzatio...
POSITIF DONC BRAVO AU NOBEL D AVOIR RECOMPENSER QQ QUI ENCOURAGE CES GENS A S EN SORTIR ET NON PAR UN SYSTEME D ASSISTANAT MERCI MANGO D AVOIR FAIT PASSE CETTE INFORMATION
...et permettre qu'une partie de leur épargne permette le financement d'activités socialement et écologiquement utiles plutôt que celles de l'industrie automobile ou d'armement. Pour tous renseignements aller sur le site de Finansol www.finansol.org/
...Yunus c'est un peu aussi le capitalisme aux pieds nus ou comment permettre aux plus pauvres d'accéder au crédit sans changer les règles du jeu globales du système financier international. bref, c'est plus de l'économie d'insertion (lutte contre l'exclusion bancaire) ce qui n'est déjà pas si mal qu'une économie solidaire qui vise à un autre modèle de développement (remettre la finance à sa juste place). Pour un panorama complet et une lecture critique de la micro-finance, je conseille le livre de Jean-Michel Servet, "Les Banquiers aux pieds nus" chez Odile Jacob paru en septembre dernier.